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Abeille
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Comme pourrait dire Xavier Beulin : le blé s'autoféconde... Alors les abeilles, elles peuvent crever !

Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) :Généralités / L'introduction de l'abeille africaine en Amérique / Le Gaucho (Imidaclopride) / Criminels, nous ? Oh ! à peine... /

Syndrome d'effondrement des ruches /
Contamination génétique par les cultures de maïs OGM : l’abeille, témoin gênant /
Après le Gaucho et le Régent, nouvelle récidive contre les abeilles ! /
Insecticides et abeilles : nocivité avérée en Allemagne mais pas en France... /
Sauvons les abeilles d’urgence en interdisant les pesticides néonicotinoïdes [
néonicotinoïdes] /
Le rapport Saddier prend le déclin des abeilles au sérieux /
Le rapport Saddier /
Mortalité des abeilles : les chimistes condamnés /
L'étrange silence des abeilles@@@ /
Le futur des abeilles est-il entre les mains du lobby des pesticides ? (ouvrir aussi les autres liens !) /
Il ne faut pas confondre Bruno Le Maire, il le fait tout seul /
Les virus des abeilles se transmettent par le pollen /
L'autorisation du pesticide Cruiser contestée devant le Conseil d'État /
Cruiser-Conseil d'État: Les mêmes dysfonctionnements de l'évaluation sont en vigueur 7 ans après le Gaucho ! /
PNUE : le déclin des colonies d’abeilles, la partie visible de l'iceberg /
Surmortalité des abeilles : une énigme encore non résolue /
Notre ministre de l’agriculture défie le Conseil d’État et fait péter le déconomètre ! /
Pathogènes et insecticides : un cocktail mortel pour les abeilles /
Les abeilles sont aussi victimes des faibles doses… /
Déclin des abeilles : les pesticides néonicotinoïdes reconnus coupables /
Santé des colonies d'abeilles (thiamétoxam) /
Contexte multifactoriel de dépopulation des colonies d’abeilles /
L'interdiction du Cruiser sur le colza bientôt décidée ? /
Pesticides néonicotinoïdes : un risque élevé pour les abeilles... et l'agrochimie /
Vers une filière apicole durable en France /
Bon appétit : Filière miel, avec ou sans OGM ? /
Pesticides néonicotinoïdes : faute de majorité qualifiée, la Commission européenne tranchera /
Pourquoi je ne signerai pas la pétition Pollinis /
Trois néonicotinoïdes interdits (partiellement) en Europe /
Abeilles : l'usage du fipronil sera restreint dans l'UE fin 2013 /
La poule : l'arme d'un apiculteur contre le frelon asiatique /
Les abeilles sacrifiées sur l'autel de l'agriculture intensive /
Les pesticides, responsables de la baisse continue de la production de miel française /
/Corrélats /


Les abeilles sont des insectes hyménoptères aculéates,c’est-à-dire dont la tarière est transformée en aiguillon venimeux. Les aculéates les plus évolués sont sociaux,c’est le cas des guêpes et de l’abeille à miel (Apis mellifera).

Certaines abeilles sont solitaires, la femelle élève seule sa descendance (abeille charpentière ou xylocope ; bourdons).

L’abeille à miel forme une société d’environ 40 000 individus, comprenant une seule femelle vouée à la reproduction(reine), une centaine de mâles ou faux-bourdons issus d’œufs non fécondés (développement parthénogénétique),le reste étant des individus asexués (ouvrières).





L’introduction de l’abeille africaine sur le continent américain :

Dans le souci d’améliorer la production de miel, des chercheurs brésiliens ont importé des abeilles africaines(Apis mellifera odansoni) pour les croiser avec leurs abeilles indigènes. Quelques reines s’échappèrent etcommencèrent à coloniser le territoire sud-américain.
Si dans son territoire d’origine (Afrique du Centre Ouest),l’abeille africaine est peu agressive, en Amérique du Sud, cette abeille (ou son hybride ?) s’est révélée extrêmementdangereuse pour l’homme et les animaux qu’elle attaque en masse (on a compté plus de 1500 piqûres sur certainesvictimes) et les poursuit quelquefois pendant plusieurs kilomètres, alors qu’à l’ordinaire, l’attaque d’un essaim ne sepoursuit guère au-delà d’une cinquantaine de mètres de l’endroit où se tient la reine.

Cette abeille a maintenant atteint le Mexique où elle aurait fait une centaine de victimes et la Californie où elle futdéclarée responsable d’au moins cinq décès en 2000. Alors que l'on pensait que le froid empêcherait la remontéevers le nord de cette espèce, force est de constater qu'elle s'est aussi installée au Canada où elle se porte à merveille.L'abeille africaine a tout récemment fait son apparition en Espagne (été 2002).

En Guyane française où l’on pourrait penser que les mygales, scorpions, serpents, caïmans, rainettes arboricoleset autres jaguars qu’ils soient les premiers responsables d’accidents dus aux animaux, ce sont les attaques de cette abeillequi représentent le plus grand nombre d’interventions du SMUR.

En France où la disparition (voir infra) des abeilles indigènes (races bretonnes, italiennes ou chypriotes et leurs hybrides)par suite de traitements insecticides pose un grave problème pour les apiculteurs, l’importation d’abeilles risquede devenir préoccupante.






L’utilisation du Gaucho ® :

Le Gaucho ® , commercialisé par Bayer Phytochim est un insecticide systémique dont la molécule active estl’imidaclopride. Cet insecticide est utilisé en imprégnation des semences de tournesol, betteraves, orge, blé et maïspour lutter préventivement contre d’éventuelles attaques de pucerons, de taupins ou de cicadelles.

Cet insecticide est fortement soupçonné d’entraîner des troubles du comportement chez les insectes butineurs,les abeilles particulièrement lesquelles ne retrouvent plus leurs ruches et meurent, entraînant de facto la mort de la ruche.

Naturellement, la société Bayer conteste la dangerosité de son produit et agit de tout son poids financier et industrielpour le maintenir sur le marché (Il n'y a guère plus de 400 apiculteurs en France !). En décembre 2001, le Ministre de l’agricultureJean Glavany n’en a pas interdit l’utilisation.Au Pays-Bas, Bayer a réussi a obtenir un délai d’un an pour surseoir à son interdiction.

Ce que l’on sait sur l’imidaclopride :

1) La persistance de l’imidaclopride dans les sols est extrêmement grande. La DT 50 (demi-vie) qui mesurecette persistance est hors normes européennes. L’année suivant l’implantation d’une culture avec gaucho,la molécule reste disponible pour la nouvelle culture.

Une injection d’imidaclopride au pied d’un orme le garantit sans puceron pendant deux ans.

2) Les produits de dégradation de l’imidaclopride peuvent être aussi toxiques. L’oléfine est 16 fois plus toxiquepour le puceron que la molécule mère.

3) La rémanence de 45-60 jours annoncée par le fabricant indique qu’il ne garantit pas une efficacité à 100 %après cette date, mais on a retrouvé des résidus d’imidaclopride et de ses dérivés dans des feuilles et pollens,y compris dans des végétaux issus de semences non traitées. Ceci s’explique par la persistance dans les sols,la systémie parfaite et la rotation des cultures.

4) En laboratoire et sous tunnel, de faibles doses (sublétales) d’imidaclopride ont provoqué des comportementsanormaux des abeilles. Ce sont les mêmes doses que l’on retrouve en analyse de végétaux et les mêmescomportements que les apiculteurs observent sur le terrain.

5) On a démontré la toxicité à des doses sublétales sur les bourdons, les lombrics. Une seule graine de betteraveenrobée de gaucho, consommée par un petit oiseau, suffit à le faire mourir.

Ajoutons que si le Gaucho est "l’aîné de la famille" il a déjà des petits frères : le Régent (matière active : fipronil,très toxique pour les abeilles) qui semble bien être plus systémique que voulait l’avouer son fabricant.En Amérique latine, Novartis commercialise une nouvelle molécule proche qui pourrait bien débarquer en Europe…

On a beaucoup loué le traditionnel bon sens paysan, lequel aurait imposé que l'agriculteur réagisse à une réelle attaqued'un prédateur de ses cultures.

Qu'en reste-t-il avec le Gaucho, car c'est au moment du semis que le paysan décide d'un traitement sans même savoirsi les pucerons ou autres pestes seront présents ?

La conséquence d'une telle attitude, soigneusement encouragée par une politique commerciale active, voire agressive,revient à une systématisation de l'emploi du produit.

Outre les risques, non mesurés, qu'à terme se développent des résistances chez les insectes ravageurs, que semanifestent des effets environnementaux irréversibles, on observe (une fois encore) une véritable confiscation du savoir-fairepaysan au profit de l'agrochimie laquelle ne semble n'avoir du développement durable qu'une vue restreinte,essentiellement centrée sur le cours de ses actions boursières.

La recherche scientifique a besoin de financements, or qui, mieux que les grands groupes pharmaceutiques ou chimiquessont les plus à même de les dégager ? Est-ce là une explication qui fait que de nombreux chercheurs se sont désengagésde leurs recherches dans ces domaines sensibles ?Seul le pouvoir politique a le devoir et la capacité d'imposer des principes de précaution. Mais qu'en attendre, sile paysan qui refuse les OGM, les antibiotiques ou les hormones dans l'alimentation animale, s'y voit contraint au nomdes règles dictées par l'Organisation Mondiale du Commerce, voire condamné par la justice s'il advenait qu'il se révoltât ?Et qu'en attendre, si les organismes décentralisés de l'État se comportent davantage comme des chambresd'acclimatation ?






Pesticides. Un article de la loi d'orientation agricole inquiète les apiculteurs.

Le Gaucho et le Régent de retour sur le marché ?

par Eliane PATRIARCA / Libération / QUOTIDIEN : mercredi 18 janvier 2006

Le Gaucho et le Régent TS, les deux insecticides accusés par les apiculteurs de décimer les abeilles, et dont l'usage a été interdit en 2004 par le ministère de l'Agriculture, peuvent-ils être réautorisés ? C'est la crainte de l'Union nationale de l'apiculture française (Unaf, 22 000 adhérents, et 48 % des ruches françaises) à la lecture de la loi d'orientation agricole (LOA). Ce texte, adopté le 22 décembre 2005 et entré en vigueur au début de l'année, est destiné à adapter l'agriculture française aux contraintes de la Politique agricole commune.

"Flou le plus complet". Ce qui fait frémir l'Unaf, c'est l'article 70 de la LOA dont deux points concernent les produits phytosanitaires disposant d'autorisations provisoires de vente (APV) en cours ou caduques. C'est le cas du Régent TS, dont l'APV n'est aujourd'hui plus valable. "Quant au Gaucho, c'est le flou le plus complet. Nous n'avons jamais pu savoir s'il disposait, avant son interdiction, d'une autorisation définitive de mise sur le marché (AMM) ou provisoire", affirme Bernard Fau, l'avocat de l'Unaf.

Selon lui, "l'article 70 va permettre de faire "revivre" les APV caduques et de transformer les APV en cours en autorisation de mise sur le marché. Et tout cela jusqu'en 2011, sauf si l'examen communautaire des substances actives devait intervenir avant". Dans le cadre d'une directive environnementale européenne (91/114), toutes les substances actives entrant dans la composition de pesticides doivent en effet être soumises à une réévaluation communautaire. Objectif : éliminer les produits trop nocifs pour l'environnement et la santé humaine. Mais avec cet article de la LOA, des produits phytosanitaires pourraient donc être réautorisés, sans que leur toxicité ait été réexaminée à la lumière du nouveau standard européen d'innocuité.

"Les arrêtés ministériels qui ont interdit l'usage du Gaucho, en 1999 sur les semences de tournesol et en 2004 sur celles de maïs, ainsi que l'utilisation du Régent TS en 2004 ont, juridiquement, une valeur inférieure à la nouvelle loi", s'inquiète Bernard Fau. L'Unaf avait fait officiellement part de ses craintes dans une lettre adressée le 30 novembre 2005 au ministre de l'Agriculture, Dominique Bussereau. Mais la LOA a été adoptée le 22 décembre et la lettre est restée sans réponse.

Etude de la toxicité. Sollicité hier par Libération, le ministère de l'Agriculture a tenté de réfuter les inquiétudes des apiculteurs : "Pour le Régents TS, la Commission d'étude de la toxicité des phytosanitaires ayant émis un avis défavorable, il ne sera pas réautorisé en attendant le résultat de l'évaluation communautaire." Quant au Gaucho, il ne serait pas concerné par la nouvelle loi, affirme le ministère, puisque doté d'une autorisation définitive de mise sur le marché. Ce que conteste l'avocat de l'Unaf. En tout cas, la LOA vient d'ajouter une nouvelle pierre au monument d'opacité que constitue le processus d'homologation des produits phytosanitaires en France.





Les bourdons pollinisateurs menacés :
http://www.inra.fr/dpenv/pouvrc19.htm

Impact des pesticides sur les Abeilles et les autres pollinisateurs :
http://www.inra.fr/dpenv/taseic29.htm

Liste des principaux textes réglementaires et législatifs concernant l'apiculture et le miel
http://www.liste-hygiene.org/veillemiel.htm

Impact des pesticides sur les Abeilles et les autres pollinisateurs
http://www.beekeeping.com/articles/fr/tasei.htm





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