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Nouvelles acquisitions
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Pic noir (Dryocopus martius)
Il arrive qu'une espèce nouvelle fasse son apparition sur un territoire et qu'elle s'installe durablement.


Je me souviens, à la fin des années 1950, des premières tourterelles turques (Streptopelia decaocto) dont nous ne savions rien et qui ne figuraient même pas dans les livres que nous possédions à l'époque, mon père et moi.

L'expansion vers l'ouest d'un nombre important d'espèces d'oiseaux me semble très significative de ces trente dernières années.Vers 1961 - 62, j'avais noté les premières nichées réussies du Fuligule milouin (Aythya ferina) et du Fuligule morillon (Aythya fuligula) sur l'étang du Gué de Selles, près de Mézangers, dans la Mayenne, avant que cet étang ne soit massacré pour le seul bénéfice du tourisme…

Vers 1990, ce sont plutôt des espèces forestières qui se manifestèrent et particulièrement le pic noir (Dryocopus martius) et le bec-croisé des sapins (Loxia curvirostra). Dans ces années-là, j'avais rencontré ces espèces surtout dans la Mayenne (Forêt de Pail, Forêt de la Charnie) et dans la Sarthe (Forêt de Sillé).

Bec-croisé mâle mort noyé
C'est en 1995 que je rencontrais le bec-croisé pour la première fois dans le Morbihan, en forêt de Camors, à une époque où il ne pouvait pas s'agir d'un voyage migratoire.


Depuis cette date, cette espèce nichait probablement et sporadiquement dans plusieurs massifs forestiers de notre département (Lanouée, Camors-Floranges et récemment Inguinel).

Toutefois, je n'avais pas de certitude absolue, n'ayant jamais trouvé le nid de cette espèce, ni vu précocement les jeunes. Il ne faut pas oublier que cette espèce est très erratique.

Pendant l'hiver 2004, et sans doute parce que les épicéas avaient produit beaucoup de cônes, plusieurs observateurs repéraient des becs-croisés, d'abord sur les grands massifs du Morbihan (Camors, Floranges), mais aussi sur des plus petits (Inguiniel, St Urlo / Languidic, etc.). Je trouvai un mâle noyé à Inguiniel. Au printemps, des signes évidents de nidification étaient notés un peu partout en Bretagne où l'année 2005 a été, pour beaucoup d'observateurs, l'année des becs-croisés. Plusieurs centaines d'individus, sinon des milliers ont été observés sur les quatre départements bretons. Personne ne peut dire si cette invasion des becs-croisés va durer ou non. Il est sûr que quand les épicéas ne donneront pas autant de cônes, c'est semble-t-il le cas, cette année, il y a fort à parier que tous ces oiseaux disparaîtront.

Cette même année 1995, vers fin novembre, je rencontrais pour la première fois le pic noir en forêt de Floranges. J'allais trouver un nid au printemps suivant et suivre cinq années de suite les efforts d'un couple pour élever 14 petits.

En 1997, c'est un couple de perruches à collier (Psittacula krameri) qui tentait de s'installer pour nicher (?) dans des bois proches de la maison à Hennebont. Sans grand succès. Mais cette espèce férale est bien en expansion dans le nord de la France.

Vers 1999 ou 2000, après de nombreuses années d'hivernage dans notre région, il me semble que des tarins des aulnes (Carduelis spinus) se soient installés et nichent. Comme tout le monde le sait et comme le confirme d'ailleurs une légende allemande, le nid du tarin est tout à fait introuvable puisque ces oiseaux y mettent une petite pierre qui confère l'invisibilité au nid qui la contient. Je n'ai jamais trouvé de nid de tarin, mais la présence de juvéniles manifestement sortis depuis peu du nid (marques commissurales encore visibles) ne laisse pas de doute. Les tarins sur les hauteurs d'Hennebont et dont j'avais observé leurs jeunes, avaient niché assez tôt puisque les jeunes avaient été repérés en plein mois de février aux abords d'un site de nourrissage auprès duquel ils patientaient en attendant que leurs parents leur donnent (encore) la becquée. Il me semble que les oiseaux ont niché deux années consécutives. Je n'ai rien observé en 2003.




L'expansion que l'on observe, ces dernières années, de certaines espèces est très probablement corrélée avec les modifications climatiques redoutées et surtout le réchauffement de la planète.

Cylindromyia pilipes
C'est probablement une explication pour l'apparition de cette tachinaire (Cylindromyia pilipes) dans le Morbihan pendant l'été 2005, alors que cette espèce était donnée, jusque là, comme une espèce méditerranéenne et surtout continentale (Europe centrale).

D'autres Cylindromyia :

C. brassicaria et C. bicolor qui ressemblent beaucoup à C. pilipes vivent plutôt également en Europe du Sud et en Europe Centrale.


L'expansion relativement récente et néanmoins spectaculaire (moins de dix ans / 1995 ?) du guêpier d'Europe le long de la Loire et de l'Allier vaut d'être signalée… Les dommages causés aux populations de libellules aussi d'ailleurs !

Mais, si les expansions d'oiseaux sont, à un moment ou un autre, toujours remarquées, l'expansion de certaines espèces d'insectes passe probablement davantage inaperçue.

C'est le cas, entre autres de la carte géographique (Araschnia levana) ou du xylocope (Xylocopa violacea), en passe de devenir très familiers dans notre département du Morbihan quand il y a encore une dizaine d'années, ces insectes étaient encore considérés comme rares chez nous.

La carte géographique (Araschnia levana)
Abeille charpentière (Xylocopa violacea)


Polistes bischoffi
Une mention particulière pour une espèce de poliste (Polistes bischoffi) donnée comme rare en Europe moyenne, il y a peu de temps encore et qui, si sa dynamique d'expansion se maintient, sera dans les trois ou quatre années à venir, le poliste le plus commun en Europe !

Pour cette espèce, personne ne semble savoir exactement ce qui favorise une telle dynamique expansionniste.







Vespa velutina : le frelon asiatique
http://inpn.mnhn.fr/isb/servlet/ISBServlet?action=Espece&typeAction=10&pageReturn=ficheEspeceFiche.jsp&numero_taxon=433590




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