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Aéroréfrigérants
Aéroréfrigérants


Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : Généralités / EDF et ses Légionelles / Les légionnelles /

Plan National Santé-Environnement (PNSE) /
L’Afsset invite EDF à trouver de nouveaux moyens de lutte contre la légionelle dans ses centrales nucléaires /
Légionnelles : Surveiller les installations d'eau chaude sanitaire des ERP /
Surveiller les légionelles dans les installations d'eau chaude : un guide pour les ERP /
Dénombrement des légionelles dans l'eau : l'Anses passe en revue les méthodes disponibles /
Évaluat ion quantitative du système de surveillance des légionelloses en France en 2010 / /
Projet de règlement relatif à l’entretien des tours de refroidissement d’eau (Cananda) /
Détection moléculaire des bactéries du genre Légionella dans l’eau des tours de refroidissement et l’eau de consommation /
Sites Internet et articles / Corrélats /


Aéroréfrigérants sur une usine à fabriquer des nuages...
parfois radioactifs !
Un aéroréfrigérant est un dispositif conçu pour maintenir aussi bas que possible la température dans les circuits de refroidissement.


Ceux-ci se rencontrent fréquemment dans les centrales électriques ou nucléaires, dans l’industrie, dans les centres hospitaliers et dans de nombreux autres bâtiments administratifs ou des logements.

Certains aéroréfrigérants sont colossaux et se présentent comme d’immenses tours surmontées en permanence d’un panache de vapeur ; d’autres sont beaucoup plus modestes. Dans bien des cas, ces dispositifs de refroidissement ont été mis en place pour éviter de rejeter des eaux chaudes dans le milieu récepteur dont on sait qu’il n’aurait pas la capacité à les supporter sans une atteinte définitive à la flore, la faune et le climat local ou régional.

Le principe de fonctionnement des aéroréfrigérants consiste à pulvériser de fines gouttelettes d’eau sur les circuits chauds. L’évaporation de l’eau qui s’en suit, capture les calories des circuits qui sont refroidis. L’eau est ensuite dirigée dans l’atmosphère. Il en résulte une importante déperdition d’eaux naturelles quand on fait appel aux fleuves ou aux rivières pour le refroidissement des grandes centrales ou des complexes industriels importants (environ 1 à 6 mètre cube par seconde) ou d’eau potable pour de plus petites installations.

La multiplication de ces dispositifs de refroidissement et autres climatiseurs est aussi un formidable moyen de faire proliférer diverses bactéries dont divers Pseudomonas et surtout les Legionella. Au moment de la canicule, on entendait partout qu’un des moyens préconisé pour le confort de nos anciens soit qu’on leur installe des climatiseurs… c’était sans compter sur l’épidémie de légionellose qui allait frapper le Pas-de-Calais et dont la responsabilité pourrait incomber très certainement à un lavage automatique de voitures, à moins que ce ne soit à l’usine Noroxo, précautionneusement fermée depuis* ?

[* Au mois d’août 2003, en pleine canicule, Mme Aubry et quelques autres socialistes®, réagissant fermement à l’incurie probable du gouvernement Raffarin - Mattei en tee-shirt®, faisait la proposition que, pour enrayer la surmortalité de nos vieux (dont ma maman… qui comme le pressentait sa suffisance Allègre serait morte de toute façon (cf. sénescence)), il n’y avait qu’à installer partout des climatiseurs… jusqu’à ce mois de janvier 2004 quand, en pleine épidémie de légionellose, cette même Mme Aubry déclarait : « Ce n’était peut-être pas une si bonne idée** que de risquer de multiplier les épidémies de légionelloses en proposant de multiplier les systèmes de climatisation dans les maisons de retraite ».]

[** Ce à quoi, j'ajouterai, en cette mi-juin 2004, que les climatiseurs se sont arrachés comme des petits pains au point qu'il n'y en a plus pour les vieux et que le prix du pétrole atteint des records... Vous avez dit durable ?]




Réseau Sortir du Nucléaire / Communiqués de presse / 03/07/2006

Émissions de Légionelles par les tours de refroidissement - Danger mortel autour de onze centrales nucléaires

Le Réseau Sortir du nucléaire :

1) demande la fermeture conservatoire immédiate des centrales nucléaires de :

Belleville (Cher), Bugey (Ain), Cattenom (Moselle), Chooz (Ardennes), Civaux (Vienne), Cruas (Ardèche), Dampierre (Loiret), Golfech (Tarn-et-Garonne), Nogent (Aube), Saint-Laurent (Loir-et-Cher) et Chinon (Indre-et-Loire). La situation de l'usine Eurodif (Drôme), qui possède deux tours similaires à celle des centrales nucléaires, doit aussi être étudiée.

2) appelle les riverains de ces onze centrales, dans un rayon de 20 km, à saisir le Procureur de la République pour "Mise en danger de la vie d'autrui"

En effet, le rapport de l'Agence Française de Sécurité Sanitaire de l'Environnement et du Travail (AFSSET) confirme les accusations portées depuis un an par le Réseau "Sortir du nucléaire" :

- EDF a triché pour cacher la vérité malgré la gravité du risque

- Les riverains sont en danger dans un rayon d'au moins 17 km

- EDF ne peut justifier, pour les tours des centrales nucléaires, le taux 5000 fois moins contraignant que celui appliqué aux autres tours.

- Contrairement aux affirmations d'EDF, les tours des centrales nucléaires sont plus dangereuses que les autres tours

Le Réseau "Sortir du nucléaire" s'étonne :

- de ce que les experts de l'AFSSET n'aient pas tiré les conséquences de leur propre verdict ("À l'issue de l'expertise collective des documents transmis par EDF, il ressort que les éléments de démonstration d'EDF sont irrecevables") : la fermeture conservatoire et immédiate des centrales concernées s'impose : la vie d'un certain nombre de riverains est sûrement en jeu.

- de la disparition du rapport final qui, à ce jour, n'est plus sur le site web de l'AFSSET. Le Réseau possède heureusement copie du rapport, mais celui-ci doit être remis au plus vite en consultation libre de tous les citoyens.

Lien (toujours inactif) : www.afsset.fr/documents/Rapport_final_Legionella_CNPE.pdf

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Réseau "Sortir du nucléaire" - Fédération de 720 associations / Dossier du lundi 3 juillet 2006

Légionelles : danger mortel autour de onze centrales nucléaires françaises

Résumé de l'affaire

Les tours de refroidissement, que ce soit celles des centrales nucléaires ou celles d'autres industries, sont des lieux de concentrations de Légionelles. Ces organismes sont fréquemment emportés par les panaches de vapeur (caractéristiques des tours de refroidissement) et font courir aux riverains un risque mortel par inhalation. (11 morts en 2004 dans la région de Lens)

Or, EDF a obtenu des autorités françaises que les tours de refroidissement des centrales nucléaires ne soient pas soumises à la réglementation générale : les concentrations de légionelles peuvent y être 5000 fois (*) supérieures à la normale.

EDF prétend en effet que, du fait de leur hauteur, les tours des centrales nucléaires sont moins dangereuses que les autres tours. Pour "justifier" ce postulat, EDF a produit diverses études et sa thèse a été avalisée par les autorités françaises dans le cadre du scandaleux arrêté ministériel du 31 janvier 2006 (qui couvre ou légalise de nombreuses infractions de l'industrie nucléaire, pas seulement concernant les Légionelles).

Or, dès juin 2005, le Réseau "Sortir du nucléaire", après s'être procuré un document non-public traitant des émissions de Légionelles, a accusé EDF et les autorités françaises de mettre en danger les riverains des centrales nucléaires équipées de tours de refroidissement.

Un an plus tard, le 21 juin 2006, l'Agence Française de Sécurité Sanitaire de l'Environnement et du Travail (AFSSET) a publié ses propres travaux : elle a expertisé les études d'EDF et abouti à des conclusions sidérantes :

"À l'issue de l'expertise collective des documents transmis par EDF, il ressort que les éléments de démonstration d'EDF sont irrecevables"

Rien ne peut donc justifier, dans les tours de refroidissement des centrales nucléaires, les concentrations de Légionelles 5000 fois supérieures aux normes admissibles.

Entre autres constats :

- l'ensemble des études et des conclusions d'EDF sur le "risque Légionelles" sont contestables ou carrément fausses.

- EDF a triché dans l'utilisation de divers paramètres pour que les tours des centrales nucléaires apparaissent plus sûres que les tours d'autres industries.

- Non seulement les tours des centrales nucléaires ne sont pas moins dangereuses que les autres tours, mais, au delà d'un périmètre minime de 200 m, elles sont au contraire plus dangereuses !

- Des études montrent par ailleurs que le risque de contamination est démontré à des distances importantes : jusqu'à 17 km des tours concernées.

- Non seulement EDF s'autorise à appliquer aux tours des centrales nucléaires des seuils gravement laxistes, mais ces seuils ne sont même pas respectés

- Lorsque des dépassements importants sont détectés, EDF intervient systématiquement avec un grand retard d'au moins dix jours !






Le 21 juin 2006, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a pris acte du rapport de l'AFSSET mais, une fois de plus, sans prendre les mesures qui s'imposent. Au contraire, pour le Réseau "Sortir du nucléaire", il est nécessaire de prononcer la fermeture conservatoire immédiate des onze centrales nucléaires concernées :

Belleville (Cher), Bugey (Ain), Cattenom (Moselle), Chooz (Ardennes), Civaux (Vienne), Cruas (Ardèche), Dampierre (Loiret), Golfech (Tarn-et-Garonne), Nogent (Aube), Saint-Laurent (Loir-et-Cher) et Chinon (Indre-et-Loire).

Par ailleurs, le Réseau "Sortir du nucléaire" appelle les riverains de ces onze centrales, dans un rayon de 20 km, à saisir le Procureur de la République pour "Mise en danger de la vie d'autrui"

Enfin, il est nécessaire de poser aussi la question de l'usine Eurodif d'enrichissement de l'uranium située à Pierrelatte (Drôme), qui possède deux tours de refroidissement similaires à celles des centrales nucléaires.

(*) 500 fois "seulement" pour la centrale nucléaire de Chinon qui est encore plus dangereuse que les autres car ses tours font 28 mètres de haut au lieu de 150






Réseau "Sortir du nucléaire" - Fédération de 720 associations

Dossier du lundi 3 juillet 2006

Légionelles : danger mortel autour de onze centrales nucléaires françaises

Données détaillées

Note : les tours de refroidissement des centrales nucléaires sont désignées par la formule "TAR CNPE". Les autres tours sont désignées par la formule "TAR ICPE"

Les tours de refroidissement, que ce soient celles des centrales nucléaires ou celles d'autres industries, sont susceptibles d'émettre dans l'air des Légionelles qui sont mortelles par inhalation. (11 morts en 2004 dans la région de Lens)

Or, EDF a obtenu des autorités françaises que les tours de refroidissement des centrales nucléaires ne soient pas soumises à la réglementation générale, c'est à dire en particulier à l'arrêté du 13 décembre 2004 (Cet arrêté fixe les seuils de concentration de légionelles à partir desquels il faut prendre des mesures particulières ou même stopper l'installation.).

En effet, l'arrêté ministériel du 31 janvier 2006 précise :

"Les tours aéroréfrigérantes des circuits de refroidissement des circuits secondaires des réacteurs à eau sous pression ne sont pas dans le champ d'application de l'alinéa précédent."

L'alinéa en question rappelle justement que les tours de refroidissements sont visées par l'arrêté du 13 décembre 2004.

Cette manœuvre consiste donc bien à exclure les tours des centrales nucléaires du champ de l'arrêté du 14 décembre 2004 et à y autoriser des concentrations de Légionelles 5000 fois supérieures à la règle générale (500 fois "seulement" à Chinon) :

"Les niveaux de concentration en Légionelles à ne pas dépasser dans les circuits de refroidissement des circuits secondaires ont été fixés à 5.106 UFC/l pour les centrales nucléaires munies de tours aéroréfrigérantes de grande taille (150 m de hauteur environ) et à 5.105 pour la centrale de Chinon (tours de 28 m de hauteur)."

(Circulaire ASN du 21 juin 2006 ; www.asn.gouv.fr/data/information/25_2006_legio.asp)

Pour justifier cette exception, EDF prétend que le danger est beaucoup moins important avec les tours des centrales nucléaires (du fait de leur grande taille) qu'avec les autres tours. Pour ce faire, EDF a produit - mais sans les rendre publics ! - un certain nombre d'études dont les résultats sont contestables ou truqués. (Cf. plus loin extraits du rapport de l'AFSSET)

La thèse d'EDF a pourtant bénéficié du soutien total de l'ASN (Autorité de sûreté nucléaire) et des autorités françaises comme l'a montrée la manœuvre décrite ci-dessus (arrêté du 31 janvier 2006 et circulaire ASN du 21 juin 2006)

Pourtant, dès juin 2005, le Réseau "Sortir du nucléaire" avait accusé EDF et les autorités françaises de mettre en danger les riverains des centrales nucléaires. Le Réseau s'est en effet procuré un édifiant document non-public : le compte rendu de la "conférence administrative" du 12 mai 2005 à Tours, à la Préfecture d'Indre-et-Loire, dans le quel on apprend que :

- "Aucun critère n'a été déterminé pour limiter la quantité de Légionelles dans l'air (par ailleurs difficile à mesurer) et que, de plus, la fonction de transfert vers l'homme est à ce jour inconnue"

- "Le seuil réglementaire de concentration en Légionelles, fixé à 5.105 UFC par litre (unité formant colonie) peut être atteint voir dépassé" (Centrale de Chinon)

- "La centrale nucléaire de Chinon a effectué des mesures mais ne souhaite pas les communiquer"

- Le directeur de la centrale de Chinon se veut rassurant : jusqu'à présent, "aucune des 1500 personnes présentes sur le site n'a été contaminée". Fort peu scientifique !

(Extraits du document non-public dont le Réseau "Sortir du nucléaire" s'est procuré une copie)

Le lundi 11 juillet 2005, le Réseau "Sortir du nucléaire" écrivait aux Préfets d'Indre-et-Loire et du Maine-et-Loire pour leur demander de rejeter les demandes d'EDF de modification de l'arrêté interministériel encadrant les rejets de la centrale nucléaire de Chinon. Dans ce courrier, le Réseau interpellait les Préfets sur la question des Légionelles :

"Par ailleurs, et c'est peut-être encore plus grave, de véritables inconnues existent concernant le risque Légionelles : EDF semble avoir découvert les Légionelles en 2004 (cf votre arrêté provisoire du 6 août 2004). Il est nécessaire de lancer une étude épidémiologique pour savoir si, depuis que la centrale fonctionne, il n'y a pas eu des victimes (en particulier sous les vents dominants). Par ailleurs, tout danger ne nous emble pas écarté aujourd'hui encore."

Hélas, aucune réponse n'a été faite, les exigences d'EDF ont été acceptées sans discussion par les Préfets et, dès le 17 août 2005, la centrale de Chinon se voyait dotée d'un nouvel arrêté interministériel régularisant tous ses rejets illégaux.

Mais, le 21 juin 2006, l'Agence Française de Sécurité Sanitaire de l'Environnement et du Travail (AFSSET) a publié ses travaux : elle a expertisé les études d'EDF sur les Légionelles et aboutit à des conclusions stupéfiantes :

L'ensemble des études et des conclusions d'EDF sont contestables ou carrément fausses :

"À l'issue de l'expertise collective des documents transmis par EDF, il ressort que les éléments de démonstration d'EDF sont irrecevables, notamment en raison :

» de leur interprétation partielle et orientée des résultats de modélisations utilisées pour décrire la dispersion des panaches ;

» des résultats de calculs ne permettant pas de démontrer sans ambiguïté que les concentrations au sol en Legionella provenant d'un panache de TAR CNPE soient inférieures à celles provenant d'une TAR ICPE ;

» des données d'exposition professionnelle non transposables à la population générale, et non informatives du risque d'exposition potentiel des populations riveraines des TAR CNPE."

EDF a triché dans l'utilisation des paramètres concernant les tours ordinaires (dites "tours ICPE") pour que, par comparaison, les tours des centrales nucléaires apparaissent plus sûres :

"Le taux de primage pour les TAR ICPE a été corrigé à 0,01 % en remplacement du taux assigné par EDF (0,1%). Rappelons ici que l'arrêté du 13 décembre 2004 demande un taux de primage de 0,01% pour les TAR ICPE."

EDF a vraisemblablement triché aussi sur les paramètres des tours des centrales nucléaires. Mais, "curieusement", le fournisseur qui pouvait éclaircir la situation ne s'est pas présenté à l'audition alors qu'il avait donné son accord préalable à l'AFSSET :

"Les experts n'ont pas pu confirmer avec le fournisseur garantissant les dévésiculeurs d'EDF si cette marge de sécurité était ou non inclus dans la valeur de 0,003 % : HAMON ne s'est pas présenté à l'audition malgré son accord préalable."

Il est légitime de se demander si EDF, sentant l'étau de la vérité se refermer, n'aurait pas exercé des pressions sur le constructeur HAMON pour qu'il ne réponde pas aux questions des experts...

EDF base ses calculs sur d'autres affirmations erronées, par exemple concernant la taille des gouttelettes (qui emportent des Légionelles dans les panaches de vapeur d'eau) :

"Pour la taille des gouttelettes, EDF retient 5 nm en précisant qu'il s'agit d'une hypothèse conservatrice. Si on peut admettre qu'une taille plus importante entraînerait un dépôt plus important, par gravité, il ne peut être exclu qu'une taille plus faible des gouttelettes favorisant l'évaporation, le comportement des aérosols se rapprocherait alors de celui d'un gaz, et dans ce cas la distance d'impact est au contraire plus importante."

De fait, les experts de l'AFFSET ont refait l'ensemble des calculs en utilisant des chiffres favorisant la thèse d'EDF. Et, pourtant, les verdicts sont saisissants :

- "Il n'existe pas [comme le prétend EDF] une différence d'un facteur de 80 à 200 (voire plus) en faveur des tours des centrales nucléaires. Bien au contraire, la considération des valeurs plus réalistes (...) montre l'effet inverse" et "Cet effet inverse est observé indépendamment du système de modélisation considéré".

- "À l'exception du champ très proche (moins de 200 mètres de la tour), les concentrations en Legionella au sol issues des panaches des tours des centrales nucléaires sont, au moins d'un ordre de grandeur, supérieures aux concentrations calculées pour des tours ICPE."

- Et encore, rappelons-le, les experts ont pris des chiffres favorables à la thèse d'EDF : "Si on appliquait au calcul le seuil d'intervention des tours ICPE, la différence serait encore plus marquée"

De plus, l'AFSSET pointe les graves défaillances d'EDF lorsque des proliférations de Légionelles sont détectées :

"La mise en place des traitements de désinfection est extrêmement tardive puisque celle-ci n'est déployée que 10 jours après avoir dépassé le seuil recommandé, voir plus s'il est besoin d'une autorisation de rejets. En d'autres termes, pendant 10 jours l'eau du bassin présente une contamination en Légionelles, dans le meilleur des cas, inférieure aux seuils d'action et, dans le pire, égale voire supérieure [aux seuils d'arrêt]" (soit 5.105 pour Chinon et à 5.106 UFC/l pour les autres centrales nucléaires).

En clair : non seulement EDF s'est autorisée à appliquer des seuils gravement laxistes, mais ces seuils ne sont même pas respectés, et EDF intervient trop tard en cas de dépassement ! La situation est même catastrophique concernant la centrale nucléaire de Chinon :

"Pour Chinon, les données collectées lors des dépassements montrent que la concentration en Legionella spp peut atteindre 1,4.106 UFC/l." Soit 3 fois le seuil d'arrêt (déjà très laxiste) autorisé par l'ASN

Pire :

"Ces observations associées au fait que 90 % des Legionella détectées appartiennent au genre Pneumophila sont des arguments forts en faveur de la nécessité et de l'urgence avec laquelle EDF devrait réexaminer ses plans d'évaluation du risque."

Les experts de l'AFSSET contredisent aussi EDF qui avance qu'aucune épidémie (cas groupés) n'a eu lieu dans le voisinage des centrales nucléaires. Or :

"Les cas sporadiques sans source identifiée de contamination représentent 50 % de cas de légionellose déclarés annuellement (Desenclos, 2004) depuis 1987, date de la mise en place de la déclaration obligatoire."

Pour le Réseau "Sortir du nucléaire", il est possible, voire probable, que les tours de refroidissement des centrales nucléaires soient la cause de décès non-groupés (sporadiques), ce qui serait cohérent avec la dispersion des Légionelles due à la taille des tours des centrales.

Mais, comme toujours concernant l'industrie nucléaire, la meilleure façon de ne pas trouver de données gênantes est... de ne pas chercher. Ainsi les experts de l'AFSSET expliquent que :

"L'absence d'information précise s'explique par le fait qu'à l'heure actuelle aucun outil d'évaluation n'a été mis en place spécifiquement pour étudier le lien potentiel entre des TAR de grandes dimensions et les cas sporadiques."

Par ailleurs, il est fondamental de noter que :

"Les récentes épidémies de Lens et de Sarpsborg en Norvège montrent que des épidémies de type cas groupés peuvent avoir lieu à partir d'une source de contamination située à plus de 10 km." et, dans le cas norvégien, "les cas avérés se trouvaient à des distances allant jusqu'à 17 kilomètres du point source identifié".

Conclusions :

Le Réseau "Sortir du nucléaire" insiste sur la gravité de la situation et

- demande l'arrêt immédiat des centrales nucléaires de Belleville (Cher), Bugey (Ain), Cattenom (Moselle), Chooz (Ardennes), Civaux (Vienne), Cruas (Ardèche), Dampierre (Loiret), Golfech (Tarn-et-Garonne), Nogent (Aube), Saint-Laurent (Loir-et-Cher) et Chinon (Indre-et-Loire), ainsi que de l'usine Eurodif d'enrichissement de l'uranium située à Pierrelatte (Drôme) si elle bénéficie des mêmes mesures laxistes.

- exige des enquêtes épidémiologiques rétrospectives autour des 12 sites concernés pour essayer de déterminer le nombre de personnes contaminées (et le nombre de personnes éventuellement décédées)

- appelle les riverains de ces sites, dans un rayon de 20 km, à saisir le Procureur de la République pour "Mise en danger de la vie d'autrui"

- va attaquer en justice l'injustifiable arrêté ministériel du 31 janvier 2006 qui avalise les passe-droits d'EDF concernant les Légionelles mais aussi d'autres points comme le risque incendie dans les installations nucléaires.

- Par ailleurs, le Réseau "Sortir du nucléaire" rappelle que cette affaire en cache une autre : celle des conséquences sur la santé publique des rejets en rivières des produits chimiques massivement utilisés par EDF pour tenter de lutter contre les Légionelles. Nous y reviendrons.




Les légionnelles

Les légionnelles sont des bactéries que l'on rencontre communément dans la nature et plus particulièrement dans les milieux humides dans lesquels une partie de leur cycle vital est à caractère parasitique de protozoaires, surtout des amibes. C'est d'ailleurs cette phase de vie parasite intracellulaire qui avait fait pensé, au début de leur découverte dans les années 1940, qu'il s'agissait de rickettsies*.

[* Aujourd'hui, différentes espèces de Rickettsia et de Coxiella sont maintenant classées comme phylogénétiquement proches des légionnelles. C'est aussi le cas d'une bactérie parasite des amibes à coques du genre Sarcobium qui vient de rejoindre les Legionella. On compte près de 50 espèces de Legionella. Certaines souches n'ont toujours pas été cultivées, parmi celles-ci, il y aurait peut-être différentes espèces. On trouve souvent ces légionnelles sous le nom générique de LLAP ou Legionella Like Amaoebal Pathogens).

Longtemps considérées comme assez inoffensives, les légionnelles n'avaient pas été étudiées de façon systématique jusqu'à ce qu'une de ces bactéries (Legionella pneumophila) soit reconnue comme responsable de la mort d'une trentaine de légionnaires qui participaient participé à un congrès l'American Legion à Philadelphie en 1976. Cette espèce s'est révélée extrêmement pathogène du fait de sa propension à pénétrer dans des cellules attachées à la défense passive des organismes comme dans les monocytes, les macrophages alvéolaires et les cellules épithéliales alvéolaires de type I et II ce qui conduit à une destruction de ces cellules..

Les légionnelles, genre Legionella, se présentent comme des bacilles Gram négatif, aérobies stricts. On n'observe pas de spores ou de capsules. Beaucoup d'espèces possèdent un (ou deux) flagelles polaires ce qui laisse supposer que ces bactéries sont mobiles. Toutefois cette mobilité semble parfois bien difficile à mettre en évidence. Certaines espèces seraient totalement immobiles.

La paroi de ces bactéries présente une particularité rare pour des Grams négatifs, à savoir qu'elle comporte une part très importante d'acides gras insaturés.

D'une manière constante, les différentes espèces de légionnelles cultivent très mal, voire pas du tout sur les milieux de culture. Des tentatives plus ou moins fructueuses ont été tentées pour cultiver ces bactéries avec les protozoaires qu'elles parasitent habituellement.

En France, la recherche, l'échantillonnage et la culture de Legionella pneumophila fait l'objet d'une norme NT 90-431.

D'une manière simplifiée, Legionella pneumophila cultive plutôt mieux en milieu un peu acide, après qu'on ait éliminé au mieux les bactéries interférentes qui sont nombreuses à pousser sur les milieux qu'on propose aux légionnelles. Cette élimination peut se faire avec des antibiotiques spécifiques ( Vancomycine, Polymyxine et Cycloheximide) ou encore par choc thermique ou choc acide. On sait, en effet, que les légionnelles résistent mieux que d'autres bactéries accompagnatrices à un passage bref à des températures supérieures à 55° C ou à des pH inférieurs à 5. La caractérisation de Legionella pneumophila se fait sur un milieu cystéiné. Le milieu approprié est une gélose BYCE (Buffered Charcoal Yeast Extract) supplémentée en L-cystéine, en tampon ACES et en fer (pyrophosphate de fer). Le fer, sous forme d'oxyde ferrique, est très important pour le métabolisme non fermentif des légionnelles. C'est une des raisons qui font que ces bactéries colonisent aussi facilement des canalisations qu'elles corrodent pour mieux s'approvisionner en fer.

La plupart des espèces de légionnelles sont des bactéries des eaux douces. On les trouve dans tous les milieux possibles les lacs, les étangs, les rivières et les fleuves, mais aussi dans les canalisations, les humidificateurs, les climatisations, les machines à glace, les piscines, les bains à remous, les douches ou les équipements des stations thermales.

Ces bactéries se développent d'autant mieux que les conditions de température qui leur sont offertes se situent entre 25 et 45 ° C. D'autres facteurs vont aussi être importants comme la nature des matériaux constitutifs des tuyauteries, particulièrement la présence de fer, leur longueur, l'existence de bras morts ou de stases d'écoulement, sinon de stagnation, Le plus souvent, les légionnelles, dont le degré d'adhérence à des substrats est élevé, forment ce qu'on appelle des biofilms. La formation des biofilms est dépendante de la présence des protozoaires parasités par les légionnelles.

Une espèce de légionnelle (Legionella longbeachae) est propre aux jardins dans la terre desquels elle prospère. Cette espèce peut se révéler pathogène pour des jardiniers. Toutefois, les cas de maladies provoquées par cette bactérie semblent, pour le moment, limités à l'Australie et les USA.

La présence d'amibes et de certains protozoaires ciliés semble un facteur déterminant pour trouver des légionnelles. Selon les espèces de légionnelles, la spécificité du parasitisme est plus ou moins étroite. Certaines espèces de bactéries sont monospécifiques exclusives, d'autres sont moins regardantes. Apparemment, Legionella pneumophila serait une des espèces les moins spécifiques à l'égard des protozoaires auxquels elle s'attaque. D'aucuns voient dans cette ubiquité une des raisons qui font que cette espèce est aussi pathogène pour l'homme. Legionella micdadei, responsable de la fièvre de Pontiac, une affection pulmonaire humaine, mais nettement moins grave que la maladie des légionnaires, est aussi une bactérie peu regardante sur les protozoaires auxquels elle s'attaque.

Une propriété remarquable semble acquise par le passage de la bactérie dans son hôte, c'est le surcroît de résistance à l'égard des modifications du milieu.

Les légionnelles vivent et se multiplient dans les vacuoles des cellules de leurs hôtes. Il arrive souvent que ces cellules infestées meurent et qu'alors les légionnelles soient libérées dans le milieu. On a remarqué que ces organismes étaient devenus plus tolérants à la variation des facteurs écologiques comme le pH, la température, la pression osmotique et même à la présence et à l'action de désinfectants, d'antiseptiques et d'antibiotiques. Naturellement, après ce séjour dans une amibe ou un cilié, ces bactéries sont infiniment plus dangereuses quand elles parasitent une cellule humaine.

On notera aussi que les légionnelles qui demeurent dans des amibes enkystées sont particulièrement bien protégées de la dessiccation, des biocides et des hautes températures.

Parmi les légionnelles responsables de pathologies opportunistes chez l'homme, c'est Legionella pneumophila qui est l'espèce la plus à craindre. Remarquablement, cette espèce avec laquelle nous sommes en contact depuis des milliers d'années, et même plus, ne s'est manifestée comme pathogène remarquable que depuis une trentaine d'années. En effet, tant que cette bactérie est en milieu liquide, elle est peu pathogène parce que ces capacités de virulence sont quasi nulles. En fait, cette bactérie a largement profité d'un mode de dispersion dans des vaporisations, des aérosols ou de conditions très particulières favorisant des croissances de populations phénoménales pour devenir dangereuse. La pollution de circuits d'eau chaude, mais surtout la multiplication des systèmes de refroidissement, de ventilation ou de climatisation ont largement servi le développement et la pathogénicité de cette bactérie.

Après les 34 morts de Philadelphie, cette bactérie a été rendue responsable de la mort de plusieurs milliers de personnes. On notera que les seuls cas mortels qu'on lui impute sont le plus souvent multiples en un lieu donné ou durant une période donnée. Il y a fort à parier que des morts imputables à cette bactérie sont passées inaperçues.

Parmi les objets connus comme favorisant le déclenchement d'épidémies de légionnelles, on citera les tours aéroréfrigérantes, sûrement les plus fréquemment incriminées. On devra aussi citer les équipements des stations balnéaires (bains et douches) et dans une moindre mesure, les douches et les bains dans les établissements de santé, les équipements sportifs, et probablement aussi les équipements sanitaires domestiques pour lesquels on ne dispose pas de données fiables.

La plupart du temps, la contamination est pulmonaire. Les cas de légionelloses digestives s'expliqueraient par l'ingestion d'une quantité importante d'eau contaminée.

L'infection se présente presque toujours initialement comme une grippe. Rapidement, l'évolution est marquée par des fortes fièvres, de la toux, une pleurésie, des abcès pulmonaires. Les troubles gagnent alors d'autres compartiments : les reins, l'estomac et les intestins. Des atteintes neurologiques sont fréquentes. 15 à 20 % des malades décèdent quand aucun traitement antibiotique n'est tenté. Mais la mortalité reste élevée, même avec un traitement antibiotique.

La maladie de Pontiac se présente comme une petite grippe qui disparaît en quelques jours. Il existe des formes de légionelloses non pulmonaires. Elles sont toujours très graves. Les cibles de cette bactérie s'avèrent très variées : le cœur, l'appareil digestif, le pancréas, les muscles, le système nerveux et même la rétine.

Il semblerait que les animaux aient peu à craindre des légionnelles puisque des cas de légionelloses chez des animaux sont rarement décrits. L'utilisation d'animaux comme sentinelles de contamination aux légionnelles n'est donc sûrement pas à conseiller. Cela écrit, si c'est comme pour la présence d'une toxine dans les huîtres, tant qu'on ne la cherche pas, on ne peut guère la trouver. Il y a fort à parier que cette bactérie doit aussi bien infecter les poumons des animaux domestiques soumis à des contaminations qu'elle le fait avec les nôtres et cela d'autant que les monocytes et les autres cellules-cibles n'ont pas de spécificité propre.

Depuis 1987, face à une recrudescence du nombre de cas de légionelloses à issue tragique dans notre pays, la légionellose est devenue une maladie à déclaration obligatoire. On se reportera aux liens Internet pour les textes réglementaires en vigueur en matière de prophylaxie, de prévention des contaminations, de recherche et de caractérisation des degrés de contamination, etc.

Légionellose & Réglementation

Arrêté du 30 novembre 2005 modifiant l'arrêté du 23 juin 1978 relatif aux installations fixes destinées au chauffage et à l'alimentation en eau chaude sanitaire des bâtiments d'habitation, des locaux de travail ou des locaux recevant du public
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=SANP0524385A






Les aéroréfrigérants / volet pollution de l’air :
http://www.ecologie.gouv.fr/IMG/pdf/Rapport_Aerorefrigerants.pdf

Représentation des nuages chauds dans le modèle météorologique « MERCURE » : Application aux panaches d’aéroréfrigérants et aux précipitations orographiques :
http://tel.ccsd.cnrs.fr/documents/archives0/00/00/93/05/tel-00009305-00/tel-00009305.pdf

Légionelles et milieu de travail
http://www.dmt-prevention.fr/publications/tc98.html

Les avantages du Refroidissement Évaporatif
http://www.baltimoreaircoil.be/BAC/EU/axiwcm20.nsf/activedocuments/CE9438842A715527C12570CF0041525E

Nombreux autres renseignements sur les aéroréfrigérants sur
http://www.baltimoreaircoil.com

Voir aussi sur ce site : L'avenir des refroidisseurs d'eau atmosphériques :
http://www.baltimoreaircoil.be/BAC/EU/axidownloads20.nsf/activedocuments/3F9144FBF5B41DABC1256FFF0036FB62/$FILE/Avenir%20des%20Refroidisseurs.pdf

Quelques informations sur la maladie et sur les types de tours de refroidissement
http://www.drire.gouv.fr/basse-normandie/environnement/sanitaire/legionellose/indexlegionel.htm

Autre site DRIRE
http://www.drire.gouv.fr/bourgogne/environnement/actualite/legionellose/tours_a%E9ror%E9frig%E9rantes.htm

Actions de prévention de la légionellose / Noroxo
http://www.nord-pas-de-calais.drire.gouv.fr/environnement/legionellose/Legionellose.html

Légionellose : les entreprises face au principe de précaution
http://www.novethic.fr/novethic/site/article/index.jsp?id=73733

Noroxo, Acte II : 141 postes seront supprimés
http://www.novethic.fr/novethic/site/article/index.jsp?id=75231

ÉPIDÉMIE DE LÉGIONELLOSE
http://www.senat.fr/seances/s200402/s20040210/s20040210001.html

Legionella (Legionellaceae)
http://www.techmicrobio.net/systematique/GramNegatif/Legionella/legionella.html

Refroidisseurs à circuit fermé : une solution contre les légionnelles ?
http://www.xpair.com/savoir_faire.php?pint_CateId=1&pint_ArtId=781&pint_SavId=233

La DRIRE contrôle inopinément les légionelles dans 250 établissements de grande couronne parisienne (2005)
http://www.amiante.fr/adc2/lit/mar06/5.html

Legionella (Liste Hygiène et sécurité)
http://www.liste-hygiene.org/arclegionfrance.htmlPremier avis de l’Afsset relatif aux risques sanitaires liés aux proliférations de Legionella dans l’eau des tours réfrigérantes des centres nucléaires de production électrique d’EDF
http://www.afsse.fr/index.php?pageid=452&newsid=98&MDLCODE=news






[ Corrélats : Sénescence / Pollution thermique / Dilution Dispersion / Pénurie d'eau / Nébulosité / ...]

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