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Agroécologie




Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) :

Alimentation : le bénéfice des circuits courts en question ou l'Ademe roule en 44 tonnes ! /
Les circuits courts ne réduisent pas toujours l'empreinte écologique... ou l'Ademe en gros sabots ? /
Haute valeur environnementale : l'efficacité du dispositif en question /
Agroécologie : vers une autre agriculture /
L'agroécologie n'est pas une approche "utopique" mais bien opérationnelle, selon le CGDD /
Le semis direct sur couverture végétale, une solution pour améliorer les sols des savanes du Laos /
L'agro-écologie, modèle agricole français de demain ? /
L'agroforesterie pour améliorer les conditions de vie des paysans africains /
Retour sur le projet agro écologique pour la France /
L’agriculture écologiquement intensive, une utopie ? /
Le semis direct sous couvert : une solution contre l'appauvrissement des sols /
Projet agro-écologique : le collectif doit être au cœur de la transition /
S’initier à l’agroécologie : mode d’emploi /
Participer à la transition écologique de l’agriculture /
Les grands médias occultent que Monsanto a poussé 284.000 paysans indiens au suicide /
Encore un rapport de l'ONU qui appelle au soutien de l’agriculture paysanne et de l’agroécologie: c’est le moment d’agir ! /
Hubullande : " L'agroécologie : mon cul ! " /
Projet agro-écologique : un bon démarrage mais l'essentiel reste à faire /
Lettre ouverte à Stéphane le Foll, Ministre de l'Agriculture, en réponse à ses propos sur France Inter (Tribune Mediapart) /
Les belles histoires de l’agriculture familiale /
Agroforesterie : la méconnaissance de cette pratique reste un frein à son développement /
L’agriculture de demain selon Afterres : biologique, prospère, locale, et totalement réaliste ! /
Paroles en l'air ? ... “ L'Agriculture est aussi et surtout une solution pour le climat ” /


Sites Internet et articles / Corrélats /


Le traitement de telles surfaces avec du roundup
n'est pas de l'agroécologie... C'est criminel !
L’agroécologie est une discipline scientifique dont l’approche est caractéristiquement écosociosystémique, c’est-à-dire qu’elle intègre dans ses domaines d’étude les dimensions écologiques, sociales, culturelles, économiques et politiques, propres principalement et d’abord aux agrosystèmes, sans oublier ou négliger totalement que ceux-là établissent des rapports très étroits parfois avec les forêts, les rivières et les lacs, les prairies naturelles, plus généralement les systèmes naturels non cultivés ou jardinés.

Parmi ceux qui sont les mieux connus pour avoir promu les approches agroécologiques, je citerai Pierre Rabhi (agriculture biodynamique) et Dominique Soltner (ancien professeur dans l’enseignement agricole).




L’agroécologie est une manière de rompre avec le modèle productiviste de l’agriculture. Toutefois, l’agroécologie n’est pas toujours une agrobiologie, au sens strict, dans la mesure, et c’est là une ambiguïté préjudiciable, où certains tenants de l’agroécologie s’accommodent, un peu facilement, avec l’idée que l’on peut s’autoriser des intrants chimiques de synthèse, engrais surtout, mais aussi certains pesticides ou produits phyto parasitaires.

L’agriculture productiviste ou agrochimie est une démarche simplificatrice qui consiste à vouloir produire des plantes grâce à l’énergie photosynthétique (personne ne sait faire autrement) et des intrants chimiques comme source matérielle au métabolisme végétal. La simplification consiste à shunter la nutrition azotée, phosphorée et potassique des plantes (N, P, K) de leurs intermédiaires microbiens et fongiques présents dans les sols. C’est-à-dire que l’on fait comme pour les malades, on met les plantes sous perfusion. Sauf qu’alors que les malades guéris retrouvent généralement une alimentation normale et variée, les plantes n’y ont pas droit et finissent par être carencées, affaiblies, deviennent fragiles, sont plus facilement parasitées, etc. C’est alors qu’il faut sortir les grands moyens que sont les pesticides, les herbicides, les fongicides, les insecticides, les vermicides, etc. et le plus souvent à des doses telles que les paysans qui les appliquent et les consommateurs qui les retrouvent dans leurs assiettes tombent malades à leur tour. Quant aux sols, ils sont morts !

A contrario, l’agroécologie vise essentiellement à préserver, autant qu’il est possible, les sols qui sont évidemment les supports des végétaux, mais surtout le milieu de vie des organismes du sol sans lesquels la transformation de la matière organique en minéraux et en humus ne pourrait pas se faire. Mais cette vision de l’utilité des microorganismes est très réductrice parce qu’ils n’ont pas seulement des rôles de décomposeurs dans les processus de recirculation de la matière. Ils jouent aussi des rôles essentiels dans la nutrition des plantes, leur protection contre des maladies ou des ravageurs, la synthèse de substances essentielles comme les auxines, les antibiotiques, les vitamines, différents précurseurs à des métabolites secondaires. Ils participent également à la facilitation ou à la régulation des processus de germination des graines, du maintien de leur dormance, du dynamisme des plantes annuelles, des pionnières ou des adventices. Ils organisent les échanges entre les bases minérales du sol et la solution hydrique, etc.

La préservation des sols en agroécologie s’appuie d’abord sur le respect le plus durable de la structure isotrope des sols, c’est-à-dire au fait que les sols sont constitués d’horizons superposés, allant de la litière au-dessus jusqu’à la roche-mère au plus profond, avec entre ces deux niveaux, différents horizons : Humifère en formation, lessivé, humifère d’accumulation, régosol, par exemple en considérant un sol sous une prairie permanente.

C’est la raison pour laquelle les pratiques qui cassent cet ordonnancement (labours, bêchage, etc.) sont à éviter autant que possible.

- Cela implique que l’enfouissement des amendements et autres apports fertilisants, qui est une aberration, soit abandonné.

- Cela veut dire que la fertilisation doit se faire sur la base de composts, d’engrais verts, de mulching, de bois raméal ;

- Que le sol ne soit jamais laissé sans couverture végétale, que certaines cultures peuvent gagner à être faites sous couvert végétal (SEMIS DIRECT SUR COUVERTURE VÉGÉTALE PERMANENTE (SCV)) ;

- Que les traitements phyto parasitaires doivent se faire à partir de substances naturelles, biodégradables (purins végétaux, cendres de bois, graisses animales, etc.) ;

- Que la lutte contre les parasites fasse appel à des prédateurs naturels (coccinelles ou chrysopes contre les pucerons, par xemple) ;

- Que l’on veille à utiliser des variétés adaptées aux conditions locales. Cela implique de garantir la pérennité des semences ;

- Que l’on s’astreigne à économiser l’eau en toutes circonstances et particulièrement pour abaisser autant qu’il est possible les pertes en évaporation et en évapotranspiration ;

- Que l’on privilégie les intrants énergétiques les moins coûteux (traction animale, main-d’œuvre humaine, engins mécaniques de puissance raisonnable, etc.) ;

- Que l’on s’applique à endiguer les phénomènes d’érosion hydrique ou éolienne par des aménagements adaptés ou par la restauration des aménagements ethniques délaissés (terrasses, digues, haies brise-vent, bocage, etc.) ;

- Que l’on attache la plus grande importance dans la gestion et la protection des eaux souterraines, l’entretien des captages, des sources et des puits, la lutte contre les pollutions, la prévention des remontées salines, etc. ;

- Que l’on veille à conserver les savoir-faire traditionnels partout et aussi longtemps qu’il n’est pas prouvé que des techniques occidentales valent mieux que les techniques locales ;

- Que l’on s’abstienne totalement de piller les connaissances traditionnelles en matière de pharmacopée et autres connaissances des vertus, bienfaits ou autres effets des plantes ou des animaux.

Si l’agroécologie trouve naturellement sa place dans les pays en développement, elle est parfaitement adaptée aux pays riches pour la raison première qu’ils ne le seront pas longtemps encore quand les sols seront totalement détruits et que les ressources en intrants seront taries (pétrole, donc mécanisation, engrais, pesticides, etc.) ; C’est aussi un formidable moyen de revitalisation des sols détruits par les pesticides ou pour passer plus rapidement d’une exploitation agricole de type agriculture productiviste à une exploitation de type biologique.

Elle est aussi parfaitement intéressante pour d’autres approches du jardinage comme celles qui sont développées par M. Soltner…

Un des aspects parmi les plus intéressants de l’agroécologie, c’est qu’en limitant les intrants et leur poids énergétique, elle concoure à ce que, thermodynamiquement parlant au moins, l’agriculture soit nettement moins faillitaire qu’elle ne l’est dans le système productiviste et que, si l’on tient compte des bénéfices annexes, cette manière d’agriculture, plutôt bénéfique sur le plan social, culturel, économique et, finalement politique, créée des conditions largement acceptables pour mettre l’humain d’abord !

L’agroécologie, c’est aussi, et d’abord, de la planification écologique.









[ Corrélats : L / ...]



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