Entrez un mot-clé
Les algues pluricellulaires
Les algues pluricellulaires




Ascophyllum nodosum
Les algues sont des végétaux n'ayant ni fleurs, ni canaux pour conduire la sève.



Ce sont des cryptogames non vasculaires comme les champignons, les lichens et les mousses (les fougères sont des cryptogames vasculaires).

Les algues n'ont ni feuilles, ni tige, mais un thalle : ce sont des thallophytes comme les champignons et les lichens (les mousses ont une tige et des feuilles, les fougères ont de feuilles, un tige et des racines, ce sont des cormophytes).

Les algues sont des végétaux photosynthétiques. Elles contiennent toujours de la chlorophylle a et divers autres pigments.Les algues pluricellulaires vivent le plus généralement fixées au substrat, surtout rocheux, au moyen d'un disque basal ou de crampons, encore appelés haptères. Certaines espèces d'algues présentent un rétrécissement de la base du thalle pouvant faire penser à une tige, c'est le stipe. Les parties du thalle souvent aplaties et plus ou moins large sont appelées frondes. Certaines algues disposent de flotteurs.

Les algues pluricellulaires fréquentent surtout les milieux aquatiques. Il y en a de toutes les tailles. Certaines, bien que pluricellulaires, sont microscopiques et même de taille plus faible que certaines algues unicellulaires, d'autres sont gigantesques comme Macrocystis pyrifera qui peut atteindre plus de 50 mètres de longueur.

Les algues pluricellulaires sont classées en trois classes selon la nature de leurs pigments : les rhodophycées ou algues rouges, les phéophycées ou algues brunes et les chlorophycées ou algues vertes.

Les algues rouges ou rhodophycées.

Les algues rouges contiennent des pigments photosynthétiques (phycobilines) sensibles à des longueurs d'ondes décalées vers le bleu. Cela leur permet donc de vivre à des profondeurs plus importantes où les radiations jaunes ou vertes, nécessaires aux autres algues, sont pratiquement absorbées.

La très grande majorité des algues rouges sont marines. Certaines d'entre elles (Chondrus crispus) sont exploitées pour leurs substances de réserves de nature polysaccharidique (carraghénane, agar-agar) dont on se sert comme gélifiant pour la microbiologie, dans l'alimentation (E 407) et diverses industries.

Les algues brunes ou phéophycées.

Les algues brunes forment l'essentiel du goémon ou varech de nos côtes. Ce sont essentiellement les fucus et les laminaires. Ces algues possèdent plusieurs chlorophylles (a, c1 et c2), des caroténoïdes et des xanthophylles. La photosynthèse, chez ces algues, ne conduit jamais à la formation d'amidon, mais à divers autres produits carbonés comme des alcools (mannitol) ou des sucres (laminarine).

Les algues vertes ou chlorophycées.

Les plastes des algues vertes sont des chloroplastes (surtout chlorophylles a et b). Ces algues fréquentent aussi bien les eaux salées que les eaux douces, y compris les mares temporaires.

Les algues vertes sont surtout connues comme de bons indicateurs de pollution par les nitrates (fleur d'eau, marées vertes à Ulva, etc.)

Zonation verticale des algues

mode battu / Guidel / Morbihan,

y compris les mares médio et infra littorales

Profondeur
Marée
Genres et Espèces
Famille
Étage
0
HMVE
Enteromorpha compressa
Enteromorpha intestinalis
Ulva lactuca
Monostroma grevillei
Acrosiphonia arcta
Codium tomentosum
Chlorophycées
Supralittoral
Mares de cet étage
2
HMME
Pelvetia caniculata
Ceramium ciliatum
Laurencia pinnatifida
Lithophyllum incrustans
Phéophycées
Médiolittoral
Mares de cet étage
3 - 5
BMME
Calothrix crustacea
Chondrus crispus
Himanthalia elongata
Fucus vesiculosus
Gigartina stellata
Hildenbrandia rubra
Laethisia diformis
Mesophyllum lichenoides
Palmaria palmata
Porphyra umbilicalis
Ralfia verrucosa
Phéophycées
Rhodophycées
Infralittoral sup.
5 - 7
BMVE
Alaria esculenta
Chorda filum
Himanthalia elongata
Fucus serratus
Nemalion multifidum
Laminaria digitata
Laminaria hyperborea
Laminaria saccharina
Rhodymenia pseudopalmata
Saccorhiza polyschides
Petroglossum nicaeense
Phéophycées
Rhodophycées
Infralittoral moyen
10 - 20
-
Kalimenia reniformis
Bonnemaisonia asparagoides
Rhodophycées
Infralittoral inf.
20 - 40
-
Mélobésiées
Rhodophycées
Circalittoral





Biodiversité. Des associations dénoncent une déforestation sous-marine.

Surexploitées, les algues de Molène touchent le fond

Par Antoine CHELTIEL / QUOTIDIEN Libération : Vendredi 21 juillet 2006

Il y a les bonnes et les mauvaises algues. Celles qu'on s'arrache à des fins mercantiles et celles qu'on arrache par souci écologique. La laminaire, algue brune géante de quatre à six mètres de long, appartient à la première catégorie. On la trouve principalement en Bretagne, dans l'archipel de Molène, au large d'Ouessant. Sur 1 000 hectares, 60 000 tonnes y sont récoltées chaque année, soit 95 % de la production française (sur un total d'1 million de tonnes qui représentent 50 % des ressources nationales).

Jungle algale. Consommées quotidiennement sous des formes très diverses (dentifrices, cosmétiques, médicaments, cirage, allumettes, confitures, ketchup, pâtisseries, bonbons gélifiés...) par les Français, les laminaires représentent un juteux marché sur lequel ne manquent pas de faire main basse certains géants de l'industrie agroalimentaire, Cargill et Danisco pour ne citer qu'eux. Ces derniers se dotent de moyens colossaux pour exploiter la laminaire, rachètent les usines de traitement des algues et affrètent des bateaux pouvant contenir jusqu'à 50 tonnes de ces fougères des mers, le double des goémoniers traditionnels.

Selon l'association de protection de l'environnement Robin des Bois, si la pêche se poursuit à un rythme aussi intensif, il n'y aura plus de laminaires dans l'archipel de Molène d'ici une vingtaine d'années. L'association, alertée par les usagers de la mer d'Iroise qui constataient une dégradation galopante des fonds marins, a lancé une campagne de sensibilisation à la déforestation sous-marine. Car le problème n'est pas anodin. La surexploitation des laminaires dans la région menace gravement la biodiversité marine. De la microfaune aux mammifères, les 65 espèces recensées dans l'archipel dépendent de cette jungle algale, à la fois habitat et source d'alimentation. D'après un document de l'Ifremer (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer) et du Cedem (Centre de droit et d'économie de la mer), l'algue a en quelques années "quasiment disparu de la baie de Seine, et régressé le long de la côte sud de la Bretagne en cédant la place à l'espèce compétitrice Saccorhiza polyschides, dont la présence perturbe la croissance des laminaires". Cette récolte effrénée pourrait à terme provoquer des modifications de l'écosystème sous-marin.

Ampleur des profits. Dilemme cornélien donc pour l'archipel de Molène, classé réserve de biosphère par l'Unesco et zone de protection spéciale par le ministère de l'Environnement .Face à l'ampleur des profits générés, que valent les récriminations d'amoureux de la mer ? "Entre les industriels, les exploitants de grands navires, le Centre d'études et de valorisation des algues (Ceva) qui pousse à l'exploitation [le Ceva travaille à l'élaboration de pièces plastique pour le voiturier Fiat, ndlr] et le mutisme du ministère, le système est bien rodé", analyse Florian Lacombe, militant de Robin des Bois. " Une véritable étude d'impact sur l'exploitation des laminaires est nécessaire. Et par véritable, j'entends réalisée par un bureau d'études indépendant", poursuit-il .

Réchauffement. Au ministère de l'Environnement, on ne s'inquiète pas. "Nous avons ici affaire à une pêche responsable et respectueuse de l'environnement, une pêche qui ne met nullement en péril la gestion durable de la ressource." Même son de cloche au comité local des pêches du Finistère nord, dont le secrétaire général Jean-Pierre Carval, échaudé par le "n'importe quoi de Robin des Bois", leur demande de "nuancer leurs propos" en insistant sur le caractère indispensable de l'exploitation de l'algue pour la région (environ 1 000 personnes en vivent). Selon lui, seul le réchauffement climatique* peut expliquer la disparition des laminaires le long des côtes normandes au cours des dernières années. Arguments que Robin des Bois, expertises scientifiques à l'appui, ravale au rang de "simple supposition". La zone devrait être également classée parc naturel début 2007. Ce qui n'assurera en rien une protection accrue des espèces.

[* Commentaire personnel : ce qui me semble tout à fait idiot puisque le réchauffement climatique n'a pratiquement pas affecté les températures dans les océans, en tout cas sur un temps significatif pour expliquer cette raréfaction ou cette disparition des algues. Tout au plus, il semble que ce soient quelques mouvements thermohalins dont on pense qu'ils auraient été amplifiés.

On peut juste se demander quels auraient pu être les impacts des rejets de produits phytosanitaires et des pesticides, des pollutions par les hydrocarbures, par les engrais, les rejets domestiques et industriels et toutes choses anodines, somme toute !]Voir aussi :

Les algues :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Laminaria

http://perso.orange.fr/ecole-ile.de.batz/goemon/les_algues.htm

Les ceintures de fucacées menacées :
http://www.tela-botanica.org/papyrus.php?menu=329






Les algues marines benthiques :
http://lebrusc.chez.tiscali.fr/pages/menu.htm

ALGUES MARINES BENTHIQUES MÉDITÉRRANÉE & ATLANTIQUE :
http://lebrusc.chez.tiscali.fr/out/Treeframe.html

Peuplements marins rocheux littoraux sciaphiles de mode battu (VI)
http://lebrusc.chez.tiscali.fr/pages/circa.html



____________________

Cours de microbiologie / biochimie (niveau maîtrise) :
http://cgdc3.igmors.u-psud.fr/microbiologie/

____________________

Les phéophytes ou algues brunes :
http://cgdc3.igmors.u-psud.fr/microbiologie/pheophytes.htm

Les chrysophycées :
http://cgdc3.igmors.u-psud.fr/microbiologie/chrysophytes.htm

Les chlorophycées :
http://cgdc3.igmors.u-psud.fr/microbiologie/chlorophycees.html

Les charales :
http://cgdc3.igmors.u-psud.fr/microbiologie/charales.html

Les ulvophycées :
http://cgdc3.igmors.u-psud.fr/microbiologie/ulvophycees.html

Peuplements marins rocheux littoraux sciaphiles de mode battu :
http://perso.wanadoo.fr/gonzales.manuel/textes/circa.html

Peuplements marins rocheux littoraux photophiles de mode battu :
http://perso.wanadoo.fr/gonzales.manuel/textes/transect.html
http://perso.wanadoo.fr/gonzales.manuel/textes/peuroch2.html

Peuplements marins rocheux littoraux photophiles de mode semi-battu à calme :
http://perso.wanadoo.fr/gonzales.manuel/textes/transect2.html

Peuplements marins rocheux littoraux photophiles de mode calme à semi-battu :
http://perso.wanadoo.fr/gonzales.manuel/textes/peuroch3.html

Les macro-algues marines benthiques :
http://perso.wanadoo.fr/gonzales.manuel/textes/alguema.htm

Les peuplements littoraux :
http://perso.wanadoo.fr/gonzales.manuel/textes/peupl.html

Peuplements marins littoraux photophiles sur substrat rocheux :
http://perso.wanadoo.fr/gonzales.manuel/textes/peuroch1.html

Peuplements rocheux de la zone littorale émergée :
http://perso.wanadoo.fr/gonzales.manuel/textes/peuemer.html

______________________

Extraction de maërl : Bretagne Vivante s’oppose à la fuite en avant !
http://www.brest-ouvert.net/article1554.html

_______________________

Base de données algues (et autres organismes marins) :
http://www.algaebase.org
http://erms.biol.soton.ac.uk/index.shtml
http://www.sp2000.org
http://www.itis.usda.gov/index.html








[Corrélats : Thallophytes / Algues unicellulaires / ...]

Retour