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L'aquaplanning familial
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La chine se détruit à force de trop croître.
Pollution : Début d'inquiétude à Pékin sur la dégradation de l'environnement.




Pékin de notre correspondant / Libération du 6 juin 2006

Vingt des trente villes les plus polluées du monde se trouvent en Chine, et la situation risque de se dégrader dans les années avenir. Le ministère chinois de la Protection de l'environnement a dressé hier un tableau très sombre pour l'avenir: "La tendance d'une dégradation croissante de l'environnement n'a pas été contrôlée efficacement", estime un Livre blanc sur la protection de l'environnement (1996-2005) publié hier par Pékin.


Le vice-ministre Zhu Guangyao a reconnu que la situation actuelle ne permet pas l'optimisme : "Si l'économie croît trop rapidement, les ressources de l'environnement subiront des pressions excessives, et un tel type de développement n'est pas durable", met-il en garde, en estimant le montant des pertes économiques dues à la pollution à environ 10 % du produit intérieur brut.

Le ministère chinois de la Protection de l'environnement, officine dépourvue de ressources adéquates et de presque tout pouvoir, a au moins celui d'élever la voix de temps à autre. Même si c'est pour répéter ce que disent depuis des années les ONG comme le Fonds mondial pour la nature (WWF). Peng Lei, le responsable Chine du WWF, expliquait le mois dernier que "la Chine, pays en développement, poursuit un modèle de développement qui n'est pas tenable". Pékin "sacrifie son environnement", accusait-il.

Désertification. En 2005, les émissions de dioxyde de soufre en Chine ont augmenté de 27 % alors que Pékin s'était fixé pour objectif de les réduire de 10 %. Alors que les déserts couvrent déjà un tiers de la superficie du pays, la désertification ne cesse de rogner davantage de terres arables : 90 % des pâturages chinois - qui représentent 40 % du territoire - sont touchés, calculait encore le ministère. 300 millions de personnes n'ont toujours pas accès à l'eau potable, et leur nombre augmente. Avec les déversements continus de résidus dans les fleuves et rivières, des centaines de villes et de villages chinois sont touchés par des pollutions chimiques provoquant des taux de cancer des centaines de fois plus élevés que la moyenne. Et les victimes obtiennent rarement des compensations, les autorités locales bloquant souvent tout recours juridique (Libération du 11 avril). Afin de masquer le problème, les taux de cancer sont classés "secret d'État" - un chef d'accusation souvent utilisé pour faire taire les militants. Tan Kai, un écologiste qui avait dénoncé une pollution chimique provoquée par une usine de Hangzhou, dans l'est de la Chine, comparaissait d'ailleurs hier pour "vol de secrets d'État". Il devait être jugé à huis clos.

Prenant acte de ces obstacles, Zhu Guangyao expliquait hier que "certains gouvernements locaux sont réticents à appliquer les lois sur la protection de l'environnement et s'arrangent même pour les saboter". Guère étonnant puisque les fonctionnaires locaux sont promus sur la seule base de leurs résultats économiques. Pékin tente de changer ce système de "notation", surtout en raison de la récente hausse considérable des troubles sociaux déclenchés par des pollutions. La Chine a connu l'an passé 50 000 conflits ou manifestations dus à des problèmes environnementaux, soit 136 en moyenne chaque jour, indiquait un officiel le mois dernier. Le ministre de la Protection de l'environnement, Zhou Shengxian, estime que ces conflits dus à la pollution progressent de 30 % par an.

JO 2008. Si le funeste constat du ministère concerne l'ensemble du pays, il vise aussi la capitale, où l'atmosphère devient de plus en plus irrespirable. En dépit des promesses du gouvernement de réduire la pollution à Pékin avant la tenue des JO de l'été 2008, il demeure difficile d'imaginer comment les sportifs venus du monde entier feront pour ne pas tousser* après l'effort. La pollution dans la capitale, constituée d'un mélange de CO2, de poussière et de fines particules de sable en suspension, demeure en permanence visible à l'œil nu.

PHILIPPE GRANGEREAU

[* Avec un peu de chance, un de ces polluants sera peut-être un masquant idéal pour l'EPO, la testostérone ou je ne sais quel produit miracle grâce auquel nous aurons tous beaucoup de médailles bien méritées. Attention toutefois de ne pas glisser sur les flaques de sang des exécutions capitales dont beaucoup se déroulent, en public, dans les stades.]




Sur le site Novethic.fr :

http://www.novethic.fr/novethic/site/article/index.jsp?id=97147

En Chine, pollution et accidents industriels sont le prix de la croissance

La catastrophe chimique, survenue en Chine du Nord fin novembre, a gravement pollué le fleuve Songhua et privé d’eau courante cinq jours durant les quelques quatre millions d'habitants que compte la ville d’Harbin. Elle a mis en lumière le coût environnemental exorbitant du développement économique à marche forcée de la Chine. Mise en perspective.

La pollution en Chine atteint aujourd’hui des niveaux proportionnels à son développement industriel et les accidents se multiplient. Cette dernière semaine, il y a eu non seulement les 4 millions d’habitants de Harbin, privés d'eau courante pendant cinq jours, mais aussi 138 morts et 15 disparus au fond d'une mine. Il n'en a pas toujours été ainsi. Dans les années 70, les ingénieurs chinois se distinguaient par leur préoccupation en terme de sécurité. « Lorsqu'ils visitaient une usine, ils demandaient d'abord ce qui n'allait pas » raconte Robert Bloch, chimiste retraité, qui travaillait pour une société suisse. "Et il fallait leur dire pourquoi.»

Mais aujourd'hui la croissance chinoise (9,5 % en 2004), s'alimente des investissements étrangers et, sur son autel, sont sacrifiés santé, agriculture et eau, au point d'alarmer la représentante du Council of Foreign Relations, dont la mission est de guider la politique étrangère des États Unis. En 2004, Elisabeth Economy publiait Le fleuve coule noir (The river runs black). Il s’agissait d’un constat lugubre sur "l'usine du monde" qui produit tant de choses à bas prix. Résultat : 20 des 30 villes les plus irrespirables de la planète, 25 grands lacs étouffés par les retombées acides, des révoltes paysannes incessantes contre la pollution et la saisie des terres, pour et par l'industrie. Ce dont Libération s'était fait l'écho en France. Elisabeth Economy redoute qu'une catastrophe puisse entrainer une migration de masse, dans un climat de violences, et donc au péril des investissements américains.Lors de sa parution, son livre a reçu une volée de bois vert dans The Economist, magazine anglais de référence. Il considérait qu’exagérer les risques ne résoud rien, que Pékin améliorait la qualité de son air en vue des jeux olympiques (il est exact qu’on y a réduit des rejets de centrales au charbon). Il ajoutait que les Chinois avaient, par le passé, eu la même attitude en transformant en désert le quart du pays. Il est vrai qu'une mer intérieure (Han Hai) couvrait les déserts du Turkestan chinois, de Gobi et de Takla Makan, il y a 5000 ans. Cet argument est d’autant plus curieux qu’il ne s’agit pas d’une spécialité locale. La désertification a sans doute été encore plus rapide dans le Middle West américain, lors de la mécanisation qui a soulevé le vent de "dust bowl" ("saladier de poussière") des années 30. Quoi qu'il en soit, réaction ou tradition, le paysan chinois passe aussi pour le plus discipliné et ingénieux du monde dans l'art d'entretenir la fertilité des terres où chaque déchet est recyclé avec grand soin.

Futurs réfugiés environnementals chinois

Mais le cri d'alarme lancé par Elisabeth Economy trouve un écho à l'intérieur de la Chine. Le vice-ministre de l'environnement, n ° 2 de la SEPA, agence chinoise de l'environnement, Pan Yeu déclarait au journal allemand Spiegel, en juin 2005 : "Nous sommes 1,3 milliards, deux fois plus qu'il y a cinquante ans, et nous avons réduit les terres arables de moitié. En 2020 nous serons 2,5 milliards (…) L'ouest de la Chine et les régions les plus dégradées ne peuvent plus nourrir la population. Il va falloir déplacer 186 millions de gens, le reste de la Chine peut en absorber 33. Il y aura donc 153 millions de réfugiés de l'environnement. ». De fait, le 21 novembre dernier, à Harbin, sur le fleuve Songhua, quand le robinet ne coulait plus, tous ceux qui le pouvaient ont fui. On ne trouvait plus un billet d'avion.Le niveau de pollution a attéint un niveau qui pose des problèmes quotidiens. Les expatriés se plaignent dans les banlieues, de la présence d’un constant brouillard de suies (smog) qui compromet la visibilité. Honk Kong même s'embrume des fumées du Guangdong. L'office du tourisme s'inquiète car des cadres supérieurs bouderaient la région. Mais pour l’instant rien n’apaise la soif de transfert de technologie, qu’il s’agisse de Dupont ouvrant une chaîne de dioxine de titane (colorant blanc), de Microsoft son plus grand laboratoire ou Loréal une centre d'études de la peau.

Information contrôlée

Combien de temps peut durer ce modèle de développement économique ? Du point de vue de la biodiversité, c'est une catastrophe : il reste 15 tigres en Chine, leur graisse étant utilisée pour le trop fameux "baume du tigre" et des espèces comme le chevrotin porte musc ou l'ours d'Himalaya ont quasiment disparu. Pendant ce temps, « l'industrie chimique a transformé Wali en "village du cancer" dans la région du Zheijang », selon le Monde du 23 juin 2005. Cette zone compte 1500 habitants, 20 usines et 70 cas de cancer. Une association de Pékin qui voulait en parler publiquement y a renoncé. En Chine où la presse n’est pas libre, l'activisme environnemental est une activité dangeureuse.

Internet, lui aussi contrôlé par le pouvoir, permet quand même de donner l’alerte via les courriels, en cas d'accident. Sur la catastrophe d’Harbin, on a ainsi pu reconstituer la chronologie : le 13 novembre 2005, il y a eu 6 morts, dans l'usine d'aniline (teinture) Petrochina, à Jilin. Le déversement massif d'eau pour refroidir une cuve d'hydrogène qui menaçait d’exploser a entrainé la diffusion de 100 tonnes de benzène, invisible, léger, très durable et toxique (il donne la leucémie) ainsi que de nitrobenzène qui surnagent dans le fleuve Songhua. Pendant ce temps là, les autorités locales ont gardé le silence. L'eau, à moitié gelée, a écoulé lentement la pollution. Une semaine plus tard, la nappe de toxiques est entrée dans la province voisine où est situé la ville de Harbin. Or, en Chine comme dans le monde entier, les cours d'eau et leur nappe phréatique communiquent donc la sédimentation de composés pollués peut intoxiquer l'eau filtrée par le sol.

La pollution ne connait pas de frontières. La Chine a présenté des excuses à la Russie vers laquelle s’écoule les produits toxiques et fourni des systèmes de traitement de l'eau, au charbon actif, pour la ville de Khabarovsk, en aval du fleuve Amour, au delà de la frontière.

De façon générale, les satellites de la Nasa épient les fumées chinoises de l'espace et, en Californie, lorsque souffle le vent de poussière, on dit que c'est une des conséquences de la déforestation de l'Himalaya. 25 % des polluants du « smog » de Los Angeles viendraient de Chine. Aucun de ses voisins ne peut donc vraiment se désintéresser du sort de l'ancien pays du milieu.

Marie-Paule Nougaret / Mis en ligne le : 30/11/2005




Xiditou " village du cancer " sacrifié à la croissance chinoise

Un article de PHILIPPE GRANGEREAU paru dans Libération du 11 avril 2006

Comme des dizaines de villages cernés par l'industrie chimique, Xiditou voit sa population décimée par la maladie.

Un "village du cancer" comme il en existe des dizaines à travers toute la Chine. Celui-là s'appelle Xiditou. Il est situé à une quinzaine de kilomètres du stade de Tianjin, qui accueillera les épreuves de football des Jeux Olympiques de 2008. La pollution intense produite par les 180 usines chimiques de Xiditou a vicié l'air depuis plus de vingt ans, réduit les deux cours d'eau à Tétât d'immondes égouts de teinte rougeâtre, ravagé les cultures alentour, et contaminé les puits jusqu'à 400 mètres de profondeur. Au moins 300 habitants, sur les 7000 que compte Xiditou, ont péri d'un cancer du foie, des intestins ou des poumons depuis 1999. Le plus jeune était un écolier de 7 ans. "Au cours des deux derniers mois, une dizaine de personnes déplus sont mortes du cancer", rapporte Li Bao-qi, un négociant en produits agricoles qui réside dans ce bourg où l'air et l'eau sont empoisonnés. Tous les jours, à l'heure des visites de l'hôpital de Tianjin, Li Baoqi se rend au chevet de sa femme atteinte d'un cancer du foie. Pour s'acquitter des factures élevées de l'hôpital, tout ce qu'il possède y est passé : frigo, télé, moto, jusqu'à sa maison. D'ici peu, il sera à court d'argent, et l'hôpital expulsera son épouse. Il ne pourra même pas l'amener mourir dans la petite pièce qu'il loue désormais pour se loger, car le propriétaire refuse que quelqu'un trépasse chez lui. "Il dit que cela porte malheur", annonce Li Baoqi d'un air résigné. "Nous n'aurons alors nulle part où aller. " Li Baoqi, qui a déj à dépensé une fortune (150000 yuans, soit 15 000 euros) pour payer l'hôpital, est à bien des égards une exception. En raison de l'absence de sécurité sociale en Chine et des coûts prohibitifs des soins, l'immense majorité des cancéreux de Xiditou expirent pratiquement sans traitements, chez eux, à petit feu. Li Baoqi, lui, a décidé de se battre.



Muselé. Il fait partie des onze plaignants de Xiditou et du village voisin de Liukai - où les taux de cancer sont des dizaines de fois plus élevés que la moyenne nationale - qui attaquent en justice les usines de produits chimiques, peinture et pesticides, qui déciment la population. Ils sont assistés bénévolement par le centre d'aide juridique aux victimes de la pollution de l'université de politique et de droit de Pékin. Ce centre gère, en ce moment, pas moins de 97 autres dossiers du même ordre à travers le pays. ÀXiditou, les avocats du centre enquêtent depuis 2003 sur les ravages de la pollution. Depuis lors, les autorités locales n'ont cessé de mettre des obstacles sur leur chemin afin d'éviter à tout prix un procès. "En Chine, explique un avocat du centre requérant l'anonymat, les fonctionnaires locaux sont promus sur la base du montant des impôts qu'ils perçoivent des industries. Ils ont donc intérêt à ce qu'elles subsistent et, dé fait, ils les protègent"

Le tribunal de la sous-préfecture de Beichen, dont dépend directement Xiditou, a refusé en janvier dernier la demande de procès qui lui était soumise. "Le magistrat exigeait des certificats médicaux attestant l'origine du cancer des plaignants, explique XuKez-hu, une juriste du centre. Or c'est impossible!" Une nouvelle requête, soumise le 1er mars, cette fois-ci auprès du tribunal intermédiaire de Tianjin, a elle aussi été repoussée. "S'il s'en tenait à la loi, le tribunal aurait dû accepter!", tonne l'avocat des plaignants, Gao Shangtao. Le problème est que, en Chine, les tribunaux sont aux ordres des "comités politico-légaux", qui eux-mêmes dépendent des autorités locales. Tout comme les "bureaux de protection de l'environnement".



Falsification. En 2004, les autorités locales sont allées jusqu'à fabriquer un "rapport d'expert" attestant que le taux de cancer n'avait rien d'anormal à Xiditou. Rapport difficile à contredire car, en Chine, les chiffres du cancer sont officiellement classés "secret d'État". Néanmoins, plusieurs articles dans la presse chinoise faisant état d'une fréquence du cancer de 178 cas pour 10 000 habitants, soit 25 fois plus que la normale, ont conduit le maire de Tianjin d'ordonner, en 2005, une nouvelle enquête, et la fermeture des usines. Aujourd'hui, la plupart ont déménagé, grâce une aide substantielle de la municipalité se chiffrant en millions d'euros. Paradoxalement, la mairie n consacre à l'ensemble des victimes qu'un ridicule fond compensatoire de 150000 yuans (15000 euros)^ Quelque 300 habitants, représentant les familles de morts du cancer et les malades, étaient volontaire pour se porter partie civile voilà deux ans. Leur nombre est tombé à onze en raison des pressions d tous ordres de la municipalité de Beichen et de Tianjin. Les victimes se sont ainsi vues proposer un remboursement de l'ordre de 35 % de leurs frais médicaux. En échange, celles-ci devaient remettre tous les documents médicaux aux autorités. Privées de ces preuves essentielles, les victimes ne pouvaient dès lors plus porter plainte. Une dizaine d'usines polluantes de Xiditou continuent aujourd'hui de produire clandestinement, dès la nuit tombée. Les ouvriers sont originaires de provinces éloignées, et résident à l'intérieur des ateliers invisibles. Le taux de cancers chez ces migrants; n'est nulle part comptabilisé. La municipalité laisse ces usines fonctionner et continue de les protéger, accuse Li Baoqi, qui dit en vouloir moins aux entreprises qu'aux officiels. La logique des autorités est finalement très simple. Il y a 1,3 milliard de Chinois, et qu'importe s'il en meurt une petite partie si c'est pour industrialiser le pays et gagner de l'argent."

À sa femme malade, Li a dit que son cancer n'en était qu'au tout début, et que l'espoir de la sauver était grand. Il veut y croire. "Quand je n'aurai plus d'économies pour payer l'hôpital, j'irai implorer le maire de Tianjin, à genoux s'il le faut."




Toujours plus de pollution en Chine malgré les prises de conscience

Date 17/8/2005 5:20:00 | Sujet : Environnement
http://www.casacom/modules/news/print.php?storyid=3492

La Chine du 21ème siècle, ce n'est pas seulement une croissance économique remarquable. Ce sont aussi 400.000 décès par an et une amputation d'environ 10% de ses revenus, causés par la pollution.

Les défenseurs de l'environnement jugent la situation très préoccupante mais pas totalement irréversible. Si les autorités s'en donnent les moyens.

"On ne peut pas dire que le gouvernement ne fait rien, c'est juste qu'il ne fait pas assez", estime ainsi Szeping Lo, le porte-parole de Greenpeace Chine."Il y a vraiment des raisons d'être inquiets. L'une des clés du problème réside dans la capacité du gouvernement central à faire appliquer ses décisions localement", ajoute le militant écologiste.

ÀPékin, ville olympique dans trois ans, où l'air est souvent irrespirable et la visibilité angoissante, certains hauts responsables sont conscients qu'ils ont du mal à se faire entendre dans les provinces où le développement économique est la priorité, quelles qu'en soient les conséquences pour la santé humaine.

La Banque mondiale estime que 400.000 personnes meurent chaque année en Chine de maladies cardiaques ou pulmonaires, liées à la pollution atmosphérique.

Le charbon, qui assure plus de 70% des énormes besoins en énergie du pays, est l'une des plus importantes sources de pollution.

Dans un récent rapport officiel, l'Administration d'État pour la protection de l'environnement dressait un sombre tableau, insistant sur le fait que le nombre de villes affectées par les pluies acides avait encore augmenté l'an passé.

La plupart des voies d'eau sont extrêmement polluées, y compris cinq des sept plus longs fleuves ou rivières et 25 des 27 plus grands lacs. Les déchets ménagers s'amoncellent dans les villes qui n'en retraitent que la moitié.

"Le processus d'urbanisation en Chine a atteint un point critique", admet Yang Weimin, directeur du développement à la Commission nationale pour la réforme et le développement (ministère).

"Si on ne rectifie pas le tir, les conséquences seront très graves", avertissait récemment M. Yang à l'agence officielle Chine Nouvelle.

Economiquement, le prix de la pollution est élevé, selon la Banque mondiale qui évalue les dégâts à un niveau compris entre 8% à 12% des 1.400 milliards de dollars du Produit intérieur brut (PIB) chinois.

Le gouvernement compte désormais sur son ambitieux programme nucléaire des 20 prochaines années pour enrayer la destruction de l'environnement.

Les autorités tentent aussi de mettre en place des programmes de développement d'énergie propre, éolienne et solaire.

Greenpeace juge qu'une partie des mesures décidées vont dans la bonne direction, mais exhorte le gouvernement à ne pas perdre de temps.

"Il faut investir beaucoup dans le secteur des énergies renouvelables. Il y a encore trop d'investissements dans le charbon. La situation est suffisamment mauvaise comme cela, il faut que le gouvernement mette tout en oeuvre", estime M. Lo.

Si la partie est loin d'être gagnée, les autorités peuvent au moins compter sur un début de prise de conscience de la population. Un récent sondage auprès de quatre millions de Chinois révélait que la qualité de l'eau et de l'air était devenue sujet de préoccupation.

Quelques 98% des personnes interrogées se disaient en faveur de taxes spéciales destinées à protéger l'environnement.

Cette enquête devrait être utilisée par le gouvernement qui prépare une nouvelle loi pour que les Chinois respirent mieux dans les cinq prochaines années.

Illustration : Pollution générée par une centrale électrique dans le nord-est de la Chine le 19 juin 2005

Source : AFP




Contamination radioactive au Tibet : le militant écologiste Sun Xiaodi à nouveau mis en détention

ARTICLE RÉDIGÉ PAR FRANCE-TIBET ÎLE-DE-FRANCE

En août 2005, Human Rights in China (HRIC) révélait l'arrestation de Sun Xiaodi (cf. Article Agoravox), ancien employé de la mine d'uranium du Gansu, alors qu'il allait dénoncer à Pékin de graves empoisonnements nucléaires. Solidaire de HRIC, France-Tibet demandait aux autorités chinoises de libérer Sun Xiaodi et de remédier aux risques sanitaires graves à proximité de la mine. A l'occasion de la visite en France du Premier ministre chinois Wen Jiabao, en décembre 2005, le réseau Sortir du nucléaire avait écrit au président Jacques Chirac, ainsi qu'aux PDG d'Areva et d'EDF, pour demander la libération du militant écologiste chinois. HRIC nous informe que Sun Xiaodi vient d'être à nouveau arrêté. Il avait été libéré de prison le 27 décembre 2005, mais était resté en résidence surveillée jusqu'en mars 2006. Le réseau Sortir du nucléaire et France-Tibet réitèrent leur demande pour obtenir et la libération de Sun Xiaodi, et des mesures pour remédier aux risques environnementaux liés à la continuation de l'exploitation nucléaire dans des conditions dangereuses.

L'ONG de défense des Droits de l'Homme en Chine HRIC a appris que Sun Xiaodi, détenu l'année dernière pendant 8 mois pour avoir tenté d'adresser une pétition au gouvernement central concernant la contamination à l'uranium dans la province du Gansu (au Tibet), est de nouveau détenu pour avoir adressé une pétition à Pékin concernant le même problème.

Sun Xiaodi, un ancien employé de la mine d'uranium n° 792 du Gansu, a été enlevé à Pékin le 28 avril 2005 après avoir été interviewé par un journaliste de l'AFP sur ses allégations de graves contaminations de l'environnement par la mine.

Sun avait interpelé les autorités pendant plus de 10 ans au sujet de la mine. Cette mine a été officiellement fermée en 2002, mais l'administration locale aurait continué à exploiter le minerai radioactif à des fins de profits personnels. Pendant 8 mois, on n'a pas su où se trouvait Sun, jusqu'à ce qu'il soit soudainement libéré de la prison de Lanzhou, le 27 décembre 2005. Il est resté en résidence surveillée jusqu'au 12 mars, date à laquelle on lui a notifié qu'il serait totalement libéré le 20 mars. L'avis précisait qu'après sa libération, Sun ne devrait pas quitter son village, dans le comté de Diebu.

HRIC a été informé par des sources chinoises que, alors qu'il était toujours en résidence surveillée, Sun et ses anciens collègues avaient appris que du minerai continuait d'être extrait de la mine d'uranium n°792 et vendu à l'étranger sur le marché noir, générant un profit énorme, alors que la contamination de l'environnement se poursuivait. Après avoir été libéré de sa résidence surveillée, Sun est parti pour Pékin le 29 mars, dans l'intention de remettre de nouveau une pétition au gouvernement central.

Selon certaines sources, après son arrivée à Pékin le 30 mars, Sun a remis sa pétition, puis il s'est rendu à Shenyang, dans la province de Liaoning, le 1er avril, pour rendre visite à Liu Hua, l'ancienne chef du village de Zhangliangbao qui venait d'être relâchée après plus d'un mois de détention pour avoir pétitionné le gouvernement central au sujet de la corruption dans son village. Le mari de Liu, Yue Yongjin, ancien président du village, était toujours en détention, et le 4 avril, Sun Xiaodi est allé lui rendre visite au centre de détention du district de Sujiatun. Sun aurait trouvé Yue Yongjin émacié, forcé de travailler plus de 10 heures par jour à fabriquer des fleurs artificielles destinées à l'exportation vers la Corée du Sud, moyennant l'allocation quotidienne en nourriture de seulement trois pains de farine vapeur, et l'autorisation de se rendre aux toilettes seulement 2 fois par jour.

Ce même jour, Sun Xiaodi a participé à une manifestation dans le village de Zhangliangbao réclamant la libération de Yue Yongjin. Le 6 avril, la police pour la sécurité publique du centre local de détention a placé Sun en garde à vue, et on n'a pas eu de nouvelles de lui depuis cette date. Des sources indiquent que la police pour la sécurité publique a visité à plusieurs reprises la maison de Sun dans le comté de Diebu après qu'il fut parti pour Pékin, et il est possible que sa détention la plus récente soit liée à sa violation des conditions applicables à la fin de sa résidence surveillée.

HRIC condamne la nouvelle détention de Sun Xiaodi après son enlèvement et sa disparition pendant 8 mois, en violation du droit chinois et international. C'est la deuxième fois que les autorités exercent des représailles contre les efforts inlassables de Sun de voir s'appliquer la justice pour sa communauté en faisant des pétitions, ce qui est tout à fait légal pour un citoyen chinois. Bien que Sun ait prétendument violé les conditions applicables à la fin de sa résidence surveillée, il n'est inculpé d'aucun délit, la privation de sa liberté de déplacement est donc illégale. HRIC demande sa libération immédiate et inconditionnelle.

HRIC est également préoccupé au sujet des révélations selon lesquelles Yue Yongjin serait forcé de travailler en prison en étant privé d'une alimentation adéquate et des normes minimales pour le traitement des prisonniers, comme l'exige le droit international. Yue n'a été reconnu coupable d'aucun délit, son travail forcé est de toute évidence illégal au regard du droit chinois et du droit international.

HRIC fait appel aux autorités afin qu'elles enquêtent au sujet des allégations de travail forcé illégal au centre de détention de Sujiatun et qu'elles s'assurent que les mauvais traitements dont Yue fait l'objet soient arrêtés immédiatement.

____________________


* HRIC (Human Rights in China) est une organisation non gouvernementale internationale de surveillance et de soutien basée à New York et à Hong Kong. Fondé en mars 1989 par des scientifiques et des intellectuels chinois, il effectue des recherches, de l'éducation et des programmes afin de promouvoir les Droits de l'Homme reconnus universellement et de faire avancer la protection institutionnelle de ces droits dans la République populaire de Chine.

* Réseau Sortir du nucléaire

* France-Tibet




Croissance et Environnement en Chine : un arbitrage difficile / Jie He / Département d’économie et GREDI / Faculté d’administration / Université de Sherbrooke / Québec, Canada
http://www.x-environnement.org/jr/JR07/4jie-he.htm











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