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Rotation des cultures / Assolement

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Quelque part au-dessus de la Beauce (Baigneaux 28)
Assez généralement, les termes de rotation des cultures et d'assolement revêtent la même acception pour bon nombre d'entre nous. Pourtant ces termes n'ont pas toujours été synonymes au cours de l'histoire.

Dans une perspective écosociosystémique, on pourrait dire que la rotation des cultures relève de la dimension écologique alors que l'assolement relève plutôt de la dimension sociologique.


Pour différentes raisons*, une exploitation agricole est composée de parcelles de terres dont les capacités culturales sont différentes. Il peut y avoir de bonnes terres propices à la production de céréales, de plantes fourragères, d'oléagineux, de plantes vivrières, etc. Il y en a d'autres dont la fertilité est moindre et que les paysans réservent à des cultures peu exigeantes, aux prairies et aux pâtures. Certaines parcelles, enfin, ne devraient pas être cultivées** et seulement réservées aux animaux qui pourront les pâturer à certains moments compatibles avec la conservation de l'agrosystème.

[* Texture et structure des sols, économie d'eau, capacité humique, capacité d'échanges, etc. ]

[** C'est à l'oublier que l'on voit certains paysans tenter de cultiver du maïs sur des prairies de fond. Cette pratique n'est possible qu'à la suite " d'aménagements " réalisés à l'aide de gros matériels (drainage, restructuration des profils, comblements, etc.) et n'est maintenue pendant quelques années qu'à la condition d'utiliser beaucoup d'engrais et d'herbicides qu'on ne manque jamais de retrouver dans l'eau. Ces pratiques culturales sont le plus souvent rapidement vouées à l'échec. Remarquablement, les prairies dévastées n'ont aucune résilience !]

1) l'assolement

L'assolement se définit comme le découpage des terres d'une exploitation agricole en parties distinctes (soles) en fonction de leurs capacités de production. Chaque sole est consacrée à une culture donnée et cette consécration vaut pour une saison.

Un agriculteur peut ainsi prévoir de consacrer une certaine surface de ses terres les plus fertiles pour produire du blé, une autre pour du maïs, une autre pour des oléagineux, une autre restant en jachère. Naturellement, l'agriculteur peut procéder à des rotations culturales sur les parcelles d'une saison à une autre.

Aujourd'hui, les principales motivations pour procéder à des assolements ou non, quand elles concernent l'agriculture productiviste, sont essentiellement économiques et structurelles (subventions européennes dans le cadre de la PAC).

C'est beaucoup moins le cas en agriculture biodynamique dans la mesure où l'assolement est largement confondu avec rotation culturale et que ce sont les avantages agronomiques de cette technique qui sont recherchés.

En agriculture biodynamique aujourd'hui, on pratique encore des rotations sur deux ou trois ans (assolement biennal ou triennal) avec ou sans jachère. Les alternances : céréales, oléagineux, légumineuses - prairies, jachères sont fréquentes.

Historiquement, l'assolement, qui remonte au moins à l'époque gallo-romaine, avait une raison sociale qui était d'essayer d'assurer l'autonomie alimentaire des populations sur un territoire donné, hors de toute tentation spéculative excessive. C'est principalement au Moyen-âge que l'assolement triennal (céréale d'hiver, céréale de printemps ou légumineuses, jachère), surtout pratiqué au Nord de la France, et l'assolement biennal, plutôt pratiqué dans les provinces du Sud, ont commencé à être largement imposés. Il s'agissait, à cette époque, de maintenir la vaine pâture sur les jachères ce qui avait pour avantage de maintenir un certain cheptel et de récolter des fumiers, seuls amendements disponibles à cette époque-là pour conserver un peu de fertilité aux terres agricoles.

Mais les faibles rendements, les aléas climatiques et l'augmentation de la population obligea les communautés paysannes à augmenter les soles céréalières aux dépens des animaux. La fumure vint à manquer et la fertilité des terres agricoles diminua considérablement.

Quelques années avant la révolution française, le droit de clore (enclosures), la fin des vaines pâtures et l'abandon de l'assolement ne sont pas totalement étrangers aux mouvements de rébellions qui secouèrent les populations à cette époque. Il est vrai que les riches propriétaires (aristocrates, ecclésiastiques et surtout bourgeois) devinrent plus riches et les pauvres plus pauvres !

À partir de la révolution française, l'agriculture qui occupait une très grande majorité de la population, ne fut plus gérée collectivement pour tenter d'éviter les aléas d'une famine, mais fut gérée individuellement, à la fois pour tenter d'assurer l'autosuffisance alimentaire des paysans et pour assurer la croissance et la richesse de deux classes sociales émergentes : la classe des propriétaires et la classe des marchands, artisans et industriels.

2) La rotation des cultures.

Naturellement sur les soles dévouées à telle ou telle culture, les paysans ont très tôt appliqué des principes de rotation des cultures pour la raison qu'ils avaient compris que cette technique offrait de nombreux avantages : lutte contre les organismes nuisibles (rupture du cycle vital / voir Chrysomèle) ; amélioration de la structure du sol (systèmes racinaires variés, rhizosphères différentes, etc.) ; amélioration de la fertilité (apport de nitrates par les légumineuses, engrais verts, composts, etc.) ; facilitation du travail du sol (compactage réduit, érosion diminuée, etc.).

Jusqu'à une époque récente, ces techniques de rotation des cultures étaient très largement appliquées, y compris dans les zones de grandes production céréalières.

C'est principalement avec l'introduction massive des engrais et des produits phytoparasitaires et l'utilisation d'un machinisme agricole conséquent, sinon démesuré, que les pratiques de polycultures en rotation ont fait place à des pratiques de monoculture intensive où l'on constate que certains agriculteurs n'hésitent plus à cultiver dix ou quinze années de suite du maïs ou du colza, à grand renfort de nitrates, de phosphates, de round-up, de régent et autres joyeusetés…

Les incidences de ces pratiques en termes de santé, de coût, d'atteintes environnementales sur les paysans d'abord, sur leurs terres, sur les consommateurs, etc. ont incité à repenser la politique agricole et à revenir à des pratiques plus respectueuses de l'environnement et de la santé. C'est le propos de l'agriculture dite biodynamique (agrobiologie et agriculture raisonnée).

À bien des égards, le retour à des assolements à caractère social pourrait bien se poser, en particulier du fait des dérives de production entraînées par l'attrait que certains agriculteurs présentent pour les cultures OGM ou pour celles à destination des agrocarburants.

Mais comment réintroduira-t-on des réglementations dans une Europe qui a tout fait pour se doter d'une constitution qui veut tout déréglementer et faire uniquement le jeu de la concurrence libre et non faussée ?






Agreste produit et publie des statistiques et études sur l'agriculture, la forêt, les industries agroalimentaires, l'occupation du territoire,...
http://www.agreste.agriculture.gouv.fr/page_accueil_82/donnees_ligne_2.html

La monoculture et ses dangers pour l’environnement :
http://www.amisdelaterre.org/IMG/pdf/Solagro_206okles_dangers_de_la_monoculture1-2.pdf

La France a négligé les bienfaits de la rotation des cultures :
http://www.amisdelaterre.org/SOLAGRO-La-rotation-des-cultures.html

La rotation des cultures pour sauvegarder le maïs
http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=2453

La chrysomèle des racines du maïs éradiquée en Ile-de-France
http://www.idf.pref.gouv.fr/actu/communique/2007/eradication-chrysomele.htm

Pour une Politique Agricole Commune légitime, durable, et solidaire :
http://www.cpefarmers.org/w3/article.php3?id_article=58

La rotation des cultures offre des avantages :
http://www.aveniragricole.net/site/index/index.php?page=information&ss_page=article&iid=1928

Favoriser les rotations et les successions culturales :
http://www.rhone-alpes.chambagri.fr/phytov3/pages/rotation.htm

Rotation en agriculture de conservation :
http://www.agriculture-de-conservation.com/doc/rotation_semis_direct_tcs.pdf

Productions végétales / Pays de Loire :
http://www.draf.pays-de-la-loire.agriculture.gouv.fr/Documents/EcoAgri/StatAgri/SaaVeg2005.pdf

La Picardie, affectée par la sécheresse :
http://www.insee.fr/fr/insee_regions/picardie/publi/IPD35%20Agriculture.pdf

Les grandes cultures en Normandie :
http://www.cra-normandie.fr/agriscopie/culture.htm






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