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Contre-pouvoirs, boycotts, désobéissances
Contre-pouvoirs, boycotts boudération, désobéissances...

Impact de la campagne BDS de 2016 : Peut faire mieux...


L'Union européenne approuve l'étiquetage des produits issus des colonies israéliennes et toc !
Alors 36 sénateurs américains deviennent menaçants /



La france et son système judiciaire sont définitivement englués...

C'est désespérant, mais je ne vois vraiment pas ce que vous avez tous contre l'État suif !


Puisque la justice à la botte déclare le mot boycott illégal quand il s'agit des produits sionistes, je propose que nous utilisions un mot bien français : le mot boudération, autrement dit l'action de bouder. On cessera du même coup à contribuer à la mémoire de ce Charles Cunningham Boycott, raclure britannique notoire...

Ainsi, nous pourrons bouder les entreprises ou les produits suivants :

- Carmel (fruits et légumes) - Jaffa (fruits et légumes) - Kedem (avocats) - Coral (Cerises) - Top (fruits et légumes) - Beigel (biscuits apéritifs) - Hasat (agrumes) - Sabra (repas complets) - Osem (soupes, snacks, biscuits, repas complets préparés) - Dagir (conserves de poissons) - Holyland (miel, herbes) - Amba (conserves) - Green Valley (vin) - Tivall (produits végétariens) - Agrofresh (concombres) - Jordan Valley (dattes) - Dana (tomates cerises) - Epilady (appareils d’épilation) - Ahava (cosmétiques de la Mer morte)

Le code barre sur la plupart des produits israéliens commence par : 729 

Les produits des entreprises qui soutiennent l’État d’Israël (américaines ou européennes) :

COCA-COLA - Marques du groupe : Aquarius, Cherry Coke, Fanta, Nestea, Sprite, Minute Maid, Tropical. Cette entreprise soutient l’État d’Israël depuis 1966. Elle vient d'enregistrer moins 5% en bourse ces dernières semaines, suite au boycott accru avec les bombardements contre Gaza en juillet.

DANONE - Marques du groupe : Arvie, Badoit, Belin, Blédina, Phosphatine, Chipster, Evian, Galbani, Gervais, Heudebert, Lu, Taillefine, Volvic. Danone vient d’investir dans le Golan, territoire syrien occupé depuis 1967 par Israël.

NESTLÉ - Marques du groupe : Aquarel, Cheerios, Crunch, Frigor, Friskies, Galak, Golden Grahams, Kit Kat, Maggi, Mousline, Nescafé, Ricoré, Quality Street, Vittel, Perrier, Buitoni. La société suisse possède 50,1 % des capitaux de la chaîne alimentaire israélienne Osem. La firme est accusée depuis les années 50 de détruire l’économie et la santé des peuples du Tiers-Monde, notamment par l’imposition de ses laits en poudre pour bébés en Afrique, en Asie et en Amérique latine.

INTEL - Cette grosse entreprise produit la plus grande partie des puces électroniques PENTIUM 4 utilisées par les ordinateurs PC dans son usine de Kyriat Gat, installée sur le site de Iraq Al-Manshiya, un village palestinien rasé après son évacuation en 1949 par les soldats égyptiens. 2 000 habitants furent chassés de leur terre, malgré un engagement écrit, supervisé par les Nations unies, des sionistes à ne pas toucher à la population. Une campagne de leurs descendants aux USA en 2003 a amené INTEL à suspendre un projet d’investissements de 2 milliards de dollars pour une extension de l’usine Fab 18 de Kyriat Gat.
L’ORÉAL - Marques du groupe : Biotherm, Cacharel, Giorgio Armani Parfums, Lancôme, Vichy, La Roche-Posay, Garnier, Héléna Rubinstein, Gemey-Maybelline, Jean-Louis David Shampooings, Le Club des créateurs de beauté (vente de produits cosmétiques par correspondance), Redken 5th Avenue, Ralph Lauren parfums, Ushuaïa.

L’Oréal a ainsi investi des millions en créant une unité de production à Migdal Haemeck, à tel point que le Congrès juif américain a exprimé sa satisfaction de voir l’Oréal « devenir un ami chaleureux de l’État d’Israël ».

ESTÉE LAUDER - Marques du groupe : Aramis, Clinique, la Mer, DKNY, Tommy Hilfiger Outre ses investissements, le directeur est le président d’une des plus puissantes organisations sionistes US, le Fonds National juif.
DELTA GALIL - Cette entreprise israélienne est spécialisée dans la sous-traitance de produits textiles notamment dans celui des sous-vêtements. De nombreux sous-vêtements de marques étrangères proviennent ainsi directement des usines de Delta Galil. C’est le cas pour Marks & Spencers, Carrefour (Tex), Auchan, Gap, Hugo Boss, Playtex, Calvin Klein, Victoria’s Secret, DKNY, Ralph Lauren.

LEVI STRAUSS JEANS et CELIO ( magasins spécialisés dans les vêtements pour hommes) Ces entreprises fort bien implantées en France financent les nouvelles colonies en Palestine mais également les écoles des religieux extrémistes dans le monde.

TIMBERLAND (Vêtements, chaussures, chaussettes) - Tout comme son homologue Ronald Lauder, le PDG de Timberland Jeffrey Swartz est un membre actif du lobby sioniste US. Il a conseillé ainsi d’encourager la communauté juive US à se rendre en Israël mais également d’envoyer des soldats israéliens pour mener la propagande pro-israélienne aux USA.

DISNEYLAND - L’entreprise Disney n’a rien d’idyllique et contribue par son soutien à Israël à semer la mort en Palestine. Elle approuve ainsi tacitement l’occupation illégale de Jérusalem-Est en faisant de Jérusalem lors d’une exposition au Centre Epcot en Floride la capitale d’Israël, cela en violation des résolutions internationales de l’ONU.

NOKIA - Le géant finlandais de la téléphonie commerce activement avec l’Etat d’Israël. Dans une interview au Jérusalem Post, le manager du groupe déclarait : qu’ Israël faisait partie des priorités de l’entreprise. Un centre de recherche Nokia a ainsi vu le jour en Israël.

MC DONALD’S - Entreprise emblématique de l’impérialisme culturel US, la célèbre chaîne de restaurants fast-food apporte un soutien non négligeable à l’Etat israélien. McDonald’s dispose de 80 restaurants en Israël et y emploie près de 3000 personnes. Elle y interdit à son personnel de parler arabe. Aux USA, l’entreprise figure parmi les heureux partenaires de l’organisation sioniste «Jewish Community » basée à Chicago. Cette organisation travaille en effet pour le maintien de l’aide militaire, économique et diplomatique apportée par les USA à Israël.

CATERPILLAR (Equipement pour bâtiment mais également, vêtements, chaussures) - Une large campagne doit être menée en France pour dénoncer la participation criminelle de Caterpillar aux destructions des maisons en Palestine par ses bulldozers géants. C’est avec un Caterpillar que la pacifiste américaine juive Rachel Corrie a été tuée par un soldat israélien en 2003.

La chaîne hôtelière ACCORHOTEL (Etap, Ibis, Mercure, Novotel, Sofitel) - Cette chaîne a plusieurs hôtels en Israël, et récemment, elle a ouvert une succursale dans les territoires syriens occupés, dans le Golan.

Les chaînes alimentaires présentes dans les colonies israéliennes : Domino Pizza, Pizza Hut, Häagen Daaz, Burger King

Autres produits :

Cigarettes Morris (dont Marlboro), Produits Kimberly - Clarck (Kleenex, Kotex, Huggies), SanDisk (informatique), Toys RUs (jouets)

Boycott, désinvestissement et sanctions

Clic Wikipedia

Clic BDS France



Acheter : c'est voter ! On peut même s'abstenir... puisque dans les deux cas, on se fait d'abord baiser !
Alors aujourd'hui encore, je n'ai pas acheté des produits qui venaient d'Israël...
Quant au CRIFUJ, je ne vais jamais sur son site, j'ai horreur des salades !

Et puis je rappelle que M. Hessel était (il vient de mourir) pour le boycott d'Israël considérant que le mieux était tout simplement de ne plus rien avoir à faire avec ce gouvernement criminel.



Un bel exemple de contre-pouvoir en Bretagne (et sans benêts rouges) :
http://www.youtube.com/watch?v=bTF2V85deWQ&feature=youtu.be


Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : Boycott, surtout pas, c'est interdit, mais le retour par le premier Exodus venu, pas que je sache ? / Boycott : la contre-offensive d’Israël et de ses amis / Le Crif, vrai lobby et faux pouvoir / Finalement, Alliot Marie est-elle pire que ce qu'elle paraît ? / Messieurs, la division porte ses fruits, continuons les "réformes" / Appel à l’unité des collectifs, organisations et médias pour la défense des droits démocratiques / Désobéissance / Bankrun, 7 décembre 2010 ! / Bakchich est mort, vive Bakchich ! / Lettres à Darty, et OPM qui commercialisent et importent les produits de la société Soda Club / Les Alternatifs 44 solidaires de l’association France Palestine Solidarité de Nantes assignée en justice par la direction de l’entreprise nantaise OPM / Sécurisation des données numériques / Des chômeurs en colère emmurent un Pôle emploi à Rennes / Ainsi parlait Hugo Chavez / Mémoire du groupe des étrangers /

Sites Internet et articles / Tableau des articles archivés (.docm) / Articles archivés / Corrélats /

Vers des articles :

Goodyear : l’usine qui résiste encore et toujours aux licenciements boursiers /
Alain Huyghues Despointes : Comment ruiner un béké antikamite ? /
«Rémunérations abusives» : les Helvètes ont de la Suisse dans les idées... /
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L'ANI décrypté en 4 minutes chrono /
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Du balai : en bloc et en détail ! /
Pour une révolution numérique et citoyenne /
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Le boycott de Stephen Hawkings frappe Israël là où cela fait mal : la science /
L’inévitable retour du fascisme ? /
Jean Zay, quand la gauche essayait /
Roger Waters, membre fondateur des Pink Floyd pour le boycott culturel d’Israël /
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Valls l'infatué n'a aucune valeur à partager /
Le Chili célèbre le triomphe contre la Loi Monsanto et l’Accord UPOV /
L’abstention, c’est l’équivalent politique de la grève /
La solution : chevrotines ? /
« Une idée explosive : la grève par la gratuité » /
Face aux faiseurs de guerre : l’armée des ombres /
Du jamais vu en France ! Les CRS défilent avec les manifestants pour Gaza /
Appel de la Société Civile Palestinienne au Boycott, aux Sanctions et aux Retraits des Investissements contre l’État d’Israël… /
Ne pas acheter de produits israéliens, c’est ne pas cautionner le racisme ! /
Les problématiques juridiques soulevées par les « adblockers ». /


L'arrogance ou la morgue ?
Personnellement, je n'appelle pas au boycott d'Israël et de ses productions - soutiens... Je me garde bien de les acheter. Mais j'aimerais appeler à son blocus, à son embargo, à sa mise en quarantaine jusqu'au jour où toutes les résolutions de l'ONU prises à son encontre seront respectées et jusqu'au jour où ses responsables politiques et autres, coupables de crimes de guerre et contre l'humanité, auront été jugés et condamnés. Quant à un éventuel voyage de retour par des navettes avec l'Exodus, je ne le pleurerai pas ! Et en matière de terre promise, Clipperton ou la terre à délit feraient parfaitement l'affaire...



Je ne sais pas s'il y a quelques justes dans ce pays… Je ne les entends guère et quand j'entends leur propos, c'est toujours inaudible du fait du vacarme pro-sioniste de journalistes, philosophes et autres politiques prompts à nous servir la soupe de l'antisémitisme ou plus récemment encore d'Alliot Marie, pour oser parler de ségrégation ou de discrimination. C'est de discréditation dont elle devrait parler et pour soi-même. Ce personnage n'est même pas respectable dans la fonction qu'elle prétend occuper.




Un article du Monde Diplomatique du 22 février 2010

lundi 22 février 2010 :

Boycott : la contre-offensive d’Israël et de ses amis

« Je n’accepte pas que des personnes, responsables associatifs, politiques ou simples citoyens, appellent au boycott de produits au motif qu’ils sont kasher ou qu’ils proviennent d’Israël. Je souhaite que le parquet fasse preuve de davantage de sévérité à ce sujet. J’ai donc adressé une circulaire aux parquets généraux, leur demandant d’identifier et de signaler tous les actes de provocation à la discrimination. J’entends que tous les auteurs d’actes soient poursuivis dès qu’ils auront été identifiés et notamment quand les appels auront été faits sur Internet. À cet égard, je salue la détermination du parquet dans l’affaire de l’individu qui avait appelé au boycott de produits israéliens par voie d’affichettes dans un centre commercial de Mérignac (1) . » Ainsi s’exprime Mme Michèle Alliot-Marie, ministre d’État, ministre de la justice et garde des sceaux, le 18 février, dans son discours au dîner de l’antenne bordelaise du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF).

L’« individu » qu’elle évoque s’appelle Sakina Arnaud. Membre de la Ligue des droits de l’homme, elle participe à la campagne Boycott-Désinvestissement-Sanction (BDS) dans sa région. Lui reprochant d’avoir apposé des autocollants sur des produits provenant de colonies israéliennes de Cisjordanie, le grand magasin Carrefour de Mérignac porte plainte contre elle pour « dégradation légère ». Le parquet requalifie toutefois la plainte en « incitation à la discrimination raciale, nationale et religieuse ». Sur cette nouvelle base, le tribunal de Bordeaux la condamne, le 13 février, à une amende pénale de 1 000 euros, plus 1 euro de dommages et intérêts pour les parties civiles (l’association Avocats sans frontières de Gilles-Wiliam Goldnadel, qui vient d’être élu à la direction du Conseil représentatif des institutions juives de France, et la Chambre de commerce France-Israël) et 500 euros de frais de justice. Carrefour, en revanche, est débouté !

Que les autorités françaises aient voulu faire un exemple, nul n’en doute. Mais il y a fort à parier qu’elles n’en resteront pas là. D’ores et déjà, des militants d’autres villes sont convoqués au commissariat ou la Préfecture pour avoir participé à telle ou telle action BDS. Pourtant, le 20 mai 2009, dans une réponse au député Eric Raoult à l’Assemblée nationale, Mme Michèle Alliot-Marie assurait : « Depuis le début du conflit israélo-palestinien au mois de décembre 2008, plusieurs associations de défense de la cause palestinienne sont intervenues dans des grandes surfaces en appelant au boycott des produits en provenance d’Israël ou de pays supposés apporter une aide à ce pays (…). Ces opérations, il faut bien le préciser, touchent des produits importés d’Israël et non des produits casher. » (2)

Le mouvement de solidarité aurait-il, entre-temps, changé d’orientation et de méthodes, pour s’en prendre aux produits, magasins et restaurants juifs observants ? Le ministère de l’intérieur n’a signalé aucune action de ce type. Et pour cause : l’antisémitisme et le racisme ont toujours été radicalement étrangers au mouvement français de solidarité avec la Palestine. Comment une ministre d’État peut-elle se contredire avec autant d’aplomb, pour proférer une contre-vérité reprise à son compte par le premier ministre lui-même (3) ? Et pourquoi cette tentative soudaine pour intimider et discréditer ceux qui dénoncent l’impunité d’Israël ?

La réponse se trouve peut-être dans cet aveu récent de Daniel Shek, l’ambassadeur d’Israël en France : « Nous encourageons des organisations à porter plainte contre les organisateurs du boycott. Nous conduisons des activités politiques à l’ambassade en liaison directe avec des ministres, des organisations, des étudiants et des consommateurs, qui se réveillent (4) ». Étrangement, cette intervention directe dans les affaires intérieures françaises n’a entraîné aucune réaction du Quai d’Orsay. On imagine comment ce dernier aurait réagi si la Déléguée générale de Palestine en France s’était targuée publiquement de se concerter avec des membres du gouvernement et des associations afin d’organiser le dépôt de plaintes contre l’importation en fraude de produits des colonies de Cisjordanie sous l’appellation frauduleuse made in Israël…

Mais l’ingérence de M. Daniel Shek trahit surtout l’affolement des dirigeants israéliens devant leur isolement croisant, avec l’adoption par l’Assemblée générale des Nations unies du rapport Goldstone (novembre 2009) et la ferme prise de position du Conseil des ministres des affaires étrangères de l’Union européenne sur Jérusalem (décembre), sans oublier le Dubaïgate (février 2010). Alors que la complicité de la « communauté internationale » conditionne plus que jamais la possibilité pour Israël de poursuivre sa politique anti-palestinienne, cette « série noire » a de quoi inquiéter MM. Benyamin Netanyahou, Avidgor Lieberman et Ehoud Barak.

D’autant qu’une partie de l’opinion, choquée par le massacre de Gaza et lasse de l’impunité d’Israël, entre à son tour dans l’arène, pour faire pression sur les responsables économiques et politiques. Avec de premiers succès. Les gouvernements britannique et irlandais exigent d’Israël qu’il étiquette les produits des colonies. Veolia, à qui son implication dans le tramway de Jérusalem a fait perdre des marchés juteux, envisage de s’en retirer. La banque Dexia cesse de prêter aux colonies (sauf celles de Jérusalem). Le puissant Fonds souverain norvégien désinvestit d’une société chargée de l’électronique du mur. Le Fonds de pension danois PKA et la Danske Bank boycottent la colonisation. Sans parler des « petites victoires » remportées à la base : Nouvelles Frontières modifiant son site et son catalogue, Soda-Club écarté de la Fête des vendanges à Montmartre, etc.

La contre-offensive juridique coordonnée par l’ambassade d’Israël avec des associations pro-israéliennes et l’appui des autorités françaises peut de surcroît se heurter à une contradiction juridique. Si le boycott d’Israël et de sa production en tant que tel tombe notamment sous le coup des articles 225-1 et 225-2 du Code pénal et de l’article 24, alinéa 8, de la loi du 29 juillet 1881, en revanche aucune loi ne réprime celui des produits de la colonisation israélienne. Au contraire, ces derniers sont directement visés par plusieurs textes européens et français :

- l’Accord d’association Union européenne-Israël, qui, par son article 83, exclut les produits des colonies des avantages fiscaux dont jouissent ceux « du territoire israélien ». Autrement dit, ils doivent acquitter des taxes qu’ils fraudent en se présentant comme produits d’Israël. Dans son avis en date du 29 octobre 2009, l’avocat général de la Cour européenne de justice, précise que « le régime préférentiel en vertu de l’accord CEE-Israël ne peut être appliqué à un produit originaire de Cisjordanie et, plus généralement, des territoires occupés » ;

- le Code français du commerce, qui interdit la falsification des « règles d’origine » des produits (et donc la mention « made in Israël » au lieu de « made in Palestine » ou « made in Westbank », etc.) ;

- la Directive européenne 2005/29/CE du Parlement européen et du Conseil du 11 mai 2005 « relative aux pratiques commerciales déloyales des entreprises vis-à-vis des consommateurs ». Cette directive est relayée dans le droit français par les articles L 121-1 et suivants du code de la consommation qui prévoient et répriment les pratiques commerciales trompeuses créant une confusion ou reposant sur des allégations ou présentations fausses ou de nature à induire le consommateur en erreur.

Si la campagne BDS choisit de se concentrer sur les productions des colonies (5), elle peut donc s’appuyer sur la loi et porter ainsi un coup d’arrêt sérieux à la contre-offensive concoctée par Daniel Shek. À moins que Mme Alliot-Marie, qualifie le législateur (européen et français) d’« antisémite » et le poursuive comme tel…

Dominique Vidal

(1) « Michèle Alliot-Marie : “Ma présence parmi vous ce soir est l’occasion de réaffirmer la place de la communauté juive au sein de notre Nation” », crif.org.

(2) Séance unique du mercredi 20 mai 2009, Assemblée nationale.

(3) Au dernier dîner du CRIF, le 4 février 2010, M. François Fillon dénonçait les « scandaleux mouvements de boycott des produits casher ou israéliens ».

(4) The Marker, Tel-Aviv, 27 janvier 2010.

(5) Omar Barghouti, qui fut à l’initiative de la campagne et la coordonne du côté palestinien, précise dans un texte très récent : « La direction palestinienne collective du BDS a toujours pensé que les personnes et organisations de conscience qui soutiennent les droits humains connaissent le mieux leurs situations respectives et sont les plus capables de décider des moyens et des rythmes appropriés pour construire le mouvement BDS dans leur environnement. Quelquefois, viser tactiquement des produits faits seulement dans les colonies peut-être le meilleur moyen pour faire progresser une campagne » (« Boycott “Ariel” and the Rest ! All Israeli Academic Institutions are Complicit in Occupation and Apartheid », Palestinian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel).Droit, Solidarité, Commerce, Justice internationale, Israël




Le Crif, vrai lobby et faux pouvoir

Par ESTHER BENBASSA directeur d'études à l'Ecole pratique des hautes études (Sorbonne)

Clermont-Tonnerre déclarait, le 24 décembre 1789, à la tribune de la Constituante, qu'"il faut refuser tout aux juifs comme nation dans le sens de corps constitué et accorder tout aux juifs comme individus…" Catégorique, il rejetait alors tout "communautarisme". Lorsqu'on se gargarise aujourd'hui en haut lieu ou dans les médias de communautarisme, on ne pense guère qu'aux Arabo-musulmans. Loin de toute langue de bois, disons clairement que ce mot est devenu synonyme de "musulmans". C'est vers eux que, du voile à la burqa en passant par l'identité nationale, tous les regards sont tournés, dans un pays pourtant laïque comme la France. Objet de cristallisation, comme les juifs l'ont été dans le passé, la nationalité française de nombre d'entre eux passe au second plan après leur religion.

En revanche, lorsque le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) organise son dîner annuel et qu'il lance des fatwas contre les uns et les autres, quand les politiciens de tout bord, y compris le Président et le Premier ministre, y accourent, personne n'ose parler de communautarisme. François Fillon est allé jusqu'à dénoncer ledit communautarisme lors de ce même dîner, au prétexte qu'il "refuse l'égalité et la fraternité". Il faisait bien sûr référence au communautarisme musulman. Et pourtant, tous les ingrédients sont réunis pour parler aussi de communautarisme juif. Cette année, comme l'an passé, les mesures d'ostracisme ont visé le PCF et les Verts, au motif de leur campagne de boycott des produits israéliens. Comble de l'horreur, certaines municipalités communistes auraient fait citoyen d'honneur Marwan Barghouti, l'un des responsables du Fatah, en geôle à vie en Israël.

On en vient à se demander si le Crif n'est pas plutôt le porte-parole d'Israël en France, comme une seconde ambassade de ce pays. Il y a un siècle, ce qui aurait passé pour de la double allégeance s'appelle aujourd'hui soutien à Israël. Parce que les juifs de France collent, paraît-il, à la ligne politique d'Israël, qu'elle soit de gauche ou de droite, leurs institutions, dont le Crif, ne feraient que suivre le mouvement. Les voilà tous légitimistes. Après la victoire d'un Nétanyahou et de ses alliés en Israël, on ne s'étonnera donc pas de la forte droitisation du Crif, concrétisée entre autres par l'entrée dans son comité directeur de personnalités aux opinions radicales.

Mais qui représente véritablement le Crif et combien sont-ils en son sein ? On ne le saura jamais. Ce qui compte, c'est qu'il est perçu comme un lobby (mot horripilant en France) par les politiciens. Et considéré comme tel, il l'est bien, un lobby, en fait. Ceux qui s'agglutinent à son dîner croient vraiment qu'il joue un rôle important dans la machine électorale. On y vient à la pêche aux voix juives, et pour être adoubé par des juifs dont l'influence serait déterminante, en raison de la place qu'ils occupent, ou sont censés occuper, dans la société française. De cet appui ne bénéficieront bien sûr que ceux qui soutiennent le plus Israël et qui donnent des gages clairs dans le combat contre l'antisémitisme. Un combat certes indispensable, mais qui mériterait de n'être pas instrumentalisé pour faire accepter toute politique israélienne, y compris la plus blâmable. Projetant sur la scène française ce qui se passe entre Israéliens et Palestiniens au Proche-Orient, le Crif ne manque aucune occasion pour appuyer la politique antimusulmane du gouvernement. En revanche, il a ses bons musulmans, comme Israël a ses bons Palestiniens, les seuls avec qui il daigne "dialoguer".

Aussi peu représentatif qu'il soit, le Crif est sans doute au diapason des positions de bien des juifs français, de plus en plus conservateurs politiquement, supporteurs inconditionnels d'Israël en toute circonstance et se réfugiant dans la mémoire de la Shoah et dans la dénonciation de l'antisémitisme, qui vont de pair. Celles-ci, forces rassembleuses indéniables, contribuent surtout à la survie d'un judaïsme qui le plus souvent s'y résume, ayant par ailleurs grandement perdu sa pratique et la conscience de ses valeurs essentielles. Qu'est-ce que le Crif sinon un groupuscule endogamique qui se donne des airs de petit État indépendant, agissant à sa guise, faisant plier les uns et les autres, tant par le biais de l'autocensure, sensible chez bien des journalistes, craignant à juste titre d'être soupçonnés d'antisémitisme dès qu'ils oseront critiquer la politique israélienne, que par l'instrumentalisation de la culpabilité de la Shoah intériorisée par la classe politique ? Le pouvoir imaginé que cette minuscule institution a su se fabriquer se retourne hélas contre les juifs eux-mêmes, et d'abord contre ceux qui ne se reconnaissent nullement en elle. Il génère à son tour de l'antisémitisme et offre des arguments, certes fallacieux, à ceux qu'obsèdent les vieux thèmes bien rôdés du pouvoir juif, du complot juif. La "servilité" de circonstance des professionnels de la politique face au Crif vient renforcer les anciens préjugés.

Cette foi trop partagée dans la puissance des juifs et de leurs instances représentatives n'augure rien de positif. Le dîner du Crif enfin déserté, ses menaces ramenées à leur juste proportion de dangerosité réelle, voilà des mesures prophylactiques qui seraient susceptibles d'enrayer en partie une hostilité antijuive se nourrissant de fantasmes.

Dernier ouvrage : "Être juif après Gaza", CNRS éd., 2009.




Chers amis, collègues et lecteurs,

La tribune sur le CRIF ("Le CRIF, vrai lobby et faux pouvoir ") que j'ai publiée le 17 février dernier dans Libération a suscité quelques remous.

Le CRIF a publié sur son site une lettre que mon ami Théo Klein m'avait adressée en réaction à cette tribune.

Vous trouverez ci-après: 1) le texte de cette lettre de Théo Klein; 2) ma réponse à Théo Klein.

J'ai demandé au CRIF la publication de ma réponse sur son site web ainsi que sa diffusion auprès des abonnés de sa newsletter. Le CRIF vient de me signifier son refus. Cette attitude ne fait hélas que confirmer mon diagnostic.

Vous souhaitant une bonne lecture, bien cordialement,

Esther Benbassa



La lettre de Théo Klein (19 février), telle que publiée sur le site du CRIF

Chère Esther Benbassa,

J'ai pris connaissance avec étonnement et regret des termes sulfureux de votre article sur le CRIF publié dans Libération, plus exactement sur son dîner annuel, dont d'ailleurs j'ai été l'initiateur en 1985.

Le déferlement de qualificatifs dérisoires et méprisants dont vous souhaitez balayer le dîner, l'institution et ses dirigeants n'apporte cependant - en dehors de la manifestation de votre colère et de votre mépris - aucune contribution, pas la moindre suggestion : votre balayage, vous le souhaitez total et définitif.

Vous parlez de communautarisme à ce groupe humain auquel vous avez longtemps appartenu et appartenez peut-être encore, dans la méconnaissance de l'esprit de la kehilah qui marque ce groupe sans doute depuis la Babylonie et certainement depuis la fin du deuxième Temple et de toute autorité juive sur la terre ancestrale.

Il y a bien longtemps que je déplore certains propos dans des discours de présidents du CRIF et que, d'ailleurs, je leur fais part de mes critiques.

Je n'assiste que rarement au dîner lui-même en manifestant cependant par ma présence au moment des discours de la permanence au sein de l'institution de femmes et d'hommes ouverts à d'autres idées que celles qui sont exprimées publiquement.

Nos juifs sont tels qu'ils sont et le problème est de savoir si nous restons avec eux pour les aider à sortir du ghetto dans lequel ils s'enferment au moindre vent mauvais ou si nous les abandonnons mais alors pour aller où ?

J'ai été inquiet et triste en vous lisant, car dans la voie où vous vous êtes lancée avec votre ardeur habituelle, vous risquez de vous retrouver bien seule et de ne plus être celle que vous étiez.

Bien cordialement vôtre.

Théo Klein

Ma réponse à Théo Klein (21 février)

Cher Théo Klein,

Dès réception de votre lettre, le 19 février, je vous ai appelé au téléphone pour, au nom de l'amitié et de l'estime que je vous porte, débattre directement avec vous. Ce que nous avons fait en toute cordialité. Vous m'avez annoncé que votre lettre serait publiée sur le site du CRIF. Maintenant qu'elle l'est, je me permets à mon tour de vous répondre publiquement.

Il me semble que vous avez focalisé votre attention sur le dîner dont vous avez été l'initiateur. Dois-je pourtant vous rappeler que lorsque vous étiez vous-même président du CRIF, ce dîner, porte ouverte aux échanges, avait une autre tonalité ?

De fait, le CRIF d'aujourd'hui n'a plus grand-chose à voir avec le CRIF d'alors.

C'est un CRIF de repli, un CRIF dont les actes et les discours portent préjudice aux Juifs plutôt qu'ils ne les protègent, en entretenant le mythe d'une puissance juive omniprésente.

La droitisation de cet organisme est un fait patent. L'entrée de M. Gilles-William Goldnadel au sein de son comité directeur n'est pas due hasard. Je vous renvoie aux déclarations faites à ce sujet à la presse par M. Serge Hajdenberg, lui aussi ancien président du CRIF.

Dans ma tribune, c'est tout cela que je déplorais. Et si je l'ai écrit, c'est parce que je constate chaque jour un peu plus l'hostilité antijuive - certes blâmable - que le CRIF contribue à sa façon à nourrir, et ce plus encore depuis l'offensive israélienne contre Gaza et les déclarations faites alors par M. Richard Prasquier.

Dans votre missive, vous m'écrivez qu'il faut vivre avec les Juifs tels qu'ils sont. Je vous rappelle que, depuis 1790-1791, les Juifs français sont émancipés légalement et que rester membre de la " communauté " est désormais affaire de choix individuel. J'assume pour ma part pleinement ma judéité. C'est précisément pour cette raison que je critique le CRIF tel qu'il est.

Je m'octroie en outre le luxe de décider de vivre avec des Juifs qui sont pour l'existence d'Israël, mais sont aussi capables de le critiquer quand il le faut et ne rechignent pas à défendre la cause des Palestiniens. Bref, avec des Juifs dignes de l'humanisme et de l'universalisme auxquels, autrefois, on les identifiait. Le nombre ne fait pas la qualité, et si " isolée " je devais être, je préfère l'être avec ceux que j'ai choisis.

Je crois aux vertus du débat public, y compris s'agissant des questions " communautaires ". C'est précisément là ce que le CRIF rejette, ainsi qu'il l'a encore démontré en refusant à France Info, le 17 février, d'envoyer un de ses membres dialoguer publiquement avec moi sur les ondes, et en optant pour ce que j'appellerai la " guerre entre Juifs ", comme dans le ghetto d'antan.

Vous me demandez quelle suggestion je puis faire.

Profitons de l'exemple nord-américain et de la naissance du mouvement J-Street qui, se distinguant des institutions juives existantes, cherche à promouvoir, concernant Israël, un autre discours juif, aussi bien auprès du Congrès que dans le pays.

Exigeons du CRIF qu'il devienne effectivement représentatif des Juifs de France, dans toute leur diversité, qu'il donne droit de cité en son sein à toutes les nuances de l'opinion juive (telles Une autre voix juive, l'Union juive française pour la paix, etc.), qu'il cesse de frapper d'illégitimité de principe telle ou telle d'entre elles, et de taxer de haine de soi ou de trahison les Juifs critiques de la politique israélienne.

C'est en rompant avec sa politique endogamique actuelle que le CRIF aura quelque chance de faire entendre une voix juive équilibrée et donc crédible.

Avec toute mon amitié.

Esther Benbassa




Messieurs, la division porte ses fruits, continuons les "réformes".

mercredi 31 mars 2010

par moka



Messieurs, je crois que nous pouvons légitimement être fiers de nous : toutes ces réformes sur l'école, sur la santé... on pouvait craindre le pire !

Mais finalement, nous avons presque tout fait passer. Sans révolte générale, sans raz de marée, sans révolution.

Anesthésie.

Leur anesthésie a été menée de main de maître.

Le pays paraît mûr pour le reconnaître : il faut être raisonnable, penser à la dette, cesser de vouloir hypothéquer l'avenir de nos enfants.

À force d'avoir été décliné sur tous les tons, dans tous les discours, notre dogme est devenu une évidence : nous n'avons pas le choix. La libéralisation est le seul modèle possible de nos jours, à moins de vouloir défendre l'ex-archipel du goulag.

Plus personne n'ergote vraiment quand nous leur annonçons que notre politique vise à améliorer l'efficacité de nos services publics. Plus personne ne répond quand nous déclarons que leur coût est démesuré pour la richesse générale du pays.

Nous avons réussi à leur faire croire que nous sommes pauvres. Que l'éducation et la protection sociale ne peuvent plus constituer des priorités politiques en 2010. Amusant quand on pense à l'état de la France au sortir de la guerre de 39-45... Quand le conseil national de résistance s'est mis à l'ouvrage.

Le principal est fait.

Ils sont prêts à admettre que les bénéfices produits par leur travail n'ont plus à être utilisés pour le bien commun.

Le principe général de la fermeture nécessaire des classes et des hôpitaux ne les réveille plus que ponctuellement, quand ils sont directement concernés, ce qui ne fait, à chaque fois, qu'une poignée de familles.

Nous avons volé leur langage. Nous nous sommes approprié leurs mots : "modernité" ; "réforme" ; "progrès" ; "formation" ; "revalorisation" et les avons vidés de leur sens. Nous avons discrètement remplacé dans les discours : "égalité" par : "égalité des chances" et ils croient qu'on parle de la même chose.

Il faut les voir s'empêtrer dans leurs discours, se replier sur leur jargon syndical, empêchés de communiquer, empêchés de penser.

Et puis, il y a la branche intello, ceux qui imaginent qu'ils vont convaincre en pondant des dossiers de trente pages. Ceux qui brandissent les analyses des recettes de l'État, le coût de la défiscalisation, des heures supplémentaires exonérées de charge, du bouclier fiscal et autres baisses de TVA... Ils sont presque touchants, à vouloir passionner leurs contemporains sur les secrets de la bourse, les causes réelles de la crise, les effets de la libéralisation des marchés, les paradis fiscaux... Les gens sont calibrés pour des spots de 1 mn 30, personne ne comprend plus rien à une argumentation de plus d'une page, et ça nous arrange bien.

Syndicats.

Évidemment, il faut d'accommoder des syndicats de fonctionnaires.

Pour la santé, pas trop de problème, avec la réquisition d'office et le surmenage chronique, ils ne disent plus trop rien.

Mais les enseignants, il faut l'avouer, ça nous faisait un peu peur ! Ça fait du monde, quand même, des gens habitués à avoir leur mot à dire.

Mais ça a été plus facile qu'on ne pensait. Ce sont de grosses machines, ces syndicats. Et il y a de moins en moins de gens pour les faire fonctionner. Leurs responsables sont coupés du métier depuis des années. Les centrales sont très préoccupées de la gestion de leur propre appareil.

Il a suffit d'éviter de discuter sur le fond des réformes. Comme depuis 1905, les syndicats ne sont plus sensés s'occuper de politique, il a été facile de les obliger à négocier point par point, d'empêcher la jonction "de la maternelle à l'Université." Ça tombait bien, chaque profession, chaque niveau étant représenté par un syndicat différent.

Il a suffit de leur laisser croire qu'ils auraient la parole sur les détails, à condition de ne pas remettre en cause les principes généraux. Ça fait finalement des gens avec qui on a pu se montrer ferme.

Quant aux organisations plus revendicatives, nous avons pu les écarter en prétextant leur petitesse ou leur non représentativité. Ça a flatté les autres, et les a rendus plus dociles.

Évidemment, il reste les militants. Des gens qui ont du mal à exercer leur profession d'enseignant, de soignant, de juge, voire de gardien de la paix dans les conditions imposées par la restriction générale des budgets. Des personnels qui n'acceptent pas la philosophie générale du chiffre.

Pour eux, la réponse la plus efficace a été la soupape utile d'une action syndicale perlée, les manifestations ponctuelles.

Nous avons eu raison de ne pas craindre ces manifestations.

Même après les mobilisations record l'an passé, rien ne s'est passé. Les centrales syndicales, toutes à leurs négociations interprofessionnelles, ont "oublié" les utiliser comme de vrais leviers de négociation. Elles ne les ont pas insérées dans de véritables plans d'action. Il faut avouer qu'on n'en espérait pas tant...

Insoumis.

Évidemment, il reste un tout petit problème. Ce sont tous ces foyers d'insoumission, les collectifs parents-enseignants, le mouvement de résistance pédagogique des enseignants du primaire. On a commencé par vouloir taper fort, sanctionner, c'était une erreur. Ils en ont profité pour se faire connaître du grand public. Les évaluations CM2 leur ont donné une occasion inespérée de médiatisation, il faudra veiller à ce que cela ne se renouvelle pas. Le mieux est qu'on ne les entende pas trop.

Il ne faudrait pas qu'ils aillent propager ces principes de désobéissance civile. Ce serait ennuyeux, si ce genre de mode d'action allait se répandre. Incontrôlable, insaisissable, ingérable.

Il ne faudrait pas trop non plus qu'ils aillent s'inspirer des modes de revendication du privé chez les Contis ou chez Total...

Le pire serait qu'ils pensent à utiliser les temps de grève comme des temps ouverts pour la réflexion et la rencontre. Qu'ils en profitent pour promouvoir ce type d'action. Pour construire la convergence des mobilisations à partir de la base. Qu'ils finissent par contourner les partis, les syndicats. Qu'ils parviennent à les obliger à changer de fonctionnement.

Mais ça va.

Tant que les insoumis condamnent les grèves, que les syndicats condamnent les désobéissances, que tous critiquent les syndicats, ça nous fait une bonne base. Ça permet que chacun se dégoûte et reste bien sagement dans sa classe.

Comme ça, on pourra continuer à boucler ce qui reste : la réforme de la formation des maîtres, des lycées, et lancer les EPEP, poursuivre la saignée des personnels...

Après il faudra prévoir une petite pause, histoire que l'électeur moyen oublie un peu tout ça. Et se préparer tranquillement pour les élections de 2012... En exploitant le thème de la faillite de l'école malgré toutes les réformes, par exemple ?




Appel à l’unité des collectifs, organisations et médias pour la défense des droits démocratiques

Étant donné la grave crise engendrée par la gestion du gouvernement Sarkozy-Fillon-Woerth-Hortefeux dans des domaines clés de la vie publique :

- au plan social : tentative de faire adopter à marche forcée une réforme des retraites qui engage l’avenir de la communauté nationale alors qu’elle ne faisait pas partie du programme du candidat Sarkozy à l’élection présidentielle et à laquelle s’oppose une très grande majorité de Français qui l’ont manifesté clairement et à plusieurs reprises (le 24 juin, les 7, 15, 23 septembre, le 2 octobre 2010)

- au plan politique et moral: multiplication de mensonges et de démarches manifestant des conflits d’intérêt, des détournements de missions publiques voire de possibles délits affairistes, incompatibles avec l’exercice des fonctions gouvernementales (affaire Woerth-Bettencourt, possible violation de sources de l’information journalistique par la Direction centrale du renseignement intérieur-DCRI, affaire Chirac/mairie de Paris, affaire Wildenstein, affaire de Karachi, procès Clearstream…)

- au plan de la politique sécuritaire: politique répressive et xénophobe, qui vise à détourner le mécontentement populaire en utilisant le thème de l’insécurité dont Nicolas Sarkozy est le premier responsable depuis 2002, en désignant comme bouc-émissaire les catégories sociales et les minorités vulnérables (Roms, gens du voyage, immigrés, jeunes des banlieues…) et qui se traduit par des expulsions systématiques sur une base ethnique, condamnées par le Parlement européen et la Commission de Bruxelles comme par l’ONU et le Vatican, ainsi que par un climat général de violence incompatible avec le pacte républicain

*étant donné que le coup de force de cet été fait suite à un dispositif de réformes répercutant les diktats des marchés et lobbies financiers à l’échelle de l’Union européenne et du monde et qui vise à démanteler les acquis de l’État social et de l’État de droit, cela au compte des intérêts d’une caste de privilégiés souvent délinquants,

*étant donné que cette gestion autoritaire procède également du maintien, malgré des promesses contraires, des réseaux maffieux françafricains, et cela à l’encontre des intérêts vitaux des peuples du Sud

*étant donné le reniement d’engagements pris solennellement lors du Grenelle de l’environnement

*étant donné qu’ en faisant fi de la majorité d’opinion exprimée à l’occasion du référendum sur le TCE, de la votation citoyenne sur l’avenir de la Poste et de l’opposition populaire à la réforme des retraites, l’Assemblée nationale a démontré à des moments-clé de sa mandature qu’elle n’est pas représentative du peuple français au nom duquel elle légifère

*étant donné que l’élection du président N. Sarkozy est elle-même entachée d’un grave soupçon d’irrégularité comme le montre l’affaire Woerth-Bettencourt, que peinent à instruire de manière indépendante médias et justice républicaine,

Nous demandons que les élus, les responsables des collectifs de défense des libertés publiques, des acquis sociaux et des droits des personnes et des minorités ainsi que ceux des autres forces vives du pays (partis, syndicats, associations, médias…) collaborent de manière à donner aux citoyens et à leurs organisations tous les moyens légaux existants de résister à cette politique irresponsable et destructrice, de contrôler la gestion des affaires publiques et de promouvoir les alternatives républicaines compatibles avec l’intérêt général.

L’avenir de la mobilisation dira quels modes d’action seront privilégiés dans cette perspective : manifestations de masse dans le style de la bataille anti-CPE (2005), grève reconductible rappelant celle de 1995 contre le premier projet de loi sur les retraites…Entre autres objectifs stratégiques, nous proposons l’organisation d’une votation citoyenne sanctionnant la politique gouvernementale et appelant à la convocation d’élections nationales anticipées. Cela de manière à résorber cette crise, à restaurer l’image de la France à l’étranger et à dégager une orientation politique légitime.

Premiers signataires : Franc BARDOU écrivain, enseignant (Toulouse), Martine BOUDET enseignante (Toulouse), Claude BOUTIN enseignant-chercheur (Paris), Thierry BRUGVIN sociologue (Besançon), Claude CALAME anthropologue (Paris), Henri CALLAT enseignant, président départemental du MRAP-Aude (Carcassonne), Claude CARO enseignant (Carcassonne), Christian DELARUE administrateur-Fonction publique (Rennes), Tosse EKUE animateur culturel (Toulouse), Véronique GALLAIS, socioéconomiste, administratrice d'Action Consommation (Ile-de-France), Bernard IACCARINI médiateur interculturel (Carcassonne), Robert JOUMARD chercheur (Lyon), Yves JUIN médiateur de Chantier Syndicaliste (Rennes), Olivier LABOURET psychiatre, vice-président de l'Union Syndicale de la Psychiatrie (Auch), Cécile PEBEREAU (Toulouse), Florence SAINT-LUC enseignante, chercheure en sciences de l’éducation (Aix-en- Provence), Martine STEINMETZ enseignante (Toulouse), Jérôme VALLUY, enseignant-chercheur (Paris)

Nom-prénom :
Profession/responsabilité :
Responsabilité :
Ville/agglomération :
Coordonnées (mail, téléphone) :
Signatures à adresser à : boudetm@wanadoo.fr





Désobéissance :

*Quand la désobéissance monte. La désobéissance n'est plus seulement le fait des faucheurs volontaires. Postiers, profs, électriciens ou simples citoyens résistent, individuellement ou collectivement. Retour, en 5 volets, sur une pratique ancienne qui fait soudainement irruption dans le débat politique.*

http://www.regards.fr

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A*Désobéir (1) - Les insoumis du quotidien*

*Souvent anonymes, ils agissent pour influer sur ce qui les touche au quotidien. Ils n'ont pas d'autre intérêt que d'être fidèles à leurs convictions.*

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En 2006, Babette a 47 ans, dont vingt-six comme caissière dans le supermarché Champion d'un quartier populaire d'Orléans, la Source. Depuis seize ans, elle fait crédit à des clients démunis. La première fois, c'était pour une femme qui avait besoin de lait, de couches mais n'avait pas le sou. Une détresse à laquelle Babette ne pouvait pas rester insensible. Une première fois, une deuxième, une troisième... Sa générosité, son sens de la solidarité la poussent peu à peu à faire crédit à cinq ou six personnes par mois. La pratique n'est pas autorisée, d'autant que l'argent avancé n'est pas le sien. Mais les directeurs qui se succèdent ferment les yeux. Mais le 29e directeur qu'elle croisera dans sa carrière chez Champion mettra fin à cette tolérance. Babette est licenciée en 2006.

*Désobéir par solidarité*

Son histoire illustre comment le refus de la souffrance d'autrui peut déclencher la désobéissance. L'acte est alors individuel, souvent spontané, à l'image de ces passagers d'Air France refusant de respecter les consignes de sécurité pour empêcher leur avion de décoller avec, à son bord, un ou des sans-papiers en cours d'expulsion. Par solidarité, sans avoir d'intérêt personnel dans le sort réservé à ces étrangers, ils ont pris le risque d'une interpellation, voire d'une comparution devant la justice.

Le refus de l'injustice est aussi le ressort initial des actes de désobéissance de Dominique Liot, agent ERDF (filiale d'EDF) à Toulouse. Son métier ? « Monter aux poteaux » pour raccorder ou débrancher l'électricité aux particuliers et aux entreprises. « Je rencontre beaucoup de gens dans la galère, dans des situations insupportables. Mais je me suis toujours débrouillé pour ne pas mettre beaucoup d'entrain à faire des coupures pour impayé. On peut toujours dire que la porte était fermée... même s'il n'y avait pas de porte. » Avec quelques collègues, depuis cinq ou six ans, ils mènent des opérations de rebranchement en faveur de foyers démunis. « Avec ces actions, on a le sentiment de servir à quelque chose, de faire du social, insiste ce Robin des bois de l'énergie. On peut continuer à se regarder dans la glace. »

*Services publics : résistance*

Peu à peu, ces actions individuelles ont été revendiquées par la CGT pour prendre un sens collectif. En syndicaliste et militant associatif, Dominique Liot relie sa préoccupation de justice sociale avec l'avenir du service public. « Quand le cadre est pourri, il faut en sortir. C'est ce qu'on fait avec les Robins des bois et les associations qui accompagnent les familles que l'on aide. En rebranchant l'électricité, le gaz et même l'eau à des foyers démunis, on redonne un sens à la mission de service public. » De fait, dans les services publics mis à mal ou en cours de privatisation, la désobéissance individuelle ou collective semble devenir un outil de résistance.

Il est question d'intérêt du public, de conscience professionnelle, comme à La Poste, où Joël est guichetier. Le jour où son chef de service lui a glissé de vendre des enveloppes prétimbrées à une vielle dame venue acheter des timbres, il a décidé d'entrer en résistance. « J'ai compris que le service public disparaissait. On est transformés en commerçants. Des logiciels enregistrent et évaluent nos ventes. C'est une évolution que je refuse d'accompagner. » Comment ? En ne respectant pas les objectifs et consignes de vente et en continuant à pratiquer son métier tel que le lui dicte sa conscience professionnelle d'agent public. Il est repéré comme un « mauvais élément », mais son action n'est pas revendiquée. D'autres, même s'ils ne le revendiquent pas, sont pourtant bel et bien dans une résistance qui emprunte à la désobéissance : les magistrats. « Pour nous, le terme de désobéissance n'est pas approprié, explique la juge Evelyne Sire-Marin, même si le rapport à cette question est un vaste débat dans la magistrature. » Au terme de désobéissance -- notion incompatible avec les fondements de la magistrature qui impliquent par définition l'obéissance à la loi --, cette juge critique préfère celui de « stratégie de contournement ». « Un juge qui estime que les peines planchers ne sont pas appropriées, poursuit Evelyne Sire Marin, peut trouver des stratégies pour ne pas l'appliquer. » « On constate une intensification de ces stratégies de contournement », conclut-elle.

*Un rempart contre la dépression*

Parfois, le choix de résister à la dégradation du service public par ces « petits » actes quotidiens devient aussi une nécessité pour soi-même, pour son bien-être psychique.

Inès, conseillère Pôle emploi, en est arrivée à cette conclusion. Dans son agence, toute résistance collective a été annihilée au cours des trois dernières années. Face à la réorganisation à marche forcée de Pôle emploi et aux politiques de plus en plus coercitives imposées aux chômeurs, désobéir -- ou du moins s'arranger avec les consignes -- est la seule solution qu'elle a trouvée pour maintenir une cohérence entre ses convictions, sa conscience professionnelle et son statut d'agent. Elle triche sur le nombre invraisemblable d'entretiens qu'on lui demande d'effectuer, fait semblant de contrôler les pièces d'identité, rédige des entretiens fictifs pour éviter la radiation de certains demandeurs d'emploi, refuse de les renvoyer vers des prestataires extérieurs pour dégonfler son « portefeuille », terme qu'elle déteste. « Ma mission, c'est de recevoir un public souvent fragile, à la recherche d'une écoute, pas de m'en débarrasser. » Entre surmenage et souffrance face à l'effritement du service public, Inès avoue frôler la dépression. Désobéir, c'est donc se protéger.

Les agents des services publics font en général le choix de rester discrets, condition essentielle pour pouvoir continuer. D'autres citoyens au contraire cherchent à médiatiser leur désobéissance pour créer un débat. C'est le credo des faucheurs d'OGM qui, lorsqu'ils sont interpellés par la police, refusent de se soumettre au relevé d'empreintes génétiques et le font savoir pour sensibiliser l'opinion publique aux menaces qui pèsent sur les libertés individuelles.

*Une manière de dénoncer*

La démarche de Didier Poupardin, médecin généraliste à Vitry, vise un objectif similaire, sauf qu'il s'agit de dénoncer les déremboursements et la privatisation latente de l'Assurance maladie au profit des mutuelles et assurances privées. Depuis leur création en 1994, ce généraliste refuse d'utiliser les ordonnances « bi-zone ». À savoir de distinguer, pour les patients atteints d'une affection de longue durée, les médicaments « en rapport » avec l'affection (remboursés à 100 %) et les autres (à 70 %). Le docteur Poupardin estime que toutes ses prescriptions sont nécessaires. En 1999, il se fait « pincer » mais parvient à convaincre les médecins conseils de l'Assurance maladie du bienfondé de sa position. L'année dernière, il est à nouveau contrôlé. Cette fois, aucune entente possible, on lui réclame le remboursement de 2 600 euros, pour les trop perçus versés à ses patients du fait de ses « mauvaises » prescriptions. « L'accès aux soins se restreint régulièrement sous prétexte de réduire les dépenses de santé et la Sécurité sociale essaye d'embarquer les médecins dans son sillon, y compris en renforçant les mesures coercitives. Ce n'est pas acceptable. » Didier Poupardin a refusé de payer. Soutenu par ses patients, de nombreux homologues et les syndicats de médecins, il a défendu la légitimité de ses prescriptions devant le tribunal des affaires de sécurité sociale début septembre. Jugement attendu le 6 octobre.

Ces gens ordinaires qui disent non ne se considèrent pas comme des héros. Leur démarche leur semble « naturelle », logique. Certains leur reprocheront de ne pas respecter les règles qui fondent la société ou le collectif de travail, en un mot, leur incivilité. Mais ces citoyens ne fraudent pas pour s'enrichir. Ils ne volent pas pour remplir leurs placards. Ils ne s'attaquent pas aux individus, ni ne les mettent en danger. S'ils retirent un intérêt personnel, il est exclusivement humaniste de leur métier et plus largement de la société.

*Marion Esquerré (avec Rémi Douat)* 18 octobre 2010 - Marion Esquerré

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*Désobéir (2) - La désobéissance fait école*

*De la maternelle au lycée, la désobéissance fait son nid dans l'Éducation nationale. Les profs s'organisent pour se faire entendre.*

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Les profs sont à bout de nerfs. Avec les suppressions de postes (50 000 depuis 2007 et 30 000 à venir), les effectifs auront baissé au total de 10 %. La conséquence ? 73 % des profs envisagent une reconversion à plus ou moins court terme. Quand ils ne sont pas découragés, ils sont en colère, très en colère. Au point de désobéir. Les motifs sont nombreux : « Base élèves », un fichier d'enfants mis en place dès le CP ; la disparition des Instituts de formation des maîtres (Iufm), impliquant dès cette rentrée l'arrivée de 16 000 enseignants directement dans les classes ; les menaces qui pèsent sur l'Institut national de la recherche pédagogique ou encore la réforme des programmes de Sciences économiques et sociales (SES). Dans les salles des profs, la question revient : faut-il ou non désobéir ? Depuis qu'Alain Refalo prit sa plume en 2008 pour écrire à son inspecteur d'académie qu'en son âme et conscience il n'appliquerait pas les réformes préconisées par le ministre Xavier Darcos, ils sont plusieurs milliers y compris dans le secondaire à désobéir (3 000 l'ont immédiatement soutenu).

*Une réaction « viscérale »*

« Depuis quelques années, je ne me reconnais plus dans mon métier, dit Jean Pauly, 54 ans, directeur d'une petite école dans le Lot. On nous demande d'être des techniciens, des exécutants. » Lui qui se définit comme un « objecteur de conscience » fait partie de ceux qui refusent le fichage imposé par le logiciel Base élèves. Une réaction « viscérale ». Les sanctions ne tardent pas mais, signe d'un temps où la désobéissance gagne la hiérarchie, l'inspecteur l'a « protégé, a calmé le jeu ». Les profs ne sont plus seuls : « pour la première fois, le message d'alerte (...) concerne les personnels administratifs, plus particulièrement les cadres », note un rapport de l'inspection générale. « Ça a été un grand soulagement quand le réseau des désobéisseurs s'est formé », dit Ninon Bivès, professeur des écoles qui refuse les aides personnalisées.

Destinées aux élèves en difficulté, elles ne profiteraient pas vraiment aux enfants très en retard tout en alourdissant leur emploi du temps. Les profs, en outre ne veulent se substituer à leurs collègues qui ont une formation spécifique et dont la plupart ont vu leur poste supprimé. Pour Ninon, il s'agit de « désobéissance éthique ». « Le fait que nos mouvements aient démarré au niveau local, de façon spontanée, nous a fait gagner en liberté, nous a permis d'aller au-delà d'une certaine frilosité syndicale. » Elle a été lourdement sanctionnée, et a déposé un recours auprès du tribunal administratif. « Je me fiche d'avoir un blâme. En revanche, je ne sais pas comment je réagirais si on m'imposait une mutation, comme ça a été le cas pour certains de mes amis. J'ai une famille. » « Ce sont des formes d'action nouvelles, radicales, qui partent vraiment de la base », explique Marjorie Galy, présidente de l'Association des professeurs de sciences économiques et sociales (Apses). Des convergences entre premier et second degré se créent à ce niveau. « Nos manifs n'ont pas fait bouger Luc Chatel. C'est pourquoi nous allons rencontrer les désobéisseurs, le 16 octobre, afin qu'ils nous conseillent. » Les participants voteront alors pour ou contre la désobéissance. Pour Marjorie, c'est gagné d'avance car les précédentes manifestations n'avaient pas eu l'effet escompté. La réforme des programmes de SES, annoncée pour 2011 et menée « sans consultation », remet en cause l'essence de la matière : « Jusqu'à présent on y entrait par des thématiques de société. Là, il faudrait enseigner les gammes de façon désincarnée. »

*Chasse aux sorcières*

Les désobéisseurs sont les poils à gratter des salles de profs. « Certains de la jeune génération ont le petit doigt sur la couture. Ils ont peur des sanctions, ou ne comprennent pas les enjeux », explique Edith Bouvin. Au sein de son école maternelle, à Dijon, les tensions montent entre les partisans de la désobéissance et les autres. Marjorie Galy constate qu'ils sont assez peu suivis : « Les profs de SES sont parmi les plus syndiqués, mais beaucoup ont tendance à penser que l'on surréagit. » De plus, la marge de manœuvre est réduite au lycée : « pour l'instant, notre seul mode de résistance va consister à ne pas appliquer le programme. » D'où, selon elle, l'intérêt de convergences entre premier et second degré. Occupations de classes ou actions festives, l'essentiel sera de taper fort. « Si on est sanctionné, c'est que notre action fonctionne, poursuit Marjorie. Si le ministère commence une chasse aux sorcières, c'est qu'on aura gagné. »

Les nouveaux désobéisseurs ne savent pas encore la forme que va prendre leur mouvement, car tout est encore à créer. De nouvelles formes de lutte sont en gestation.

*Dorothée Thiénot (avec Rémi Douat)* 18 octobre 2010 - Dorothée Thiénot

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*Désobéir (3) - L'émergence d'une contestation non-violente*

*Comment s'opposer à une règle légale mais pas toujours légitime ? L'insoumission pacifique s'est imposée à travers l'histoire, sur le modèle d'Antigone, de Gandhi ou de Martin Luther King.*

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Le terme de « désobéissance civile » est né aux États-Unis (civil disobedience) en 1866, sous la plume d'Henry David Thoreau, qui s'était illustré vingt ans plus tôt en refusant de payer l'impôt destiné à financer la guerre contre le Mexique. Mais la réalité, elle, est bien plus ancienne. La désobéissance civile, en fait, participe de l'expérience plus vaste de la contestation, où elle côtoie ses sœurs que sont la révolte ou la rébellion, sans se confondre avec elles.

Dès l'instant où les sociétés humaines ont spécialisé les rôles, séparé les fonctions et distingué les classes, elles ont reposé sur un ordre édicté par ceux qui contrôlent à la fois la richesse et les pouvoirs. Cet ordre peut être imposé, toléré ou accepté ; il peut être ouvertement despotique ou emprunter des formes plus souples.

Dans tous les cas, il repose sur la loi à laquelle, en principe, chacun est tenu d'obéir, sous peine de s'exposer à la violence légale du juge. Or, dès le début, le règne de la loi, écrite ou coutumière, soulève le problème de la distinction du légal et du légitime : la loi s'impose légalement à tous sans qu'elle soit nécessairement juste, et donc légitime.

Toutes les cultures se sont trouvées confrontées à ce dilemme. La Grèce antique nous a légué le personnage d'Antigone : la loi officielle lui interdisait de faire des funérailles pour son frère mort, car il avait trahi la cité ; mais la loi morale lui interdisait de laisser un parent sans sépulture. Antigone choisit alors la loi supérieure plutôt que la loi écrite et elle le paya de sa propre vie.

*La primauté éthique*

Le christianisme lui-même prône l'obéissance à la loi humaine (« Rends à César ce qui est à César. ») ; mais que faire quand elle contredit la loi divine ? Dans ce cas, répond Thomas d'Aquin, elle n'est pas une loi et la désobéissance est tolérable, dès l'instant où elle ne débouche pas sur un mal supérieur à celui que la loi injuste peut produire. L'esprit grec de la désobéissance s'appuie dès lors sur la primauté éthique de la justice sur la loi ; il débouche sur le droit à l'insoumission (les premiers chrétiens) et l'objection de conscience (les quakers).

La laïcisation des XVIe-XVIIe siècles le prolonge dans le refus de la « servitude volontaire » (Étienne de la Boétie) et sur le droit de la résistance à l'oppression (Déclaration d'indépendance américaine, 1776, et Déclaration française des droits de l'homme et du citoyen, 1789). Reste toutefois à déterminer la manière dont peut s'exprimer le droit de dire non. En pratique, dès que s'installe la double logique de la loi et du pouvoir, l'action humaine va hésiter entre deux modalités possibles de résistance. La révolte ouverte est la première tentation : à la violence des nantis et des dominants s'oppose celle des subalternes et des démunis, qui peut être individuelle (Robin des Bois, Mandrin) ou collective (la révolte d'esclaves, les émeutes ou « émotions » d'Ancien Régime). Le problème tient à la disproportion des forces : celle du nombre, en situation de violence extrême, ne suffit pas toujours (en fait, très rarement) à équilibrer celle de la puissance militaire ou de la corruption des esprits. La révolution réussie est rare, la révolte écrasée est monnaie courante. Face à la violence légale des États, une seconde tentation s'est donc fait jour : tenter de contourner le pouvoir centralisé de la coercition. Elle consiste à utiliser, non pas l'impulsion de la violence, mais la force d'inertie des producteurs et des citoyens. C'est l'extension de la grève, du monde clos de l'entreprise ou du métier vers le monde ouvert de la cité : grève des femmes (Aristophane), grève de l'impôt, grève de la conscription militaire. Pour une part, le choix de la désobéissance civile procède, au départ, du constat d'inefficacité de la force.

*Le terreau indien*

Le premier exemple cohérent et généralisé se déploie dans l'Inde britannique. Voilà une terre de vieille et brillante civilisation que l'industrialisation européenne a longtemps vouée au statut de colonie. La voie de la rébellion généralisée montre très tôt ses limites, avec la révolte atrocement réprimée des Cipayes (1857-1858) : le courage du désespoir ne peut rien face à la puissance conjuguée de la livre sterling et de l'acier. Gandhi explore dès 1906, la voie de la non-violence collective. La variante indienne de la désobéissance est la « voie de la vérité » (satyagraha) : elle s'amorce à Johannesburg en 1906 (contre les lois discriminatoires qui frappent les métis) ; elle se déploie en 1930 avec la Marche du sel, pour casser le monopole britannique de l'exploitation des salines ; et triomphe avec l'indépendance de la péninsule indienne, en 1947. La désobéissance civile trouve, sur le terreau indien, son champ d'action et ses règles, jusqu'au drame de la partition de la péninsule et la guerre sanglante qui déchire hindous et musulmans. Les tenants actuels de la désobéissance civile (ou « civique ») la définissent généralement par quelques traits qui s'enracinent dans le modèle indien (Howard Zinn) : le caractère conscient et intentionnel de l'infraction à la loi, sa dimension publique, sa forme collective, sa méthode pacifique, son but transformateur (abolir la loi injuste) et l'existence de principes supérieurs (des valeurs humaines) qui légitiment le refus. Ces traits se retrouvent, volontairement affirmés, dans les grands mouvements anciens, illustrés par les noms de Gandhi ou de Martin Luther King. Ils continuent dans les mouvements contemporains, des « Robins des Bois » aux « désobéisseurs », des militants anti-pub aux faucheurs d'OGM. Roger Martelli* 18 octobre 2010 - Roger Martelli À LIRE La désobéissance civile, de Henry David Thoreau, 1849. Désobéissance civile et démocratie, d'Howard Zinn, éd. Agone, 2010. La désobéissance éthique, d'Elisabeth Weissman, éd. Stock, 2010. Pour la désobéissance civique, de José Bové et Gilles Luneau, 2004.

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*Désobéir (4) - Désobéir en démocratie ?*

*Le sociologue Albert Ogien montre le lien indissociable entre démocratie et désobéissance. Cette forme d'action politique vise à s'opposer à l'État en demandant à être sanctionné par la justice pour prouver l'absurdité d'une loi.

Entretien*

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*La désobéissance civile, c'est simplement dire non ?*

Albert Ogien: Désobéir, ça ne se résume pas au refus d'appliquer une loi ou un règlement. C'est une forme d'action politique, le simple fait de dire non ne relève pas de la désobéissance civile. S'immoler sur la place publique ou rendre sa légion d'honneur ne sont pas des actes de désobéissance. Jeûner, comme le fait un prêtre en ce moment pour protester contre la situation des Roms, non plus. En revanche, ne pas aller à la guerre et se faire poursuivre pour cette raison- là, c'en est un. Un acte de désobéissance civile consiste à se mettre délibérément en infraction avec une loi ou un règlement en demandant publiquement à être sanctionné par la justice, de telle sorte que cette loi ou ce règlement jugé illégitime ou injuste soit condamné. Une question qui a cessé d'exister dans le domaine politique est ainsi transférée à la justice qui doit trancher. Il existe toutes sortes de moyens de faire taire un acte de désobéissance civile. Si des citoyens décident de commettre une infraction et que l'État ne les sanctionne pas, cela n'aura servi à rien. Leur acte aura perdu son sens. Par exemple, durant la guerre du Vietnam, qui a marqué l'histoire de la désobéissance civile, des jeunes américains ont refusé l'enrôlement. Aujourd'hui, la conscription a été supprimée au profit d'une armée de métier. Du coup, il n'y a plus de raison de désobéir puisque la cause a disparu. On peut mesurer la différence avec la contestation face à la guerre en Irak.

*Désobéir, en démocratie, ne va pas de soi ?*

A.O.: Dans un régime démocratique, une large gamme de droits civiques, politiques et sociaux s'offre aux citoyens. Ces derniers ont toute latitude pour s'opposer à une mesure qu'ils jugent injuste, par des moyens plus conventionnels que la désobéissance. Le respect des droits de l'Homme et des minorités est garanti ; et même si la démocratie sociale est quelque peu bafouée ces derniers temps, beaucoup de ses rouages permettent de contester des dispositions injustes. Comme on le voit aujourd'hui, un État peut être condamné pour discrimination. Évidemment, la procédure prend du temps et ses résultats ne sont pas toujours sûrs... Désobéir, de ce point de vue, est un acte qui ne va pas de soi. D'autant que si on n'accepte pas la règle commune qui régit une démocratie, en refusant d'appliquer des lois votées par la majorité au prétexte qu'elles déplaisent à une minorité, on risque d'ouvrir la porte au fascisme.

*Mais il arrive que les démocraties soient porteuses de dérives autoritaires...*

A.O.: Oui, parfois une loi porte en elle-même une menace grave pour la démocratie. D'ailleurs, une partie de ceux qui désobéissent aujourd'hui le font en réaction à ce qu'ils perçoivent comme un exercice autoritaire de la démocratie. C'est un exercice qui ne prend pas le temps de la démocratie parce qu'il croit connaître à l'avance les meilleures solutions. C'est cela que dénoncent les désobéisseurs, mais pas frontalement, juste en refusant -- de manière très locale -- de faire ce qu'on leur demande. Un prof, par exemple, dira : « Je n'appliquerai pas la directive du rectorat. » Il ne dira pas : « Je veux changer de gouvernement ou de système. » C'est pour cette raison qu'une partie de la gauche considère que la désobéissance civile relève juste d'une action individuelle dénuée de sens politique.

*Pour Henry David Thoreau et Ralph Waldo Emerson, la désobéissance est au fondement de la démocratie...*

A.O.: Il y a dans la désobéissance une dimension très radicale qui défend le principe même de la démocratie, ce lieu où des individus acceptent de renoncer à une part de leur liberté pour entrer dans un système collectif de droits et d'obligations réciproques. Cette adhésion doit, en principe, être volontaire. Dans une démocratie, un individu a-t-il le droit de se retirer de sa nation quand son gouvernement se retourne contre lui et lui impose des choses qui l'oppressent ? Défendre le principe d'une démocratie radicale à la Thoreau ou Emerson, c'est admettre que chacun en a le droit absolu. Ce n'est pas vraiment un droit qui fonde un régime de démocratie représentative.

*Qu'en est-il des personnes auxquelles on n'a pas demandé leur consentement, les sans-papiers par exemple ?*

A.O.: Aucun État ne s'est jamais constitué sur des adhésions volontaires. Le consentement est une fiction que Thoreau a prise au pied de la lettre. Lorsqu'il a déclaré refuser de s'acquitter de la part de ses impôts destinée à financer la guerre au Mexique à laquelle il était opposé, il a été emprisonné. Hubertine Auclert a utilisé le même argument. Elle refusait de payer des impôts à un État qui ne la représentait pas puisque, comme femme, elle n'avait pas le droit de vote. Quant aux sans-papiers, ils ne sont pas en situation de désobéir : il faut être citoyen d'une démocratie pour avoir cette possibilité. Les désobéisseurs sont ceux qui les parrainent, les hébergent, rechargent leur téléphone portable, agissent au nom de la dignité et de l'humanité. L'aide aux clandestins représente sans doute la dernière héritière des grandes causes qui ont donné ses lettres de noblesse à la désobéissance civile. Les atteintes graves aux droits de l'Homme sont, dans nos démocraties avancées, derrière nous. Un des enjeux, aujourd'hui, c'est de savoir comment les démocraties vont faire évoluer le droit des étrangers.

*La logique du résultat ne touche-t-elle pas implicitement, à la dignité des personnes ?*

A.O.: C'est mon argument. La logique du résultat constitue une menace potentielle contre la démocratie. Elle exclut la voix des citoyens dans la délibération politique, car les chiffres prédéterminent les décisions qui sont élaborées sous une modalité technique par ceux qui réduisent le politique à la production d'objectifs chiffrés et d'indicateurs de performance. À l'hôpital, à l'école, dans la justice ou dans la police, les professionnels expriment la même hargne contre cette manière de gouverner qui consiste à forcer l'obtention de résultats. Il me semble pourtant qu'ils n'arrivent pas à donner un sens politique général à cette hargne. Très peu connectent ce qui leur arrive à ce qui arrive à leur voisin. Pourtant, ces revendications ne sont pas purement catégorielles. C'est de dépossession dont il est question. Juges, policiers, enseignants, chercheurs, sont dépossédés de leur métier, de leur voix et de leur langue. Avec l'évaluation, la définition de leur activité professionnelle leur échappe pour devenir l'apanage d'une administration, sur la base de critères de quantification qui ne sont pas les leurs. Par ailleurs, la langue dans laquelle ils envisageaient leur travail a changé, elle est désormais contrainte d'emprunter au lexique du management. Enfin, leur expression propre n'est plus prise en considération, elle s'est perdue dans l'agrégation de données générales.

*Face à ces motifs de mécontentement, pourquoi ne pas faire la grève ?*

A.O.: Les gens qui désobéissent le font parce qu'ils ont le sentiment que la logique du résultat qu'on leur impose est une question politique, mais ils constatent que les syndicats ou les partis ne la prennent pas en considération. Il faut imaginer ce que serait une grève nationale contre la production de grilles d'évaluation ou de tableaux de bords, contre la production d'objectifs chiffrés et d'indicateurs de performance...

*Pour vous, ce n'est pas parce qu'un geste est individuel qu'il n'est pas politique...*

A.O.: Les citoyens exigent de plus en plus d'avoir un droit de regard sur les hommes politiques, leur travail et leurs décisions. Dans le même temps, le pouvoir a tendance à réduire ce droit de regard. Or, dans les cas dont nous parlons, quand un individu exprime aujourd'hui une revendication en son nom propre, ce n'est pas en tant que personne mais en tant que citoyen d'une démocratie. Son geste inclut donc la collectivité. C'est pourquoi, en général, ce n'est pas un acte individualiste.

*Le philosophe Étienne Balibar se refuse à qualifier de politique un acte qui ne porte pas une critique d'ensemble...*

A.O.: Étienne Balibar a une conception restreinte de la politique : sa définition repose sur l'idée que la politique sert à lutter contre les rapports de domination. De ce point de vue, un acte politique s'inscrit nécessairement dans un affrontement entre droite et gauche. Mais on peut aussi considérer que toute réaction d'un individu aux mesures prises en son nom est de nature politique - même lorsqu'elle n'entre pas dans les canons de ce qu'on conçoit comme acte politique -- car elle exprime sa conception du rapport d'un citoyen à l'État.

*Mais tout de même, n'y a-t-il pas une faiblesse intrinsèque à la désobéissance ?*

A.O.: Elle possède à la fois une grandeur et une faiblesse. Protester de manière spontanée contre une atteinte aux droits, c'est se mettre en danger, ce qui force l'admiration. Et il arrive que cela porte ses fruits. Les profs qui refusaient de donner des heures de soutien scolaire, par exemple, ont obtenu gain de cause auprès du tribunal administratif. Mais qu'ont-ils gagné ? Le fait d'être dispensé de ces deux heures de soutien... Le reste de la réforme est toujours en place ! Mais si un parti d'opposition s'empare de cette revendication, alors elle devient un argument dans le jeu politique. C'est à la fois une réussite et un échec.

*Propos recueillis par Marion Rousset*

18 octobre 2010 - Marion Rousset Albert Ogien est directeur de recherche au CNRS et enseignant à l'EHESS.

À lire, Pourquoi désobéir en démocratie ?, de Albert Ogien et Sandra Laugier, éd. La Découverte, 211 p., 20 EUR.

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*Désobéir (5) - Donner du sens à la désobéissance*

*La désobéissance civile s'impose pour faire face aux inégalités sociales et au retour à un État d'exception. Mais son affirmation est aussi le reflet d'un recul.*

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La philosophie et les méthodes de la désobéissance civile occupent de nouveau le devant de la scène française. Pour une part, ils continuent la vieille tradition populaire de la résistance à l'oppression. Pour une autre part, ils sont le reflet inversé du reflux des grands projets révolutionnaires. Ce numéro de Regards illustre l'importance des mouvements de désobéissance civique. Leur irruption est salutaire. Nous sommes entrés en effet dans une phase de dysfonctionnements massifs. D'un côté, on observe le recul de la sphère publique et des principaux instruments de redistribution qui avaient marqué l'expansion du Welfare State (l'État-providence) d'après1945 : le résultat est le grand retour des inégalités et le triomphe du « précariat ». L'idée que le parti pris égalitaire est à la fois juste et efficace a reculé ; plus question de viser l'égalité réelle des conditions, tout au plus admet-on l'idée qu'il faut compléter l'égalité juridique par « l'égalité des chances »...

*La « guerre des civilisations »*

D'un autre côté, le constat grandit que ce nouveau déchirement des sociétés stimule le grand retour de la violence des États, des castes et des communautés. Les puissants s'enferment dans la tour d'ivoire de leurs ghettos hyper- protégés, au cœur des agglomérations ou à leur extrême périphérie. La richesse étant de plus en plus inaccessible, il ne reste plus aux pauvres que le conflit... avec les plus pauvres. Mais si l'horizon de l'égalité sociale s'estompe et si l'inévitabilité des poches de misère s'étend, la pacification sociale ne peut plus résulter, ni du partage à la marge de la richesse commune, ni de l'acceptation généralisée du nouveau désordre du monde. Dans le couple classique de l'intériorisation des normes d'ordre par les dominés et de la coercition légale exercée par les puissants, c'est le second terme qui revient violemment en avant. Le monde est dans l'ère de la « guerre des civilisations » (le nom moderne de la guerre des riches contre les pauvres) ; pour y faire face, il n'y a pas d'autre solution que l'appât du gain (« Pauvres de tous les pays, enrichissez- vous. ») et les vertus de l'ordre. Si la menace de violence généralisée devient extrême, pas d'autre solution réaliste que celle de « l'État d'exception ». Or, dans l'État d'exception, la violence de la loi et son injustice première sont de moins en moins masquées. L'iniquité de la loi n'est plus un motif pour sa disqualification : la police peut désormais débusquer les clandestins jusque dans les écoles, les familles les plus pauvres paient pour l'absentéisme scolaire de leurs enfants, l'infraction peut être sanctionnée par la perte de la nationalité. En temps de guerre, le respect de la personne passe après l'impératif du maintien de l'ordre et, comme aux temps les plus noirs de l'histoire française, la délation est promue au rang de vertu civique.

*La combativité sociale*

Quand grandit à ce point l'écart de la légalité et de la légitimité, c'est la désobéissance civique qui devient une vertu. Quand la guerre devient un paradigme général de la vie sociale (contre l'islam ou contre les « sauvageons »), la non-violence du refus est une valeur. Quand s'installe la brutalité des rapports entre les États dominants et les « extrémismes », le parti pris pacifiste est la plus haute manifestation de la combativité sociale. Pourtant, toute qualité a son revers. Face à l'inhumanité du désordre actuel, la désobéissance civique est un acte de salubrité publique. Mais, pour une part, son affirmation est le reflet d'un recul. Pendant deux siècles, dans les citadelles du capital, la contestation a pris la figure dominante du mouvement ouvrier, combinant la rudesse du combat prolétarien et le réalisme des rapports de forces prudents, le sens de la lutte immédiate et le rêve mobilisateur de la « Sociale » qui donne sens au combat de chaque jour. Contester l'État « bourgeois », tout en s'appuyant sur ses mécanismes pour améliorer l'ordre des choses : le mouvement s'est construit sur l'équilibre de ces buts, fragile et variable selon les pays et les périodes. Or le XXe siècle s'est clos sur la crise simultanée du projet révolutionnaire de type soviétique, du projet social- démocrate classique et des habitudes forgées au temps du Welfare State. Quant à la violence régulée qui découle de la conception ancienne de la révolution, elle a laissé un goût amer par les dérives que son exercice a légitimées, dans de nombreux cas. Positif et négatif s'entremêlent. Si la fin ne peut plus justifier les moyens et si la complexité des sociétés et du monde rendent de plus en plus incertaine l'hypothèse des ruptures globales, pourquoi ne pas chercher avant tout à accumuler la myriade des ruisseaux de la désobéissance qui finiront par saper le socle de l'ordre injuste ? Si la conjonction de la révolte et de la révolution n'a plus de sens, pourquoi ne pas conjuguer l'esprit de révolte (le devoir de désobéissance) et la recherche de résultats immédiats, par la multiplication des rapports des forces partiels ? Plutôt que la révolution, un radicalisme autolimité... L'histoire ne revient pas en arrière, mais les questions qu'elle pose, d'une époque à l'autre, peuvent se ressembler. « La » rupture globale est un mythe, éventuellement dangereux ; mais l'absence de rupture englue l'esprit de résistance dans une logique globale persistante et inscrit la désobéissance civique dans un cadre qui... l'autolimite et donc, à terme, peut l'émousser. Comment donner du sens à la désobéissance civique en lui donnant l'appui d'une pensée alternative du social ? Comment insérer l'esprit de refus dans la construction d'un univers mental partagé ? N'est-ce pas concevoir autrement la révolution, plutôt que d'en conjurer l'ambition ? L'hypothèse mérite d'être explorée.

*Roger Martelli* 18 octobre 2010 - Roger Martelli

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Source TERRA : http://www.regards.fr



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Palestine : espoir et vigilance /
Votez DSK : Manifestations en Grèce - A Athènes, la police frappe pour tuer /
Le rêve des peuples épris de justice : un État palestinien /
Boycott-Désinvestissement-Sanctions : De nouvelles barrières tombent (Dissident Voice) /
Les relations sociales à la sortie de la crise : panorama européen /
Entretien exclusif avec Noam Chomsky (1) /
Entretien exclusif avec Noam Chomsky (2) /
Les désobéisseurs : des insoumis en démocratie /
Albert Ogien « Le sens politique de la désobéissance » /
Nakba 2011 : La marche du retour… /
Vaut mieux le savoir : La Confédération Européenne des Syndicats n’a pas grand-chose à voir avec une organisation syndicale /
Pôle emploi : M. le directeur, je ne dénoncerai pas des chômeurs /
Quelques fondements juridiques pour déclarer la nullité des dettes publiques /
Quelques fondements juridiques pour suspendre le paiement des dettes publiques /
Le spectacle continue mais la vie aussi /
L’Assemblée de Corse unanime contre le fichier Base élèves 1er degré /
Génération pic pétrolier : une chance extraordinaire de changer le monde /
29 mai 2005 : la crise nous a donné raison /
Ferme ta gueule, Luc Ferry /
CIRDI : La Bolivie dénonce la Convention de Washington /
De la légitimité de frauder les minima sociaux et de quelques conseils à cette fin /
Quand Muti fait chanter les Italiens face à Berlusconi /
Les « indignés » de Syntagma /
Le Conseil Régional PACA se prononce contre les fichiers scolaires – A qui le tour ? /
Incomparables vertus de l’organisation dans la fabrique du mouvement social /
Un médecin fier de ses « mauvaises » pratiques /
Appel pour une campagne d’éducation populaire tournée vers l’action pendant la campagne présidentielle /
Le Président d’Afrique du Sud refuse de recevoir la femme d’un criminel de guerre et prix nobeldelapet notoire /
L’illusion de la transparence. /
Le décret qui entube en douce les assos pour l'environnement /
Soubresauts boursiers, crise de la dette : le capitalisme en faillite /
Grèce, Irlande et Portugal : pourquoi les accords conclus avec la Troïka sont odieux ? /
Amis de la Terre : 40 ans de résistance environnementale /
Résister à l’Hôpital Entreprise /
ARRESTASION DE MICHEL BESSON EN ISRAEL /
"Taxez-nous !" /
Sortir du piège de la dette /
La lutte a payé ! Agrexco est liquidé /
Vers la fin du système ? /
Pour un changement de régime /
« L’initiative de septembre de l’Autorité palestinienne se dissocie de la volonté des Palestiniens » /
Trois ans de crises, trois mois d’indignation /
Un blog est un organe de presse /
L’urgence d’une autre économie  /
Soutien du conseil régional Ile de France aux lycéens sans papiers : Le préfet envoyé aux pelotes, la campagne continue ! /
Crise de la dette : L'engrenage /
SBFM : Victoire pour les fondeurs /
Les Islandais du 42 face à Dexia, fleuron de l’industrie bancaire /
Nous sommes les 99% ! /
Face aux crises, nous proposons un Pacte pour les droits et la citoyenneté /
Manuel de communication-guérilla /
Déclaration d’Isabelle de Léon devant la Commission Disciplinaire Pôle Emploi /
Leur grande trouille - entretien avec François Ruffin /
« C'est la gauche qui accepte le mieux les règles du libre-échange » /
Quelle classe imposera ses vues et ses intérêts à toute la société ? /
Austérité et solidarité /
Mikis Thedorakis et Manolis Glezos appellent les peuples d’Europe à se soulever contre les marchés financiers /
Appel de Niono (Mali) pour un front mondial contre la dette /
Sur la crise de l’Union européenne et la dynamique des résistances /
Mobilisation citoyen face à société civile ? /
Les droits, antidote aux appétits des marchés /
Pour protester contre leurs banques, les Américains ferment leurs comptes /
Espagne: le 20 novembre et l’invasion interne /
Un artiste portait la burqa bleu blanc rouge, la justice le relaxe : clic /
La vérité choquante derrière la répression contre le mouvement « Occupy » /
Le candidat blanc /
" Répression et discrimination syndicale " (dossier 25-11-2011mp3) /
L’expérience de la dette du Sud appliquée à l’Europe /
Dix mille raisons heurtées /
2011, année Frantz Fanon /
Le désobéisseur est un dissident, il n’est pas un délinquant. /
En ces temps de chasse à la « fraude sociale », quelques conseils face aux contrôles domiciliaires de la CAF /
La décision d'une majorité peut-elle fonder l'autorité de la loi ? /
Vénézuéla : pourquoi la popularité du président Chavez continue de monter. /
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Des chômeurs en colère emmurent un Pôle emploi à Rennes /
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Démission d’un quart du jury de l’agrégation externe de mathématiques : les effets de la mastérisation. [1] /
Appel aux enseignants à construire collectivement une éthique professionnelle pour l'école d'aujourd'hui /
École : désobéir pour construire du sens, de l'éthique et même ... du bonheur ! /
Un appel de Mikis Théodorakis à l’opinion publique internationale / Éric Toussaint : « La Grèce doit se rebeller face à la Troïka et suspendre le paiement de sa dette » /
Et de trois : après la Bolivie et l’Équateur, le Venezuela quitte le CIRDI ! /
Contre le recensement : La police, ce n'est pas ce que vous croyez /
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Pourquoi je renonce à m’abonner à "Alternatives Internationales" et toc ! /
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LE PROCESSUS D’IDEX DOIT ÊTRE INTERROMPU IMMÉDIATEMENT /
Faut-il s’inquiéter des inégalités et de la pauvreté dans les pays riches ? /
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Günter Grass défend l’Iran face à Israël : Ah l'antisémite ! /
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Les citoyens s'organisent pour faire respecter le droit à l'eau /
Dégage ! /
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L’Égypte entre révolution et contre-révolution /
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Lorient. Une centaine de faucheurs détruisent une cargaison de soja transgénique /
Mattel une nouvelle fois accusé pour violations des droits et de l'éthique (clic : boycott) /
Rendre à chaque pays la pièce de sa monnaie : La réciprocité des visas entre en vigueur le 1er janvier 2013 /
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Les Indiens du Canada ont chopé la rage (Idle no more) /







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Israël: un état terroriste / ...]



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