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Bromure de méthylène
Bromure de méthylène


Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : Généralités / Quand les États-Unis sont renvoyés dans leur but / Lobby américain pour un pesticide troueur d'ozone / Corrélats
Trou dans la couche d'ozone au-dessus de l'antarctique...
Le dibromométhane ou bromure de méthylène (CH2BR2) se présente commeun liquide incolore dont les vapeurs sont plus lourdes que l’air.


Ce produit est surtout un solvant des graisses.Pour cette raison, il est dangereux aussi bien par contact ou par inhalation (foie, reins, cancers de la peau,troubles du comportement).

Ce sont également ces propriétés qui le font utiliser comme pesticide, surtout sur des cultures basses qui sont bâchées. Le produit est mis à vaporiser sous la bâche. Comme les vapeurs de ce produit sont plus lourdes que l’air, le contact avec toutes les parties de la plante est assuré. À la fin du traitement, le produit est dispersé dans l’atmosphère dont il gagne les hautes couches où il détruit la couche d’ozone.

Ci-après deux articles d’actualité (Novembre 2003) sur ce produit :

Le quotidien perm@nent (Sciences et avenir)


ENVIRONNEMENT : Nairobi : Quand les États-Unis sont renvoyés dans leur but.


Arrivant plus ou moins en conquérants à la réunion de Nairobi (Kenya), qui a débuté lundi dernier, les Américains sont finalement repartis bredouilles. Ils n’ont pas, en effet, obtenu gain de cause concernant l’exemption quasi-totale qu’ils souhaitaient, concernant l’utilisation d’un pesticide, le bromure de méthylène. En effet, les 185 pays participants ont remis à plus tard leur décision sur ce sujet.

Lors du protocole de Montréal, signé en 1987, les pays développés et en voie de développement ont convenu de stopper toute utilisation de bromure de méthylène à partir du 1er janvier 2005. Ce pesticide est utilisé en grande partie dans l’agriculture américaine, mais aussi européenne. À ce jour, les États-Unis estiment qu’aucune alternative n’est aussi efficace que le bromure, ni aussi économique.

Devant l’impasse qui oppose agriculteurs et écologistes, les signataires du protocole de Montréal laissent en suspens leur décision. Une « réunion extraordinaire » sur ce sujet devrait être programmée en 2004 à Montréal, sous l'impulsion du Programme des Nations-Unies pour l'Environnement. Le compromis semble inévitable. Dans une certaine mesure, des autorisations pourraient être accordées à quelques pays, mais certainement pas aussi largement que l’attendaient les États-Unis.

Tant que persiste un flou artistique sur l’état des stocks existants de bromure de méthylène dans le monde, sur le trafic illégal et de plus en plus important de substances nocives pour la couche d’ozone, les membres de l’Environnemental Investigation Agency estiment qu’il n’y a aura pas de dérogation possible. Ces derniers, qui ont présenté un rapport sur ce type de fraude lors de la réunion de Nairobi, supposent que Singapour et Dubaï pourraient être les plaques tournantes de ce nouveau genre de trafic.

En attendant Mars prochain, l’utilisation de bromure de méthylène perdure. Défaite ou victoire en demi-teinte pour les États-Unis ? En tout cas, ils ont du ravaler leur superbe, pour l’instant !


Olivier Frégaville-Arcas / (17/11/2003)




ENVIRONNEMENT : À Nairobi, les États-Unis négocient des dérogations pour l'usage du bromure de méthylène.

" Lobby américain pour un pesticide troueur d'ozone "

Par Alexandra SCHWARTZBROD / Libération / mercredi 12 novembre 2003

L’avenir de la planète se joue peut-être cette semaine à Nairobi. Depuis lundi, près de 500 représentants des 184 pays signataires du traité de Montréal (1987) sur les substances nocives à la couche d'ozone sont réunis dans la capitale kenyane pour examiner des demandes d'exemption concernant l'utilisation du bromure de méthylène, une substance extrêmement nocive pour l'ozone utilisée comme pesticide. Ces demandes sont poussées par les États-Unis dont les agriculteurs emploient massivement le bromure de méthylène pour augmenter la productivité de leurs champs et rivaliser ainsi avec des pays en développement à la main d'œuvre moins coûteuse.

Substituts. Les lobbies de la chimie américaine sont même montés au créneau ces dernières semaines avec une particulière vigueur, arguant que ce pesticide - qui doit être interdit à partir de 2005 - ne présente pas de danger et que, de toute façon, la couche d'ozone est en train de se refermer (ce que démentent les experts). Les fermiers de Floride et de Californie affirment ainsi que les fraises et les tomates leur reviendraient trop cher s'ils devaient se passer du bromure de méthylène, les alternatives étant pour l'instant trop peu avancées ou trop chères. Un argument balayé par la commissaire à l'Environnement de l'Union européenne. « De très nombreux agriculteurs s'en sortent parfaitement bien, partout dans le monde, sans l'aide du bromure de méthylène, dit Margot Wallstrom cette semaine dans le New York Times. Des substituts sont disponibles pour la plupart de ses utilisations. Les exemptions devraient être accordées uniquement quand il n'y a pas d'autre solution. »

Certains pays européens (dont l'Italie et l'Espagne) réclament aussi des exemptions mais les États-Unis estiment avoir besoin de 10 000 tonnes par an, un chiffre bien supérieur à tous les autres. Jusqu'à 1999, date à laquelle les pays industrialisés ont été contraints par le traité de Montréal de limiter l'emploi de ce pesticide, 72 000 tonnes de bromure de méthylène étaient utilisées tous les ans dans le monde, dont 25 000 tonnes pour les seuls États-Unis. « En 2003, nous avons vu le deuxième plus gros trou de la couche d'ozone jamais enregistré au-dessus de l'Antarctique. On ne peut pas se permettre d'ignorer ce problème, nous devons interdire l'utilisation des substances nocives à la couche d'ozone le plus vite possible », s'insurgent les écologistes de Greenpeace.

Exemptions. Le problème, c'est que les États-Unis ont déjà couvert leurs arrières. Un amendement a été déposé le 29 octobre à la Chambre des représentants par le républicain George Radanovitch, représentant de la... Californie, pour autoriser l'Agence de protection de l'environnement (EPA) à donner des exemptions aux fabricants de bromure de méthylène même si les pays signataires du traité de Montréal rejetaient cette demande. Du bon usage des traités internationaux...





La fiche toxicologique du dibromure de méthylène :
http://www.cdc.gov/niosh/ipcsnfrn/nfrn0354.html

Où en est-on six mois plus tard, en mars 2004 ?
Problème des excédents de bromure de méthylène " commercialisables " !!!
http://www.iisd.ca/vol19/enb1932f.html

ou http://www.novethic.fr/novethic/site/article/index.jsp?id=75170

Le protocole de Montréal
http://www.dictionnaire-environnement.com/protocole_de_montreal_ID2331.html

Convention / Amendement au protocole de Montréal relatif à de substances appauvrissant la couche d'ozone, adopté à Montréal le 17 septembre 1997
http://www.senat.fr/senint/criresume_pjl01-316_1.html






[Corrélats : Effet de serre / REACH / ...]

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