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Castor
Castor




Le castor (Castor fiber) est un gros rongeur (25 à 35-40 kg) étroitement lié à l'eau. Il vit en petites colonies de 10 à 15 individus. Le plus souvent la colonie est une famille, c'est-à-dire le couplefondateur, uni pour la vie et les jeunes nés de ce couple. Lorsque la colonie devient trop importante,c'est le couple le plus âgé qui s'en irait pour fonder une autre colonie plus loin.

Certains castors construisent des huttes, d'autres se contentent de terriers (les castors de Brennilis, Monts d'Arrée,en Bretagne seraient de ceux-là). Ils construisent aussi des barrages qui leur servent à réguler le niveaudes cours d'eau sur lesquels ils sont installés. En Scandinavie, les castors savent bien utiliser les pistes surélevéesqui traversent leur territoire dont ils bouchent les buses d'écoulement qui les traversent... au grand dam des indigènes.

Les castors abattent des arbres pour en consommer l'écorce, le bois tendre, surtout après qu'il ait été mis à détremper,mais aussi des rameaux ou des feuilles et toutes sortes de plantes ripariales.

Une hutte de castor dans le Jämtland suédois
Un bouleau abattu ... et des traces de dents.


Les castors ont été des animaux présents partout en Europe et même communs, si l'on en juge parles traces qu'ils ont laissé dans la toponymie (bièvre, beuvron, beuvry, beuvrage, etc. en France)

Mais chassés exagérément pour leur fourrure, leur chair et les sécrétions de leurs glandes("castoréum"), les castors ont failli disparaître totalement. Ils l'auraient fait sansdes mesures de protection qui furent prises en France en 1905 ou de réintroduction comme en Scandinavie (1925-1935).

Depuis les castors ont plutôt bien "géré" ces mesures de protection et ont recolonisé maints de leurs habitatsdont ils avaient disparu.

Castor canadien (Castor canadensis)
Pour ceux qui pourraient penser que le castor, avec ses allures débonnaires, voire lourdaudes, est un animal douxet facile à observer, ils se trompent.


Les castors sont très souvent vindicatifs, même au sein de leur propre colonieet peuvent infliger des morsures profondes et même mortelles (j'ai trouvé un cadavrelittéralement lacéré... était-ce un "étranger" à la colonie ?)

Quant à leur observation... quelques secondes jusqu'au coup de queue sur l'eau qui vous indiqueque malgré toutes les précautions que vous aviez prises pour vous cacher, vous avez été repéré...Les castors ont le nez très fin !

Le castor dans les monts d'Arrée

Réintroduit sur le cours de l'Elez (Réservoir Saint Michel / Monts d'Arrée) dans les années 1968 - 1971, le castor est encore présent sur divers de ses affluents principaux (Roudouhir et Roudoudour) et divers petits ruisseaux non nommés.Les signes discrets de ses activités ne laissent pas de bonnes indications sur ses effectifs actuels qui seraient estimés entre cinquante et quatre-vingts individus, soient une dizaine de colonies et quelques individus erratiques.

La présence avérée d'une colonie de castor dans les monts d'Arrée est facile dans le cas, par exemple, de la présence d'un barrage, mais beaucoup plus difficile sinon impossible, du fait à la fois de l'extrême difficulté de pénétration des territoires, par l'absence de construction de huttes (les castors des monts d'Arrée ne creusent que des terriers sous berge), mais aussi, semble-t-il, par une faible activité de leur part sur les ligneux…

Les colonies de castors peuvent se repérer (quelquefois de loin, surtout quand ils ont construit un barrage), par la présence d'arbres morts asphyxiés du fait de l'inondation induite par le barrage (photo 1), par la présence de passages et de canaux de transports (photo 2), par des traces d'activité de rongeage sur des arbres (photo 3), par des traces de pas sur les berges ou des crottes (photo 4).

Un barrage d'environ 80 cm de hauteur signalé par
des arbres morts asphyxiés par la montée des eaux.
Une coulée entre deux canaux de transport.
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Un arbre rongé et oublié dans le transport.
.
Un crottin caractéristique avec de
nombreux restes de débris végétaux mal digérés.

Les belles empreintes ne sont pas si fréquentes ...
.
Ce ne sont pas les traces des roues d'un vélo, mais
celles laissées par un castor* qui a traîné une branche.


[* Cette photo a été faite sur les bords de Loire où le castor et divers autres mammifères aquatiques ou semi-aquatiques (loutre, putois) reconquièrent les espaces desquels on les avait chassés.]





Les castors en Suède sont toujours assez nombreux, mais davantage surveillés ! C'est vers 1927 qu'à partir de 80 castors norvégiens lâchés en Suède qu'une tentative de réintroduction a été menée. Avec succès puisqu'en 1995, on comptait plus de 100 000 castors sur tout le territoire, enfin surtout ceux du sud et du centre...

Mais les castors suédois avaient pris la fâcheuse habitude d'installer leurs barrages dans les buses qui permettaient le franchissement des routes par les cours d'eau. Il s'en suivait d'importantes inondations ou dégradation des pistes concernées. La mise en place de siphons et autres dispositifs pour baisser les niveaux des eaux ne furent pas toujours couronnés de succès...

Force fut donc d'imaginer d'autres moyens plus drastiques pour amener ces populations à rechercher d'autres endroits plus compatibles avec les besoins de déplacement des suédois sur leurs pistes… Au final, et en 2009, trouver des castors est bien plus difficile pour la raison que les familles ont été repoussée bien loin des bords des pistes où on les observait facilement auparavant.

En 2009, nous avons mis pas mal de temps avant de retrouver des indices de fréquentation. Je vous propose quelques photos des traces manifestes de la présence de cette espèce pour la raison que les animaux sont toujours aussi difficiles à observer et encore plus à photographier…





Le castor eurasiatique :
http://mrw.wallonie.be/dgrne/sibw/especes/ecologie/mammiferes/castor.html

http://www.dinosoria.com/castor.htm

La réintroduction du Castor en France : http://www.inra.fr/dpenv/roulac14.htm




[ Corrélats : Mammifères /...]

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