Pour différentes raisons, certaines rédhibitoires (âge, cessation d'activité professionnelle), à partir du 1er mars 2016,
je n'actualiserai plus cette page de façon suivie. On trouvera facilement les liens vers les sites auprès desquels je m'informais.
Entrez un mot-clé
Centrale nucléaire
Centrales nucléaires


Accident nucléaire : je ne panique pas... J'habite à plus de 300 km de la centrale la plus proche !


Le nucléaire a toujours été une fausse bonne idée…

Quand j'étais encore très con, je veux dire plus jeune, j'ai eu l'occasion, à deux reprises, de rencontrer un autre vrai con pellerin pierre, professeur émérite dont je me suis souvent demandé s'il n'aurait pas mieux réussi dans une équipe de rugby tant il avait l'art de botter en touche. Depuis la justice l'a rattrapé, enfin comme Chirac, mais même pas du bout des lèvres, puisqu'il avait été relaxé afin que l'on puisse tous croire en la justice irradiant la France.

Les questions récurrentes que l'on posait, bien avant Tchernobyl, et même bien avant Plogoff ou Erdeven, étaient toujours les mêmes et toujours sans réponse : cela concernait les déchets, le vieillissement des centrales, les problèmes posés par leur démantèlement et son coût, la question des ressources propres en uranium sur le territoire français, etc.

Depuis d'autres questions se posent aujourd'hui pour lesquelles la seule réponse que nous pouvons espérer est :

D'autres constats se sont fait jour :

À mesure que les incidents ou accidents se multiplient dans les centrales nucléaires, la question de la sûreté exige des innovations technologiques de plus en plus sophistiquées, compliquées, coûteuses, sinon irréalistes.

À l'instar de ce que l'on propose pour les fonctionnaires, c'est-à-dire ne remplacer qu'un poste sur deux après un départ à la retraite, le remplacement d'un réacteur sur deux par un EPR ne relève pas que de la plus indicible malhonnêteté intellectuelle, mais aussi de la plus incroyable organisation criminelle, et cela d'autant plus, que l'on ne sait toujours pas si ces centrales fonctionneront un jour, à quel prix, avec quels risques… mais aussi parce quand on se prévaut de la dette pour exiger que l'on accepte d'être plus pauvres pour être encore électrisés, faut-il que l'on accepte aussi d'être plus en danger ?

Cela écrit, il en ira sans doute de même pour le nucléaire qu'il en va de la démocratie en Europe tant que l'on ne virera pas les guignols sarkozystes ou hollandais du paysage corruptif et politique français !



Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : Mensonges / Délectations / À propos du MOX / Le plutonium américain a débarqué en Normandie / L'encombrant héritage de la guerre froide / Du plutonium au MOX, mode d'emploi / Comment l'Amérique s'est convertie au retraitement " à la française " / Nucléaire / À savoir / Lyssenko pas mort ou Tchernobyl, la France et les cancers de la thyroïde / Une usine à gaz pour la transparence nucléaire / Transparence et sécurité nucléaires : un projet de Loi inquiétant / L'uranium dans le monde /

Sites Internet et articles / Tableau des articles archivés (.docm) / Articles archivés / Corrélats /

☞ Grand angle : L’industrie nucléaire après Fukushima (Un dossier qui sera intéressant à relire quand tout aura pété !) /

* L’industrie nucléaire deux ans après Fukushima par Bernard SALHA (81) / Introduction par le coordinateur du dossier

* Une électricité « décarbonée » à un coût raisonnable par Christophe BÉHAR / Le nucléaire est irremplaçable, en complémentarité avec les énergies renouvelables, pour produire une électricité «décarbonée» à un coût raisonnable.

* L’ingénierie doit être encore plus performante par Thomas BRANCHE (99) / L'ingénierie doit affirmer sa démarche de maîtrise des risques nucléaires, dans la conception mais aussi de façon tout aussi cruciale dans la construction, la mise en service.

* Comment stocker les déchets les plus radioactifs par Marie-Claude DUPUIS (82) et Thibaud LABALETTE (97) / Le projet Cigéo d'enfouissement des déchets les plus radioactifs est mûr techniquement et sera réversible. Il fera prochainement l' objet d'un débat public, préalable à la demande d'autorisation de création en 2015.

* Assurer la pérennité pour plus de quarante ans par Denis GASQUET (74) / L'après-Fukushima conduit à des investissements importants concernant des mesures relatives à la sécurité, la pérennité du parc nucléaire au-delà de quarante ans, au démantèlement . Des sous-traitants qualifiés proposent des prestations d'ingénierie.

* Croître et investir dans l’avenir par Philippe KNOCHE (89) / Les besoins en énergie à l’horizon 2050 amèneront le nucléaire à jouer un rôle clé dans la transition énergétique. Cette industrie doit continuer à investir à long terme et relever de nouveaux défis en matière de sécurité et de performances.

* Bien plus que signer des contrats par Dominique LAGARDE (85) / Le nucléaire présente de nombreux atouts qui ne se démodent pas. Le lancement d'une centrale est cependant très exigeant et demande du temps. Il exige la convergence entre les dimensions sociétales, industrielles et financières.

* Centrales immergées : un concept en rupture par BERNARD PLANCHAIS (75) / Le marché des petits réacteurs modulaires (SMR) est complémentaire de celui des gros réacteurs. Forte de son expérience dans le naval, DCNS fait des offres poussant jusqu'au bout la logique du développement : préfabrication en chantier suivi d'un déplacement en site côtier ou immergé.

* La R&D, source d’innovation pour la sécurité et les performances par Jean-Pierre WEST / La R&D est absolument nécessaire pour le développement de l'industrie nucléaire, que ce soit dans la sécurité, la performance et la disponibilité, l'approche industrielle, l'évaluation de nouveaux concepts. Des verrous et défis scientifiques doivent être levés.

* Le démantèlement, un marché à très long terme par Jérôme STUBLER (86) et Bruno LANCIA / Les acteurs du secteur nucléaire se positionnent tous sur le marché du démantèlement, qui devient un marché très concurrentiel, mais avec encore pour de longues années une activité faible et variabe selon les pays

* Un modèle industriel qui fait référence par Hervé MACHENAUD (68) / Le dynamisme de la filière nucléaire française repose sur un mode d’organisation qui favorise le retour d’expérience. Beaucoup de pays s’inspirent de ce modèle et cela permet à la France de préparer l’avenir et de participer à de grands projets internationaux.

* Recruter et former par André EINAUDI / Les capacités industrielles à mettre en œuvre dans les prochaines annèes sont très importantes et, pour y répondre en matière d’effectifs et de talents, les grands acteurs du nucléaire ont choisi une démarche coordonnée au sein du « Club des entreprises de France ».

* Une diversité de réacteurs modernes sur un marché mondial en renaissance par Philippe ANGLARET (70) / L’énergie nucléaire continue à se développer à un rythme soutenu notamment dans les pays émergents. Différentes techniques sont en concurrence et des projets des générations futures se developpent activement

* Une révolution industrielle est nécessaire par Yves BRACHET / Comme d'autres industries l'ont vécu auparavant, le modèle industriel et économique du nucléaire doit changer, et il a déjà commencé à changer.

* Des contrats adaptés aux chantiers sensibles par Philippe BONNAVE / Les chantiers du nucléaire doivent être exemplaires. Il est important de créer un cadre contractuel qui favorise une coopération sans faille, comme cela se pratique déjà dans d'autres pays

☞ Nucléaire : comment EDF prépare le financement du démantèlement de ses réacteurs (sauf si ça pète avant) /
Pacte Entourloupe Fessenheim : une centrale fermée, dix-huit prolongées /
Sous-traitants victimes du nucléaire : Sans statut pas de justice ? /
Le Parlement européen devrait entériner en décembre la libéralisation du transport des matières radioactives /
☞ Le Dossier Tricastin /
* . 1 - Plongée dans la centrale la plus dangereuse de France
* . 2 - Plus de mille incidents et le record français de fissures. Tout va bien à Tricastin.
* . 3 - A Tricastin, EDF ne contrôle plus le tritium radioactif.
* . 4 - En cas d’accident nucléaire, priez ! Parce que les autorités seront dépassées.
* . 5 - A Tricastin, la concentration nucléaire ne résoud pas les problèmes d’emploi.
* . 6 - Le silence obstiné d’EDF.


Aussi raisonnablement enfumé que possible... /
HISTOIRE ET CRITIQUE RADICALE DU NUCLÉAIRE / Deux vidéos sur ce sujet : I et II /
Tout finira par péter ! /
Transparence et invisibilité : un rapport pointe les enjeux d'un prolongement au-delà de 40 ans des réacteurs français /
Nucléaire: aux États-Unis, les centrales vont être éternelles /
Fukushima, trois ans après /
Nucléaire : les députés placent le gouvernement face à ses responsabilités /
Les procédures de prolongement et de modification des réacteurs nucléaires revues en profondeur /
A Brennilis, la centrale nucléaire est morte mais pas démantelée /
Fermer Fessenheim, ça coûte combien ? /
Quel avenir pour le véhicule électrique ? /
Nucléaire: l’ASN déplore des manques législatifs et humains /
Sûreté nucléaire : les députés font un premier pas vers l'encadrement de la sous-traitance /
Nucléaire: le risque professionnel de leucémie confirmé /



Les centrales nucléaires sont des unités de production d'électricité utilisant la fission de l'uranium et, accessoirement, celle du plutonium formé par réaction secondaire dans le réacteur.

2010 : L'usine Pluto-Mox vient de péter...
[Désolé !]
Outre l'électricité, les centrales nucléaires produisent des déchets et des mensonges… classés secrets d'état depuis toujours et plus encore depuis peu.

[Désolé : La page "Centrales nucléaires a été publiée fin 2003 ou début 2004. La photo de la ville d'Hiroshima ne devait en aucun cas être prémonitoire de ce qui aller se passer au Japon en 2011, tout au plus un rappel de ce qui ne manquerait pas de se passer, à un moment ou un autre, dans une centrale quelle soit japonaise, française ou autre ! Et voilà que contre toute attente et tout présupposé statistiquement admis, boum, n'est-il pas ?]


Parmi les mensonges les plus éhontés, il y a celui de l'indépendance énergétique largement défendue*, même par les physiciens (les mêmes qui s'opposent au principe de précaution ?…) en totale contradiction avec les principes de la thermodynamique.

Depuis Tchernobyl, un léger doute court dans l'opinion publique, doute entretenu, localement, à proximité des centrales, par de régulières distributions de cachets d'iode**, pour le cas, tout à fait exclus, où se produirait une fuite d'iode 131.

[* Parmi les mensonges éhontés qui circulent, il y en a un qui voudrait nous faire croire que le Kw nucléaire serait le moins cher... sûrement, mais à la condition de ne jamais prendre en compte le coût du retraitement des déchets ou dit-on, les bakchichs généreusement distribués pour s'assurer un bon approvisionnement en combustible.]

[** L'iode est un halogène indispensable pour la synthèse de l'hormone thyroïdienne chez les vertébrés. L'iode 131 est un radioisotope de l'iode dont la période est très courte (moins d'une semaine), mais qui, si elle se fixe sur la thyroïde, provoquera immanquablement un cancer de la thyroïde rapidement et irrémédiablement fatal… Il faut bien mourir un jour, non ? Le nuage de Tchernobyl, qui ne traversa pas notre pays en 1986 (dixit Sarkozy, déjà), ne peut, en aucun cas, évidemment, être tenu pour responsable de l'augmentation des cancers de la thyroïde notée significative depuis cette époque dans un bon nombre de régions situées à l'est de notre pays ou en Corse.]






Parce qu'elles sont une injure à la pluralité des points de vue, il y a des délectations, qui, obligatoirement, entraîneront des réponses qui ne feront plus rire personne.

Lorsque des journalistes***, sur des chaînes publiques de télévision, oubliant leur devoir d'informer et se révélant n'être que des relais de la propagande des pouvoirs au service des lobbies militaro-industriels, semblent se réjouir du bon coup porté à Greenpeace sous forme d'une menace de 75 000 € d'amende pour toute infraction au secret défense… C'est aussi une multitude de personnes qui, échaudées par le sang contaminé, Tchernobyl, l'effet de serre, qui rit jaune... quand ces gens auraient sûrement mieux aimé une autre réponse des politiques pour justifier la politique industrielle d'Areva, du Cea, de Framatome, de la Cogema et quelques milliers de sous-traitants…

[*** Qu'un ou une journaliste entretienne des relations intimes avec un ministre en exercice ne préjuge en rien de l'indépendance professionnelle que lui impose sa pratique déontologique, cela va de soi ou comment encore parler d'indépendance de la presse, surtout si l'on en venait à douter de celle de la justice.]

On ne s'étonnera pas si, en l'absence de tout dialogue politique, quelque part, quelqu'un trouvera dans l'action violente une réponse à ses angoisses ou à son impuissance.

(Ces derniers temps, sauf s'il s'avérait que je me sois trompé grossièrement sur les propos tenus ou les intentionalités desdits journalistes, j'ai cru percevoir davantage de ces délectations dans leurs propos, leurs commentaires ou leurs regards sur des sujets très divers comme l'opération "Jour de pénitence" (en hébreu) sous-titrée " Silence, on tue !" (en langage international) menée par Tsahal à Gaza, le matraquage des faucheurs de plantes OGM, la déconfiture de Greenpeace, etc.)




À propos du MOX, quelques articles parus dans le journal Libération (7 octobre 2004) :

Nucléaire. Éditorial / Alchimie / Par Patrick SABATIER / jeudi 07 octobre 2004 (Libération - 06:00)

Notre champion nucléaire, Areva, pousse un peu loin le bouchon de la communication en clamant que son projet de production de combustible à partir d'armes nucléaires est "un projet d'essence pacifiste". Certes, la "moxification" a le mérite d'offrir une réponse concrète à la menace que représente l'accumulation de plutonium militaire, dont il faut éviter qu'il ne tombe entre les mains de terroristes ou de proliférateurs d'armes de destruction massive. On ne se lamentera pas que des bombes atomiques servent à chauffer des foyers...

Mais même ceux qui ne partagent pas la foi des antinucléaires, qui luttent par principe contre cette source d'énergie, peuvent légitimement s'inquiéter de l'Opération Moxification, et craindre qu'il n'y entre une part de mystification.Il faut être schizophrène, ou de mauvaise foi, pour claironner, comme le font les responsables, que le transport et la "moxification" du plutonium militaire "ne soulèvent aucun problème de sûreté", mais que "toutes les précautions ont été prises", bien qu'elles relèvent du secret-défense.

La vérité est que cette opération, comme tout ce qui touche au nucléaire, est à haut risque, et que le risque zéro n'existe pas du banal accident de la route, ou incendie, à l'attaque terroriste, ou à l'incident dit "de criticité", qui provoque une réaction en chaîne incontrôlée. La vigilance citoyenne, et celle des médias, reste indispensable face à un lobby nucléaire et un gouvernement trop fiers d'une technologie made in France et de la perspective de profits conséquents. Ce qui les conduit naturellement à sous-estimer les dangers, et le coût, de leur alchimie moderne, et à la présenter comme une panacée, quand elle n'est qu'un pis-aller.





Nucléaire / Le plutonium américain a débarqué en Normandie

Les antinucléaires muselés, le convoi de plutonium militaire à recycler est arrivé hier sans problème à Cherbourg et doit prendre la route pour Cadarache.

Par Laure NOUALHAT / jeudi 07 octobre 2004 (Libération - 06:00)

Il est arrivé. Mais personne ne l'a vu. Hier matin, vers 7 heures, le chargement de 140 kilos de plutonium militaire expédié par les États-Unis a accosté au terminal maritime de la Cogema, dans le port de Cherbourg. Par souci de transparence médiatique, Areva a emmené des journalistes voir, depuis le quai des Mielles, le Pacific Pintail, le navire (britannique) qui a transporté le plutonium à retraiter. Le conteneur a ensuite été chargé sur un camion et conduit à l'usine de La Hague peu avant midi. Le transfert s'est passé vite, c'est-à-dire sans obstruction de la part des antinucléaires.

Décision de justice. "Notre flottille était bien en mer hier matin, mais la gendarmerie a stoppé notre Zodiac", raconte Tom Clemens, porte-parole de Greenpeace International. Tout avait été calculé pour les empêcher d'agir. Des forces terrestres, maritimes et aériennes ont sécurisé tout le processus. En outre, les écologistes sont entravés par les procédures engagées à leur encontre. Mardi, le tribunal de Cherbourg avait interdit aux militants d'approcher le navire à moins de 300 mètres en mer et à moins de 100 mètres sur terre. Idem pour le convoi terrestre. Toute infraction leur coûtera 75 000 euros. "Plusieurs dispositifs limitent notre liberté d'action, si bien que s'installer devant un site avec une banderole peut coûter très cher", indique Frédéric Marillier, de Greenpeace.

D'après Areva, les écolos sont bien ingrats car ce plutonium venu de Caroline du Sud sert de test dans le programme américain baptisé "MOX for peace". Objectif : transformer 34 tonnes de plutonium militaire américain en combustible pour centrales. Les accords de désarmement signés entre les États-Unis et l'ex-URSS en 2000 ont motivé ce programme. Areva empoche au passage 243 millions d'euros.

Pour l'heure, le plutonium est entreposé à l'usine de retraitement de La Hague, où on l'a transvasé dans un autre caisson pour son voyage vers Cadarache (Bouches-du-Rhône). Il est conditionné en poudre dans dix emballages de 1,5 tonne chacun. Le départ du convoi vers Cadarache est désormais suspendu à la décision de Didier Lallemand, le haut fonctionnaire de défense au ministère de l'Économie, qui fixera une date en fonction du trafic, de la météo et d'autres considérations de sécurité.

Conseil d'État. L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) ne voit pas pourquoi on fait tant d'histoires de ce transport. D'après son directeur, André-Claude Lacoste, "il n'y a pas de différence entre ce convoi et les autres, quotidiens, qui transportent toutes sortes de matières radioactives". Si le transport n'a en effet rien d'extraordinaire, l'Atelier de technologie du plutonium (ATPu), destination finale du colis, est dans une situation pour le moins paradoxale. Construit il y a longtemps et situé sur la faille de la Durance, zone sismique active, il a été fermé en 2003.

L'opération franco-américaine permet sa réouverture pour au moins trois mois. L'association Tchernoblaye a donc saisi le Conseil d'État le 30 septembre pour demander la fermeture de cet atelier. En attendant la réponse des "sages", les associations antinucléaires entendent bien maintenir la pression.







Nucléaire / L'encombrant héritage de la guerre froide

En désarmant, États-Unis et URSS se sont retrouvés à la tête d'un stock radioactif.

Par Jean-Dominique MERCHET / jeudi 07 octobre 2004 (Libération - 06:00)

L'arrivée de 140 kilos de plutonium militaire américain dans le port de Cherbourg est une conséquence du désarmement nucléaire. Au cours des années 90, les États-Unis et la Russie se sont en effet entendus, au travers des accords Salt I et II, pour réduire leur arsenal stratégique issu de la guerre froide.

Du coup, ils se sont retrouvés avec des tonnes de matières fissiles (uranium et plutonium) sur les bras. On estime qu'en 1998, les stocks mondiaux de plutonium militaire étaient d'environ 250 tonnes, dont un excédent de plus de 100 tonnes... Chiffre considérable, sachant qu'il ne faut que 8 kilos de plutonium pour produire une bombe de type Nagasaki ! Les stocks d'uranium hautement enrichi l'autre matière fissile permettant de fabriquer une arme sont encore plus énormes, de l'ordre de 700 tonnes. Un expert a calculé que leur recyclage en combustible civil couvrirait deux fois et demi la production annuelle mondiale d'électricité.

"Désarmement structurel". Depuis plusieurs années, les principales puissances nucléaires ont cessé de produire des matières fissiles militaires : les États-Unis en 1989, la Russie en 2000 et la France en 1996, avec l'arrêt des usines de Marcoule puis de Pierrelatte. Malgré cela, "les stocks ne font que croître, constate Bruno Tertrais, de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS). Les capacités de démantèlement, de stockage et de retraitement ne sont pas à la hauteur du désarmement en cours". Surtout lorsqu'on y ajoute le "désarmement structurel" de la Russie, qui n'a plus les moyens d'entretenir son arsenal nucléaire.

En septembre 2000 sous l'administration Clinton, les États-Unis et la Russie s'entendent finalement pour procéder à l'élimination de 34 tonnes de plutonium militaire dans chacun des pays. Qu'en faire ? "La transformation en MOX (combustible pour les centrales civiles, ndlr) est la meilleure façon de parvenir à éponger la matière fissile, en particulier les stocks russes", affirme Marie-Hélène Labbé, qui enseigne les questions nucléaires à Sciences-Po. Opinion que nuance Patrice Bouveret, de l'Observatoire des armes nucléaires, proche des écologistes : "Faire circuler du plutonium est potentiellement dangereux, même si cela vaut mieux que d'en faire de nouvelles bombes."

La Russie est particulièrement attachée à reconvertir ses matières fissiles militaires en combustible civil. "Pour eux, ce ne sont pas des déchets, mais de véritables richesses nationales qu'il faut utiliser", notamment dans leur centrale VVER, explique un expert français.

États "voyous". L'existence de stocks, surtout dans l'ex-URSS, a suscité de vives inquiétudes dans la communauté internationale. En juin 2002, les chefs d'État du G8 (qui réunit les principaux pays industrialisés) ont lancé un Partenariat global de lutte contre la prolifération, pour aider les Russes à sécuriser et reconvertir leurs matières fissiles, de peur de voir des terroristes ou des États "voyous" mettre la main dessus. À terme, une usine de retraitement, identique à celle que les Américains pourraient acheter au français Areva, devrait être construite en Russie. Reste à savoir qui la financera.

Du côté des autorités françaises, on observe un silence prudent sur les matières fissiles militaires, dont le volume exact est secret. "Nous n'en avons pas en excès. Ce que nous avons produit au total doit correspondre au centième de ce dont Russes et Américains disposent. Et, contrairement à eux, nous avons toujours réutilisé les matières fissiles pour construire de nouvelles têtes", assure-t-on dans les milieux nucléaires. Le plutonium français est donc recyclé en... bombes atomiques, pas en MOX !







Nucléaire / Du plutonium au MOX, mode d'emploi

Six questions pour mieux comprendre les enjeux de ce convoi exceptionnel.

Par Denis DELBECQ / jeudi 07 octobre 2004 (Libération - 06:00)

Qu'est-ce que le MOX ?

Après utilisation dans une centrale nucléaire, le combustible irradié contient du plutonium 239, permettant aussi de récupérer de l'énergie. On mélange ce plutonium, à hauteur de 5 % à 7 %, avec de l'uranium, sous forme d'oxydes. D'où son nom, Multiple OXydes (MOX). En France, vingt réacteurs d'EDF brûlent ce combustible, qui n'est jamais utilisé seul : un réacteur brûle environ 30 % de MOX et 70 % d'uranium. Une fois utilisé, le MOX n'est pas recyclé.

Pourquoi le plutonium américain est-il retraité en France ?

C'est la Cogema (groupe Areva) qui a mis au point le procédé de fabrication du MOX. Le gouvernement américain lui a confié 140 kilos de plutonium militaire pour fabriquer, à titre expérimental, du MOX qui repartira aux États-Unis, où il sera testé dans une centrale nucléaire. Si ce programme est un succès, Areva construira une usine aux États-Unis pour y transformer 34 tonnes de plutonium provenant du démantèlement d'armes nucléaires. Tous les déchets liés à la fabrication du MOX à partir du plutonium militaire seront eux aussi renvoyés aux États-Unis.

Qui contrôle les installations et le transport nucléaires en France ?

L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a la tutelle de l'ensemble des installations nucléaires civiles en France : filière de production du combustible, centrales nucléaires, installations médicales et toutes les activités qui ont recours à des matières radioactives. C'est elle qui a donné son feu vert à l'expérience d'Areva avec le plutonium américain. En revanche, la partie transport, elle, est placée sous la tutelle du haut fonctionnaire de défense, au ministère de l'Économie.

Comment le plutonium est-il transporté ?

Avant d'être expédié en France, le plutonium a été transformé en oxyde de plutonium, substance plus facile à manipuler. Et qui rend surtout la fabrication d'armes nucléaires plus difficile. Ce plutonium est placé dans de lourdes boîtes cylindriques en acier qui disposent d'écrans contre la radioactivité et d'un système de dissipation de la chaleur produite par cette radioactivité. Ces cylindres sont installés dans un container qui peut accueillir au total 150 kilos d'oxyde de plutonium. Pour des raisons de sécurité, qui imposent des changements d'itinéraires immédiats si nécessaire, la route a été préférée au rail. Le camion qui quittera La Hague sera escorté par la gendarmerie. Les itinéraires s'appuient principalement sur les autoroutes et minimisent le nombre de ponts et tunnels, sans pouvoir les éviter.

Le site de Cadarache est-il apte à traiter ce plutonium ?

C'est l'une des questions qui opposent Areva, soutenu par l'ASN, aux écologistes. L'Atelier de technologie du plutonium a cessé ses activités industrielles en juillet 2003. L'ASN avait demandé sa fermeture et son démantèlement en raison d'une protection insuffisante contre les risques sismiques. Sollicitée par Areva, l'ASN a autorisé à une réouverture temporaire, le temps de transformer le plutonium américain. L'ASN a expliqué hier qu'"il s'agit d'une opération ponctuelle portant sur une faible quantité de matières". Les écologistes considèrent que la décision de fermeture de l'Atelier aurait dû empêcher cette opération.

Y a-t-il une autre méthode pour traiter le plutonium militaire ?

Oui. Il peut être mélangé à d'autres déchets nucléaires pour le rendre impropre à la fabrication d'armes atomiques. Ensuite, ce mélange peut être mêlé à un matériau céramique ou un verre, qui empêchent toute émission de poussière, avant d'être stocké dans une installation protégée, notamment des galeries à grande profondeur. Le même type de stockage de longue durée qui est envisagé pour les déchets civils. Un stockage nécessairement long puisque le plutonium 239 conserve sa dangerosité pendant 241 000 ans. Cette solution a la faveur des écologistes, qui la jugent moins susceptible d'accroître la prolifération nucléaire.







Comment l'Amérique s'est convertie au retraitement "à la française"

Depuis Carter, elle condamnait le recyclage du plutonium pour des questions de prolifération.

Par Sylvestre HUET / jeudi 07 octobre 2004 (Libération - 06:00)

Derrière le désarmement nucléaire, l'énergie du XXIe siècle ? La question s'impose, si l'on veut saisir les racines et les prolongements possibles de l'opération "MOX for Peace". Après la signature du traité Start II (en 1993), prévoyant la mise au rancart de près de 8 000 ogives thermonucléaires, Russie et États-Unis ont (en 1995) décidé d'en reverser l'uranium enrichi dans leurs centrales électronucléaires, sous le contrôle de l'AIEA. Le potentiel énergétique de ces "mégatonnes pour des mégawatts" le slogan initial a lourdement pesé à la baisse sur le cours de l'uranium naturel durant plusieurs années, la Russie en vendant de grandes quantités à la Cogema et aux États-Unis. Restait le plutonium.

"Deux tonnes de pétrole". Très vite, la Russie choisit la solution du "moxage", qui permet d'en valoriser le potentiel énergétique. Elle a besoin d'électricité et "un gramme de plutonium égale une ou deux tonnes de pétrole", claironne la Cogema. Surtout qu'elle espère faire financer la construction des usines nécessaires par les États-Unis et la France, en utilisant la technologie hexagonale. Les États-Unis, en revanche, sont face à un os. La doctrine (dite Carter) condamnait à l'époque le recyclage du plutonium formé dans les combustibles lors de leur passage en réacteur nucléaire. Condamnation fondée sur l'idée que cette technologie faciliterait la prolifération des armes nucléaires. De plus, ayant stoppé leurs travaux sur cette technologie, ils n'en disposaient pas. Aussi, le Department of Energy lance, dès 1995, des études pour explorer toutes les pistes possibles sur le devenir du plutonium militaire. Puis demande un rapport à la National Academy of Science. Laquelle propose deux solutions : l'enfouir sous terre, après "immobilisation" dans une matrice de verre, de céramique, ou même après mélange avec des déchets très radioactifs ; ou... le moxage.

En 1997, spectaculaire revirement, le Department of Energy annonce une solution radicale-socialiste : un tiers pour l'enfouissement, deux tiers en MOX. Puis lance un appel d'offres pour construire l'usine de moxage, remporté par Areva. En 2000, Russes et Américains finalisent leur accord. Chacun des deux signataires détruira 34 tonnes de plutonium. Point final du virage américain : Georges W. Bush décide, en 2002, que les 34 tonnes seront moxées ! Le discours officiel américain nie toute interprétation extensive de cette décision. Les États-Unis n'auraient pas avalé leur chapeau pour donner raison à la stratégie française de retraitement, permettant ainsi à Areva de parfaire sa pénétration du marché américain (vitrification des déchets militaires, maintenance des centrales, remplacement des générateurs de vapeur un élément clé de leur durée de vie). Pragmatiques, ils se seraient seulement ralliés à la meilleure des solutions pour lutter contre la prolifération nucléaire.

Feux rouges. Pourtant, la levée du tabou sur l'usage du plutonium et du recyclage des combustibles des centrales pourrait modifier l'avenir de l'électronucléaire. A contrario des feux rouges qui s'étaient accumulés dans les années 90 avec les décisions de non-renouvellement des centrales en Allemagne, en Suède ou en Belgique. Surtout que les études indépendantes, comme les dirigeants d'EDF (discrètement) montraient clairement que le retraitement ne pouvait se justifier par un avantage économique relativement à un cycle dit ouvert, où les combustibles usés sont stockés puis enfouis.

Mais le vent tourne. La Chine, le Japon, la Finlande, la Corée du Sud lancent de nouvelles centrales. Or un essor massif de l'électronucléaire n'est pas durable avec les réacteurs classiques à uranium enrichi et à neutrons lents, faute de ressources naturelles. La limite saute si on passe au retraitement, au recyclage et aux réacteurs à neutrons rapides. Là aussi, les feux sont passés au vert. Le Japon s'apprête à mettre en service son usine de retraitement de Rokkasho-mura (dont les opérateurs sont en formation à La Hague). La Chine a voulu (sans succès) acheter à l'Allemagne son usine à MOX toute neuve mais n'ayant jamais servi. Quant aux États-Unis, ils sont à l'initiative de Forum International Generation-IV, qui voit dix pays unir leurs efforts de recherche sur des systèmes nucléaires new-look. Son dernier rapport insiste sur les avantages du retraitement-recyclage, censé permettre un usage durable tout en limitant les quantités et la nocivité des déchets radioactifs.

Heure de vérité. Si l'on y ajoute l'embarras manifeste que suscite outre-Atlantique la perspective du stockage des combustibles nucléaires usés sur le site de Yucca Mountain (Nevada), le glissement progressif des États-Unis vers une vision du nucléaire plutôt tricolore pourrait bien s'accentuer. L'heure de vérité va bientôt sonner, lorsqu'ils devront choisir de renouveler, ou pas, les plus de cent réacteurs nucléaires qui produisent actuellement plus de 20 % de leur électricité.





Nucléaire / À savoir / jeudi 07 octobre 2004 (Libération - 06:00)

34 tonnes de plutonium à usage militaire. C'est le volume qu'Américains et Russes ont décidé d'éliminer, chacun de leur côté, au terme d'un accord signé en septembre 2000.

Le plutonium n'existe pas à l'état naturel. Produit à partir d'uranium, il se présente sous diverses formes, ou isotopes. Le plutonium militaire contient au moins 90 % de plutonium 239, un élément fissile et radioactif dont la toxicité est très élevée et dont la dangerosité ne devient négligeable qu'au bout de 241 000 ans.

600 000 colis de matières radioactives, soit plusieurs dizaines de tonnes, circulent en France chaque année. La majorité concerne l'usage médical, pharmaceutique ou industriel ; le reste, l'industrie nucléaire : 300 transports de combustibles neufs, 450 de déchets, une trentaine de MOX, le double d'oxyde de plutonium.

Areva

Détenu à 95% par le Commissariat à l'énergie atomique, Areva est le holding qui chapeaute, entre autres, la Cogema et Framatome. Avec 70 000 employés, le groupe public réalise 8,3 milliards d'euros de chiffre d'affaires par an.

Sortir du nucléaire

Ce réseau rassemble près de 700 associations en Europe, dont Greenpeace. Il se finance exclusivement par les dons et cotisations de ses 15 000 membres.




Lyssenko pas mort ou Tchernobyl, la France et les cancers de la thyroïde :

Formidable, maintenant que l'on a reconnu que le nuage radioactif émis par le réacteur ukrainien a bien traversé une bonne moitié du territoire français et précipité sur le sol de nos campagnes, de nos villes et de nos forêts, sur nos champignons et nos sangliers, divers radionucléides (non, ce n'étaient pas des dioxines et heureusement nous n'élevons pas de rennes) comme le césium ou l'iode radioactifs, formidable donc, l'institut de veille sanitaire veille et l'on est prié de se taire (sous peine de poursuites devant les tribunaux au pénal, quand même) : NON, il n'y a pas plus de cancers de la thyroïde depuis 1986 qu'il n'y en avait avant… c'est-à-dire depuis 1970… C'est normal, puisque avec de savantes dilutions, les becquerels se sont évaporés et Jacques Benveniste n'y était pour rien !

Ah bon ! Est-ce à dire que nos centrales fuyaient déjà depuis cette époque ? Parce que si on en croit d'autres études épidémiologiques menées par d'autres que le " GUET ", ce sont bien entre 1300 et 1900 cas de cancers en plus qui auraient été décelés et pire sur des personnes jeunes qui l'étaient bien davantage en 1986 et chez lesquels la probabilité de développer ce cancer aurait d'être statistiquement très faible.

Que l'armée ait irradié bon nombre de ses soldats avec ses bombes sahariennes ou pacifiques et ne le reconnaisse pas, c'est normal, elle est muette. On peut le déplorer et le fait que ces soldats aient été mieux rémunérés et primés que ceux plus à l'abri, leur vaut notre empathie.

Que les politiques aussitôt qu'il y a urgence, mentent, dissimulent, cela ne peut plus étonner dans une démocratie qui est rendue à n'être qu'une parodie.

Que des juges jugent et se trompent, c'est fatal. Ils ont tellement de dossiers qu'on se demande dans les couloirs des palais s'ils n'en font pas Outreau.

Mais que des médecins oublient leur serment, c'est franchement immoral et ça fait désordre !




Pour une fois que les sénateurs pondent un dossier avec un titre aussi humoristique, je me devais de la signaler : Projet de loi relatif à la transparence et à la sécurité en matière nucléaire
http://www.senat.fr/rap/l05-231/l05-231_mono.html

Un article de Laure NOUALHAT Paru dans Libération le 27 mars 2006

Une usine à gaz pour la transparence nucléaire

lundi 27 mars 2006.

Atome. Débattu aujourd'hui à l'Assemblée, le projet de loi TSN entend mettre en place un système de contrôle complexe et contesté

Il n'est jamais trop tard pour bien faire... Voilà près d'un demi-siècle que l'industrie nucléaire fonctionne sans socle juridique solide. Et c'est en 2006 que tout s'accélère. La loi sur les déchets a été présentée en Conseil des ministres mercredi et la loi sur la transparence et la sûreté en matière nucléaire (dite loi TSN) va être débattue à l'Assemblée dès aujourd'hui la procédure d'urgence avait été sollicitée, mais le député Patrick Ollier (UMP, Hauts-de-Seine) a demandé qu'elle soit levée. Jacques Chirac a même mentionné le nucléaire lors de ses vœux en janvier en annonçant ce qui a pris tout le monde de court la création d'une autorité indépendante pour les activités nucléaires en France. La loi TSN devra chapeauter l'ensemble de ces activités (de l'autorisation de fonctionnement des installations à leur exploitation, en passant par l'expertise, le contrôle, la radioprotection et l'information au public). Un pouvoir énorme, dont l'attribution soulève pourtant peu de débat : le texte a été adopté au Sénat le 8 mars.

L'enjeu du texte

Les rapporteurs du texte l'admettent : " A travers ce texte, nous souhaitons donner un fondement juridique solide à des pratiques mises en œuvre de manière performante par les acteurs du nucléaire ", explique Henri Revol, sénateur UMP de la Côte-d'Or. En clair, cela fait plus de quarante-cinq ans que l'industrie nucléaire exerce ses activités dans un cadre juridique flou, picorant de-ci de-là dans la boîte à outils législative française (loi sur l'air, décret de 1963 sur les installations nucléaires, etc.). Second objectif affiché : " Faire progresser encore la confiance " des Français à l'égard du nucléaire, selon les termes employés par Jacques Chirac le 5 janvier. Dans une lettre datée du 22 février rectifiant le projet de loi, le Premier ministre parle, lui, de " restaurer la confiance " de nos concitoyens. Plus prosaïquement, certains membres du Conseil supérieur de la sûreté et de l'information nucléaires (Cssin) pensent qu'il s'agit de " verrouiller le système, le temps que le nouveau programme électronucléaire soit bien parti, et ce, indépendamment des échéances électorales de 2007 ". Dont acte.

Que dit la loi ?

Elle consacre une Haute Autorité de sûreté nucléaire (HASN) indépendante des pouvoirs publics et un Haut Comité de la transparence et de l'information nucléaire. Elle pérennise le rôle des commissions locales d'information (CLI), le droit des installations nucléaires de base (INB) et les transports de matières radioactives.

La Haute Autorité de sûreté nucléaire

L'élément le plus controversé de la TSN est la création d'une Haute Autorité de sûreté nucléaire (HASN), dont le statut serait celui d'une autorité administrative indépendante, sur le même modèle que l'AMF (Autorité des marchés financiers, ex-COB) ou le CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel)... D'après Henri Revol, " cela correspond à une demande de l'opinion publique : assurer l'indépendance entre celui qui décide et celui qui contrôle ". Le sénateur estime cependant que la future loi ne changera pas grand-chose : " La gestion actuelle est déjà reconnue comme exemplaire à travers le monde. " Ce qui embête les opposants, c'est le cumul des pouvoirs (contrôle, réglementation et information) entre les mains d'une unique instance. Ils auraient souhaité que l'exploitation et la sûreté soient mises sous tutelle du ministère de l'Industrie, tandis que la radioprotection et l'expertise seraient placées sous celle des ministères de la Santé et de l'Environnement.

Son indépendance

La Haute Autorité sera composée de cinq membres nommés pour six ans. Trois d'entre eux le seront directement par l'Elysée. Désignés pour " leur compétence dans le domaine de la sûreté et de la radioprotection ", ils vont exercer leurs fonctions " sans recevoir d'instructions du gouvernement, ni d'aucune autre institution ". Il y a donc un gros risque pour que ces " sages " aient réalisé toute leur carrière dans le nucléaire. Comme pour le CSA, ils n'auront de comptes à rendre à personne, même pas à ceux qui assument la responsabilité des choix énergétiques du pays. " De quelle indépendance parle-t-on ? s'énerve toutefois Dominique Voynet, sénatrice (Verts) de Seine-Saint-Denis. La Haute Autorité sera entièrement dépendante de l'industrie nucléaire, du corps des Mines, des industriels, bref, de la filière tout entière. " Tout aussi inquiet, Raymond Sené, scientifique, membre du Conseil supérieur de la sûreté et de l'information nucléaires (Cssin), estime pour sa part que " cette autorité devrait dépendre d'un ministre ou d'au moins quelque chose émanant du peuple ". Au passage, notons que le président de la HASN va disposer de pouvoirs considérables : il gérera directement l'impôt sur les installations nucléaires de base et décidera seul des budgets alloués aux CLI ou à l'IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire).

Sa responsabilité

La HASN ne dispose pas de la personnalité morale. Elle est donc inattaquable et irresponsable devant la justice. Peut-elle ainsi restaurer la confiance des citoyens dans l'atome ? D'autant que c'est elle qui, en cas d'accident ou de crise, aura à prévenir les pays voisins.

Son fonctionnement

Aujourd'hui, le contrôle de la sûreté et de la radioprotection est assuré par la Direction générale de la sûreté nucléaire et de la radioprotection (DGSNR) mais aussi par onze divisions territoriales. Au total, 400 agents. Dans l'article 38, le projet de loi prévoit littéralement de dépouiller l'État de ces fonctionnaires, pour les rattacher automatiquement à la HASN. Qui sera désormais compétent au sein de l'État ? " C'est une question d'organisation, il faudra bien qu'il reste des noyaux de gens compétents au sein de l'État, c'est évident, acquiesce Henri Revol. Mais ils s'appuieront sur l'expertise du personnel de la HASN. " Ainsi, en cas de crise, l'État ne disposera plus de services compétents pour valider ou non les choix de la Haute Autorité. Si le gouvernement " reprend la main en cas d'urgence, qui décide du passage de pouvoir entre la Haute Autorité et le gouvernement ? " interroge Dominique Voynet.

L'information

Le texte prévoit la création d'un Haut Comité pour la transparence et l'information sur la sécurité nucléaire, dont les prérogatives sont plus ou moins les mêmes que celles du Conseil supérieur de la sûreté et de l'information nucléaires (Cssin). Serons-nous, pour autant, mieux informés en cas d'accident nucléaire ? On peut s'interroger, en l'état du texte.




L'analyse du texte qu'en fait la CGT / Énergie :

Transparence et sécurité nucléaires : un projet de Loi inquiétant

lundi 20 mars 2006.

Le projet de loi relatif à la transparence et à la sécurité en matière nucléaire, adopté dans un par le Sénat le 8 mars 2006, doit être prochainement soumis au vote de l'Assemblée Nationale.

La sécurité nucléaire n'est pas qu'une question technique. Ce sont principalement les conditions de l'intervention humaine qui déterminent et garantissent le niveau de sûreté. Au cœur des enjeux de la sécurité nucléaire, qu'ils soient industriels, de santé publique ou environnementaux, se trouvent les activités et les risques professionnels. Les règles en matière d'exposition professionnelle aux risques nucléaires doivent impliquer le corps social et non les seuls experts ; leur contrôle doit être assuré par la puissance publique qui engage l'État dans sa responsabilité première en matière de santé publique. Il en va de même pour les questions de l'impact environnemental.

En niant ces dimensions essentielles, le projet de loi, loin de les renforcer, affaiblissent les conditions de la transparence et de la sécurité nucléaires.

La création d'une " Haute Autorité " dirigée par un collège de cinq membres désignés, agissant en son nom propre et n'ayant de compte à rendre à personne, n'offre à cet égard aucune garantie ni aucune amélioration du système actuel d'expertise et, en désengageant l'État de sa responsabilité en matière de contrôle et de prescriptions, elle s'inscrit dans l'évolution libérale du système énergétique français.

En outre, en confiant le contrôle de la réglementation du travail dans les installations nucléaires à des inspecteurs dépendant de cette haute autorité, le projet de loi organise un transfert de prérogatives relevant du droit du travail, créant ainsi un véritable régime d'exception et conduit à évacuer les partenaires sociaux ; de plus, c'est ignorer que l'ensemble des travailleurs du nucléaire, notamment dans la sous-traitance, ne dépend pas entièrement de ce contrôle. Enfin, ces inspecteurs nouvelle version ne bénéficient pas du statut spécifique et des garabties des inspecteurs du travail .

Par ailleurs, l'institution d'un Haut Comité de Transparence du Nucléaire, censé garantir à tout citoyen le droit à l'information, est loin de répondre à la nécessité d'un véritable contrôle social du nucléaire.

Pour la CGT le contrôle des activités nucléaires doit reposer sur deux piliers, public d'une part, social d'autre part. Cela doit conduire à ce que la loi prévoie notamment :

L'extension des droits et prérogatives des CHSCT dans le domaine de la sûreté nucléaire et de l'environnement ouvrant la possibilité d'expertises en ces domaines et une analyse sociale des évènements de sûreté. Des CHSCT de site doivent également pouvoir être mis en place. les travaux exposés aux rayonnements ionisants doivent être interdits aux emplois précaires La révision de la composition du " haut comité " qui doit intégrer les représentants des organisations syndicales et l'extension de son champ de compétence à l'ensemble des composantes de la sécurité nucléaire sans le limiter à celui de la " transparence "..

L'extension des droits des CLI, en particulier en matière de recours à l'expertise pluraliste et contradictoire.

Par ailleurs, s'agissant des règles applicables aux Industries nucléaires de base, la disposition prévoyant une procédure " allégée " d'autorisation d'exploitation en cas de changement d'exploitant ou de modification du périmètre est inacceptable pour la CGT Aussi, en l'état actuel, la CGT rejette ce projet de loi qui dessaisit l'État de ses responsabilités et fragilise les acquis et les garanties des salariés comme des population dans les domaines de la sécurité et de la transparence en matière nucléaire.






Sureté nucléaire :
http://www.ifen.fr/donIndic/Indicateurs/perf2000/11.pdf

Sites portail nucléaire :
http://www.acro.eu.org/liens.html

RADIOACTIVITÉ - Liste des principaux textes réglementaires et législatifs
http://www.liste-hygiene.org/veillesannucl.htm

____________________

Catastrophe de Tchernobyl (Très nombreux corrélats) :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Catastrophe_de_Tchernobyl

19 ans après Tchernobyl (Édifiant, le mot est faible !)
http://www.dissident-media.org/infonucleaire/special_tcherno.html

Le nuage qu'on n'a pas vu et autres fadaises :
http://www.laradioactivite.com/pages/07_nucleaire/02_tchernobyl.htm

UN CHOIX HONTEUX DE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE / Les populations oubliées de Tchernobyl :
http://www.monde-diplomatique.fr/2000/07/MARIGNAC/14011

Pellerin (Le professeur, avec deux ailes, pas le faucon, le vrai) :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Pellerin

Les cancers de la thyroïde :
http://thyro2004.fr/

Évaluation des conséquences sanitaires de l’accident de Tchernobyl en France :
http://www.invs.sante.fr/publications/rap_tchernobyl_1101/rapport_tchernoby.pdf

L'accident de Tchernobyl :
http://www.irsn.org/vf/05_inf/05_inf_1dossiers/05_inf_17_tcherno/05_inf_17_1tcherno.shtm

Dans Dossiers : :http://www.irsn.org/vf/05_inf/05_inf_1dossiers/05_inf_11.shtm

Terrorisme : le réacteur EPR (Flamanville) vulnérable à la chute d’un avion de ligne ?
http://www.futura-sciences.com/news-terrorisme-reacteur-epr-vulnerable-chute-avion-ligne_8961.php




Articles archivés :


Nucléaire - 18 mois de retard pour l’EPR finlandais : il faut annuler la construction de l’EPR en France ! /
L’Autorité de sûreté nucléaire française a stoppé le chantier de construction du réacteur EPR ! /
Double flop pour le réacteur EPR en France et en Finlande : le crash de l'industrie nucléaire française. /
Accident au Japon : le principal, c'est qu'il ne se soit rien passé à Tricastin en 2008 /
Quel est le niveau de radiation autour des centrales japonaises ? /
Nucléaire japonais : les réactions interrogent les conditions de sécurité du parc français /
Loi n°2006-686 du 13 juin 2006 relative à la transparence et à la sécurité en matière nucléaire (1). /
Les accidents nucléaires en France (+liens) /
Les risques nucléaires expliqués en toute simplicité /
L’indécence nucléaire /
Centrale de Fukushima : interventions extrêmes des employés /
Indécence / Explosions en série sur des réacteurs nucléaires au Japon suite au tsunami /
Sécurité nucléaire, les risques de la dérégulation /
Hausse du prix de l’électricité : la face cachée du nucléaire /
"Tchernobyl forever" /
Nouvelles récentes de Fukushima. Mai 2011. /
Articles récents sur Fukushima, sans langue de bois et sans les liens activés... dommage ! /
Nucléaire : le facteur humain /
À Tchernobyl, la fascination du désastre /
Plogoff - Des pierres contre des fusils /
Bienvenue à la centrale nucléaire /
☞ Fukushima - Hiroshima I à Hiroshima VI [clic1, clic2, clic3, clic4, clic5, clic6] /
Sécheresse : EDF s'organise pour le nucléaire et l'avenir irradieux /
Audit nucléaire : le ton monte entre les Européens au sujet de la sécurité /
Audits de sûreté nucléaire : l'Union européenne se range à la proposition des régulateurs /
Le plan de surveillance renforcée de la radioactivité en France suite à Fukushima prend fin sous les critiques /
Anne Lauvergeon : qu'elle couche ! /
20 juin 2011 : Série noire à la centrale nucléaire de Fort Calhoun, dans le Nebraska /
Nucléaire : la sous-traitance dans le collimateur des députés ou la traçabilité des hypocrites ! /
Les précaires du nucléaire ont leur dose /
C'est officiel : les centrales nucléaires rejettent des effluents radioactifs liquides... /
EPR, ça rime avec gruyère /
Audit nucléaire : Areva et le CEA entraveraient la mission du Haut comité pour la transparence /
Fukushima: ce que pourrait être la réponse française /
Existe-t-il un lien entre les installations nucléaires et les leucémies de l'enfant ? : pas plus qu'entre amiante et mésothéliome ! /
Des traces de rejets radioactifs dans l'air européen : C'est sûrement l'Iran... Qu'on le bombarde ! /
"Fukushima impose de repenser tout ce qui a été fait" /
Explosion, radiation et PPI (sur l'air de cigarettes, whisky et petites pépées /
Plan d'économies d'Areva : assainissement des comptes ou erreur stratégique ? /
Inspection ASN de Paluel : quand le "burlesque" devient "un constat d'écart notable" /
Les disparus de Fukushima /
L'EPR présente un potentiel de danger considérablement augmenté /
Le démantèlement de la centrale de Fukushima prendra 30 à 40 ans /
Sureté des centrales nucléaires : Un audit cosmétique débouche sur un rapport schizophrène ! /
Un risque de leucémie accru près des centrales nucléaires ? /
C'est la crise : Des milliards d'euros pour rendre plus robuste le nucléaire français /
Réponse de Jean-Luc Mélenchon sur la fermeture de Fessenheim /
La perception des risques et de la sécurité (IRSN) /
Coût du nucléaire en France : les chiffres de la Cour des comptes : l'impasse ? /
Nucléaire : comment Sarkozy a piégé les écolos, l'impasse quoi ! /
Ronan Dantec : « Oui nous allons sortir du nucléaire, comme les autres pays européens! » /
Fukushima: un an après, les conséquences environnementales et sanitaires /
Un arrêté fixe les règles générales applicables aux installations nucléaires /
Sureté nucléaire... EPR : le chantier de Flamanville partiellement interrompu, laisse béton ! /
Sous-traitance : les facteurs humains de la sûreté nucléaire /
Les retombées de Fukushima pèseront lourd sur le nucléaire français /
La facture de l'EPR de Flamanville flambe à 8,5 milliards d'euros /
25 ans après Tchernobyl, Fukushima… tirer enfin les leçons des catastrophes /
En France, un accident nucléaire, ça coûte(rait) énormément /
L'IRSN évalue à plus de 20% du PIB le coût d'un accident nucléaire majeur en France /
Le monde selon Fukushima, enfin du côté des nucléaristes ! /
Sûreté nucléaire : des niveaux disparates selon les sites /


[ Corrélats : Criticité / Tchernobyl / Cancers de la thyroïde / Déchets nucléaires / Énergie nucléaire / Avis relatif à la prévention des risques... / Electricité / Cindynique : étude des dangers / Le soleil / Pollution thermique / Décroissance soutenable / ...]

Retour