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Charadriidés
Charadriidés


Vanneau huppé (Vanellus vanellus)
Les charadriidés sont des oiseaux limicoles des milieux ouverts.


Cette famille comprend les gravelots (Charadrius), les pluviers (Pluvialis) et les vanneaux (Vanellus).

Ces oiseaux se tiennent le plus souvent dressés. La tête est relativement grosse et le bec est court. Ces oiseaux se nourrissent en picorant devant eux. Ils courent rapidement, le corps à l'horizontale.

Ils nichent à terre et pondent quatre œufs qu'ils disposent en croix, le petit bout tourné vers l'intérieur.

Dans le paléarctique occidental, on peut observer 21 espèces de charadriidés auxquelles il faut ajouter 5 espèces occasionnelles.

Grand gravelot (Charadrius hiaticula)
Pluvier argenté (Pluvialis squatarola)





Parmi les charadriidés qui nichent en France, le grand gravelot (Charadrius hiaticula) et le vanneau huppé (Vanellus vanellus) semblent en bonne santé. Mais leurs habitats et surtout leurs lieux de nidification sont très menacés par les dérangements apportés par les promeneurs et leurs chiens. Remarquablement, depuis la multiplication des RTT et autres temps de repos compensateurs, les oiseaux n'en ont plus. Tout les jours ou presque, les dunes, les plages, les bancs de sables, les vasières sont envahis par des dizaines et des dizaines de personnes qui ne laissent plus assez de temps aux espèces pour qu'elles mangent.

Petit gravelot (Charadrius dubius)
Pour le petit gravelot (Charadrius dubius) et le gravelot à collier interrompu (Charadrius alexandrinus), ce sont surtout les habitats et les lieux de nidification qui sont menacés. La mauvaise habitude qui a été prise de ramasser les laisses de haute mer, au prétexte que ça fait sale (touristes obligent), prive les gravelots à collier interrompu des puces de mer dont ils se régalaient.

Petit gravelot (Charadrius dubius)
Le petit gravelot est une espèce qui m'étonne beaucoup eu égard à sa plasticité éco-éthologique. Sur le choix des sites de nidification, par exemple, j'ai trouvé cet oiseau nicheur dans des lieux toujours très improbables : une aire de stockage de sables et gravillons devant servir à la construction de la voie express Lorient Vannes (près de Brandérion) et sur laquelle des engins de terrassements n'arrêtaient pas de circuler…


Très récemment, je l'ai trouvé en contre bas d'un talus à Pen Mané (Locmiquélic) sur lequel passent des dizaines et des dizaines de promeneurs ou ornithologistes avec chiens, bébés, vélos tout terrains, poussettes, jumelles, longues-vues et autres téléobjectifs.

Parmi les autres espèces que l'on peut voir en France, aucune n'y niche, elles ne sont que de passage ou en hivernage.

Le pluvier argenté (Pluvialis squatarola), plutôt sur les côtes et le pluvier doré (Pluvialis apricaria), plutôt à l'intérieur des terres ne semblent pas menacés pour le moment.
Pluvier doré (Pluvialis apricaria)
Varanger juillet 2009
Le pluvier doré niche en Scandinavie. C'est un oiseau impossible pour l'ornithologiste puisque du plus loin qu'il le voit, il le suit et l'accompagne en piaulant, ce qui a pour effet de faire fuir tous les animaux de la toundra ou des marécages.




Le pluvier guignard (Pluvialis morinellus) est donné comme une espèce rare. À chacun de mes voyages en Scandinavie, j'ai eu la chance de trouver cet oiseau et ses petits. Je n'ai pas noté que cet oiseau était aussi confiant vis-à-vis de l'homme que la littérature le prétendait (bien moins sûrement que le bécasseau violet rencontré une fois sur la même montagne). Depuis quelques années, cette espèce est suivie très attentivement par de nombreux ornithologistes lors de ses passages migratoires. Je pense que ces comptages devraient nous donner une meilleure idée du statut exact de cette espèce.

Je connais deux autres espèces de vanneaux. Le vanneau éperonné (Vanellus spinosus) qui est assez commun en Thrace et en Turquie (Manyas golü) et le vanneau sociable (Vanellus gregarius) qui nous vient des environs de la mer Caspienne et que j'ai vu, en un seul exemplaire, au beau milieu d'une troupe de vanneaux et de pluviers dorés sur les plaines de Beauce, un jour où on ne pouvait pas mettre un doigt dehors sans qu'il ne gèle.







Gravelot à collier interrompu (Charadrius alexandrinus)
Après une période d’éclipse assez longue, j’ai enfin revu le gravelot à collier interrompu… Les raisons de cette privation d’observations sont multiples. La principale est que je n’ai jamais fréquenté assidûment les plages, désespéremment trop fréquentées à mon goût et probablement à celui de cette espèce qui les avait désertées elle aussi. Je doute, en effet, que j’ai pu aussi souvent rater cet oiseau sur les plages que je fréquente, même rarement, si cet oiseau avait été présent… Et cela, d’autant plus qu’à une époque, plus ancienne où l’espèce était bien représentée en Morbihan et la fréquentation des plages plus limitée, je n’ai pas le souvenir de l’avoir souvent « raté » dans mes décomptes « ornithos » !
Hier, 7 mai 2011, après être allés voir si les orchidées du genre Sérapias existaient toujours sur une petite station sur les dunes d’Erdeven, nous sommes revenus par le haut de plage où nous avons trouvé le nid dûment signalé, photographié les œufs, la couveuse et quelques oiseaux réglant de petits conflits de territoire ou de célibat. Puis nous avons trouvé deux panneaux incitant les promeneurs à faire attention à leurs chiens, … ce qu’ils ne font pas !
Le signalement du nid, à l’aide d’un cercle de tiges plantées dans le sable et entourant le nid, s’il attise la curiosité, a le mérite d’empêcher que l'on piétine les œufs accidentellement. Malheureusement, je ne suis pas bien sûr que les affiches signalant que le haut de plage est une site de reproduction soient lues.


Je proposai à ma compagne de nous reculer d’une vingtaine de mètres du nid sur lequel la couveuse reviendrait promptement, mais nous n’avions pas fait cinq mètres que l’oiseau s’était déjà réinstallé sur ses œufs. Je n’avais pas le souvenir que cette espèce fût aussi confiante… en France* !
Nous avons compté 7 gravelots à collier interrompu… À l’évidence, il y avait un conflit marqué entre deux oiseaux… qui s’acheva avec la fuite d’un des deux protagonistes !


[* Dans bon nombre de pays, la confiance des oiseaux vis-à-vis de l’homme est très variable. Elle est sans doute une fonction de la pression de chasse ou de dérangement que subissent certaines espèces. Je constate, de plus en plus, qu’en France, chez beaucoup d’espèces d’oiseaux, certains individus sont devenus plus confiants vis-à-vis de l’homme, c’est particulièrement vrai dans les zones suburbaines où les anciennes traditions paysannes de harcèlement des oiseaux nicheurs sont totalement ignorées, où la chasse n’est pas pratiquée et où, très souvent, le nourrissage hivernal est très fréquent. Il n’est plus exceptionnel de voir des piverts, à quelques mètres seulement, en train de se nourrir sur les pelouses, des corneilles sur les mangeoires ou des fauvettes à tête noire venir pousser leur chansonnette juste au-dessus de la tête du jardinier !]







Charadriidés* :
http://www.oiseaux.net/oiseaux/charadriiformes/grand.gravelot.html
[* Ouvrir la fiche et cliquer sur lien : 15 autres fiches de cette famille...]

Mes histoires de gravelots et autres vanneaux... (à partir du petit gravelot) :
http://www.ecritsdesbetes.fr/petitgravelot.html






[Corrélats : Oiseaux / Pluvier guignard / Toundra d'altitude / Laisses de mer / ...]

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