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Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : Comprenne qui peut ? / Assez de charbon pour 164 ans / Une lueur d'espoir / Le mineur chinois, simple chair à creuser /

Les cendres de charbon reviennent sur le devant de la scène /
Plus d’un milliard d’euros pour réhabiliter les anciens sites miniers /
Terminal charbonnier de Cherbourg : la France trahit ses engagements /
Russie: 43 mineurs tués, Poutine au chevet de blessés /
Ah! Le beau modèle allemand ! /
L'Agence internationale de l'énergie annonce la renaissance du charbon /
Gaz de houille : de quoi parle-t-on ? /
Exploitation du gaz de houille : la ressource en eau particulièrement exposée /
Les banques françaises noircies par le charbon /
Crédit agricole : comment la « banque verte » soutient l’une des sources d’énergie les plus sales qui soient /
Eh ! Bill Gates, ferme donc la window qu'on respire enfin ! /
La France au charbon en rétropédalo /
Fermetures de 5 centrales à charbon : vers la fin d’une époque en Allemagne /


Sites Internet et articles / Corrélats


Finalement, que des chinoiseries !
Comprenne qui peut !

En avril 2004, la France ferme sa dernière mine de charbon à Creutzwald en Lorraine. Un an plus tôt, le gouvernement signait la fermeture définitive des activités charbonnières dans le bassin de Decazeville.

L'abandon de l'activité charbonnière était salué, à l'époque et dans toute la presse, plutôt comme une avancée écologique. Effet de serre obligeait et le pétrole était beaucoup moins cher qui ne l'est devenu.


Beaucoup fondait aussi un espoir que la politique énergétique française allait enfin s'ouvrir à des ressources renouvelables comme l'éolien.

Personne ne fit grand cas, alors, des accords signés par le gouvernement pour attribuer des concessions dans le détroit de Rodez à Aardvack TFC Limited, troisième plus grand producteur de charbon en Grande Bretagne (27 octobre 2003).

Aujourd'hui, on parle beaucoup d'ouvrir une mine à ciel ouvert à Bertholène dans l'Aveyron dans des conditions d'exploitation pour le moins suspectes, sur le plan environnemental, déjà.

Il est vrai que le jour (7 septembre 2006) où j'ouvre cette page, les députés français examinent les 147 000 amendements de la fusion GDF Suez… pour aboutir à quoi ? Peut-être à un GDF canal historique ? Tant il y a de l'arnaque dans l'air !

[Voir aussi : l'article de Ingrid Marckx / Politis n° 916 / pages 22 et 23 /

http://www.politis.fr/article1793.html

Le site de Bertholène :
http://www.bertholene.aveyron.perso.cegetel.net/

L'article de Laure Noualhat / Coup de sang contre veine de charbon / Libération du 25 mai 2006 /
encore en ligne sur
http://www.cgt-snet-provence.ouvaton.org/article.php3?id_article=3204

Beaucoup d'autres articles sur le charbon et plus généralement sur les énergies sur ce site :
http://www.cgt-snet-provence.ouvaton.org]






Assez de charbon pour 164 ans

Quand George Bush déclare, en 2005, qu'il veut réduire la dépendance au pétrole de son pays, on comprend tout de suite que le charbon a de beaux jours devant lui... D'après le Département de l'énergie américain, les réserves prouvées de charbon étaient estimées à 900 milliards de tonnes en 2004, soit 164 années de production.

Un tiers du charbon mondial se trouve sur le sol américain , un autre tiers en Asie et le dernier en Europe et en Russie .

En France, d'après un rapport parlementaire, le sous-sol contient à peine 15 millions de tonnes. Ce que conteste la Société des ressources minières du Massif central : " On a des gisements bien supérieurs à ça : plusieurs dizaines de millions de tonnes qui affleurent à la surface... " D'après Aardvack, il y en aurait 4 millions rien que dans les collines aveyronnaises à moins de 60 mètres de profondeur... Un chiffre difficile à confirmer. Les Écossais se seraient peut-être moins compliqué la tâche avec le sous-sol polonais, qui regorge de 14 milliards de tonnes de charbon estimées en 2004.

© Libération / 25 mai 2006 / Laure Noualhat




Une lueur d'espoir non négligeable : Si la mine de Bertholène s'ouvre, ce sera à ciel ouvert et sur une profondeur de 120 mètres… On évitera au moins les coups de poussier comme à Courrières (10 mars 1906 et ses 1099 morts officiels) ou les conditions dans lesquelles travaillent les chinois…

Une dépèche AFP parue sur lemonde.fr le 7 décembre 2005

Nouvelle explosion meurtrière dans une mine chinoise

Agence Chine Nouvelle : 99 mineurs sont portés disparus après une explosion survenue mercredi 7 décembre dans la mine de charbon de Tangshan, au nord de la Chine. Selon les services gouvernementaux, 21 des 123 mineurs présents au moment de l'accident auraient pu s'échapper, trois autres mineurs auraient été retrouvés morts. Les médias publics chinois font quant à eux état de 54 morts et 22 blessés, et l'agence officielle Chine Nouvelle, de 96 disparus et 27 rescapés. "Ces chiffres ne sont pas parfaitement exacts car les recherches sont en cours", a déclaré l'un des responsables de la sécurité de la mine.

La Chine est coutumière de ce genre d'accident. Déjà, il y a dix jours, un coup de grisou avait fait 171 morts dans le nord-est du pays, l'un des plus lourds bilans dans une catastrophe minière au cours de ces dernières années. Depuis, deux hauts responsables de la mine, qui appartient au grand groupe d'État Longmei, ont été arrêtés pour négligences.

LES MINES LES PLUS DANGEREUSES DU MONDE

Par ailleurs, les secouristes chinois poursuivaient leurs efforts pour tenter de sauver 42 mineurs, piégés depuis vendredi 2 décembre dans une galerie d'une mine illégale, inondée, de la province de Henan, au centre du pays.Travaillant 24 heures sur 24, les secouristes pompent l'eau et ont réussi à en faire baisser le niveau d'une vingtaine de mètres. Des appels à d'éventuels survivants ont été lancés via des micros introduits dans le puits. Ils sont restés sans réponse.

Dix personnes, dont le propriétaire de la mine Jin Changsong, ont été arrêtées pour leur responsabilité dans l'accident selon Chine Nouvelle.

Les mines chinoises, dont nombre n'ont pas de licence d'exploitation, sont réputées les plus dangereuses du monde. Ces dernières années, les mines se sont multipliées, en raison notamment de la demande accrue due au boom économique chinois. Plus de 6 000 mineurs seraient morts l'an dernier. Cependant, des estimations indépendantes font état de plus de 20 000 décès.

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Mineur chinois, simple chair à creuser

Un article de Philippe GRANGEREAU paru dans Libération le 22 mai 2006

Des dizaines de gueules noires périssent chaque jour au fond de gisements illégaux.

En Chine, où périssent chaque jour des dizaines de mineurs, la vie d'une " gueule noire " ne vaut pas très cher. Surtout dans le Shanxi, province riche en gisements et en injustices. Les patrons de mines privées y exploitent sans vergogne une main-d'œuvre paysanne venue des campagnes pauvres du Sichuan, à 1 millier de kilomètres de là ; un sous-prolétariat qui besogne ses 10 heures quotidiennes dans des trous minuscules à 100 mètres sous terre. En raison de leur petite taille, les Sichuanais sont souvent les seuls à même de trimer dans ces boyaux étriqués d'un diamètre inférieur à 1 mètre. La descente s'effectue dans un seau en fer suspendu à une poulie, qui sert aussi à remonter le minerai à la surface. Ces mines, illégales, sont dépourvues de la moindre mesure de sécurité. " Les patrons, pour ne perdre ni argent, ni temps, n'autorisent même pas l'étayage des galeries. Nous sommes pires que les coolies du siècle dernier ", soupire Chen qui, depuis dix ans qu'il travaille dans le district, a vu mourir une cinquantaine de ses compagnons. " Pendant ce temps-là, les propriétaires de mines, eux, roulent sur l'or. " Sur les routes noires de charbon où circulent des norias de camions-bennes débordant de matières fossiles qui alimentent la croissance chinoise, on croise les berlines des officiels et les voitures de luxe des patrons.

Combat. Rencontre avec Yuan Huiqing, 29 ans. Elle a fait le voyage en train du Sichuan, avec son enfant de 8 ans, pour voir le cadavre de son mari. Agé d'une vingtaine d'années, originaire du Sichuan, il a été tué par un éboulement le 30 avril à 15 heures dans l'une des quelque 2 000 mines illégales de Yangquanqu, village riche en charbon, fer et bauxite. Il travaillait depuis six ans pour un patron privé qui n'a même pas pris la peine d'appeler Yuan pour l'avertir du décès de son époux. C'est Ming, un mineur avec qui la victime travaillait, qui l'a alertée.

Le combat de la jeune veuve : obtenir l'" argent de [ses] larmes ", 200 000 yuans [1]. Elle espère, à son arrivée, décrocher cette compensation à peine décente, mais déchante vite. Sa première visite est pour la morgue de l'hôpital local. Le bâtiment de plain-pied où les mineurs morts à la tâche sont conservés est tout sauf une chambre froide. Le commis, clope au bec, exige un pourboire de 20 yuans pour ouvrir une porte branlante. La pièce de 5 mètres sur 5 est crasseuse, semée de balayures et d'immondices. Une sorte de local à poubelles où il fait plus chaud qu'à l'extérieur. L'air confiné empeste l'odeur du cadavre du mineur, étendu sur un grabat, sous d'épaisses couvertures. Nonchalant, le commis jette sur le corps une grille démontée à l'arrière d'un réfrigérateur qu'il consent à brancher, mais seulement le temps de la visite ; elle dispense un froid symbolique. Yuan s'agenouille devant son mari décédé. " Je ne peux pas le faire incinérer tout de suite car ici les autorités exigent que les négociations sur le montant de la compensation soient achevées ; un contrat doit être signé devant l'office légal avant de procéder à la crémation ", dit la veuve. L'absence de chambre froide sert ainsi de moyen de pression sur les familles pour qu'elles acceptent une indemnité moindre.

Mépris. Légalement, les compensations sont calculées selon le revenu moyen de la province de résidence de la victime. En raison des disparités entre villes riches et provinces pauvres, un paysan, " caste " méprisée en Chine, peut n'avoir droit qu'au quart de la compensation accordée à un citadin. Ces dispositions discriminatoires ne sont, le plus souvent, même pas respectées par les autorités locales. Yuan Huiqing le découvre à ses dépens. Le jour de son arrivée, elle a une entrevue avec Zhang Liguang, le patron de la mine de bauxite dans laquelle son mari est mort. L'entretien tourne vite à l'affrontement. Les hommes de main de l'entrepreneur menacent d'" éliminer " le conseil juridique qui accompagne la veuve. Depuis, le propriétaire reste introuvable.

Bien que cette mine soit illégale, les cadres locaux se chargent de défendre les intérêts de l'exploiteur en tant que " médiateurs ". En quelques jours, Yuan a trois interlocuteurs : le maire, un député et la directrice du bureau des affaires légales. Bien qu'elle soit légalement en droit de demander 200 000 yuans, tous l'incitent à limiter ses exigences à 80 000 yuans. " Ils m'ont dit : "Vous n'obtiendrez pas plus !" " rapporte la veuve, qui finira par se contenter de cette somme modeste.

Critiqué pour le taux de mortalité incroyablement élevé de ces mines, le gouvernement central se contente d'annoncer tous les deux ou trois mois la fermeture " imminente " des exploitations illégales. Mais l'appétit en matières premières du pays est tel que Pékin se contente de mesures " cosmétiques ". " Les officiels provinciaux n'effectuent que de simples inspections de deux ou trois jours. Toute activité est alors suspendue, explique Chen, le mineur. Lorsqu'ils repartent, toutes les mines rouvrent. Il y a une collusion totale entre les patrons des mines illégales et les fonctionnaires. " " Les cadres locaux font plus que tolérer ces mines illégales, ils les protègent, car ils en retirent des pots-de-vin ", complète le conseil juridique. Chen poursuit : " Aux yeux des gens d'ici, patrons ou officiels, nous ne sommes appréciés que pour notre sueur et nos bras. On sait que notre existence ne vaut que quelques milliers de yuans. Pas davantage. "

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44 mineurs sous terre depuis jeudi

Les accidents de mine se multiplient en Chine : 44 mineurs sont piégés depuis jeudi dans la houillère de Xinjing, dans la province du Shanxi. La direction de la mine, comme c'est souvent le cas, a tenté de dissimuler l'accident. L'an dernier, selon des statistiques officielles, 8 535 mineurs ont laissé leur vie dans des accidents pour une bonne partie au Shanxi. Selon des militants syndicalistes, les décès de mineurs en raison des mauvaises conditions de sécurité atteindraient en réalité, à l'échelle nationale, le nombre faramineux de 20 000 par an soit une moyenne de 54 tués par jour. La plupart ne sont jamais rapportés par la presse.

[1] 10 yuans égalent 1 euro.




Le charbon sur Actu-environnement
http://www.actu-environnement.com/ae/reglementation/droit_environnement.php4






[ Corrélats : Travail / ...]

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