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Chasse
Chasse (accessoirement : clientélisme...)


Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : Propos liminaires / Mais où sont passés les chasseurs ? / À propos de sécurité /

Un monument de conneries : Sur le notion d'espèces nuisibles !!! /
ONCFS : Rapport scientifique 2007 /
Chasse à l’oie : chasse aux gros sous… /
Un responsable pas si responsable /
Accidents de chasse : les chasseurs censurent le débat, Borloo obtempère ! /
D'être très riche n'empêche pas d'être très con : Grillage pour la chasse à courre : Vuitton justifie /
Un massacre d'oiseaux sans précédents dans le nord de la France ! /
Mésaventures du ROC (de Théodore Monod à Hubert Reeves) /
Hubert Reeves, patron du café du Commerce /
Cites : sus aux braconniers /
«Il faut une réforme en profondeur de la chasse» /
ONCFS : Rapport scientifique 2010 /
Ouverture de la chasse à l'UMP et au FN à des fins scientifiques. /
Chassons le chasseur /
Les lobbies corrompent la démocratie et se paient des députés /
La chasse à l'oie pour raison scientifique était illégale /
Abus et dérives financières d’un Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage /
Que faire en cas de découverte d'un animal mort ou blessé ? /
La chasse à l'oie de nouveau au cœur de la polémique /
Sites Internet et articles / Corrélats /


C’est avec mon père que j’ai fait mes premiers pas de naturaliste. Dès l’âge de six ans, il n’y eut plus de jeudis après-midi ou de dimanches, quel que soit le temps, où il ne m’emmenait courir les champs ou les bois, à la chasse, à la pêche, ramasser des châtaignes, des noisettes ou des petits rosés des prés… Trouver des nids, capturer des vipères, nommer les arbres ou les fleurs, affûter les blaireaux ou les chevreuils, suivre les traces des sangliers sur la neige jusqu'aux halliers d'où on les débusquait, élever des chenilles de papillon, des épinochettes dans l'aquarium, observer les changements de couleur des rainettes selon le support sur lequel on les posait et tant d'autres expériences ou observations... Internet n'existait pas et il n'y avait pas beaucoup de livres "scientifiques" à la maison...

Mon père s'apprêtant à tuer une perdrix...


Une de mes toutes premières photographies (1954)
Kodak format 6 x 9, instantané 1/60e

Champ de la côte / Ferme de la Vaucelles / Villaines la Juhel / Mayenne




Mais aussi et surtout, dès le mois de mars ou d’avril et jusqu’à l’ouverture, de consacrer beaucoup d’heures aux perdrix grises et aux rouges, d’aller écouter leurs chants, observer les parades, localiser les nids, compter le nombre de jeunes dans les voliers et décider du nombre de celles que l’on pourrait chasser ; bien souvent, quand les paysans tuaient une couveuse en fauchant, récupérer ses œufs, les faire couver par une petite poule négresoie*, les aider à naître et surtout veiller à ce que ces petites poules acceptent les jeunes et ne les tuent pas**, les nourrir et ramasser des œufs de fourmi, puis relâcher les pouillots quand ils sauraient se débrouiller seuls…

La chasse, dès lors et dans ces conditions, me semblait comme une prise d’intérêt normale à la suite d’un fort investissement. La mort d’une perdrix, par ailleurs, s’inscrivait le plus souvent au terme d’une traque, parfois difficile et souvent incertaine, où le chien avait un grand rôle à jouer. La mort, quelquefois, mais pas nécessairement… surtout quand je voyais mon père casser son fusil alors que le chien tenait l’arrêt… Et ma mère nous les cuisinait divinement dans une vieille cocotte en fonte... Et nous étions loin d'avoir les moyens financiers de manger de la viande tous les jours... Alors les civets de lièvre ou de chevreuil, les salmis de sangliers qu'elle mettait en conserve, nous faisaient quelques beaux dimanches de fête quand les poulets venaient à n'être pas encore assez gras !

Mon père cessa d’aller à la chasse deux ou trois ans après l’introduction (l'invasion) du maïs qui sonna le glas des perdrix sauvages en nord Mayenne.

Maintenant quand j'entends des chasseurs automobilisés dire qu'ils sont des gestionnaires raisonnables (responsables) de la faune sauvage, je rigole ! Et quand je sais quel sacrifice financier, ils consentent pour louer leur parcours (18 cartouches) de chasse... je m'esclaffe !

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* Pour être sûr qu'il aurait des poules prêtes à couver, mon père les mettait sur des œufs en plâtre... qui n'écloraient jamais !

** Lorsque les petites perdrix commençaient à percer leur coquille, mon père retirait les œufs. Lorsqu'un poussin était sec, il le gardait dans sa main fermée jusqu'à ce que les cris de la petite perdrix déclenchent les gloussements de la poule négresoie, alors et seulement, il présentait le poussin à la petite poule qui l'acceptait... Mon père ne connaissait ni Lorenz, ni le mécanisme de l'empreinte...

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Politis / Jeudi 16 septembre 2010, par Claude-Marie Vadrot / http://www.politis.fr/_Claude-Marie-Vadrot,021_.html

Mais où sont passés les chasseurs ?

Alors que s’ouvre la chasse en France, on constate une diminution du nombre de pratiquants, qui s’accrochent à leurs derniers pouvoirs politiques.

Depuis quelques jours, les ouvertures de la chasse se succèdent sur le territoire métropolitain français. « Ouvertures » au pluriel, car du sud au nord les décrets préfectoraux sont pris un par un : ils tiennent un peu compte de l’état du milieu naturel, mais témoignent surtout de l’efficacité des pressions exercées par les fédérations de chasseurs pour que les tirs commencent le plus tôt possible. Malgré ses inquiétudes relatives à son avenir et à l’éclatement progressif entre « chasseurs riches » et « chasseurs populaires », la communauté des porteurs de fusil de chasse se sent pousser des ailes depuis 2002. Ils ont bénéficié de la crainte qu’ont pu inspirer à la majorité les quelques succès locaux de Chasse, pêche, nature et traditions (CPNT). Pour être certaine de racler les voix des chasseurs, la droite a adopté pas moins de ¬quatre textes législatifs augmentant les pouvoirs des fédérations de chasse et remettant en cause le peu de mesures que Dominique Voynet, alors ministre de l’Écologie, avait instituées, notamment la journée sans chasse, qui fut supprimée par Roselyne Bachelot. Grâce aux efforts du « Groupe chasse » de l’Assemblée nationale, un club très influent qui recrute aussi bien à gauche qu’à droite. Comme au Sénat, ce groupe réunit le plus de parlementaires en général insensibles aux modestes demandes des écologistes.

La puissance des milieux de la chasse ne repose pas seulement sur l’illusion qu’ils entretiennent auprès des politiques et des préfets qu’ils font et défont encore les élections des députés, des sénateurs et des conseillers généraux. Mais rares sont les parlementaires qui ont conscience que la France rurale a en partie perdu son poids électoral et que la défense de la chasse ne mobilise plus qu’à un âge avancé… La puissance rémanente des chasseurs réside surtout dans le poids économique qu’ils représentent. Le flux financier annuel de la chasse s’élève à 2,3 milliards d’euros : un magot qu’en raison des procédures non démocratiques des élections de leurs représentants les chasseurs sont moins que jamais en mesure de contrôler.

Même si cet argent est, pour moitié environ, consacré au remboursement des dégâts causés aux agriculteurs par le grand gibier, le système n’est pas très transparent. La chasse représente également 23 000 emplois directs. Il faut y ajouter des dizaines de milliers d’emplois induits : depuis les élevages de gibier, qui ont un grand poids économique, jusqu’aux restaurants et autres hôtels discrets, en passant par la vente des fusils, des cartouches et des vêtements. Tout un réseau de commerces qui soutient les chasseurs dans leurs revendications. Pour le mesurer, il suffit de lire le Chasseur français ou d’autres revues de chasse, dans lesquelles s’affiche le milieu économique et commercial qui soutient cette activité.

Cette situation encore dominante est d’autant plus surprenante que, depuis le début des années 1990, le nombre des chasseurs diminue régulièrement. Au rythme de 2 % par an, ce qui fait que le nombre des détenteurs de permis ne dépasse plus guère 1,2 million. Chiffre faussé par le nombre grandissant de chasseurs qui prennent un permis dans plusieurs départements. Au point qu’un spécialiste lucide de la chasse estime qu’ils ne seront plus que 700 000 d’ici à 2020, alors qu’ils ont été jusqu’à 2 millions. Il semblerait que les Français qui chassent s’intéressent de moins en moins à leur sport et ne le pratiquent que sporadiquement. Pour preuve, les revues de chasse sont de moins en moins lues, pas même un chasseur sur deux ne les achète, alors qu’en Allemagne, où il y a 450 000 chasseurs, les revues spécialisées se vendent mensuellement à 650 000 exemplaires. Dans un pays où les responsables de la chasse ont eu l’intelligence et le courage d’accroître les difficultés d’obtention des permis de chasse, alors que celui-ci reste en France une banale formalité. Ce qui incite les organisations, dans un effort demeuré pour l’instant infructueux, à recruter de jeunes pratiquants, puisque l’on peut chasser à partir de 16 ans.

Dans beaucoup de sociétés de chasse, la moyenne d’âge des membres approche ou dépasse 70 ans, ce qui explique que, dans beaucoup de départements, le président de la fédération de chasse ne soit plus l’un des dix notables qu’un nouveau préfet se doit de rencontrer. Autre phénomène nouveau, les responsables sont de plus en plus souvent de culture urbaine, connaissent assez mal la nature, surtout ceux qui, comme en Sologne (là où chasse madame Woerth…), par exemple, confondent tir et massacre d’animaux à moitié apprivoisés. Ces « viandards », de plus en plus nombreux, vivent à des années-lumière des chasseurs populaires que l’on rencontre encore dans la Somme, le Nord, le Bordelais et parfois dans le sud de la France. Ces derniers, qui chassent souvent pour améliorer l’ordinaire, ne se sentiront certainement pas représentés par le probable prochain patron des chasseurs de France : un Niçois, ami de Christian Estrosi, qui devrait être élu sans difficultés.

Ces évolutions du monde de la chasse, ainsi que la prise de conscience de l’importance de la biodiversité, qui gagne du terrain, expliquent probablement une part des difficultés des chasseurs. Cette communauté serait-elle menacée de disparition ? Malgré les efforts d’un chargé de communication, Thierry Coste, qui travaille depuis quelques années à améliorer leur image après avoir soigné celle de Chasse, pêche, nature et traditions, et qui réussit mieux auprès des parlementaires qu’auprès du public...

Un bon chasseur connaît le milieu naturel

La disparition progressive des chasseurs pose un réel problème. Le territoire a en effet besoin de leurs activités prédatrices car la France ne dispose pas encore d’assez de loups ou de lynx pour assurer la régulation du grand gibier. Sans oublier les trop nombreux sangliers, de plus en plus prolifiques, que nul prédateur autre que l’homme armé d’un fusil ne peut contenir. Sans chasseurs habiles, c’est-à-dire ne se contentant pas d’abattre des animaux d’élevage plus ou moins contenus par des grillages ou des murs, la nature court le risque de connaître des pullulations conjointement à certaines disparitions.

Que l’on apprécie ou non la chasse, que l’on déplore ou non ses abus et ses passe-droits, elle est nécessaire pour que les petits et les grands animaux sauvages chassables ne dévorent pas plantes et arbustes, pour que ne s’instaurent pas de graves déséquilibres écologiques. Il suffit de comparer, dans une forêt, un enclos de régénération naturelle des plantations avec une pelouse alentour : dans l’espace protégé, de petits plants d’arbres  ; et à l’extérieur, pas une plantule d’arbre, juste des tiges de digitales, la seule fleur (nocive) que ne broutent ni les cerfs ni les chevreuils.

Le territoire a besoin de chasseurs, mais surtout de bons chasseurs qui connaissent bien le milieu naturel pour pouvoir prélever le gibier de façon intelligente. Ceux qui se recrutent plutôt dans les milieux populaires ruraux que chez les bobos ou les riches de la chasse. Au point que, au risque de hérisser le poil des caciques de la chasse organisée, on militerait volontiers pour le classement en « espèce protégée » du braconnier. Car pour tendre un collet destiné à attraper un lapin ou un lièvre, ou pour installer un piège rudimentaire destiné à capturer un chevreuil, il faut beaucoup plus d’intelligence et de science de la nature que pour tirer sur un faisan tout juste relâché, que l’on peut appâter par quelques grains de maïs.




À propos de sécurité

Il y a cinquante ans, lorsque nous allions à la chasse, nous ne portions aucun de ces équipements fluorescents censés nous protéger des tirs amis (je veux dire des tirs de nos compagnons de chasse) et je n’ai pas souvenir d’avoir jamais eu connaissance , sur le territoire de la commune de Villaines où une quarantaine de chasseurs se partageaient un peu plus de 4000 ha, je n’ai pas souvenir qu’il y ait jamais eu le moindre accident à signaler.Mais il est vrai aussi que nos anciens prenaient grand soin à nous enseigner les règles de sécurité dès lors que nous avions le droit de porter une arme.

Aujourd’hui, pour être chasseur, bien souvent, il ne suffit plus que d’avoir du fric et de la cruauté à revendre. Rien de bien étonnant alors que les accidents fussent plus nombreux.J’ajoute que, lorsque nous tirions un sanglier avec une balle Brenneke, il ne fallait jamais être beaucoup plus éloigné de la cible d’une trentaine de mètres si l’on voulait tuer sans coup férir… Ce qui impliquait une grande connaissance des habitudes des gibiers recherchés et, incidemment, d’un long travail d’observation sur le terrain au préalable… Mais qui peut encore prétendre faire ces approches ?

Voir aussi : La chasse : une culture de la sécurité






Liste des principaux textes réglementaires et législatifs concernant le gibier
http://www.liste-hygiene.org/veillegibier.htm

Propositions pour une chasse responsable et apaisée
http://members.aol.com/actiondeux/patriat1.htm

" Soyons clair : sans langue de bois, la mission PRINCIPALE de Patriat était d'affaiblir CPNT ... "
http://members.aol.com/actionfaun/piece9.htm

Chasse : http://www.oiseau-libre.net/Animaux/Chasse/Oiseaux_menaces.html

État de conservation (ou comment l'avenir des oiseaux migrateurs européens peut être menacé) :
http://members.aol.com/actionfaun/piece10.htm

Pour avoir une idée du nombre d'animaux tués en une année :TABLEAUX DE CHASSE :
http://www.roc.asso.fr/chasse-france/

Les bords de champs cultivés pour une approche cohérente des attentes cynégétiques, agronomiques et environnementales
http://www.inra.fr/dpenv/bernac34.htm

____________________

Son pesant de plombs de chasse /
Tir de la tourterelle au printemps :
http://assoc.wanadoo.fr/ancer/pages/tourter.html

La gestion des espèces sauvages chassables
http://www.oncfs.gouv.fr/events/droit_jurisprudence/2004/chasse_droit260.pdf

Où quand un chasseur admet qu'en matière de régulation... Bof !
http://users.swing.be/nh/rubriques/ncerf.htm

RAPPORT LEFEUVRE
http://members.aol.com/actionfaun/piece2.htm
http://champagne-ardenne.lpo.fr/chasse/rapport_Lefeuvre/rapport_Lefeuvre.htm

Accès au rapport Lefeuvre (140 pages)
http://members.aol.com/actiondeux/lefeuvre.htm

Combien d’accidents de chasse avant que les pouvoirs publics ne réagissent ?
http://www.aspas-nature.org/content/view/260/122/lang,fr/

Chasseurs et écologistes se mettent d'accord sur l'ouverture de la chasse
http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3280

La saison de chasse 2008/2009 s’ouvre sur deux accidents mortels
http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3359






[Corrélats : Le droit de non-chasse / Régulation / Pièges / Découvrir la nature / Cétacés / Bécasse / Bécassine / Anatidés / Phasianidés / Outardes / Sanglier / Chevreuil / Alcidés / Loutre / Bœuf musqué / Loup / Lièvre / Ivoire / Cigognes / Myxomatose / Appropriation / Coto Doñana / Sylviculture / Affouragement / Abroutissement / Diurne / Élan / Dinosaures / Agriculture / Saturnisme / Nomadisme / Législation / Parcs nationaux / Espaces protégés / ...]

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