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Cindyniques



L'hyperespace du danger
Les cindyniques (du grec kindunos : danger) sont l'ensemble des sciences et des techniques qui étudient les risques naturels, technologiques, domestiques, etc. et leurs préventions.

On dit qu'une situation ou un élément qui crée du danger est cindynogène. La cindynogenèse désigne la production de danger.

On parle aussi de cindynométrie comme synonyme d'évaluation des risques selon une probabilité d'occurrence et d'une gravité reconnue à un danger.



L'approche de la cindynique se veut être globale et systémique, c'est-à-dire qu'elle cherche à prendre en compte tous les facteurs, les éléments, les influences qui expliquent les différents risques, déterminent leurs caractères, leur occurrence et leurs conséquences ; elle veut préciser leur jeu exact, leurs interrelations, quelle que soit leur origine, naturelle, sociale, économique, etc., en utilisant autant que possible les méthodes de la théorie des systèmes.

Les cindyniques propose un modèle appelé 1'hyperespace du danger comme produit de cinq espaces :épistémique (modèles), statistique (données), téléologique (finalités), déontologique (règles) etaxiologique (valeurs).

1) L'espace statistique (espace mnésique) correspond à la dimension des faits de mémoire et des statistiques. C'est la mémoire brute du réseau (ensemble des banques de données, retours d'expérience, etc.).

2) L'espace épistémique correspond à la dimension des modèles élaborés à partir de faits. C'est le point de départ pour le réseau pour l'établissement de modélisations à partir des banques de connaissances.

3) L'espace téléologique correspond à la dimension des objectifs. Ce sont les buts explicités de chacun des réseaux impliqués dans une situation considérée.

4) L'espace déontologique correspond à la dimension des normes, des lois, des règles, des codes et des standards. Ce sont les règles du jeu que les réseaux s'imposent ou acceptent.

5) L'espace axiologique correspond à la dimension des systèmes de valeur. Ce sont ces systèmes de valeur qui président et déterminent les composantes comportementales des individus face au risque.

Les espaces épistémiques et statistiques relèvent principalement d'approches techniques dans le champ des " sciences dures ". Les espaces déontologiques et axiologiques correspondent au champ des sciences sociales. L'espace téléologique est censé éclairer les buts de chaque champ, social et scientifique et d'assurer une cohérence entre eux.

En combinant ces espaces, il est possible de proposer des domaines d'étude ou de réflexion fréquemment abordés dans les sciences du danger. Par exemple, la question du retour d'expérience est aussi celle de la combinatoire entre l'espace mnésique ou statistique et l'espace épistémiques, autrement dit entre l'espace des faits et celui des modèles.

Finalement, l'étude des dangers résulte de la combinatoire ou de l'association de l'état des lieux de chacun des espaces en relation avec chacun des réseaux ou groupes d'acteurs qui les composent.

Les déficits systémiques cindynogènes, les déficits de systèmes cindyniques, les contradictions entre les dimensions de l'hyperespace, les dissonances entre les réseaux ou les groupes d'acteurs concourent à la fabrication de dangers. Les dissonances cindyniques sont les différences entre les hyperespaces des différents réseaux et/ou les différences entre les espaces tels qu’ils sont, tels qu’ils sont perçus et/ou tels qu’ils sont voulus.



Mais l'analyse des espaces dans leur globalité met en évidence que la source ou la cause des dangers peut être recherchée dans des incohérences/dissonances entre les réseaux d'acteurs évoluant dans chacun des espaces.

Ce sont ces incohérences/dissonances qui se révèlent quand se produisent des catastrophes, des accidents ou des incidents (révélation a posteriori) ou bien qui se révèlent lors l'analyse et l'évaluation des risques (révélation a priori).

Certains cindyniciens proposent une typologie des dysfonctionnements des systèmes porteurs de risques. Ils parlent de déficits systémiques cindynogènes (Kervern, Rubise, etc.).

Ils définissent trois types de déficits : les déficits culturels, les déficits organisationnels et les déficits managériaux.

Parmi les déficits culturels, on trouve :

- La culture d'infaillibilité : Rien ne peut (nous) arriver. Nous avons tout prévu, pensé, calculé, etc. Rien ne vous autorise à douter de nos compétences en matière de prévision et de prévention.

- La culture du simplisme : C'est le plus souvent le résultat de la non-prise en compte ou pire de la négation de la complexité des systèmes (entreprises, villes, sociétés, groupes sociaux, organisations humaines, etc.).

- La culture de non-communication : Ce peut être le résultat de nombreuses causes : barrières linguistiques, barrières culturelles, déficit de dialogue, déficit de compréhension, déficit d'information, etc.

- La culture nombriliste : Cela correspond à tous les défauts d'ouverture d'un réseau vers d'autres réseaux. C'est souvent associé à la culture d'infaillibilité.

Parmi les déficits organisationnels, on trouve :

- La subordination des fonctions de gestion du risque aux fonctions de production ou à d'autres fonctions de gestion créatrices de risques : Autrement dit la prévalence des critères productivistes sur les critères de santé et de sécurité.

- La dilution des responsabilités, la non-explication des tâches de gestion des risques, la non-affectation des tâches à des responsables désignés : Remarquablement, ce déficit a très longtemps une institution (amiante, sang contaminé, crash du mont Ste Odile, esters de glycol, Erika, etc.). Gageons que la faute inexcusable et l'obligation de résultats sauront changer cet état d'esprit.

Parmi les déficits managériaux, on trouve :

- L'absence d'un système de retour d'expérience : C'est le déni de tous les avertissements que l'on peut recevoir en matière de dangers et de risques autant dans son propre système, que dans les systèmes extérieurs équivalents ou utilisant des techniques identiques.

- L'absence d'une méthode cindynique dans l'organisation : Normalement, ce déficit devrait ne plus exister au moins dans les entreprises, par exemple, du fait de la mise en place du document unique. Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir en matières de risques majeurs naturels ou technologiques, même si des avancées ont été faites.

- L'absence d'un programme de formation aux cindyniques adapté à chaque catégorie de personnel : C'est encore trop souvent vrai pour les systèmes isolés et/ou de petite taille.

- L'absence de planification des situations de crise : Cela est le plus souvent le résultat de la prévalence des systèmes productivistes sur les systèmes de sécurité. Un exercice d'évacuation incendie n'est jamais regardé à la lumière de vies sauvées, mais à celle du déficit de productivité.

Les déficits des systèmes cindyniques peuvent correspondre à des absences ou des disparitions d'une ou plusieurs dimensions de l'hyperespace (absence de systèmes de valeurs, de règles du jeu, de banques de connaissances, de banques de données, ou de finalités explicites) ; à l'absence ou à l'oubli d'une ou plusieurs composantes d'un espace (oubli d'une ou plusieurs valeurs, règles, modèles, données et/ou finalités) ; à des disjonctions plus ou moins importantes entre des espaces (disjonctions valeurs/finalités, valeurs/règles, finalité/règles, modèles/chiffres, cognitif/éthique, finalités/modèles, finalités/chiffres) ; à l'absence d'ordre dans un espace (absence de hiérarchie des valeurs, des règles, absence de classification des modèles, absence d'organisation des données, absence des priorités) ; enfin à des défaillances dans la régulation cindynique (blocage cindynométrique, blocage des mécanismes éthiques, blocage des mécanismes de travail sur les finalités, blocage des mécanismes de définition des domaines de validité).

C'est l'émergence des dissonances, des contradictions et des déficits qui permettent de dégager les principes fondamentaux des cindyniques :

- Le principe de relativité qui énonce que la perception des dangers est relative à la situation et à l'acteur qui la perçoit.

- Le principe de conventionalité qui énonce que les mesures du risque sont subordonnées à des conventions passées ou implicites entre les acteurs.

- Le principe d'ambiguïté qui énonce que les cinq dimensions de l'espace de danger ne peuvent jamais être totalement et parfaitement définies et que c'est le travail du préventeur de faire en sorte que le flou qui règne soit gommé.

- Le principe de transformation qui énonce que les accidents et les catastrophes provoquent des transformations brutales de l'hyperespace, en réduisant, entre autres, brutalement ou préventivement, la perception des ambiguïtés.

- Le principe de crise qui énonce que la crise est avant tout une désorganisation du réseau d'acteurs dans une situation traumatisante donnée et que la gestion de crise consiste à remettre sur pied une organisation, même temporaire.

- Le principe de nocivité (ago-antagonicité) qui énonce que toute situation corrective de dangers est nécessairement productrice d'autres dangers.


L'approche cindynique des dangers peur apparaître encore très théorique. L'approche du danger à la lumière des réseaux et des acteurs gestionnaires des risques n'offre pas des réponses immédiates pour la prévention d'un danger comme le fait mieux l'approche à la lumière des manifestations dudit danger. C'est probablement une des raisons qui font que les approches cindyniques sont encore assez peu fréquentes.




Le site de tous les dangers : http://www.cindynics.org

Dangers / Cindynique : http://www.cindy.ensmp.fr/index_1.html

Cindynique : http://fr.wikipedia.org/wiki/Cyndinique

Hyperespace de danger :
http://www.mines.inpl-nancy.fr/~verdel/cindy/opensupport/intro.pdf

Site de Patrick Lagadec
http://www.patricklagadec.net/fr/

La théorie de la description appliquée à l'essentiel des cindyniques
http://www.mcxapc.org/docs/cerisy/a9-5.htm

HISTOIRE DES CINDYNIQUES, ÉMERGENCE DE NOUVEAUX PATTERNS : DÉCONSTRUCTION DE LA DESTRUCTION
http://www.mcxapc.org/docs/cerisy/c10.htm

Risque, Danger et Catastrophe : la dynamique de la catastrophe dans les situations à risque
http://www.ti.ch/DSS/DSP/SezS/UffPVS/temi/archivio/refips/documentation/PDF/annexes.pdf

CINDYNIQUE DE L'INTÉRFACE HOMME - ANIMAL ET NOTAMMENT DES ZOONOSES
http://www.amrae.fr/docs/MR/rencontres/toulouse-2001/A11/A11nicolet.doc

ÉMERGENCE ET HISTOIRE DES CINDYNIQUES / DÉCONSTRUCTION DE LA DESTRUCTION
http://www.cawa.fr/IMG/pdf/CERISY1.pdf

Introduction aux Cindyniques
http://www.arimas.it/it_version/course/chindinica_fr.pdf

LE TRANSPORT DES MATIÈRES DANGEREUSES (approche cindynique)
http://www.mtpnet.gov.ma/NR/rdonlyres/17F48F90-02BB-4DA2-B42A-2213394AF72B/884/306transportdesmati%C3%A8resdangereuses.pdf

Méthodologies d'approche globale des risques
http://www.mines.inpl-nancy.fr/~verdel/cindy/opensupport/risquesgc.pdf

L’éthique dans une organisation / Proposition d’analyse pour la qualité sociale et environnementale en entreprise
http://www.noolithic.com/IMG/pdf/Ethiqueetorganisation.pdf

Dossier : Le risque
http://www.asn.fr/sections/rubriquesprincipales/publications/dossiers-controle/dossiers-controle-2006/risque/downloadFile/attachedFile_unvisible_1_f0/dossier168.pdf?nocache=1155205649.49

L’ACTION PUBLIQUE FACE AUX RISQUES
http://rp.equipement.gouv.fr/bicentenaire-cgpc/Dossiers/coll1.pdf

LA VIOLENCE EST-ELLE UN ACCIDENT ?
http://www.cindynics.org/iec-violence2.pdf






[ Corrélats : Risques et dangers / ...]

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