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Climax
Climax


Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : Santé des forêts : les ravageurs les plus actifs en 2009 / Carte de répartition du dendroctone de l'épicéa / Sites Internet et articles / Corrélats /
Le climax désigne l’état idéal d’équilibre atteint par un ensemble « sol-végétation ».

Le climax est un concept qui ne s’applique véritablement qu’aux milieux naturels, peu ou pas modifiés par l’homme ou vers lesquels un milieu évoluerait si l’homme n’y intervenait plus. Ainsi ce sont des sols bruns plus ou moins lessivés surmontés de forêts caducifoliées de chênes et de hêtres qui constitueraient le climax observé sur la très grande majorité du territoire français de plaine ou collinéen, en climat atlantique et continental, si l’homme abandonnait ses agrosystèmes ou cessait de cultiver ses forêts.

Pessière dans le Jura (Climax)
Dans la réalité, c’est surtout le pédoclimax ou climax du sol, conditionné par le climax climatique, qui détermine le climax global, bien davantage que la végétation ne semble le faire.



On parle de paraclimax pour désigner les états d’équilibre atteints par la végétation sur des espaces où le climax a été détruit par l’action humaine. Le plus souvent, ce sont les sols (parce qu’ils ont été profondément modifiés et qui, quel que soit le temps, ne pourront plus se reconstituer) qui déterminent le paraclimax. L’exemple classique est fourni par la destruction de la forêt primitive méditerranéenne (climax) qui conduit aux paraclimax maquis et garrigues, voire à des formes de désertification.

Forêt dégradée dans le Haut Languedoc (Paraclimax)
Peuplement d'épicéas en Bretagne (Dysclimax)
On parle de dysclimax pour désigner des états d’équilibre artificiels et / ou aberrants auxquels on arrive quand l’homme substitue une communauté végétale à celle du climax originel.

Il faut savoir que, sous notre climat atlantique, en situation favorable, près de mille années seraient nécessaires pour passer d’un sol superficiel (roche nue) à un pédoclimax forestier de hêtraie chênaie, quand il suffit seulement de quelques jours pour passer d’une futaie à une surface bitumée autoroutière.



Les climax potentiels en France :

* L'étage planitiaire est celui des forêts caducifoliées mélangées (chênes pédonculé, rouvre et pubescent, charme, frêne, hêtre, tilleul cordé...).

* L'étage collinéen renforce la présence du hêtre, perd le chêne pubescent.

* L'étage montagnard est celui des forêts parfois mixtes (caducifoliées-conifères), à hêtre, sapin, pin sylvestre spontané.

* L'étage subalpin est celui des conifères spontanés et exclusifs (épicéa, pin cembro, pin à crochet, sapin, mélèze...), ou des fourrés arbustifs à saules, sorbiers et bouleaux de la limite supérieure.

* L'étage alpin est celui des pelouses climaciques.

* L'étage thermoméditerranéen est celui des forêts sclérophylles à chêne vert plus ou moins seul.

* L'étage mésoméditerranéen est celui des forêts mixtes (caducifoliées-sclérophylles-conifères), à chêne vert, chêne pubescent, chêne-liège, pin d'Alep, pin parasol...

* L'étage supraméditerranéen est celui des forêts mixtes (caducifoliées-conifères) à chêne pubescent, pin noir.

* L'étage oroméditerranéen est celui des conifères méditerranéens (cèdres, pin noir, genévriers).

* L'étage altiméditerranéen est celui des pelouses climaciques et phryganes d'altitude (formations en coussinets plus ou moins épineux).




On ne sait pas toujours que la dégradation du couvert végétal peut avoir une influence notable sur la dégradation du climax pédologique.

Prenons l'exemple d'une chênaie charmaie atlantique sur sol brun lessivé. La dégradation du couvert, à la suite de coupes trop fréquentes, à la suite de débroussaillement par essartage, étrépage ou soutage, ou bien encore à la suite de défrichages et monoculture sans restitutions suffisantes, peut avoir des conséquences importantes sur les sols. Les raisons tiennent à ce que les cycles biogéochimiques des bases du sol sont rompus ou perturbés. Il s'ensuit une baisse de production des humus. Par le jeu d'acidolyse ou de complexolyse, les argiles sont lessivées, le complexe absorbant est décalcifié, les agrégats stables sont détruits. Les climax pédologiques tendent vers des dysclimax qui seront fonction de la nature de la roche-mère et de l'économie d'eau locale. La végétation qui apparaît sur ces sols sera aussi de nature dysclimacique.

Évolution dysclimacique d'une chênaie charmaie atlantique sur sol brun lessivé en fonction de différentes roches-mères sous-jascentes :

Type de roche-mère
Type de sol
intermédiaire
Type de végétation
observée
Type de sol
dégradé
Type de végétation
observée
Roche siliceuse
filtrante
Sol podzolique
Chênaie dégradée
à bouleaux
Podzol
Lande sèche à callune et bruyères
Limon argileux
Sol lessivé
marmorisé
Chênaie à Agrostis et molinie
Sol à
pseudogley
Lande humide à
molinie
Argiles de
décarbonatation
Sol brun
calcaire
Fourrés arbustifs
Rendzine brunifiée
Pelouse xérophile





Réflexions sur la naturalité : http://www.inra.fr/Internet/Produits/dpenv/lecomc37.htm#les

Les séries de végétation : http://sciencesnat.ouvaton.org/modules/daML/page.php4?id=30

La cuirasse et le bois sacré ou le climax déchu : http://perso.wanadoo.fr/paysage/jcf.htm




[Corrélats : Biogéographie / Phytogéographie / Phytosociologie / Anthropisation / Sylviculture / Reboisement / Garrigues / Maquis / Succession / Dynamique des écosystèmes / Biocénoses / Humus / Équilibre / Vernaculaire / Loup / Savanes / Ripisylves / Concurrence vitale / ... ]

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