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Cerveau et comportements
Cerveau et comportements


Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : Pour faire court, il convient d'être réducteur… / Pas trop quand même : Pas de zéro de conduite pour les enfants de 3 ans /

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Les sens trompés, quand le cerveau dévoile ses faiblesses /
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Sites Internet et articles / Corrélats /

I Pour faire court, il convient d'être réducteur… (Mic de la Plaideron)

II L'être vivant est d'abord un être thermodynamique. Cela veut dire que le sens de sa vie est d'échanger de la matière et de l'énergie, accessoirement des informations et puisqu'il est mortel, il est préférable qu'il se reproduise.


III L'être vivant est une interface entre ce qui renseigne sur l'état actuel de l'environnement dans lequel il se trouve, c'est-à-dire les informations factuelles qu'il reçoit, l'état physiologique dans lequel il baigne et qui le renseigne sur la signifiance des informations qu'il perçoit… et si ces informations l'affectent, les réponses motrices, y compris les réponses langagières, qu'il émet vers l'environnement et qui sont destinées à éteindre l'information perçue. Au final, ce qui est le plus important, dans l'analyse d'un comportement émis, ce n'est ni les informations originelles, ni l'état physiologique de l'être vivant affecté, mais la réponse que fait l'être affecté pour modifier son environnement de manière à supprimer l'information affectante, et sûrement aussi, le nouvel état dans lequel se trouve l'environnement après l'émission de la réponse.

IV Le cerveau des vertébrés reçoivent à la fois des informations qui viennent de l'environnement (intelligence / organes des sens) et des informations qui proviennent de leur milieu intérieur (hypophyse et hypothalamus) lesquelles, si elles correspondent à un déséquilibre homéostasique, sont à l'origine des réponses motrices émises en direction de l'environnement, dont la finalité est d'éteindre l'information signifiante qui en provient.


Un des aspects les plus remarquables du cerveau est que celui-ci est protégé des effets directs des modifications du milieu intérieur par ce que l'on nomme la barrière hématoencéphalique (les neurones sont nourris ou détoxiqués par l'intermédiaire de cellules nutritives ou de soutien comme les cellules de la névroglie). La barrière hématoencéphalique s'applique partout au cerveau sauf au niveau du diverticule pituito-hypophysaire.

V Parce que les contraintes imposées par la thermodynamique des systèmes ouverts sont impérieuses, les êtres vivants ne peuvent pas s'y soustraire. Il existe donc dans leur cerveau des programmes ou des structures qui les obligent à satisfaire à la demande de circulation de matière et d'énergie, au maintien de leur intégrité structure et à la perpétuation de l'espèce. Ce sont ce que l'on nomme couramment des pulsions.

Chez les vertébrés, le cerveau des pulsions se situe principalement au niveau hypothalamique. C'est en effet dans ce cerveau que se situent les " centres " de la faim et de la soif, mais aussi ceux de la sexualité et ceux qui concernent la défense du territoire intime.

VI Mais et parce que les vertébrés ne vivent jamais seuls, la satisfaction de leurs pulsions ne se réalise pas hors des règles sociales ou sociétales qui président au bon fonctionnement des groupes, c'est-à-dire principalement dans le respect des rapports intraspécifiques observables dans le groupe.

Pour cela, les vertébrés disposent d'un cerveau régulant les pulsions : le système limbique dont on peut dire qu'il est, d'abord, le cerveau des apprentissages de l'inhibition sociétale.

Selon que les ressources destinées à l'apaisement pulsionnel sont rares, abondantes ou seulement limitées (nourriture, partenaires sexuels, sites de nidification, territoires favorables, habitat, emplois, etc.), les relations intraspécifiques seront adaptées. Particulièrement, la mise en place de hiérarchies sociales ne sera effective que pour l'accès à des ressources limitées.

Remarquablement les compétitions interspécifiques dans le domaine de la satisfaction des pulsions seront réduites dès lors que les espèces occuperont toujours, sur un même écosystème, des niches écologiques différentes ou, autrement dit, exerceront des professions différentes.

La niche peut être considérée comme la résultante d'une fonction hypothalamique dont la satisfaction a conduit des espèces différentes à évoluer en séparant le plus possible leurs exigences pulsionnelles en affinant leur professionnalisation dans un écosystème.

VII Le cerveau limbique, pour être le cerveau des apprentissages dont on peut dire qu'ils sont avant tout l'acquisition des automatismes de réponses les mieux conformes à une situation environnementale factuelle, dispose d'un certain nombre de " centres " ou de structures qui permettent la mémorisation des expériences antérieures, l'analyse du succès (récompense) ou de l'échec (punition) consécutif à une réponse préalablement fournie à une information environnementale.

Les relations qu'entretient le système limbique avec l'hypothalamus sous-jacent permettent :

- d'une part, l'expression d'autres facteurs importants pour la réussite d'un apprentissage, c'est-à-dire une motivation, une impatience, un projet, etc. qui sont des formes plus ou moins civilisées (ou moins animalisées) de la pulsion dont on veut souvent croire qu'elle ne serait que brutale, ce qui est probablement et finalement plus rare qu'on croit chez l'animal que chez l'homme…

- d'autre part, la mesure du degré de pertinence d'une réponse dans la satisfaction qu'elle procure au travers la stimulation de circuits diffus de la réticulée que sont le Median Forebrain Bundle (MFB) désigné comme faisceau de la récompense, du Peri Ventricular System (PVS) désigné comme faisceau de la punition (Mc Lean) ou du Système d'Inhibition de l'Action (SIA / Laborit).

L'acquisition des automatismes de réponse se construit progressivement au travers de conditionnements qu'ils soient à réponse physiologique (pavloviens) ou à réponse motrice (skinnériens). L'intérêt principal d'un automatisme réside surtout dans le fait que la réponse qui en découle est obligatoirement récompensée, socialement conforme et thermodynamiquement économique.

VIII Le cerveau cortical répond à un double besoin d'intelligence et de culture chez les vertébrés. En effet, c'est au niveau de ces structures cérébrales que sont perçues les plus petites variations possibles d'information de l'environnement susceptibles d'affecter l'intégrité structure ou homéostasique de l'individu. C'est aussi à ce niveau que sont élaborées les réponses les mieux adaptées pour que les variations environnementales soient au mieux et rapidement corrigées avant qu'elles n'affectent durablement l'être vivant qui les perçoit.

IX Chez l'homme, probablement parce qu'il s'est redressé, des structures originales se sont développées dans le cerveau cortical. Ce sont essentiellement les lobes orbito-frontaux dont on pense qu'ils jouent un rôle important dans ce qu'on nomme l'imaginaire, lequel n'est rien d'autre que la recherche d'une réponse originale qui pourrait s'avérer plus performante que la réponse automatique habituellement fournie.

Il est plausible de fixer l'ego des psychiatres à ce niveau des lobes orbito-frontaux. Il ne me semble pas incorrect de penser que les animaux ont un ego, c'est-à-dire un " moi " au même titre que les êtres humains. Mais il me semble que les animaux n'ont pas de " je ".

Je fais l'hypothèse que c'est ce " je " typiquement humain qui est à l'origine de bien de nos troubles comportementaux quand la recherche de réponses originales en remplacement d'automatismes mal appris, mal compris ou mal exécutés, conduisent finalement à des perversités, c'est-à-dire à déroger aux obligations des interdits et des inhibitions sociétales et limbiques.

Sinon comment expliquer que le crime et le viol ne s'observent jamais chez les animaux sauvages ?




http://www.sfsp.info/sfsp/infos/documents/quotidientronduite.pdf / Quotidien du médecin

Non à la traque du trouble des conduites à des fins d'ordre public

" Pas de zéro de conduite pour les enfants de 3 ans " : les professionnels de l'enfance, pédopsychiatres en tête, se refusent, dans une pétition, à traquer dès la petite enfance le " trouble des conduites " censé annoncer un parcours délictuel. Le chantier gouvernemental de prévention de la délinquance leur laisse craindre le pire.

LE GOUVERNEMENT prépare un plan de prévention de la délinquance qui prône " notamment une détection très précoce, avant 3 ans, des prémices de comportements asociaux ". Le Comité interministériel de prévention de la délinquance, installé à la mi-janvier, y travaille (" le Quotidien " du 24 janvier). " Des mesures à effet rapide - textes réglementaires, instructions aux services, réforme d'organisation - permettant de donner des résultats immédiats " sont attendues " avant l'été " ainsi qu'un projet de loi.

Un rapport du député UMP Jacques- Alain Bénisti, remis à Nicolas Sarkozy en début d'année, donne le ton. Il appelle au " repérage " d'indices précurseurs d'une conduite caractérisée par des délits répétés et à une intervention rapide " dans les familles à risque ". Il préconise une " amélioration des échanges entre les acteurs de santé, les juges pour enfants et les juges aux affaires familiales " et " un examen de santé à 36 mois ", car, " à cet âge, on peut faire le premier dépistage d'un tempérament difficile, d'une hyperactivité et des symptômes du trouble des conduites ".

Une enquête Inserm détournée de son usage ? Pour justifier une telle démarche, les ministères de l'Intérieur et de la Santé s'appuient sur l'expertise collective de l'Inserm intitulée " Troubles des conduites chez l'enfant et l'adolescent ", sollicitée par la Caisse nationale d'assurance- maladie des travailleurs indépendants (" le Quotidien " du 26 septembre 2005). Selon ses auteurs, 12 experts, dont 2 pédopsychiatres parisiens, les Drs Antoine Guedeney (hôpital Bichat, Paris) et Marie-France Le Heuzet (Robert- Debré, Paris), les sujets qui connaissent des perturbations " avant 10 ans " présentent " généralement un niveau élevé d'agressions physiques qui se maintient durant l'enfance ". Il s'agit le plus souvent de garçons " qui risquent de développer un trouble de la personnalité à l'âge adulte ". Ces jeunes se retrouvent fréquemment parmi ceux qui, " avant 13 ans ", " restent tard dehors la nuit ", ont " fugué " ou " fait l'école buissonnière ". " Les violations de règles établies seraient un prolongement des manifestations " du désordre " qui a commencé à la petite enfance ". " L'absentéisme, les incivilités et les situations d'échec scolaire " sont reliés au comportement perturbé que l'Inserm définit comme allant de la désobéissance répétée à des agressions graves. " Plus tôt les enfants sont pris en charge, moins ils auront à l'adolescence des attitudes autodestructrices ou agressives pouvant amener à la délinquance ", écrivait le ministère de l'Intérieur en décembre 2003 dans un avant-projet de loi de prévention de la délinquance. A l'Inserm, on s'inquiète de l'usage qui pourrait être fait de ce travail. Les professionnels de l'enfance (PMI, médecine scolaire, pédopsychiatrie, pédiatrie et psychologie) craignent le pire et le font savoir dans une pétition intitulée " Pas de zéro de conduite pour les enfants de trois ans ", qui a déjà recueilli plus de 15 000 signatures et que les seuls pédopsychiatres reprennent, au nom de leur spécialité, " pour enfoncer le clou ". Unis, ils souhaitent que les pouvoirs publics reculent, qui font l'amalgame entre la demande de repérage des facteurs de risques prénatals et périnatals, génétiques et environnementaux, et la répression réclamée par le Syndicat des commissaires de police.

" Il faut comprendre que le dépistage du trouble des conduites chez les tout-petits a pour objet d'anticiper toute attitude contrevenant à l'ordre public, et, par conséquent, de nous faire pointer du doigt, dès les premiers pas de l'enfant, ce qui est atteinte aux biens et à l'intégrité d'autrui ", explique au " Quotidien " le Dr Yvonne Coinçon, présidente de l'Association des psychiatres de secteur infanto-juvénile. En somme, l'enfant qui prend les jouets de ses camarades ou qui donne des coups de pied est un suspect potentiel. " Pour enrayer ces troubles supposés annonciateurs de délinquance, il nous est demandé d'agir sur le monde extérieur, en intervenant en particulier en direction des parents, d'utiliser des thérapies comportementales pour apprendre à agir autrement, conformément aux normes, et, en seconde intention, à partir de 6 ans, d'administrer des psychostimulants et des thymorégulateurs pour venir à bout des plus récalcitrants. " " Nous ne sommes pas contre les normes, poursuit la spécialiste, mais celles-ci ne s'imposent pas à coups de médicaments, elles s'intègrent tout naturellement par l'apprentissage de la conduite. Dans ce qui pourrait nous être imposé à terme, on fait fi de la dimension psychique du comportement. Dans les pays anglo-saxons, au Canada et aux États-Unis, surtout, l'homme est la somme de ses actions. Dans le monde latin, nous ne réduisons pas l'individu à ses actes, et lorsqu'il y a conflit intrapersonnel ou avec le monde extérieur, nous usons de la psychothérapie individuelle ou de groupe ou de traitement psychothérapique. En stigmatisant comme pathologique toute manifestation vive d'opposition, inhérente au développement psychique de l'enfant, en isolant les symptômes de leur signification dans le parcours de chacun, en les considérant comme des facteurs prédictifs de délinquance, l'épanouissement singulier de l'être est nié et la pensée soignante, robotisée. "

" Sous couvert de caution scientifique ", mettent en garde les pétitionnaires, on cherche à instrumentaliser des pratiques de soins pédopsychiatriques " à des fins de sécurité et d'ordre public ". Au lieu de " tenter le dressage ou le rabotage des comportements, il convient de reconnaître la souffrance psychique de certains ", comme en témoigne le Dr Roger Misès, pédopsychiatre, signataire de la pétition, dans sa classification des troubles mentaux de l'enfant et de l'adolescent. Le DSM-IV (équivalent du SIM-10 de l'OMS) identifie les conduites agressives envers des animaux ou des personnes, la destruction de biens matériels, les fraudes ou les vols, et les violations graves des règles établies à un " trouble des conduites " au sens médical. En définitive, les professionnels de l'enfance, " comme l'immense majorité des parents-citoyens ", s'élèvent " contre les risques de dérives des pratiques de soins à des fins normatives et de contrôle social ", et rejettent " la médicalisation ou la psychiatrisation de toute manifestation du mal-être social ". Quant à interpréter les premières bêtises d'un enfant comme " l'expression d'une personnalité pathologique ", pour le " neutraliser au plus vite ", il n'en est pas question.

PHILIPPE ROY

www.pasde0deconduite.ras.eu.org et contact@pasde0deconduite.ras.eu.org.






Je ne puis que très vivement conseiller l'excellent site canadien, dédié à Laborit, et consacré au cerveau et aux comportements :
http://www.lecerveau.mcgill.ca

Voir aussi : http://www.nouvellegrille.info/Neurophysiologie :
http://www.biodeug.com/neuro.php

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JEUX PSYCHOLOGIQUES ET CONSTRUCTION DU "JE"
http://perso.wanadoo.fr/papiers.universitaires/edu6.htm

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Les comportements humains n'ont probablement pas évolué depuis l'époque où l'homme n'était encore qu'une musaraigne... Et, ceux qui se disent civilisés ont encore beaucoup à apprendre de ceux qu'ils considèrent toujours comme des sauvages... ethnocentrisme blanc oblige.

PAIX ET LAIT ! / DOMESTICATION DU CONFLIT CHEZ LES PASTEURS SOMALIS
http://www.unesco.org/cpp/publications/mecanismes/ediye.htm

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La chimie du mental :
http://hypo.ge-dip.État-ge.ch:8080/sismondi/C_Pedagogie/Disciplines/Biologie/Biologie/BIOcours/Textes_pdf/Chimie_mental.prn.pdf

BASES NEUROBIOLOGIQUES DU LANGAGE :
http://schwann.fr/Langage01.html

Essai de modélisation du fonctionnement du cerveau à travers le concept d'assertorisme :
http://www.stethonet.org/cervo/INDEX.HTM

LA MÉMOIRE : http://schwann.fr/lamemoire.html

ENDOCRINOLOGIE : http://schwann.fr/coursendocrinologie.html

NEUROENDOCRINOLOGIE / Axe Hypothalamo-hypophysaire :
http://schwann.fr/neuroendocrino.html

LES MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX CENTRAL:
http://schwann.fr/neuropathologie.html

Plaisir et équilibre :
http://www.sospsy.com/Bibliopsy/Biblio/biblio190.htm

La vie mentale de l'enfance à la vieillesse :
http://www.megapsy.com/Mental/index_mental.htm

Cerveau et sexualité
http://www.vulgaris-medical.com/dossier/cerveau-et-sexualit-28/cerveau-et-sexualit-28.html

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Guide sur le traumatisme vicariant * : Solutions recommandées pour les personnes luttant contre la violence :
http://www.phac-aspc.gc.ca/ncfv-cnivf/violencefamiliale/pdfs/trauma_f.pdf

[* Le traumatisme vicariant est aussi qualifié de traumatisme post-compassionnel. Il affecte des personnels souvent en situation face à des violences, des drames, des accidents, des meurtres, des suicides, etc. Ce sont des pompiers, des infirmières, des médecins, des policiers, des éducateurs, etc.]




[ Corrélats : Intelligence et culture / Violence ou violance ? / Condition de la femme / Reproduction animale / Éthologie / Éco-éthologie / Habitus / Tropisme / Harcèlement / Information / Grégarisme / Incubation / Absentéisme / Altruisme / Erratisme / Notion de niche / Chant / Hallucinogènes / ...]

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