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Le compostage des déchets
Le compostage des déchets

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Protection hivernale du sol du jardin avec un engrais vert
semé sur un compost très mûr déposé en mulch.
Le compostage est un des procédés de dégradation de la matière organique que l'on peut appliquer facilement aux déchets biodégradables, encore appelés déchets fermentescibles.

Le compostage est un procédé qui met en jeu divers microorganismes dans un processus aérobie, c'est-à-dire un processus qui se déroule en présence d'oxygène de l'air indispensable à la respiration des microorganismes décomposeurs : bactéries, champignons, algues, protozoaires, actinomycètes, petits invertébrés de la pédofaune, etc.




Ce sont surtout des bactéries qui opèrent le mieux la décomposition de la matière organique fermentescible par voie aérobie et à pH neutre. Au cours du processus, une part de la matière organique est respirée par les microorganismes qui rejettent du dioxyde de carbone et de l'eau. Une autre part, surtout celle qui contient des substances azotées, est recomposée en diverses molécules dont des précurseurs des acides humiques.

Le compost résultant se présente comme un terreau enrichi en acides fulviques et humiques.

Les déchets qui peuvent être compostés doivent avoir une bonne biodégradabilité. Par exemple, les matières plastiques qui ne sont pas dégradées dans un laps de temps inférieur à 6 mois sont impropres au compostage.

Plus de la moitié des ordures ménagères pourrait être compostée (déchets de cuisine, graisses, épluchures, papiers de service genre essuie-tout, emballage en bois), naturellement la totalité des déchets dits verts (tontes de gazon, émondes, paillis) et une part importante des déchets issus des industries agro-alimentaires et de l'agriculture, sans oublier les boues des stations d'épuration.

Le compostage qui nécessite un bon contact entre les bactéries, la matière organique et l'air, est mieux conduit avec des déchets finement broyés et dont la teneur en eau est suffisante (au moins 35 %). Le mélange doit être bien ventilé.

Les premières phases du compostage intéressent des molécules hydrocarbonées simples dans des processus de respiration très exothermiques. L'ensemble va connaître un échauffement important. Les bactéries qui résisteront sont des thermophiles et quelques mésophiles hautes.

Les molécules complexes sont dégradées dans un second temps par d'autres bactéries mésophiles basses, voire des bactéries psychrophiles.

La totalité du processus se fait en 2 ou 3 mois pour obtenir un compost en début de stabilisation.

Il convient souvent, vers la fin du processus, de trier et d'enlever les éléments étrangers qui ne manquent jamais de se retrouver dans des composts d'ordures ménagères, même triées initialement (plastiques, métaux, verre, bois, etc.).

L'élevage de lombrics dans le compost améliore sensiblement la qualité des composts produits. Chez soi et à petite échelle bien entendu, le lombricompostage de ses déchets fermentescible est largement facilité sur une portion de compost enrichie, par exemple, en marc de café. À titre d'exemple, entre les déchets du jardin et ceux de la cuisine, je produis environ 2 m3 de compost prêt à l'emploi par an. J'évite aussi de jeter sans doute pas loin de 10 m3 de déchets bruts dans mes poubelles ou à la déchetterie chaque année.

Dans les centres de compostage, surtout parce que les déchets traités ne sont pas nécessairement toujours bien triés ou tout à fait favorables à ces traitements, il convient de mélanger différents types de déchets de manière à obtenir le meilleur environnement physicochimique possible, c'est-à-dire un bon apport de carbone, de l'azote, du phosphore et du potassium en quantité suffisante et équilibrée, une humidité suffisante, un pH neutre, etc.

L'intérêt des composts réside surtout dans la restitution de la matière organique au sol dont on va, dès lors, améliorer la structure, la porosité, les capacités d'échanges des substances nutritives et des bases, la résistance à l'érosion et à la battance des pluies, etc.

Le compost est d'autant plus intéressant à utiliser qu'il est bien stabilisé. En effet, la présence de matières encore susceptibles d'être fermentées s'oppose à la germination des graines ou à l'activité de la microflore humifiante.

L'utilisation de tels composts en fin de saison avec un engrais vert protège particulièrement bien les sols des lessivages de l'hiver.

Les composts fabriqués sur les aires de compostage des déchets urbains sont le plus souvent vendus. Dès lors ces produits font l'objet d'une surveillance de leur qualité d'une part et de leur composition d'autre part. Le fait que ces composts puissent contenir des toxiques, des métaux lourds et différents autres contaminants (pesticides, etc.) implique qu'ils soient analysés et répondent parfaitement à certaines normes avant leur mise sur le marché (NF U 44-051, NF U 44-095).




Compléments sur le compostage.

Le compostage, qui est une pratique extrêmement ancienne, est souvent mis en œuvre de façon approximative pour des résultats finalement assez médiocres… C'est bien dommage, même (et surtout) quand il ne s'agit que du compost que l'on tente de réussir au fond de son jardin !

À titre tout à fait anecdotique et très personnel, je n'ai jamais mis le moindre déchet biodégradable dans une poubelle destinée à être collectée. Je composte tout depuis " toujours ", enfin presque… Les seules choses que je jette à la poubelle, ce sont les os, les coquilles d'huîtres qui ne passent pas très bien dans le broyeur (et je suis trop paresseux pour les écraser avec un marteau). Sinon, les restes de cuisine, les papiers essuie-tout, les épluchures, les restes de pain, les fleurs coupées, les fanes des légumes, les épluchures, sans oublier les déchets du jardin, les feuilles mortes, les émondes, etc. Tout ce qui se dégrade est finement broyé et offert aux lombrics, aux bactéries, aux champignons, aux actinomycètes, aux iules, aux aptérygotes et à toutes sortes de bestioles qui veulent bien trouver quelque intérêt pour s'en nourrir. Ce sont plusieurs mètres cube de déchets qui, chaque année, me fournissent pratiquement deux mètres cube de compost.

Contrairement à ce que je lis fréquemment, mon compost ne génère ni miasmes, ni mauvaises odeurs et n'attire aucune bête malfaisante comme des rats, tout juste des oiseaux qui viennent y picorer.

Le traitement par compostage :

Il faut rappeler que le traitement des déchets par compostage est un traitement aérobie de dégradation de la matière organique, puis de sa recomposition en humus. Le but ultime de ces transformations est évidemment un retour des matières organiques minéralisées ou humifiées vers le sol afin d'en améliorer la fertilité.

On considère généralement que le compostage se déroule en deux phases distinctes : une phase de fermentation suivie d'une phase de minéralisation - humification. Dans les faits, et surtout dans la mise en œuvre d'un compost en tas au fond du jardin, pour la raison que les apports en matière organique fraîche sont permanents, les deux phases de fermentation et minéralisation - humification sont concomitantes, au moins à un moment donné.

La matière organique fraîche est d'abord débarrassée des fractions les plus biodégradables. Cela s'accompagne d'une élévation notable de la température du tas. Normalement, ce sont surtout des bactéries aérobies qui interviennent majoritairement. Il arrive cependant que des poches d'anaérobiose s'installent si le tas se compacte. Divers modes de fermentation peuvent s'installer. On peut même observer des activités méthanogènes. La matière organique carbonée va d'abord donner naissance à des acides organiques. Le stade ultime de la dégradation est le dioxyde de carbone. La matière organique azotée, soufrée, phosphatée est dégradée plus tardivement selon des processus spécifiques qui mettent en jeu des bactéries spécialisées.

Si la libération des acides organiques a tendance à baisser le pH du compost, la libération d'ammoniac tend à le ramener à des valeurs proches de la neutralité.

La phase de maturation se fait tout de suite après cette phase de fermentation ou sitôt que la température des blocs de fermentation est inférieure à 40°C. Une bonne indication que cette phase est active tient en la présence de micro invertébrés dans la masse de compost : vers de fumier, lombrics, iules, collemboles, thysanoures, insectes supérieurs, etc. Mais la phase de maturation dépend principalement de l'activité de certaines bactéries et des actinomycètes, principaux responsables de l'humification.

Normalement, si l'on cesse les apports de MO fraiche, un compost est totalement minéralisé en six - huit mois. On peut l'utiliser tel quel en apport en surface ou en incorporation superficielle. Il n'est inhibiteur plus pour la germination des graines. Un compost encore frais doit être utilisé avec davantage de précautions : par exemple, en mulching, pendant la période hivernale, autour des plantes adultes et déjà bien développée… jamais sur des semis ! Plusieurs raisons à cela : d'abord une incompatibilité microbienne entre les phases de dégradation de la matière organique et les processus symbiotiques de la rhizosphère ; mais aussi différents aspects complexes de mobilisation - blocage de l'azote dans les phases de fermentation - maturation. Voir aussi phytotoxicité des composts.



Outre les apports en différents éléments fertilisants, les composts jouent d'abord un rôle structurant pour les sols d'autant plus performants que les micelles humiques peuvent s'associer à des micelles argileuses. Sur certains sols lessivés, la correction structurelle n'aboutit que si des apports en argiles sont consentis, pas seulement par des apports de composts.

Normalement, quand on fabrique son compost à partir de ses déchets domestiques, on n'a guère à se préoccuper de la présence de microorganismes pathogènes. C'est surtout quand on envisage de travailler avec des intrants, comme des litières paillées plus ou moins contaminés par des matières fécales (fumiers de cheval du haras d'Hennebont), des boues de station d'épuration, etc. Dès lors, la question de l'hygiénisation des composts se pose et ne peut être résolue que par une montée suffisante en température (80°C) pendant la phase de fermentation laquelle aura pour résultat de tuer les bactéries mésophiles susceptibles d'être pathogènes et divers autres organismes (virus, protozoaires, champignons, helminthes, etc.). Cela écrit, certaines bactéries sporulantes sont peu sensibles à cette hygiénisation, c'est le cas des Clostridium et particulièrement C. perfringens.

On se rappellera toutefois que la durée de survie de bon nombre de bactéries pathogènes dans l'environnement est relativement faible. La plupart des entérobactéries ne survivent que quelques jours aux températures basses et encore moins si les températures de fermentation dépassent 55°C. Les œufs d'ascaris ne survivraient pas plus de 30 jours. Les virus seraient tous inactivés en une dizaine de jours. La plupart des chercheurs s'accordent pour constater que le compostage est beaucoup plus efficace pour hygiéniser des MO en décomposition que divers traitements thermiques, et même que des traitements anaérobies.

Pour conclure, je préciserai que deux écueils compliquent un peu la gestion des composts domestiques : l'apport continu de matière organique et la difficulté de gérer l'aération du tas.

L'apport continu de MO est supportable à la condition de broyer l'apport. Un broyeur de végétaux convient parfaitement pour cela. Si la matière organique est riche en eau, le broyat va se présenter comme une sorte de pâte dont la décomposition avancée est réalisée en quelques jours.

C'est plus difficile de gérer l'aération du tas. Il faudrait pouvoir disposer de plusieurs endroits pour retourner régulièrement les tas. Cela demande beaucoup de travail physique. On peut aussi faire attention de ne pas provoquer de tassement des apports nouveaux sur les plus anciens. On peut aussi griffer les parties les plus superficielles, à défaut d'aller à cœur. De toutes les façons, on veillera à utiliser le compost en apport superficiel sur le sol en comptant sur les vers de terre et les larves de cétoine pour l'incorporer plus profondément.




Le compostage domestique
http://www.ademe.fr/particuliers/Fiches/compost/index.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Compostage

http://www.compagnons-des-jardins.com/Conseils%20de%20jardinage/Dechets%20verts/compostagereal.html

http://www.sdv.fr/pages/alainh/publ05.htm

Le compostage des ordures ménagères
http://www.gers.pref.gouv.fr/Dechets/sommaire.htm

Les biodéchets des ménages
http://www.sindra.org/accueil/guide/guide2005/guide_dechets/02dechets_menages/biod_menag.htm

ÉLÉMENTS POUR LA PRISE EN COMPTE DES EFFETS DES UNITÉS DE COMPOSTAGE DE DÉCHETS SUR LA SANTÉ DES POPULATIONS RIVERAINES
http://www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/etud_impact/ensp1_ei52.pdf

LES CAPACITÉS DE TRAITEMENT DES DÉCHETS MÉNAGERS ET ASSIMILÉS EN ILE DE FRANCE EN 2004
http://www.ordif.com/documentation/etude_Ctraitt1.pdf

Les installations de compostage de déchets verts
http://www.environnement.ccip.fr/dechets/installations/centres-de-compostage.htm

Valorisation des déchets
http://www.senat.fr/rap/o98-415/o98-4152.html

OBJECTIFS POUR UN DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE COMPOSTAGE
http://www.fnade.com/sites/fnade/-upload-/2010_17066_20060819174910.pdf

Circulaire du 28 juin 2001 relative à la gestion des déchets organiques
http://aida.ineris.fr/textes/circulaires/text4176.htm

Arrêté du 18 mars 2004 relatif aux vérifications auxquelles doit procéder le responsable de la mise sur le marché des matières fertilisantes répondant à la norme NF U 44-095 composts contenant des matières d'intérêt agronomique issues du traitement des eaux
http://www.admi.net/jo/20040326/AGRG0302049A.html

Arrêté du 22 avril 2008 fixant les règles techniques auxquelles doivent satisfaire les installations de compostage ou de stabilisation biologique aérobie soumises à autorisation en application du titre Ier du livre V du code de l'environnement
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000018800981&dateTexte=






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