Pour différentes raisons, certaines rédhibitoires (âge, cessation d'activité professionnelle), à partir du 1er mars 2016,
je n'actualiserai plus cette page de façon suivie. On trouvera facilement les liens vers les sites auprès desquels je m'informais.
Entrez un mot-clé
Condition de la femme
Condition de la femme et questions de genre...
Et pour les hommes... ? Ce sont parfois des femmes comme les autres, le reste de l'année !








Autant pour les Cosse, Baupin, non sulement ne sera pas poursuivi pour agressions sexuelles pour cause de prescription, mais il va porter plainte pour diffamation... Que n'est-il candidat aux présidentielles ?

Le soliloque du dominant


Trump signe contre l'avortement entouré d'hommes seulement,
lesquels se grattent les couilles (voir photo)

Il est clair que si il était prudent d'attendre pour se prononcer sur la santé mentale du personnnage,
qu'il exerce un peu son mandat, plus rien ne s'oppose désormais à considérer cet individu
comme un pauvre type dont il ne faut rien attendre que le pire, Killary Clinton exceptée


Tout ce que vous avez voulu savoir sur le genre

Dans un très grand nombre de domaines, il ne m'a jamais fait le moindre doute que les femmes avaient une intelligence supérieure à la mienne et qu'elle prenaient un grand plaisir à me baiser et moi aussi à me laisser faire...


Il y a aussi des femmes qui sont immensément cons : Laurence Rossignol, par exemple !

Travail, famille, partouze... Gazon maudit, Buisson aussi !


C'est juste qu'en matière de genre, il vaut mieux rester petit ou suisse... neutre quoi !


Grâce !





Petit lexique journalistique :

Oui à "25 novembre : Journée internationale de lutte contre les violences CONTRE les femmes"

Non à : 25 novembre : Journée internationale de lutte contre les violences à l’égard des femmes. Contre = opposition à quelqu’un = à l’encontre de / À l’égard de = avoir de la considération pour quelqu’un = respect, attention, etc…

Oui à "8 mars : Journée internationale DES DROITS DES femmes"

Non à 8 mars : journée internationale de la femme. La Femme est un concept, un fantasme « idéal », bien loin des réalités des femmes dans la vie quotidienne.

Oui à "meurtre (machiste)"

Non à Drame/crime passionnel. Quand des meurtres de femmes et/ou des enfants, sont qualifiés de "drame familiaux", le scénario proposé insinue que les victimes seraient actrices et/ou acteurs de leur destinée au même titre que le bourreau, tous pris dans le tourbillon de la passion, donc d’une logique irrationnelle

Oui à "Droits humains"

Non à Droits de l’Homme. Cette terminologie date de la Révolution française qui a exclu volontairement les femmes de la citoyenneté. Seuls les pays francophones parlent de droits de l’Homme, tous les autres pays du monde évoquent les droits humains. Au nom de quoi l’Homme même avec un grand H (que l’on n’entend pas, même si on le lit) engloberait toutes les femmes?Cf. la campagne http: //www. http://droitshumains.fr/

Oui à "Viols"

Non à Agressions sexuelles

Oui à "Elle a été violée, il a violé une femme"

Non à Elle s’est fait violer. Les viols sont des crimes, les agressions sexuelles des délits : parler d’agression est une minimisation. Par ailleurs les victimes subissent. Elles ne sont pas actrices du viol, elles ne l’ont pas « cherché ». (Cf. la différence entre « se faire tatouer » et « être tatouée » ou « il a tatoué »).

Oui à "Agression sexuelle, agresser sexuellement"

Non à Abus, abuser.

Oui à "Féminicide"

Non à Meurtre d’une femme. Meurtre en raison de son sexe (ex : une joggeuse violée puis tuée par un inconnu). Plusieurs pays d’Amérique latine et d’Europe (Chili, Costa Rica, Colombie, Salvador, Guatemala, Mexique, Pérou, Italie et Espagne) font ainsi du machisme la circonstance aggravante du meurtre, comme cela existe pour le racisme ou l’antisémitisme.Voir la campagne d'Osez le féminisme! pour la reconnaissance du féminicide.

Oui à "Mutilations sexuelles féminines"

Non à Mutilations génitales féminines. Cette expression ne prenant pas en compte la sexualité des femmes comme droit fondamental mais reléguant les femmes à leur fonction physiologique de procréation.

Oui à "Gestion raisonnable"

Non à Gestion en bon père de famille. Notion dépassée du droit français qui a disparu seulement le 21 janvier 2015 du droit français.

Oui à "Personne de référence"

Non à Chef de famille

Oui à "4h30 à l’école c’est l’heure des parents"

Non à « 4h30, à l’école, c’est l’heure des mamans».

Violences à l’égard des femmes : Silence coupable
Prostitution : les sénateurs sont des clients comme les autres... intouchables !



Assia Djebar; Assia, la consolation Djebar, l'intransigeance


Des règles, les députés français s'en tamponnent... Ah ! les cons, si on peut oser ce raccourci !




Euh ? Et avec le crâne rasé ?





Ceci est de l'humour et merde aux pisse vinaigre !




Octobre 2010 : La retraite pour les femmes ou comment la lapidation leur semblera plus douce, à terme !


La prostitution est un des pires produits de la morale bourgeoise : soumettre… par la violence... s’il le faut ou de préférence ?


Il n'y a qu'aux élections qu'une femme puisse être battue !
Je crois même que si quelques-unes prenaient une sévère raclée, cela me réjouirait infiniment... comme si c'était des hommes.



Ceci n'est pas de l'humour, c'est juste copié sur Luz !


Un jour, une collègue juriste me demanda si j'avais des passions dans la vie... Je lui répondis que j'étais féministe.



Y aurait-il aussi des bourriques au parti socialiste ?

Y aurait autre chose que des bourriques ?

Liberté d’expression : un mot important



Il en va de la prostitution comme il en est du travail... Et si l'on veut que ça change, il faut interdire tous les liens de subordination.


Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : Généralités / Compassion et contre passion : le moi et le je ? / Les deux singes et la libellule, suivi de "faire pipi debout" / La logique du bouc émissaire (à propos du sexisme et de l'antisémitisme en banlieue... et ailleurs) / La proposition de loi durcit les sanctions (13 décembre 2005) / Atiq Rahimi : Prix Littéraire et Littérature Coloniale… / Tableau des articles archivés (.docm) / Position de Jean Luc Mélenchon sur l'égalité entre les hommes et les femmes (Osons le féminisme) / 2012 : l'égalité maintenant ! / La controverse du genre / Reg-art / Théorie du genre : comment définit-on le féminin et le masculin ?" / Pour ce qui est du genre con ou conne : clic / Majorité opprimée /

Sites Internet et articles / Corrélats /

C. Marro : "L'École persiste à perpétuer la croyance en LA différence des sexes" /
Les femmes musulmanes contestent la domination masculine /
« J'haïs les féministes ! » /
Femmes autochtones disparues entre violence et silence (Canada) /
Contraception : comment l’ignorance médicale et le marketing industriel mettent les femmes en danger... /
Histoire de la complaisance sociale à l'égard du viol /
Femen partout, féminisme nulle part /
Étude sur l’état de santé, l’accès aux soins et l’accès aux droits des personnes en situation de prostitution rencontrées dans des structures sociales et médicales /
Femmes seules avec enfants cherchent politique sociale désespérément /
La pénalisation de la prostitution et du racolage /
La place des femmes dans les manuels scolaires /
Sur France 2, l’hommage de Télématin à la « ménagère » /
Dubaï au prisme du travail du sexe /
Le voile et ce qu’il dévoile => Trente paradoxes /
Du hijab à la burqa et des collégiennes aux nounous : les dessous d’une obsession française /
Religions, sexismes, homophobies /
Sur la situation sanitaire et sociale des personnes prostituées /
Projet de loi pour l'égalité entre les femmes et les hommes /
Prostitution : encore un effort pour être abolitionnistes ! /
La prostitution, un métier ? /
Discriminées au travail, pénalisées à la retraite : La double peine des femmes /
☞ Ah ! le bon temps où on brûlait les sorcières, aujourd'hui les tartufes se penchent sur les putes ! I, II, III et IV /
Mélenchon : La prostitution, c'est d'abord un bussiness... /
Féministes donc contre la pénalisation des clients /
Prostitution : Une loi insuffisante mais nécessaire /
Sexe et genre (par J.-M. Muglioni) /
25 ans de participation des hommes et des femmes au travail domestique : quels facteurs d’évolutions ? /
Réponse au Figaro et au Point sur la supposée « expérimentation » de la « théorie du genre » /
De quoi Pierre Richard est-il le nom ? /
Féministes ou pas ? Penser la possibilité d’un « féminisme décolonial » avec James Baldwin et Audre Lorde /
Alice au pays de l’informatique /
Dérives comportementales et sexualité des adolescents /
Reconnaître le féminicide dans la loi /
Tant que toutes les femmes ne seront pas libres... /
Attouchements sexuels : la Cour de cassation ne sanctionne pas ! /
Assia Djebar décédée : Perte d’une intellectuelle majeure /
Le nu, étendard sexiste des valeurs occidentales /
Enseignantes : Comment se fabrique l'inégalité au sein de l'institution scolaire /
Les Femmes savantes de Molière : savoir, maternité et liberté /
Qu’est-ce qu’un « comportement de client » ? /
Lire et réécrire l'éducation sexuelle depuis le féminisme /
A propos de "Subversion lacanienne des théories du genre" /
La parité homme-femme dans le royaume de Dahomey /



Il semble bien que parmi toutes les femelles de mammifères, seule la femme apparaît comme disposant d'un statut peu enviable.



Sans doute, en France, les femmes sont-elles souvent mieux loties que dans bien des pays ? Mais se souvient-on qu'en 1943, Marie Latour fut guillotinée pour avoir pratiqué des avortements. Se souvient-on de toutes ces femmes qui furent rasées à la libération ? Se souvient-on que ce n'est qu'en 1980 que le viol fut considéré, dans notre droit pénal, comme un crime ? Sait-on qu'à travail égal, et malgré la loi Roudy, les femmes de notre pays perçoivent un salaire inférieur en moyenne de 30 % à celui des hommes ? Sait-on que les femmes occupent la grande majorité des emplois précaires ou de ceux qui prédisposent le plus aux troubles musculo-squelettiques ? Sait-on que les femmes sont bien plus nombreuses à pointer au chômage ? A-t-on vraiment pris conscience que celles qui auront momentanément cessé de travailler pour élever des enfants auront des retraites fortement amputées ? Sait-on que près de 1.5 millions d'entre elles sont battues chaque année ? Que si 30000 le signalent, moins de 7000 voient leur plainte prise en compte ? Sait-on que, chaque semaine en 2003, 6 françaises sont mortes des suites de violences conjugales ou familiales ? Sait-on que dans notre pays près de 50000 viols sont signalés chaque année ? Sait-on que le viol conjugal est socialement accepté ?




En plus de cinquante années d'observations, je n'ai jamais observé quelque manifestation que ce soit de cruauté* chez les animaux, pas davantage, d'ailleurs, que je me souvienne que les animaux soient doués de compassion**.

[* Capturer une proie, par exemple, n'est pas un acte cruel. Quand les éthologistes ont introduit le terme agressivité, force est de constater que ce terme a vite été galvaudé, au même titre que le " struggle for life " de Darwin. L'agressivité, chez les animaux, est d'abord une manifestation, rarement un acte violent. Quand le matin, la trentaine d'oiseaux divers vient manger les graines que je mets à leur disposition, tout ne va pas sans heurts. Mais au bout d'une petite demi-heure, tous auront pu satisfaire leurs besoins thermodynamiques, tous auront disparu, sans bobos et il reste encore des graines pour d'autres passages… plus calmes.]

[** Je ne pense pas que les manifestations " amoureuses ", de soin, de défense, d'offrande alimentaire, etc. observables entre les mâles et les femelles, aussi bien chez les oiseaux que chez les mammifères, soient compassionnelles. Il s'agit, bien plus probablement, de répondre, par des comportements adaptés, aux exigences thermodynamiques quand elles ne s'appliquent pas seulement à la fourniture d'énergie et de matière indispensable à l'individu pour conserver son intégrité de système ouvert qui échange et pour qu'il croisse, mais à celles qui oblige l'individu dont la croissance est limitée dans le temps à s'associer avec un autre individu, de sexe opposé, pour se reproduire puisqu'il ne peut pas se diviser et ainsi perpétuer son espèce.]

Je ne poserai pas la question de la cruauté ou de la compassion chez l'homme en terme d'inné ou d'acquis, seulement en terme d'hypothèse.

Partant du principe, rarement démenti, qu'un comportement ne se reproduit que s'il apporte une récompense : quelle est donc cette récompense ? N'ayant jamais été cruel, pas même méchant, étant totalement dépourvu de capacités de nuisances (et subséquemment de mérite) et ne montrant, non plus, guère de compassion, je n'ai pas d'expérience personnelle de cette récompense.

Mais, ce qui distingue le mieux les animaux de l'homme étant la station érigée, laquelle, entre autres, nous permet de mieux développer qu'eux la partie orbito-frontale de notre cerveau, je me demande donc si la récompense aux comportements cruels ou compassionnels ne se manifesterait pas quelque part dans cette zone cérébrale où je pense aussi que c'est là que se développe ce que l'on nomme communément l'ego***.

L'acte cruel, tout autant que compassionnel d'ailleurs, est thermodynamiquement et socialement inutile. Il n'est pas pour autant gratuit, comme on le dit, puisqu'il apporterait une récompense. Celle-ci se trouve-t-elle dans une satisfaction de l'ego dans l'humiliation de l'autre ou dans le secours porté à l'humilié ? Je ne me prononcerai pas, pas davantage que je ne me prononcerai sur le fait de savoir si j'ai un ego surmultiplié ou pas d'ego du tout, puisque de mon ego, quoi que vous en pensiez, moi, je m'en fous !

[*** Le plus souvent, dans l'ego, on distingue le "moi" et le "je". La plupart des animaux qui disposent d'un cerveau ont un "moi", c'est-à-dire une intégrité structure qu'ils défendent en réaction à une modification significative de leur environnement. Je n'ai jamais perçu que les animaux possédaient un "je" au sens où dans notre espèce, le "je" permet une anticipation comportementale en dehors de toute modification actuelle (factuelle) de l'environnement.]




Je ne résiste pas à l'envie de raconter cette histoire qui se passa, il y a très longtemps. C'est une autre version de la création de l'homme et de la femme.

" Deux singes se promenaient sur les bords d'une rivière quand ils furent attirés par les gesticulations et les bruissements d'une libellule qui se noyait. Les deux singes, n'écoutant que leurs penchants altruistes se précipitent pour sauver la libellule qui, pour les en remercier, leur promet de satisfaire un vœu pour chacun.

Le premier singe demande à la libellule qu'elle le transforme en l'animal le plus intelligent de la création. La libellule acquiesce et transforme le premier singe en le premier homme.

Le second singe, qui est une guenon, réfléchit quelques instants et demande à la libellule si elle peut la transformer en un animal plus intelligent que l'animal le plus intelligent et la libellule la transforme en la première femme de la création.

Depuis, l'homme en a toujours tenu rancune à la libellule, mais c'est les femmes qu'il brutalise."


ou bien cette autre trouvée sur le blogue de Goutal (clic)

Petite histoire... Collectée sur le mur des toilettes du formidable festival de Cossé le Vivien, ce dernier dimanche :

"Dieu termine la création du Monde. Il convoque Adam et Ève :

- Avant de vous laisser, il me reste deux choses à vous donner. À vous de choisir :

- L'une c'est pour faire pipi debout et...

- Parfait, parfait, moi je prends ça, dit Adam.

Et déjà, le voilà en train de pisser contre un arbre, de près, de loin...

Ève, éberluée, regarde Dieu...

- Et moi Seigneur, il me reste quoi ?

- Un cerveau. "







À lire : un texte extrait du site "Les mots sont importants" / Site : http://www.lmsi.net

18 mai 2003 / La logique du bouc émissaire (à propos du sexisme et de l'antisémitisme en banlieue... et ailleurs)

Ce qui rend mensongers la plupart des discours consacrés à " la violence des jeunes de banlieue ", c'est toute une série d'omissions ou d'occultations. Les violences qui adviennent aujourd'hui en banlieue sont en effet exhibées, tandis que d'autres sont occultées :

» Les violences du même type qui ont pu avoir cours dans le passé, autant voire davantage qu'aujourd'hui ; les autres violences que subissent les habitants des " banlieues " en question : chômage, précarité, racisme, harcèlement policier…

» L'origine des faits de violence : l'origine sociale des petits délinquants, ou la longue histoire des violences policières impunies (et des mobilisations politiques étouffées) qui mène aux émeutes ;

» Tout le " positif " : le dynamisme et les solidarités qui existent en banlieue. C'est ainsi qu'à partir d'un fait de violence authentique, se construit un discours mensonger :

» Cette violence devient une violence " nouvelle " ou " en augmentation ", alors qu'elle ne l'est pas forcément ;

» Elle devient l'unique problème des " banlieusards ", alors qu'elle est loin de l'être ;

» Elle devient une violence " sans cause ", totalement " irrationnelle ", défiant l'entendement, et ses auteurs sont donc rejetés du côté de la " barbarie ", alors que l'acte s'inscrit souvent dans un contexte et dans des logiques sociales ;

» Enfin, cette violence devient l'emblème de la banlieue, comme si rien d'autre ne s'y produisait, et les habitants sont ainsi divisés en coupables et victimes, sans que personne n'ait droit au titre de sujet agissant [1].

Mais il est un autre mensonge, l'un des plus répandus et des plus pervers, qui consiste à occulter les violences qui ont cours en dehors des banlieues. C'est ainsi, par exemple, qu'on parle aujourd'hui des viols collectifs, et plus largement des formes plus ou moins agressives de sexisme, ainsi que de l'antisémitisme. C'est également ainsi qu'on se met, de plus en plus, à parler de l'homophobie. Depuis deux ans, en effet, ces phénomènes sont présentés, à longueur de journaux, reportages et autres "débats de société", comme des phénomènes radicalement nouveaux (au moins par leur ampleur), et spécifiques aux "banlieues" ou aux "quartiers" [2]. Cette prétendue spécificité n'est pas toujours affirmée ouvertement ; elle est parfois simplement suggérée, à l'aide de toute une série de stratégies sémantiques, comme l'usage du verlan ou de l'argot des banlieues : on parle d'"antifeujes" plutôt que d'"antisémites", et de "tournantes" plutôt que de "viols collectifs" [3]. Et c'est là que se situe le problème : qu'il s'agisse de l'antisémitisme, du sexisme ou de l'homophobie, ces nouveaux discours ont ceci de pervers qu'ils pointent des problèmes bien réels, dont la gravité est indiscutable, mais qu'ils omettent de dire que ces problèmes concernent en réalité l'ensemble de la société française, et qu'aucune donnée empirique ne permet d'affirmer que la jeunesse des banlieues est davantage en cause que le reste de la société. Nonna Mayer a par exemple montré que les enquêtes d'opinion contredisent la thèse de la " nouvelle judéophobie ", élaborée par Pierre-André Taguieff et relayée par de nombreux médias, selon laquelle "des secteurs entiers de la société, notamment dans certaines zones péri-urbaines, sont antijuifs . Pourtant, on continue de pratiquer l'évitement, afin de ne pas stigmatiser les jeunes issus de l'immigration" [4]. Ces enquêtes montrent en effet que les idées antisémites ne sont pas dominantes dans les milieux d'extrême gauche et dans la jeunesse issue de l'immigration maghrébine ; elles restent, aujourd'hui comme par le passé, présentes dans l'ensemble de la société française, avec des " pics " à la droite de la droite, dans les franges de l'opinion qui manifestent par ailleurs un très fort rejet de l'immigration maghrébine. Plus précisément, en 2000, 20% des sondés approuvaient l'énoncé " les Juifs sont trop nombreux en France ", et 97% de ces antisémites approuvaient également l'énoncé " il y a trop d'Arabes " [5]. Et lorsqu'on passe des opinions aux actes, les seules données disponibles, celles du Rapport 2001 de la Commission nationale consultative sur les droits de l'homme, indiquent que :

» Sur 35 personnes identifiées et déférées devant la Justice pour "violence raciste, xénophobe ou antisémite", on a dénombré cinq militants d'extrême droite et quinze militants "ultra-sionistes" ;

» Sur 29 prévenus accusés de menaces racistes, on a dénombré quinze militants d'extrême droite, deux "ultra-sionistes" et six "individus d'origine maghrébine" ;

» Sur 13 personnes identifiées et interpellées pour menaces dirigées contre des Juifs, on a dénombré quatre "jeunes maghrébins", et cinq militants d'extrême droite [6]. Quelles que soient les limites de ces chiffres, force est d'admettre que nous sommes loin de "l'Année de cristal" annoncée par certains [7], que les auteurs d'agressions antisémites sont loin d'être tous des jeunes maghrébins, et qu'ils représentent en tout état de cause une infime minorité de la jeunesse issue de l'immigration maghrébine.

Le sexisme en banlieue… et ailleurs.

Quant aux violences et aux discriminations sexistes, elles sont également loin d'être l'apanage des "quartiers sensibles". Aucune statistique fiable ne permet d'établir un quelconque monopole de la banlieue, ni même une spécificité ou une recrudescence des viols, individuels ou collectifs, en banlieue [8]. Il faut par ailleurs rappeler que, d'après les sources existantes, la majeure partie des violences faites aux femmes, qu'elles soient "sexuelles" ou non, ont lieu dans l'espace privé et non dans la rue ou dans les caves, et qu'elles sont le fait des maris sur leurs femmes ou leurs filles, ou des conjoints sur leurs compagnes :

» Au cours d'une enquête publiée par l'INED en 1992 auprès d'un échantillon représentatif de femmes vivant en France, 4,4% des femmes ont déclaré avoir subi au moins une fois " des rapports sexuels imposés par la contrainte ", et dans 75% des cas, c'est un proche qui a imposé ce " rapport " sexuel [9] ;

» En France, on évalue à 10% la proportion des femmes ayant subi des violences physiques de la part de leur conjoint, et cela dans tous les milieux sociaux. Quant à "l'Omerta" que dénonçait dernièrement le mouvement "Ni putes ni soumises", elle n'a rien à envier à celle qui règne dans les campagnes, dans les centre-villes ou dans les "beaux quartiers" [10]. Il y aurait aussi beaucoup à dire sur la violence et le harcèlement sexuel dans le monde de la mode et du spectacle, dans les hôpitaux ou à l'université - ou encore sur la violence conjugale dans le monde politique... Daniel Vaillant, Jean-Pierre Chevènement et Nicolas Sarkozy sont toujours restés étrangement muets sur ces questions, à tel point qu'on pourrait, là encore, parler d'Omerta [11]. Par ailleurs, avant de porter un regard hautain sur les "banlieues", et avant de présenter ces "banlieues" comme des enclaves d'arriération et de sexisme au milieu d'une France égalitaire et émancipée, la classe dirigeante et le monde médiatique seraient bien avisés de se regarder en face : ils découvriraient un univers dominé, voire monopolisé, par des mâles - et plus précisément encore par des mâles blancs, riches et hétérosexuels. On sait notamment que :

» Deux ans après la loi d'avril 2000 sur la parité, lors des élections législatives de juin 2002, les femmes ne représentaient que 36% des candidats présentés par le Parti socialiste, et 20% des candidats présentés par l'UMP ;

» À l'issue de ces élections, les femmes représentent seulement 12,3% des députés ;

» En 2001, les femmes ne représentaient que 11% des maires et 10% des sénateurs ;

depuis la fin de l'Ancien Régime jusqu'à nos jours, il n'y a eu qu'une seule femme Première ministre (Édith Cresson), et aucune présidente de la République ;

» Dans le gouvernement Raffarin, comme dans la plupart des précédents, les ministères les plus stratégiques, en particulier ceux des Affaires étrangères, de l'Économie et des finances, de la Justice, de l'Intérieur, des Affaires sociales et de l'Éducation nationale, sont tous dirigés par des hommes ;

» Depuis deux siècles, aucune femme n'a jamais occupé le poste stratégique de ministre des finances ;

» En 1999, les femmes ne représentaient que 4,6% des Préfets ;

» Les femmes représentent seulement 6,3% des administrateurs des 5000 plus grandes entreprises françaises ; et parmi les 200 principales entreprises présentes en France, aucune n'est administrée par une femme ;

» Les PDG et les directeurs de rédaction des plus grands quotidiens (notamment Le Monde, Libération, Le Parisien), des grands hebdomadaires (notamment Le nouvel observateur, Le Point) et des chaînes de radio périphériques sont quasiment tous des hommes ;

Les six chaînes de télévision hertziennes sont toutes dirigées par des hommes ;

» En 1998, les femmes ne représentaient que 20% des membres de la direction de l'AFP et du journal Le Monde, 22% des journalistes de radio et de télévision, 24% des journalistes travaillant dans la presse nationale, mais elles représentaient en revanche près de 80% des pigistes réviseuses et 100% des pigistes sténographes et traductrices ;

» Un décompte effectué sur cinq grands quotidiens, une chaîne de radio et une chaîne de télévision, montre que les femmes représentent seulement 17% des personnes citées dans les reportages journalistiques [12]. Et lorsqu'une institution prestigieuse comme l'École Nationale de la Magistrature est investie par des femmes, le ministre de la Justice s'empresse d'exprimer son inquiétude devant "les problèmes d'organisation" que cette féminisation risque de provoquer dans les tribunaux, et de s'interroger sur "la partialité des femmes magistrats jugeant des hommes" [13]. On pourrait dire beaucoup aussi de l'image des femmes véhiculée par les publicitaires, qui ne sont généralement pas, loin s'en faut, issus des classes populaires, ni de l'immigration africaine. Sans parler non plus de ces talk-shows télévisés durant lesquels Guillaume Durand, Franz-Olivier Giesbert et leurs invités mâles, "blancs" et riches pontifient sur la difficile condition de la femme en banlieue, sa relégation et son statut de femme-objet, devant des filles "black, blanc, beur", toutes jeunes, jolies et apprêtées, qui se tiennent immobiles et muettes à l'arrière-plan, réduites au rang de plantes vertes. Rappelons, pour finir, que le monde du travail est aujourd'hui l'un des principaux lieux de violence et de discrimination à l'encontre des femmes. Selon les enquêtes les plus récentes, menées ces dernières années : les hommes gagnent en moyenne 25% de plus que les femmes, et si l'on ne considère que les cadres du secteur privé travaillant à temps complet, l'écart s'élève à 33% ;

» Les femmes, qui représentent 45,8% de l'emploi total, ne représentent que 35% des cadres dans les entreprises publiques, et seulement 24% des cadres dans les entreprises privées ;

» 85% des emplois à temps partiel sont occupés par des femmes ; trois femmes sur dix travaillent à temps partiel, et la moitié d'entre elles ne l'ont pas choisi ;

» Les femmes occupent systématiquement les emplois les moins valorisés et les moins rémunérés : dans l'enseignement, par exemple, elles représentent 77% des professeurs à l'école primaire, 56% dans l'enseignement secondaire, et seulement 31% dans le supérieur (et il en va de même dans le journalisme ou dans la médecine : beaucoup d'infirmières, peu de femmes "chirurgiennes" ou "médecins-chefs") [14]. Après cela, on peut difficilement prétendre que le respect de la femme et le principe d'égalité font partie de "nos valeurs républicaines", et qu'ils "s'arrêtent aux portes des cités". Car en termes de domination masculine, les halls d'immeuble HLM ne diffèrent pas vraiment des bancs de l'Assemblée nationale ou des fauteuils des Conseils d'administration [15]. Quant à l'homophobie de la classe politique, la lecture des débats parlementaires sur le PACS permet d'en prendre la mesure [16]. Le constat est accablant : la violence et la grossièreté des injures proférées par les "représentants du peuple français" n'a rien à envier à ce qu'on peut entendre dans la bouche de certains "sauvageons". De la pure et simple injure (" les pédés je leur pisse à la raie ") à la bestialisation, en passant par les pires amalgames (entre homosexualité et " sida ", " inceste ", " pédophilie ", " zoophilie " et " décadence "), la frange la plus homophobe de la droite parlementaire s'est particulièrement illustrée - sans, du reste, être rappelée à l'ordre très vivement par le reste de la "représentation nationale". Or, il convient de rappeler qu'à l'Assemblée nationale, à cette époque comme aujourd'hui, le nombre de députés issus des classes populaires et de l'immigration africaine étaient proche de zéro, et que les auteurs des pires invectives homophobes étaient tous des hommes mûrs, "blancs" et appartenant aux classes supérieures [17]. De même, ce ne sont pas des " jeunes de banlieue ", ni des " islamistes ", qui ont alors manifesté dans les rues de Paris derrière des slogans comme " Pas de neveux pour les tantouzes " ou "Les pédés au bûcher". C'est pourquoi, après l'arrivée à Paris de la Marche "ni putes ni soumises", un certain nombre de questions demeurent. Celle de la condition des filles et des femmes en banlieue, bien entendu, mais également plusieurs autres, et en premier lieu celle de l'instrumentalisation et de la récupération. Il ne s'agit pas de contester la bonne foi des "marcheuses", ni de mettre en doute leur capacité politique. Il s'agit encore moins de nier l'étendue et la gravité des problèmes de sexisme qui peuvent exister en banlieue, ni de décréter que ces problèmes sont secondaires par rapport à d'autres - comme le chômage, la précarité, la discrimination ou la violence policière. Il s'agit plutôt de s'interroger sur l'orientation que donnent à ce mouvement ses dirigeants, ses "parrains", et plus encore les médias qui l'ont abondamment couvert et les hommes politiques qui l'ont unanimement salué. Car si on ne prend pas en même temps la mesure de ces violences dans tous les milieux, et si l'on ne relie pas les formes spécifiques du sexisme en banlieue aux formes spécifiques qui existent ailleurs et qui les nourrissent, alors la révolte des "marcheuses" risque fort de se trouver dans une impasse. En d'autres termes, il est à craindre que le soutien unanime dont ont bénéficié les "marcheuses" soit lourd de non-dits et d'arrières-pensées : sans doute l'émancipation des jeunes filles de banlieue passe-t-elle par des échanges vifs, voire des conflits ouverts, avec les garçons et les parents ; mais ces conflits ne seront productifs que si en sont clairement écartés, au préalable, les "parrains" bienveillants qui ont de tout autres raisons, bien moins avouables, de s'en prendre aux garçons et aux parents. Des raisons moins féministes qu'opportunistes, ou sordidement racistes.


Pierre Tévanian


(Ce texte est paru dans le numéro 20, mai 2003 de No Pasaran)

Notes

[1] Ces quatre occultations et leurs effets sont analysées plus en détail dans la réédition augmentée et actualisée de Stop quelle violence ? (300 p.), à paraître en juin 2003 à L'esprit frappeur.

[2] Sur la campagne de presse menée autour du thème de "l'antisémitisme en banlieue", cf. D. Vidal, Le mal-être juif. Entre repli, assimilation et manipulations, Agone, 2003, et " Huit questions sur la couverture par les médias des agressions antisémites en France", http://acrimed.samizdat.net. Si les principaux relais médiatiques de cette campagne ont été Marianne, Le Point, Le nouvel observateur, L'Express, et plus encore Le Figaro, les quotidiens Le Monde et Libération l'ont également relayée. Quant à la question des viols collectifs, plusieurs articles de ces deux quotidiens semblent indiquer qu'il est acquis, dans leurs rédactions, que les viols collectifs sont un phénomène nouveau et spécifique à la banlieue. Cf. par exemple Le Monde, 25/10/2002 : "La condition des jeunes filles s'est dégradée dans les quartiers difficiles".

[3] Cf. Les antifeuj, rapport sur l'antisémitisme publié par SOS Racisme et l'Union des Étudiants juifs de France, et Dans l'enfer des tournantes, titre imposé par l'éditeur à Samira Bellil pour le récit de son expérience de femme violée. Plus perverse encore, l'allusion récurrente aux prétendus méfaits du "droit à la différence" (aussi bien dans le discours de Pierre-André Taguieff et de Luc Ferry sur l'antisémitisme que dans le manifeste "Ni putes ni soumises" consacré au sexisme) est une manière de faire passer discrètement, comme en contre-bande, une accusation extrêmement grave : ce seraient les immigrés, les Maghrébins ou les Africains, en tout cas les populations "différentes", qui seraient en cause dans les phénomènes de sexisme et d'antisémitisme ; et la gauche antiraciste qui, autour du MRAP notamment, a promu le "droit à la différence", serait coupable de complaisance avec ces "maladies exotiques"… L'idée qu'il puisse exister une tradition et une actualité franco-française du sexisme et de l'antisémitisme, et cela dans tous les milieux sociaux, a totalement disparu. Cf. "Ni putes ni soumises", Appel consultable sur www.macite.net, et Luc Ferry, cité dans Le Monde, 01/03/2003.

[4] P.-A. Taguieff, Le Point, 05/04/2002

[5] Cf. N. Mayer, Le Monde, 04/04/2002. Par ailleurs, plus de 60% des sondés approuvent l'énoncé "il y a trop de Maghrébins". [6] Chiffres cités par Dominique Vidal dans Le mal-être juif. Entre repli, assimilation et manipulations, Agone, 2003

[7] La formule est d'Alain Finkielkraut (cité par D. Vidal dans Le mal-être juif, op. cit. , 2003)

[8] Cf. L. Mucchielli, Violence et insécurité. Mythes et réalité dans le débat français, La découverte, 2001

[9] Chiffres cités dans A. Bihr, R. Pfefferkorn, Hommes/femmes : quelle égalité ?, L'atelier, 2002

[10] Il est même probable que "l'Omerta" soit plus forte dans les classes supérieures, parce que les violences s'y produisent dans des espaces beaucoup mieux "protégés" des regards (des domiciles privés plutôt que des caves), et parce que les victimes sont beaucoup moins en contact avec les services sociaux que dans les classes populaires.

[11] Par exemple, dans son livre La sécurité. Priorité à gauche (Plon, 2003), Daniel Vaillant se déclare opposé aux "châtiments corporels" pour les enfants ou les adolescents, mais il ne se prononce pas pour ce qui concerne les épouses ou les compagnes, et il ne consacre pas une ligne (sur 187 pages consacrées quasi-exclusivement à la violence et à l'insécurité) à la question des violences conjugales.

[12] Sources : Libération, 07/03/2003 ; A. Bihr, R. Pfefferkorn, Hommes/femmes : quelle égalité ? ; L'atelier, 2002 ; M. Bulard, "Sexisme ordinaire au travail", Manière de voir, n°68, avril 2003.

[13] D. Perben, Europe 1, 05/02/2003, cité par Martine Bulard dans "Des conquêtes inachevées", Manière de voir, n°68, avril 2003.

[14] Sources : A. Bihr, R. Pfefferkorn, Hommes/femmes : quelle égalité ?, op. cit., 2002 ; M. Maruani, Travail et emploi des femmes, La Découverte, 2000.

[15] Il n'est pas inutile non plus de rappeler que la République française a mis plus d'un siècle et demi à accorder le droit de vote aux femmes, et près de deux siècles à leur accorder un plein droit au travail. Cf. C. Bard, Les femmes dans la société française, Armand Colin, 2001, et M. Riot-Sarcey, Histoire du féminisme, La découverte, 2002.

[16] Le contexte et le contenu de ces débats, ainsi que les principales invectives homophobes, sont rappelées dans le livre de Daniel Borrillo et Pierre Lascoumes, Amours égales ?, La découverte, 2001.

[17] À l'exception de Christine Boutin, qui est une femme. »




La proposition de loi durcit les sanctions (13 décembre 2005).

En 2003 et 2004, 211 personnes furent victimes de violances (violences ?) Conjugales : 163 femmes victimes d'un homme et 46 hommes victimes d'une femme. Un homme et une femme furent tués dans le cadre de relations homosexuelles établies. Compris autrement, c'est une femme tous les quatre jours et un homme tous les seize jours qui meurent sous les coups de leurs conjoints.

Face à ce qu'on ne peut pas considérer comme anodin, c'est le moins, la France n'a pourtant choisi de faire une avancée significative en ce domaine. À croire que l'insécurité familiale ou conjugale n'est pas aussi politiquement porteuse que l'insécurité sociale ou l'insécurité professionnelle, qui sont toutes deux au-devant de l'actualité de ces derniers jours.

Il est vrai que les violences conjugales (on a fini par le dire, sinon à l'admettre encore) sont aussi du fait des (grands) bourgeois et pas seulement des ouvriers d'usines qui, eux-mêmes, ne sont pas toutes des brutes avinées. Il y a aussi dans des milieux modestes et relativement peu " éduqués ", des relations à l'autre (conjoint, enfants) desquelles la violence est totalement proscrite. Si !

Alors, faute d'une loi-cadre comme celle qui avait été promulguée en Espagne, la France va se contenter de durcir les sanctions prises à l'encontre des coupables. Les victimes de coups et les décédé(e)s pourront toujours s'en consoler.

On peut d'ailleurs, en ce domaine comme en d'autres, s'interroger sérieusement sur les capacités de la France à envisager d'autres approches que le durcissement des sanctions. Il se peut que l'absence de moyens financiers l'y contraigne… Pas que ! Il devient notoire que les moyens intellectuels aussi lui font défaut. Il est vrai que l'exemple de la karchérisation des racailles a de quoi nous interpeller sur le niveau intellectuel de son émetteur. Si même un philosophe et 80 % de français ne s'en aperçoivent pas, c'est bien que ce que je pressens est juste. Faudra-t-il n'espérer que dans les propos de quelque cinéaste ou de quelque acteur pour changer le cours des choses* ?

[* Un an plus tard, c'est encore pire. Sarkolène s'égosille, la presse peopelise, certains policiers ont la nostalgie du 17 octobre 1961, la magistrature en reste assise et la femme infidèle, après quelque escapade étasunienne, a enfilé sa burka.]




Atiq Rahimi : Prix Littéraire et Littérature Coloniale… (1)

Défilés de mode ou Prix littéraires, j'y jette toujours un œil. S'amuser, un peu, dans le futile et les paillettes. On y voit ce qui n'est jamais porté. On y lit ce qui s'oublie toujours.

Le jury du prix littéraire français le plus célèbre, le Goncourt a primé, cette année, un livre intitulé : " Syngué Sabour - La pierre de patience" (1). L'auteur, Atiq Rahimi, présenté comme Franco-Afghan.

J'en avais aimé le titre, à sa lecture sur la liste des "nominés", quelques temps auparavant. Référence aux légendes orientales où chagrins, espoirs et secrets sont confiés à une pierre dite "de patience". Parce qu'il en faut, pour écouter l'âme humaine…

Le thème annoncé étant une femme Afghane prise dans les tourments de la guerre, je m'étais dit : Enfin ! Quelqu'un qui va nous présenter une autre vision que le cliché habituel de la propagande coloniale sur la femme Afghane.

Malalaï de Maïwand

Avant de me procurer le livre, j'espérais, d'Atiq Rahimi, la mise en scène romanesque de la femme Afghane la plus célèbre et vénérée dans son pays, et au-delà : Malalaï (2). Héroïne de la seconde guerre anglo-afghane (1878-1880).

Fille d'un berger luttant contre la violente occupation britannique de l'époque, aux côtés de son père, de ses frères, de son mari, de son village, de son clan. Comme beaucoup de femmes Afghanes soutenant "leurs hommes", résistants, combattants. Transportant, pour eux, nourriture, munitions. Chargeant les fusils, nettoyant les armes ou assurant les soins.

Malalaï, aussi belle, féminine que courageuse. Extraordinaire personnage, dans un pays au relief grandiose et au contexte historique épique, dont la vie est un creuset où aventures et sentiments, doute et témérité, peur et volonté, donnent une fusion flamboyante pour mille pages d'un roman, sans lasser le lecteur. Pour qui voudrait l'écrire…

Elle participa à la bataille de Maïwand, le 27 juillet 1880, contre les anglais. Avec d'autres femmes. L'une d'elles avait même le grade de colonel d'artillerie dans l'armée afghane…

Voyant les combattants Afghans plier devant la puissance de feu des anglais, équipés de fusils à cadence de tir plus rapide et à portée plus longue, Malalaï les encouragea en chantant des poèmes à la gloire de leur nation. Reprenant le drapeau d'un combattant qui venait d'être tué devant elle. Jusqu'à ce qu'un tireur anglais ne réussisse à la tuer, à son tour. Foudroyée par une balle.

Son action, sa mort, furent décisives, d'après Ayub Khan le dirigeant Afghan présent, galvanisant les troupes afghanes qui remportèrent une victoire. Le nom de Malalaï est porté par de nombreuses femmes Afghanes, depuis. Pour éviter toute confusion, on précise donc : Malalaï de Maïwand.

Les Suisses partagent de profondes similitudes avec l'Afghanistan, même si leur pays est 16 fois plus petit, avec 4 fois moins d'habitants (3). Par ses montagnes, sa mosaïque de vallées, de dialectes, de clans, de communautés autonomes. Tour à tour s'affrontant au cours des siècles, mais se fédérant à la première tentative d'un envahisseur de conquérir le pays. Donnant, ainsi, d'excellents ethnologues et historiens de l'Afghanistan.

Micheline Centlivres-Demont, avec son mari Pierre, est une de ces spécialistes qui a le mieux compris ce pays et leurs femmes. Elle a eu accès à la compréhension de la femme Afghane du fait qu'elle était une femme. Surtout, une femme, ethnologue, sans préjugé.

Elle rappelle le rôle fondamental de la femme Afghane dans l'identité de la nation. Sa participation, souvent en première ligne, dans la résistance à l'occupant étranger :

" … dans la tradition pachtoune, dans certaines circonstances, la femme peut-être porteuse d'un courage exceptionnel que même les hommes n'ont pas. L'héroïne surgit. Alors que d'habitude elle n'a pas sa place dans la vie publique, à des moments de crise extrême, elle apparaît, c'est elle qui sait montrer l'exemple aux combattants, c'est elle qui meurt en première place, et si elle se dresse contre l'envahisseur, c'est tout comme Malalaï s'était dressée en 1879 contre l'occupant anglais." (4)

Ce n'est pas l'opium qui permet aux combattants Afghans de résister à la sauvagerie de l'occupation actuelle de la coalition occidentale, pas plus que leur armement dérisoire face au colossal arsenal de l'OTAN et des USA, ce sont : leurs femmes. Sans leur feu vert, leur soutien absolu, ils ne bougeraient pas le petit doigt.

Le gogo occidental, asphyxié de propagande, ne l'a pas compris. Par contre, le traîneur de sabre : oui.

Observez. Lisez les statistiques. Parmi les cibles privilégiés, notamment des forces aériennes des armées occidentales, vous trouverez systématiquement : noces et mariages. Ce qui fait dire à l'intellectuel américain Tom Engehardt, avec rage et désespoir : "… Nous sommes devenus une nation d'écraseurs de fêtes de mariages… d'annihilateurs de célébrations de noces…". (5)

Pourquoi ?...

Simple : ce sont des manifestations où sont concentrées femmes et jeunes filles, dans la célébration de fêtes regroupant souvent plusieurs villages. Bombarder un mariage, c'est pouvoir tuer le maximum de femmes. On "casse" de la femme afghane à coup sûr. Et, bien sûr, au passage plein d'enfants.

Les soudards occidentaux pensent, ainsi, "casser la colonne vertébrale" de la résistance. La formule a été rodée en Irak. Et cela ne coûte, à chaque fois, qu'un communiqué de l'OTAN regrettant ce fâcheux incident, après l'avoir démenti pendant plusieurs jours…

A cela s'ajoute à présent, au bout de 7 ans d'occupation occidentale, une famine organisée en plein hiver pour "casser définitivement" la résistance et rendre la population dépendante de l'aide alimentaire extérieure au pays. La famine, arme ultime pour faire "craquer" la femme Afghane, ne pouvant supporter la vision de ses enfants affamés.

Famine, démantèlement des circuits de production et d'échange, méthodes classiques de toute colonisation occidentale, mais modernisées dans leurs applications contemporaines, rodées ces dernières décennies en Palestine, notamment dans la zone de Gaza. Gaza, qui avec ses 1,5 millions d'habitants sert de laboratoire, au 21° siècle, à toutes les techniques et pratiques "managériales" d'asservissement et de destruction identitaire d'un peuple.

Observez, encore : drones et satellites militaires capables de "lire une marque inscrite sur une balle de golf", nous affirment avec fierté les marchands de canons, se révèlent incapables d'identifier une noce ou un mariage, de discerner entre la célébration d'une fête et un commando de combattants…

Pas plus que de repérer et suivre le transport des 8.000 à 10.000 tonnes d'opium qui sortent du pays chaque année. Premier producteur d'opium du monde, d'après les statistiques de l'ONU, s'étonnant de voir la production décupler depuis le début de l'occupation par la coalition internationale… Production dont on retrouvera le produit de la vente, après conditionnement et distribution sur les marchés internationaux, dans les paradis fiscaux.

Raisonnons un peu.

Sachant que la circulation, sur les rares routes et chemins afghans praticables, est sous constante surveillance. Je prends l'hypothèse basse de 8000 tonnes/an, 1 tonne par camionnette cela représente : 8000 camionnettes. Si je les transporte avec des camions de 15 tonnes, cela ferait plus de 530 camions, en les bourrant jusqu'au plafond… Je fais abstraction de l'hypothèse du transport par des ânes, à raison de 100 kg par âne, cela ferait un cortège de 80.000 ânes…

Par an… Traversant, ni vus ni connus, tous les barrages des troupes occidentales… A la barbe des drones, et à la moustache des satellites espions… Invisibles.

A moins que cela ne voyage par avions, comme du temps de la guerre d'Indochine, avec les bons soins de l'armée française, ou de la guerre du Vietnam, avec ceux de l'armée américaine ?... Planant. Pendant que civils et soldatesques s'étripaient dans la rage des tueries, au sol. Plusieurs livres et films ont évoqué cette industrie gérée par les "services spéciaux". Pour le compte de qui ? C'est une autre histoire. Désigner serait se suicider…

Bizarrement, toute cette technologie de surveillance et de renseignement, de haute précision, en mesure de repérer le moindre conducteur de mobylette, Oussama excepté, dans les villages les plus reculés, se révèle myope dès qu'il s'agit de fêtes de mariage, ou aveugle dès qu'un transport d'opium déambule dans la nature afghane. C'est pourtant plus gros qu'une balle de golf, un tambourin de mariage, une camionnette, un camion de 15 tonnes ou un C130 !…

Trou noir, intersidéral, galactique.

Les trafiquants d'opium, quant à eux, se portent très bien, s'en mettent plein les poches et leurs comptes bancaires, à Dubaï ou ailleurs, débordent de cash. Ceux de leurs complices et commanditaires, aux mirifiques profits, aussi. Rappelons-le au lieu de l'occulter, ceux qui s'enrichissent le plus dans ce trafic sont, nous le savons tous, essentiellement occidentaux.

Mais, les femmes Afghanes avec leurs enfants sont systématiquement confondues avec les Talibans… Lesquels n'existent plus d'ailleurs, puisqu'il s'agissait d'un agrégat de formations politiques dissoutes depuis l'invasion du pays en 2001. Les mouvements de résistance actuels, d'essence essentiellement régionale et clanique, n'ont plus rien à voir avec cette mythologie occidentale entretenue par la propagande.

Tueries de femmes et d'enfants ?... Erreurs techniques et éminemment regrettables, ne cessent donc de répéter les communiqués militaires de l'OTAN… Que voulez-vous, on fait de notre mieux, ce ne sont que dégâts collatéraux inévitables pour implanter démocratie et civilisation…

Qu'importe, pour les Belles Âmes, le droit des femmes sous les bombes occidentales (6) …

Qu'importe, pour les Belles Âmes, que les femmes Afghanes et leurs enfants crèvent de faim sous l'occupation occidentale …

Au bout de 7 ans d'occupation !

Avec des milliards de dollars et d'euros d'aides détournées dans les paradis fiscaux. Les marionnettes corrompues, servant de "gouvernement démocratiquement élu", façade en carton-pâte pour abuser l'opinion publique internationale, ne recueillant que les miettes de ces détournements…

Marionnettes tellement utiles comme alibi, paravent, jusqu'aux détournements. Car, cette guerre comme toutes les guerres coloniales enrichit, en Occident, une oligarchie de responsables du Business de l'armement et des politiciens à leur solde, qui ont intérêt à ce qu'elle dure le plus longtemps possible.

Dès l'éditorial triomphant du journal Le Monde, annonçant les Prix Littéraires 2008, j'ai compris l'arnaque : tout va être bon pour justifier, accroître et prolonger le plus longtemps possible, notre engagement colonial en Afghanistan. Pour l'enrichissement exponentiel et fulgurant de notre nomenklatura.

Les campagnes de désinformation vont faire flèche de tout bois. Normal, quand les sondages, censurés par les médias, démontrent que plus des deux tiers de l'opinion française, comme dans les autres pays européens, sont contre l'aventure coloniale en Afghanistan. Aventure soumise à référendum, elle serait rejetée aussitôt à une écrasante majorité. Rejet redouté des politiciens, comme pour la Constitution Européenne…

Lisez cet éditorial : "La langue de la liberté" (7). Célébrant les écrivains qui :

"… comme Rahimi, ont choisi la liberté de la langue française pour dépasser les tabous de leur culture d'origine et faire parler une femme autrement réduite au silence, presque à l'inexistence, par la burka afghane".

Le français "langue de la liberté", alors que nous soutenons militairement les pires dictatures en Afrique et une atroce guerre coloniale en Afghanistan. Alors que nous soutenons politiquement tous les abus contre la dignité humaine, toutes les violations des Conventions de Genève, crimes de guerre et crimes contre l'humanité, en Palestine ou en Irak…

Quand le cliché dithyrambique atteint ce point d'hystérie, dans la propagande coloniale, je me demande toujours : "… comment en arrive-t-on à pondre pareil camembert ?...".

Me retrouvant, enfin, devant le livre ou, plutôt, l'opuscule mis en vente sous le bandeau bleu Prix Goncourt, mon appréhension se confirma. Je sais : la qualité ne se jauge pas au nombre de pages. Alors, cent cinquante cinq pages, en gros caractères… Insuffisant, toutefois, pour chanter l'épopée de Malalaï. Avant de le lire, je le savais déjà : j'étais bien face à un "n'importe quoi" de fast food littéraire.

Adieu Malalaï, me suis-je dit, je vais avoir droit au "Sort Tragique de la Femme Afghane", version islamophobe …

Suite (2)

(1) Rahimi, Atiq, Syngué Sabour - La pierre de patience, Editions P.O.L. (groupe Gallimard), 155 p., 2008.

(2) Cf. ce site en anglais (précisons qu'il n'y a pas de tréma en anglais, le nom s'écrit en ce cas Malalai) : http://www.garenewing.co.uk/angloafghanwar/biography/malalai.php

(3) Suisse : 41.285 km2 & 8 millions d'habitants - Afghanistan : 652.000 km2 & 31 millions d'habitants (+ ou -, compte tenu des massacres et déplacements de population actuels).

(4) Centlivres-Demont, Micheline, Centlivres, Pierre, Et si on parlait de l'Afghanistan ?, Université de Neuchâtel, Institut d'ethnologie, Editions de l'Institut d'Ethnologie, Neuchâtel, Suisse, 1988. p. 288.

(5) Engehardt, Tom, "... We have become a nation of wedding crashers... wedding-obliteration..." (… Nous sommes devenus une nation d'écraseurs de fêtes de mariages… d'annihilateurs de cérémonies de noces…) in, Five weddings and many funerals, Asia Times, 15 juillet 2008.

(6) Baroud, Ramzy, Another Casualty of War - The Rights of Women in War Zones, Counterpunch, 21-23 novembre 2008, http://www.counterpunch.org/baroud11212008.html

(7) Le Monde, La langue de la liberté, Éditorial, 12 novembre 2008. [Note personnelle : N'est-ce pas ce qui se passe aussi en Palestine ?]

Atiq Rahimi : Prix Littéraire et Littérature Coloniale… (2)

Suite du (1)

L'Imbécillité Tragique de "l'Intelligentsia" Française

La lecture de "Syngué Sabour" m'a procuré la même sensation que ces barquettes de plats préparés d'hypermarché. Transitant par le micro-ondes, avant ingestion et digestion. "Produit" parfaitement calibré pour le marché français, et occidental. Dans le business de l'édition, les traductions ou les cessions de droits à l'export, avec si possible des adaptations cinématographiques, sont planifiées pour diffuser un "produit vendable". D'où, la nécessité de réunir les ingrédients basiques.

On retrouve, dans ce Goncourt, le cocktail d'astuces indispensables aux bonnes ventes dans l'édition bien de chez nous : violence, incitation à la haine raciale et religieuse, à mots couverts bien sûr car il convient de respecter un minimum de convenances, femme "victimisée" pour ratisser du côté des organisations féministes ouvrant grande la promotion dans les magazines "féminins". Et, ingrédient essentiel : du sexe…

Dans Syngué Sabour, tout y est. Parfaitement dosé. Tous les clichés sont là pour plaire à la cible de clientèle, le "bobo" occidental, flatter son racisme et stimuler sa libido fatiguée par le stress…

Tranches de sexe, entrelardées d'une couche de voyeurisme, alternant avec les imprécations de "la femme" contre les hommes et son pays, personnage central du roman, dont on ne connaîtra pas le nom. Un coulis de sauce sanguinolente, pour fin, car il faut bien une fin en apothéose : la femme se faisant fracasser la tête par son homme, contre un mur, sur le sol. Rêve ou réalité, le fait est là. Pour bien signifier le "sort tragique de la femme Afghane".

Pour toile de fond, une femme veille un homme dans une maison. Son mari. Dans une demie folie. Il est dans le coma, sous perfusion, blessé dans des combats. Ambiance de guerre. Elle soliloque, prenant son homme pour "pierre de patience". On entend les bruits extérieurs : tirs, chenilles et moteurs de char d'assaut, cris.

Quelle guerre ?... Une de celles, successives, imposées par les envahisseurs de l'Afghanistan, Russes, Américains, coalisés occidentaux de l'OTAN ?...

Chut ! Tabou ! Nous n'en saurons rien.

Des hommes entrent et sortent, en hurlant, fouillant la maison, malmenant le blessé. Ils portent des "turbans noirs". Se ravisant de leur méprise. Nous sommes bien en Afghanistan. Mais on ne voit, ni n'entend, jamais, des soldats casqués, vêtus d'uniformes étrangers au pays, défonçant des portes, saccageant des maisons, bombardant, mitraillant, criant des ordres dans une langue inconnue des dialectes locaux. Jamais.

Des Corans un peu partout, certains traînent par terre, des hommes qui prient, sans bien savoir ce qu'ils font, ni ce qu'ils disent. Des mollahs qui "crient" pour appeler à la prière, n'appréciant pas que "la femme" ait ses règles. Les mollahs, cliché oblige, ne peuvent que crier et être allergiques aux règles des femmes.

Des pères méprisés par leurs fils, pour cause de folie. Suivant, à l'interligne près, le catalogue des stéréotypes : dans ce pays de barbares, le sens, la valeur de la famille, sont inconnus. On enfonce le clou, par la tragique histoire de "la tante" exclue de la famille, pour stérilité, finissant dans "une maison close". Manque, toutefois, le coup de la femme à qui on a "brûlé le visage à l'acide". Peut-être qu'au moment de l'écriture du roman, les officines de désinformation n'avaient pas encore mis la touche définitive au scénario…

Nous sommes bien en "terre d'Islam".

Les hommes y sont noircis encore plus que les turbans dont les affublent l'auteur, à longueur de page.

Les hommes ?...

Dans ce pays de musulmans sauvages, ils ne peuvent être que des brutes. Aux "turbans noirs". Aghhh !... Le "turban noir", l'auteur en fait une fixation. Probablement pour que le lecteur remarque le génie inventif dans le cliché : avant on disait les "barbus", maintenant on dira les "turbans noirs"…

Des obsédés sexuels qui ne savent que se "branler" en "matant", par une fenêtre, l'héroïne du roman lorsqu'elle prend son bain, pour reprendre les propres termes de l'auteur. On aura droit à la description complaisante de sa masturbation d'une main, tenant de l'autre le sexe inerte du comateux. Puis, pour varier le menu, on assistera à son dépucelage d'une jeune brute, ensuite à ses coucheries avec le même ou on ne sait trop...

Quel imaginaire ! Quel souffle romanesque !...

Confondant érotisme et pornographie, sensualité et vulgarité de sex-shop.

Je ne suis pas un intégriste de la pruderie. Ce qui me met à l'aise pour considérer cet "ouvrage" comme un concentré de folklore islamophobe, sous cellophane porno, empaqueté dans un style de notice de garantie de machine à laver. Sauce : "diabolisation de la résistance afghane".

Ça, Prix Goncourt ?...

Je me suis interrogé sur les motivations, les critères de sélection des membres du Jury. A se demander s'ils ont lu le livre. Me posant la question :

"Comment en arrive-t-on à primer dans un pays réputé, à tort ou à raison, de grande culture, une telle barquette ?...".

Les commentaires (8) des membres du jury me laissent perplexe. Parmi les ténors :

☞ Edmonde Charles-Roux, présidente du Prix Goncourt : "C'est un livre qui défend la cause des femmes". Ah, bon ?...

☞ Françoise Chandernagor: "Le livre s'est imposé par son actualité. L'Afghanistan est un pays qui nous intéresse et qu'on cherche à comprendre" (9). Ah, tendance !...

☞ Bernard Pivot : "C'est important que le Goncourt renoue avec la tradition qui consiste à parler du monde". Parlant d'une " double audace ", qui va sans doute " faire polémique " parce que " Syngué Sabour " aborde la question de la condition de la femme…". Ce qui s'appelle du "marketing de publication" ou de "l'argumentaire publicitaire"…

Polémique ?... Soyons sérieux : le jury nous sert un charabia de vendeurs de lessives. Pas plus. Certainement pas, une approche de découvreurs de talents.

Evidemment, les critiques, suivent, dans un mouvement moutonnier, tonalité et tempo imposés par les médias. Les commentaires imbéciles se multiplient. Parmi les perles glanées, je vous en propose une, représentative de toutes les autres:

"… Et en " révélant " cette vérité des femmes en terre d'islam, Atiq Rahimi se veut aussi " prophète " d'un changement, d'un espoir...". (10)



À désespérer de l'intelligence …

Auteur Franco-Afghan ?... Le dossier de presse repris à l'identique d'un journal à l'autre, ou d'une hebdomadaire à l'autre, coquilles comprises, nous en dresse le portrait.

On apprend ainsi que l'auteur, installé en France pendant l'occupation soviétique, appartient à "l'aristocratie du pays". Ce n'est pas moi qui le dis, c'est le journaliste de L'Express (11). Béat d'admiration.

"Ce fils d'aristocrate afghan", dont le père était gouverneur de la vallée du Panchir, a fait toutes ses études au Lycée français de Kaboul. Oubliant de préciser que les frais d'inscription et les places disponibles au Lycée français de Kaboul sont, effectivement, inaccessibles à qui n'est pas un rejeton de la nomenklatura. Ou, de "l'aristocratie" par euphémisme.

Appartenir à la jeunesse dorée d'un pays n'est pas une tare. L'essentiel est l'utilisation ultérieure de la chance qu'on a eue… Pour son pays, et l'avenir de la collectivité à laquelle on appartient.

L'auteur partage son temps entre sa résidence en France et l'Afghanistan. Où, nous dit-on, "… il est l'auteur à succès d'une sit.com, d'une " StarAc " du rire et du business" !...

C'est pas beau la culture d'un "aristocrate" retournant apporter "la modernité" dans son pays ?... Un exemple de dépassement des tabous de sa culture d'origine, comme dirait l'éditorialiste du journal Le Monde. Cet "aristocrate" me fait penser aux aristocrates français qui s'en retournaient d'exil "dans les fourgons" des armées coalisées, caricature d'alors, à la chute de Napoléon. Pour restaurer la monarchie, avec Louis XVIII …

Au passage, le dossier de presse assimile le quartier de Kaboul, où sont concentrés les occidentaux et les membres de l'oligarchie locale, de "l'aristocratie", avec le pays tout entier. Belle manipulation de l'information. Comme si le reste du pays avait le temps, et les moyens, de s'intéresser à la " StarAc " d'Atiq Rahimi…

Au-delà de l'éclat de rire qu'il provoque, ce dernier point est à retenir.

Il illustre, prenant en défaut la propagande occidentale, le fossé abyssal entre une nomenklatura et le reste d'une nation occupée, colonisée, par des forces étrangères. C'est-à-dire, sa quasi-totalité. Avec le rôle souvent désastreux des centres culturels étrangers, véhiculant un colonialisme implacable derrière le rideau culturel. Ces "élites", occidentalisées à outrance, sont détestées, méprisées, dans leur pays.

Loin de représenter le progrès ou la modernité, elles ne sont considérées que comme des relais de l'oppression et du pillage colonial. Des "collabos". Lors des dernières émeutes populaires en Côte d'Ivoire, si des jeunes ivoiriens ont saccagé le "centre culturel" français d'Abidjan, ce n'est pas parce qu'ils étaient "sauvages", contrairement à la caricature raciste de la propagande médiatique française, mais parce que ce symbole "d'aliénation" leur était insupportable.

Le plus grave est de voir certaines "élites" adopter les thèses coloniales, à l'encontre de leur propre pays, jusqu'aux extrêmes. Ainsi, concernant l'Afghanistan, la rhétorique classique des colons expliquant la révolte populaire, contre leur autorité, par la présence et l'action "d'étrangers", venus de l'autre côté de la frontière de leurs possessions ou de leurs conquêtes.

Révolte ? Jamais de l'intérieur du pays conquis. Impossible. Impensable. Parce que la population locale, ne peut qu'éprouver vénération pour ses oppresseurs, apporteurs de civilisation et de démocratie.

Se développe, à présent, la théorie fondant la paix en Afghanistan, autrement dit l'acceptation de la colonisation occidentale, par l'attaque et l'occupation du Pakistan. La finalité des "ziocons", partisans acharnés de cette stratégie qu'ils ont réussi à imposer à la France et à L'Europe, étant de "l'exploser", ultérieurement, entre plusieurs micro-États indépendants sur une base ethnique.

Ecoutons, lisons, l'incantation des chamans "ziocons", reprise à l'identique, par Atiq Rahimi :

"Il y a une zone tribale entre l'Afghanistan et le Pakistan où sont installés non seulement les talibans et tous les terroristes venus du monde entier, qui créent leurs écoles militaires et coraniques, qui endoctrinent les jeunes gens désespérés, qui les envoient pour mener des opérations-suicides et pour tuer des populations afghanes et les soldats de la force internationale.

Ensuite, une fois l'opération terminée, ils rentrent au Pakistan. Il faut donc se poser la question de savoir d'où viennent leurs armes et leur argent. A mon avis, il faut s'attaquer aux sources. Mener uniquement des opérations de protection en Afghanistan, cela ne sert pas à grand-chose...". (12)

Incontestablement, avec pareil acte d'allégeance brandi à bout de bras, voilà un "auteur-aristocrate" dont carrière, gloire et richesse, sont assurées …

L'Islamophobie Tragique de "l'Intelligentsia" Française

Raisonner par clichés, préjugés, à l'égard des "Autres", sans au préalable s'informer, se documenter, échanger, discuter, visiter, vivre avec, est le symptôme de l'imbécillité. Imbécillité qui accable l'intelligentsia française, du moins celle qui est médiatiquement visible.

Loin de jouer son rôle moteur d'éclaireur, de découvreur de talents. Loin de susciter approches nouvelles, compréhension du monde, dans le respect et l'empathie à l'égard des civilisations et peuples différents, elle ne véhicule que bêtise, fondée sur le mépris, l'intolérance. Justifiant, ainsi, la violence armée à leur égard.

Le fondement de cette imbécillité est une pulsion viscérale, un conditionnement profondément ancré dans l'inconscient collectif de l'intelligentsia : l'islamophobie. Edward Saïd, longtemps professeur de Littérature Comparée à Columbia, en a donné les clés.

Dans deux ouvrages fondamentaux, pour qui veut comprendre ce phénomène de perversion de l'intelligence et du savoir, dont je recommande toujours la lecture. Qu'on me pardonne, mais je ne dispose que des éditions en langue anglaise : Orientalism et Culture & Imperialism (13).

L'ethnocentrisme, ce racisme sous camouflage "intello", justifiant toutes les entreprises coloniales. A présent, l'invasion et l'occupation de l'Afghanistan. Le prétexte de la chasse au terroriste ne pouvant l'expliquer à lui seul. Avec comme pivot de propagande : "le sort tragique de la femme afghane". Pour faire pleurer dans les chaumières et provoquer l'adhésion.

Micheline Centlivres-Demont, à la suite de ses travaux d'ethnologue, a été une des premières à dénoncer l'instrumentalisation de la femme afghane :

" … il y a le discours sur la femme aliénée, dominée ; il y a la femme sous le châdri, qui est pris comme symbole extérieur de l'aliénation féminine. La grande majorité des femmes en Afghanistan ne portent cependant pas le châdri, mais un simple voile de tête. Le châdri est un phénomène urbain, récent. Son port correspond à l'accession à la petite et moyenne bourgeoisie. C'est une forme de promotion. " (14)

Remettant en cause l'hypocrisie des "analyses" de la réalité afghane :

" … L'enjeu principal de la plupart des "analyses" n'étant pas tellement de dire ce qui se passe en Afghanistan… il faudrait peut-être … montrer qu'elle (cette analyse) est ethnocentrique, et …(cette analyse ethnocentrique) interdit de penser le problème de la femme. " (15)

Stigmatisant l'ethnocentrisme maladif, et mensonger dans leurs conclusions hâtivement ou habilement construites, des praticiens de la désinformation :

" … les Occidentaux se représentent les femmes d'Afghanistan à partir d'une condition telle qu'ils ne peuvent décrire sa situation que comme archaïque, réactionnaire, féodale. Pourtant dans mon travail d'ethnologue, je me suis trouvée souvent dans une situation paradoxale où c'était moi que les femmes afghanes plaignaient…

… La femme se trouve ainsi au centre d'un réseau de relations qui passe en dehors du mari et qui ne correspond pas à l'image qu'on a chez nous de la famille, du couple, du ménage.

… C'est dans les villes que l'on rencontre les cas les plus tragiques d'aliénation féminine, non dans les campagnes…

… Ce que je veux critiquer, ce sont les images toutes faites de l'arriération ou du progrès calquées sur nos propres représentations. " (16)

Effectivement dans des villes, Kaboul et Kandahar essentiellement, des femmes isolées socialement, non protégées par leurs familles ou leurs clans, ont eu à subir des violences inadmissibles. Comme dans tous pays livrés à l'anarchie provoquée par des guerres, permettant l'accès temporaire au pouvoir de factions violentes et radicales.

Mais, s'il s'agit d'être honnête, il convient de ne pas oublier cinq points fondamentaux :

i) Dans un pays ravagé, pendant plusieurs décennies, dans des guerres imposées par des envahisseurs successifs, les enfants et les hommes en sont autant victimes que les femmes.ii) L'amélioration de la condition d'un peuple, sexes et âges confondus, a pour fondement la paix.iii) La paix a pour fondement l'arrêt immédiat de toute occupation étrangère et le respect du droit, du peuple concerné, à l'autodétermination de ses choix politiques.

iv) Les luttes d'influence ou rivalités éventuelles, suite au départ des envahisseurs, sont à résoudre par le peuple lui-même. Comme nous, occidentaux, l'avons fait au cours de notre histoire dans nos propres pays. Elles n'ont pas à servir de prétexte hypocrite au maintien d'une occupation militaire.v) L'autodétermination a pour fondement le respect des intérêts économiques de la nation concernée, dans l'exploitation à son profit de ses ressources naturelles, avec son intégration équitable dans les échanges économiques internationaux. Excluant la pratique criminelle de l'embargo, dont femmes et enfants sont les premières victimes.

Oublier ces points, ne serait que pratiquer du misérabilisme médiatique, le "marketing des bonnes causes", avec pour finalité la justification d'une colonisation et des horreurs qui la sous-tendent inévitablement. Dans le cas de l'Afghanistan : justifier la présence de nos troupes.

Oublier ces points ne serait que jouer aux Belles Âmes, incapables d'expliquer ces silences :

Qui se soucie du sort tragique, depuis ces soixante dernières années, de la femme Palestinienne ?... La Palestine ?... "Jamais entendu parler", vous diront les Belles Âmes… Leurs connaissances en géographie font penser à celles des géographes du 15° siècle. Quand on ne connaissait pas un territoire, ou une partie de la planète, on marquait sur les cartes et mappemondes : Terra Incognita…

La femme Irakienne ?... Son sort tragique ?... Pays laïc, avant sa destruction par l'Occident, où la femme avait le meilleur statut social de la région. Un des plus enviés, malgré la dictature. Elles occupaient les plus hauts postes dans l'armée, l'enseignement, l'administration, les entreprises, la recherche. A présent, misère et prostitution des femmes, inconnues jusqu'à l'invasion, explosent…

Qui se soucie du sort tragique de la femme latino-américaine, bolivienne, kenyane, mozambicaine, ivoirienne, congolaise, sud-africaine, indienne ?... L'espérance de vie dans les régions pauvres de ces pays tourne autour de la quarantaine d'années. Encore moins, pour les hommes.

Qui se soucie de toutes celles qui crèvent de misère, de faim, de maladie, dans le pillage des richesses de leurs pays par les multinationales, via les dictateurs ou simulacres de démocraties, imposées par les armes occidentales ?...

Dans nos contrées hyper riches, que dire du sort tragique des femmes et des hommes qui meurent de faim et de misère ?... En France, les femmes "travailleuses pauvres", figurant dans les 2 millions vivant en dessous du seuil de pauvreté, dont 30 % renoncent à se soigner, incapables d'accéder aux mutuelles. Pays dans lequel, en plein Paris, au Bois de Vincennes, on trouve ce mois-ci trois hommes morts de froid. Dans un parc où survivent sans abris, plus de 200 personnes.

Dans nos contrées hyper riches, que dire du sort tragique de ces jeunes femmes, vêtues à la dernière mode, qu'on peut voir tous les samedis soirs sortant des pubs, en plein centre de Londres, ou dans d'autres capitales occidentales, titubant sur leurs talons aiguilles, minijupes ras des fesses, épaules dénudées, même dans le froid, vomissant dans les caniveaux, s'affaissant sur le trottoir ?... Ivres d'alcool, quand ce n'est pas de cocaïne, ou des deux à la fois. Le Binge. C'est ainsi qu'on appelle ces soirées où on se "défonce" collectivement, chaque fin de semaine, pour satisfaire l'aliénation imposée par la "société de consommation".

La dignité humaine n'a ni sexe, ni couleur, ni religion, ni frontière. C'est son respect qui donne une âme à une civilisation, à une communauté.

Une intelligentsia qui instrumentalise le cas du "sort tragique" de la femme d'un pays, pour en justifier le bombardement, l'occupation militaire, trahit sa vocation et sa conscience. Se donnant, à bon compte, bonne conscience. Jouant, en histrion, les Belles Âmes.

Restons lucides.

Atiq Rahimi n'est que la énième mouture de ces écrivains à la mode dans les médias de la propagande. Issus des pays qui ont eu à subir, ou qui subissent, la colonisation occidentale, qu'ils soient "francophones", "anglophones", "hispanophones" ou autres. Instrumentalisés, il ne leur est pas demandé du talent, comme l'a magistralement démontré Edward Saïd dans son œuvre, mais simplement de savoir agencer les clichés souhaités par le colonisateur. Les exceptions, confirmant la règle.

Ce n'est que le filon exploité, chez nous, par certains auteurs "francophones", maghrébins et libanais en particulier, qui ne savent décrire "la femme" de leurs pays, "en terre d'Islam" comme on dit, qu'en folle, prostituée, loque écrasée de chagrin, victime d'hommes arriérés, de sombres brutes, dotés d'instincts primaires. Dans une société où le rire, la joie, le plaisir et la fête sont inconnus.

Quant aux guerres, occupations, tortures, massacres, humiliations, pillages imposés par l'Occident à leur pays, à leur peuple, à leur culture, à leurs racines, à leur Histoire : silence !

Écriraient-ils le contraire, qu'ils ne trouveraient aucun preneur de leur camel crap.

Certains vont plus loin. Le "must" : cracher sur la religion de leurs parents et de leur enfance. Même s'ils en connaissent à peine les rudiments. L'important étant la provocation. Lorgnant, au passage, la fortune de Salman Rushdie. Décrocher la fatwa d'un illuminé crédible, et, présentés en champions de la liberté d'expression, c'est le jackpot médiatique…

En soutiers de la culture coloniale, ils alimentent en charbon, la chaudière islamophobe. Assurés, ainsi, de vendre et prospérer. Se baladant de prix littéraires, en centres culturels, studios de radios, plateaux TV, interviews magasines, et salons du livre. Or, gloire et renommée… Que ne ferait-on pas ?...

Paix à leur conscience…

La mentalité coloniale, antimusulmane, se porte bien. Propagande, manipulation et intox, aussi.

Nos "littérateurs" du cirque médiatique, confits de bêtise et de racisme, ronronnent de satisfaction.

Le Business des marchands de canons tourne à plein régime.

Les Belles Âmes, repues d'autosatisfaction, en rotent de contentement.

Tout va pour le mieux, dans le meilleur des mondes…

(8) http://bibliobs.nouvelobs.com/20081110/8480/francoise-chandernagor-le-livre-de-rahimi-sest-impose-par-son-actualite

(9) Pour ceux qui voudraient s'informer sur l'Afghanistan (y compris sur les mécanismes du marché de l'opium), plus sérieusement que Françoise Chandernagor, je suggère le splendide livre, avec des photos magnifiques et le témoignage émouvant d'un français ayant vécu aux côtés des résistants afghans du temps de l'occupation soviétique : Afghanistan - Visions d'un partisan, de Stéphane Allix, Editions Transboréal, mai 2003.

(10) http://l-or-des-livres-blog-de-critique-litteraire.over-blog.com/article-24239899.html

(11) http://livres.lexpress.fr/entretien.asp/idC=14405/idTC=4/idR=5/idG=

(12) Rahimi, Atiq, "Je me bats avec les mots", Le Monde, 12 novembre 2008.

(13) Saïd, Edward,

☞ Orientalism, Penguin Books, London, 2003 (first published 1978).

☞ Culture & Imperialism, Penguin Books, London 2003 (first published 1993).

(14) Centlivres-Demont, Micheline, Op. Cit. p.288.

(15) Centlivres-Demont, Micheline, Op. Cit. p.288-289.

(16) Centlivres-Demont, Micheline, Op. Cit. p.290.




De très nombreux sites parlent de condition des femmes, de sexisme, machisme, racisme, etc. :

Mais on pourra lire :

De l'appropriation... à l'idée de Nature par Yves Bonnardel /
http://www.eurowrc.org/06.contributions/2.contrib_fr/05.contrib.fr.htm

ÉGALITÉ-DIFFÉRENCE : DEUX EXIGENCES CONTRADICTOIRES ?
http://perso.wanadoo.fr/papiers.universitaires/socio8.htm

____________________

Violence conjugale :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Violence_conjugale

La vérité sur les violences conjugales :
http://users.swing.be/carrefour.naissance/Articles/refl/violencesconjugales.htm

Mettre fin à la violence contre les femmes :
http://www.infoforhealth.org/pr/prf/fl11edsum.shtml

Violences faites aux femmes :
http://www.sosfemmes.com/

LA VIOLENCE EST-ELLE UN ACCIDENT ?
http://www.cindynics.org/iec-violence2.pdf

Un site pour les professionnels de santé /
http://www.sivic.org/site-fr/index.html

Le site de l'OIT / Condition féminine
http://www.ilo.org/public/french/support/publ/books.htm

Les représentations sociales du corps de la femme :
http://www.boulimie.com/fr/dossier_rsf.htm

Genre en action :
http://www.genreenaction.net/spip.php?rubrique11

ou consulter d'autres études et articles sur Contribution :
http://www.eurowrc.org/06.contributions/contribution.htm#Français

Approche pro féministe non homophobe du masculin
Inceste, pédophilie, viol - Léo Vidal
Le tribunal de la violence familiale
Programmes pour les femmes violentes (femmes délinquantes)
De l'appropriation
Pour un monde sans respect
Sale bête, sale nègre, sale gonzesse...
Éducation et conditionnement patriarcal
Freud et les jeunes de banlieues
Les rapports entre homme et femme à l'intérieur du couple ont-ils évolué.
Utopie et pouvoir
Le machisme, une poudrière psychique
Périphériques n° 8 - Sortir de la compétitivité
Féminin - Masculin - Le colloque - Voyage au cœur des identités
FIDH- la violence conjugale en Europe
Domination et violence envers la femme dans le couple /(un livre de Lucienne Gillioz, Jacqueline De Puy, Véronique Ducrat) / Girona- City & Equality - Violence (En-Es-Cat-Fr) /

Une situation intolérable - la violence antiféminine - Unicef
L'ennemi intime
Des traditions nuisibles
Changer le statu quo
Une femme sur cinq en Europe est victime de violences
Médias, violence et intolérance
Les violences à l'égard des femmes et des viols en temps de guerre
COE - Promouvoir l'égalité - qu'en pensent les hommes ?
ECC - Éducation à la citoyenneté démocratique - Violences à l'école

____________________

Sans oublier le site : les mots sont importants : http://www.lmsi.net

Les femmes sur LMSI
http://lmsi.net/spip.php?rubrique51

____________________

Sans oublier les approches neurobiologiques, pharmacologiques ou psychiatriques.

Biologie et pharmacologie des comportements violents / Pr. Hervé Allain /
http://www.med.univ-rennes1.fr/etud/pharmaco/comportements_violents.htm

Connais-toi toi-même et surtout ton cerveau : http://www.lecerveau.mcgill.ca

____________________

Cours de sémiologie de psychiatrie : http://formed.dyadel.net/courssemio.htm

____________________

Droit à la différence et revendication égalitaire : les paradoxes du postmodernisme :
http://www.communautarisme.net/docs/droit-difference.pdf

Les progrès de l’égalité entre les sexes : un acquis toujours fragile p.48 :
http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/044000541/0000.pdf

La promotion des droits des femmes et de l’égalité entre les femmes et les hommes p.70 :
http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/044000541/0000.pdf

La dynamique de la pauvreté chez les femmes au Canada :
http://www.swc-cfc.gc.ca/pubs/pubspr/0662281594/200003_0662281594_f.pdf

Droit des femmes / Comparatifs / Pays du monde :
http://www.fraternet.com/femmes/




Articles :


LES PERSÉCUTIONS SPÉCIFIQUES AUX FEMMES /
Les conditions de vie des femmes en Pologne de plus en plus catastrophiques /
La dimension de genre dans la sécurité et la santé au travail /
Vulnérabilité, fragilité, précarité, résilience, etc. De l’usage et de la traduction de notions éponges en sciences de l’homme et de la vie /
Risques professionnels : les femmes sont-elles à l’abri ? /
Des insultes aux coups : hommes et femmes inégaux face à la violence /
RAPPORT SUR L’ÉGALITÉ ENTRE LES FEMMES ET LES HOMMES – 2008 /
La France a mauvais genre (voir aussi :
Regards sur l'éducation 2009: Les indicateurs de l'OCDE) /
FILLES ET GARCONS DANS LE SYSTÈME ÉDUCATIF FRANÇAIS. UNE FRACTURE SEXUÉE /
Les femmes restent sous-représentées dans les conseils d'administration /
577 députés et 367 burqas : où est le problème ? /
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Égalité professionnelle entre les hommes et les femmes /
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Les femmes plus souvent pauvres que les hommes /
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☞ Être femme aujourd'hui (Dossier) :
- Chronologie : Les droits des femmes en France Martine Fournier
- Femmes, le choix des armes Martine Fournier
- Combats et débats Martine Fournier
- Y a-t-il un éternel féminin ? Sarah Chiche
- Mères à bout de nerfs Catherine Halpern
- Tout gérer, tout concilier Pascal Lardellier
- La femme africaine : bête de somme... ou superwomen Sylvie Brunel
- L'histoire mouvementée du plaisir féminin Nicolas Journet
- De l'orgasme féminin... Flora Yacine
- L'intelligence a-t-elle un sexe ? Martine Fournier
- Les métiers ont-ils un sexe ? Pascale Molinier
- Sur les chemins du pouvoir Françoise Barret-Ducrocq
- Peut-on en finir avec le plafond de verre ? Catherine Halpern
- Figures libres
- Points de repères : Qu'est-ce que le postféminisme ?
- Le féminisme, enfant de la modernité Michelle Perrot
- Les "gender studies" "études du genre" pour les nuls Sandrine Teixido

L'école peut elle éviter la guerre des genres ? /
Pierre, Djemila, Dominique...et Mohamed /
Bilan de l'application des dispositifs promouvant l'égalité professionnelle entre femmes et hommes /
Orientation sexuelle : un sujet invisible pour les entreprises ? /
Les disparités hommes-femmes devant la retraite vont perdurer /
Discours de Jean-Luc Mélenchon devant les Féministes en mouvement (vidéo) /
Sur la construction médiatique de la « féminité » /
Et la misogynie dans les quartiers riches ? /
Nos amis et nous : À propos des fondements cachés de quelques discours pseudo-féministes /
Étude de législation comparée n° 223 - mai 2012 - La modification de la mention du sexe à l'état civil /
L’éloge des femmes passives : Les représentations de la sexualité dans la presse adolescente /
Dossier : Etre femme aujourd'hui /
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