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Conscience

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La conscience : l'anticipation d'une motricité volontaire ?
Quand j'étais lycéen, j'avais une fâcheuse tendance à agacer mon professeur de philosophie et particulièrement, entre autres, parce qu'il ne sortait jamais des conceptions freudiennes des approches comportementales, quand dans les années 60, on commençait à savoir déjà beaucoup de choses par les biais de la neurophysiologie ou de l'éthologie…



Le ça, le moi, le surmoi… OK, c'étaient des intuitions intéressantes, mais elles auraient mérité qu'on les fasse davantage coller avec des structures cérébrales (hypothalamus, cortex frontal, système limbique) ou avec des processus physiologiques.

Expliquer le conscient ou l'inconscient avec le tonneau de Diogène dans la grotte de Platon éclairée par la glande pinéale de Descartes, très bien pour laisser un goût de trop flou.

L'intelligence revêtait une bonne demi-douzaine de définitions, selon qu'elle était conceptuo - conceptuelle, technico - commerciale ou censée caractériser le chat de gouttière ou la limace décérébrée. Le pire dans cette affaire, c'était que l'on voulait absolument démontrer qu'on était bien plus intelligent quand on ne s'endormait pas à la troisième page d'un roman de Proust que quand on savait monter un mur en brique ou polir une bibliothèque en merisier.

C'est à cette époque-là que j'avais proposé, pour l'intelligence, la définition que j'ai définitivement adoptée pour les deux raisons qu'elle s'appuyait sur des données biologiques parfaitement identifiables et qu'elle ne faisait plus référence à une quelconque hiérarchie intellectuelle.

L'intelligence devenait la capacité pour un être vivant de distinguer les variations d'intensité des facteurs caractérisant son environnement. Ces facteurs peuvent être ceux qui caractérisent le biotope (facteurs physiques et chimiques, contraintes climatiques, etc.). Ils peuvent être aussi ceux qui caractérisent les biocénoses, c'est-à-dire correspondre essentiellement aux relations intraspécifiques (structure de la population, sex-ratio, stratégies de reproduction et d'utilisation des ressources, hiérarchies sociales, etc.) et aux relations interspécifiques (prédation, parasitisme, commensalisme, altruisme, neutralisme, etc.).

L'être vivant est d'autant plus intelligent qu'il est capable de discriminer de très petites variations d'un facteur de l'environnement. L'intelligence est donc une fonction de la performance des organes des sens et du traitement de l'information associée.

De la même façon, j'avais trouvé très pratique de définir la culture comme étant la réponse motrice adaptée qu'un être vivant (ou une communauté d'individus) offrait comme réaction aux changements significatifs d'un facteur de l'environnement. Là encore, je trouvais intéressant d'ouvrir la notion de culture à d'autres acceptions que celle de la culture élitiste qui aurait eu seule droit à quelque considération (voir écosociosystèmes).

Ce n'est que beaucoup plus tard que je fus amené à chercher une définition à la conscience… un peu pour les mêmes raisons : d'abord parce qu'elle n'existait pas vraiment et parce que celles que l'on pouvait lire étaient essentiellement hors du champ des neurosciences.

C'est ainsi que je définis la conscience comme l'anticipation de la motricité.

J'avais depuis longtemps remarqué que j'étais parfaitement conscient de ce qui existait autour de moi, mais à la condition de le formuler parfois sous la forme d'un discours, le plus souvent à l'aide d'une formulation muette. Je suis devant un mur jaune… je le perçois parfaitement, mais je n'en prends réellement conscience qu'à partir du moment où je dis : le mur est jaune.

C'est la même chose lorsque j'écris. Juste avant d'écrire une phrase, je la dis. Si je ne dis rien, je n'ai rien à écrire.

Quand je dis un cours, je n'ai pas conscience de ce que je vais dire. Je n'en prends conscience qu'à l'instant où j'entends ce que je prononce. La raison en est probablement que faire un cours relève d'automatismes qui se sont mis en place à mesure que j'écrivais mon cours, c'est-à-dire que j'en prenais conscience.

C'est encore un des avantages des automatismes, y compris langagiers, que d'offrir des espaces favorables à la prise de conscience, par exemple, d'une erreur de formulation ou d'une faute de syntaxe.

C'est aussi vrai pour les conduites, les activités sportives ou professionnelles ou toute motricité qui requiert de l'attention laquelle est libérée par la mise en place d'automatismes. C'est le niveau de vigilance et sa capacité à être rapidement formulé qui permet, par exemple, d'éviter des incidents ou des accidents ou encore de développer des stratégies adaptatives ou des comportements originaux.

Cette approche de la conscience s'accorde aussi avec d'autres approches déjà initiées dans ces pages, particulièrement à propos du moi et du je, c'est-à-dire de la perception de son information-structure et celle de sa personnalité-opérante ; et par voie de conséquence avec des questions de comportements compassionnels et contre passionnels.

La conscience morale que l'on oppose parfois à la conscience de son environnement et à la conscience de soi n'est finalement qu'une manière de réponse qui tient compte ou pas des automatismes limbiques avec lesquels se construisent les interdits sociétaux. Chacun étant soit libre de se positionner par rapport à des exigences morales sociales, soit incapable de le faire pour des raisons pathologiques principalement, mais aussi pour des raisons de déficits éducationnels qui sont effectivement susceptibles d'empêcher la construction d'une conscience morale.









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