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Coprophages
Coprophages



Un bousier (Geotropus stercorarius) s'active sur un excrément trop frais...
Les animaux coprophages (ou scatophages) sont des animaux qui se nourrissent des excréments des autres animaux.


Ces animaux jouent un rôle important dans les mécanismes de recirculation de la matière organique morte.

Ce sont, pour la plupart, des insectes coléoptères ou diptères. Très souvent, ces insectes sont plutôt spécifiques des excréments d'un animal. C'est le cas, par exemple, des insectes qui fréquentent les excréments des grands ongulés de nos forêts, des savanes africaines ou de ceux qui vivent sur nos prairies.

Les bousiers ou géotrupes forment des petites boulettes de crottin qu'ils roulent jusqu'à une cavité qu'ils ont creusée dans le sol et sur lesquelles ils pondent un œuf qui donnera une larve qui consommera la boulette d'excrément.

Sur la photographie ci-dessus prise mi-septembre, un géotrupe s'active sur un excrément trop frais pour qu'il en fasse une boulette aisément transportable jusqu'à son trou préalablement creusé à moins de dix centimètres de là.

Pourtant à force d'obstination, cet insecte va réussir son entreprise et pondra un œuf qui n'éclora probablement qu'au printemps suivant.




Le minotaure (Typhoeus typhoeus)
Cette espèce utilise essentiellement les crottes de lapin et de mouton.
Insectes coprophages et pyréthrinoïdes

La médecine vétérinaire recourt largement à l'usage des pyréthrinoïdes* pour les animaux de rente (bovins, ovins, caprins, porcins, volailles, personne n'y échappe, pas même les chiens !).

* (Perméthrine, Deltaméthrine, Cyfluthrine, Cyperméthrine, Fenvalérate, etc.),


Les agriculteurs y recourent plus largement encore puisque cette famille d'insecticides représente plus du tiers des ventes d'antiparasitaires en France.

Les pyréthrinoïdes sont administrés aux animaux de rente par voie externe, par exemple sous forme de solutions pour-on de surface, en pulvérisation, en aérosol, le plus souvent au moyen de plaquettes auriculaires.

Le produit actif passe dans le sang de l'animal et compte tenu de son poids moléculaire est essentiellement excrété dans les fèces. On avait affirmé que ces produits étaient rapidement éliminés. Rien n'est moins sûr, au moins pour la Cyperméthrine, puisqu'on a trouvé des temps d'élimination supérieurs à 30 jours.

Il faut savoir que 1 % au moins du produit se retrouvera dans le lait puisque la glande mammaire va faire office d'émonctoire !

Contrairement à ce que l'on lit souvent, les pyréthrinoïdes ne sont pas des molécules anodines pour la santé des animaux à sang chaud et l'homme. Les cas d'intoxications non volontaires sont nombreux et quelques issues fatales sont notées. Une part de leur toxicité peut être liée au fait que ce sont des produits liposolubles et qu'ils agiraient, non plus seuls, mais en synergie avec d'autres produits liposolubles aussi comme les organophosphorés.

De même, les pyréthrinoïdes ne sont pas aussi instables qu'on le prétend. Certes, ce sont des molécules généralement sensibles à l'oxydation et à l'hydrolyse, en théorie peu bioaccumulables. Cependant, certaines de ces molécules sont toujours intactes après 13 semaines passées dans l'environnement…

En outre l'écotoxicité des pyréthrinoïdes n'est plus à démontrer pour les poissons, les crustacés et les animaux aquatiques, d'une manière très large.

Mais c'est surtout sur les insectes, tous les insectes sans distinction, que ces produits, en bloquant les ponts sodium et empêchant ainsi à l'influx nerveux de se transmettre, sont efficaces.

Les insectes coprophages sont particulièrement la cible de ces produits puisque ceux-ci sont essentiellement éliminés dans les crottes, les crottins et les bouses dont ils nourrissent leurs larves.

Quatre études seulement* menées en Afrique sur les bouses de zébus [Blanchin et al. 1998] ont montré, sans ambiguïté, la toxicité de la Cyperméthrine sur des coléoptères coprophages du genre Onthophagus.

[* Remarquablement, personne ne se précipite vraiment pour étudier in situ les effets et les impacts de tels produits. Il en va pour l'ivermectine, possiblement incriminée dans l'ESB et pour laquelle les travaux sur les impacts réels sur l'entomofaune ne sont pas vraiment légions. Cela écrit, il ne fait plus aucun doute que toutes les avermectines ont une très forte toxicité létale et sublétales sur les insectes coprophages, au point d'ailleurs que bon nombre d'espèces sont maintenant devenues très difficiles à trouver et à observer.]

Il est facile d'imaginer les conséquences de la disparition des insectes coprophages qui fréquentent les pâtures.

Il faut se rappeler qu'une vache adulte produit environ 20 kilos de bouse par jour ! Cela correspond, très approximativement à une très grande bouse d'un mètre carré sur deux centimètres d'épaisseur. Si les bouses ne sont pas dégradées, au bout d'un an, la vache se sera privée de 365 m2 de pâture.

Sans insectes coprophages dont le rôle essentiel est de dilacérer, fragmenter, transporter et disperser les excréments qui seront finalement minéralisés par des microorganismes, l'accumulation de matière fécale se traduira par une prolifération de mouches dont on sait les agacements qu'elles font subir aux bêtes sur les herbages qui n'ont plus autant de temps pour brouter (mouvements de queue, course de chaleur, etc.), sans oublier les menaces sanitaires qu'elles font peser sur les animaux (conjonctivites, myiases diverses, etc.).

Nul ne peut mesurer l'impact réel qu'aura la disparition des insectes coprophages sur les écosystèmes prairiaux. Ce qui est sûr, c'est que l'impact ne se limitera certainement pas à décompter une ou deux espèces animales à la biodiversité.




Scatophagies / Interdits alimentaires :
Géographie alimentaire des religions : préférences et interdits :
http://www3.ac-clermont.fr/pedago/histgeo/7anime/colloques/FIG2002b/pitte.htm

http://fig-st-die.education.fr/actes/actes_2004/compterendus/rouen/georel.htm

http://www.le-sri.com/Tabous.html


Scarabées :
http://typhaeus.chez-alice.fr/science.htm

Les Coléoptères Coprophages : Rôle & Recyclage de la Matière Organique.
http://hexapoda.fr/colcopro03_fr.html

Contexte, enjeux et conséquences écotoxiques de l'usage vétérinaire des pyréthrinoïdes
http://wwwbibli.vet-nantes.fr/theses/2003/virlouvet3_109/p1.pdf

Étude de l'élimination fécale et urinaire de la cyperméthrine chez les bovins : impact écotoxique sur les coléoptères coprophages :
http://www.infotheque.info/ressource/6079.html

Ivermectine :
http://www.roc.asso.fr/protection-faune/ivermectine.html
http://www.liste-hygiene.org/arcivermectine.html


Les mouches ... utiles ?
http://aramel.free.fr/INSECTES15-4.shtml

INFLUENCE DES TRAITEMENTS ANTIPARASITAIRES SUR LA FAUNE DES PATURAGES :
http://www.tours.inra.fr/sfpar/bulletin/2001/lumaret.htm

ENCÉPHALOPATHIE MORTELLE AU COURS D'UNE LOASE HYPERMICROFILARÉMIQUE TRAITÉE PAR IVERMECTINE :
http://www.santetropicale.com/resume/94807.pdf

Le traitement de l'hypodermose :
http://www.tours.inra.fr/urbase/internet/resultats/hypodermose/fiche4.htm

En savoir plus sur l'hypodermose bovine :
http://www.tours.inra.fr/urbase/internet/resultats/hypodermose/hypodermose1.htm

IVERMECTINE : menace sur la faune sauvage

http://perso.wanadoo.fr/pierrefern/naturailes/pdf/art_iver.PDF

Étron, étron, petit patapon...
http://www.ecritsdesbetes.fr/etron.html






[ Corrélats : Scatophages / ...]

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