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Coto Doñana
Coto Doñana


Le parc national de Coto Doñana est une ancienne chasse royale pour laquelle Victoria Eugenia, l’épouse d’Alfonso XIII , le dernier roi d’Espagne avant Franco, demanda, vers les années 30, que personne n’y chasse plus. Ce qui fut fait (nous étions en pleine époque du « women’s lib » et à l’époque où les « Bambis » valaient qu’on éradique les prédateurs comme cela se faisait sur le plateau du Kaibab aux États-Unis).

Le matorral sur les dunes fossiles
Ce domaine devint parc national dans les années 60.

J’ai eu la chance de pouvoir séjourner sur ce parc.


La tête d'un dix-cors dans le matorral
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Canard chipeau (Anas strepera)
Les marais et les lagunes du parc sont un site très
important pour la reproduction de cette espèce.





Le Parc National de Doñana est situé dans la région naturelle du Bajo Guadalquivir qui représente une vaste surface triangulaire de 3.000 Km2 situé à l'extrémité sud-ouest de la péninsule Ibérique et qui englobe tout le bassin versant final du fleuve Guadalquivir.

Ce Parc National, qui comptabilise 50.720 hectares de superficie et qui comprend presque 26.540 hectares de zone périphérique de protection (soit un total d'environ 77.260 hectares), est la plus vaste et la plus importante zone humide du pays. Elle est située à cheval entre les provinces de Huelva et de Sevilla (36º48'- 37º 08' latitude nord et 6º 16'- 6º34' longitude ouest). Le parc est délimité à l'ouest et au sud-ouest par l'Océan Atlantique et la route C-445 (Matalascañas-Rocío), à l'est par Brazo de la Torre et le fleuve du Guadalquivir, et au nord par une zone de vieux marais transformée et mise en culture et une aire de formation sablonneuse stabilisée.

On y trouve trois milieux bien différenciés : les plages, les dunes et les "corrales", les "cotos" ou sables fixés par le matorral et, enfin, les marais. Il faut souligner l'importance des marais, qui fait que le Parc soit considéré comme la plus importante zone humide d'Europe et aie été classifié par Ramsar comme d'importance exceptionnelle. À Doñana, les eaux de surface sont aussi importantes et nécessaires que les eaux souterraines.

CLIMATOLOGIE

Le régime climatique prédominant peut être défini comme étant de type méditerranéen semi-aride avec une influence océanique et des hivers doux.

Les précipitations annuelles moyennes se situent aux environs des 500-600 mm. Les précipitations dans toute la région du Bajo Guadalquivir sont caractérisées par une extrême irrégularité. En général, on distingue une période sèche (de juin à septembre) et une période humide (d'octobre à mai) qui s'alternent au cours de l'année. Plus de 80 % des pluies se produisent entre octobre et mai, avec même un caractère torrentiel et orageux en automne et au début de l'hiver.

La température moyenne annuelle est élevée (18ºC - l9ºC), avec des minima qui correspondent aux mois de décembre et janvier (atteignant même -6ºC) et des maxima en juillet et août (atteignant jusqu'à 42ºC). Les gelées sont peu fréquentes et la moyenne des minima se situe aux alentours des 7ºC. Le nombre d'heures d'insolation est très élevé (environ 3.000 heures/an).

CARACTÉRISTIQUES HYDROLOGIQUES ET HYDROGRAPHIQUES

À Doñana, les eaux de surface sont aussi importantes et nécessaires que les eaux souterraines.

Le Parc National de Doñana est situé à l'extrémité sud-est de l'aquifère de l'estuaire du Guadalquivir, appelé système aquifère numéro 27, sur son unité Almonte-Marismas (aire comprise entre les rivières Tinto, Guadiamar, Guadalquivir et l'Océan Atlantique). La surface totale de ce système est égale à 3.400 Km2, par conséquent, le Parc occupe une surface de près de 30 % de l'unité Almonte-Marisma.

À Doñana, on peut décrire plusieurs comportements des aquifères. Le marais actuel, dont la composition est due à des limons et argiles de caractère imperméable, se comporte comme une couche imperméable, isolant ainsi les niveaux saturés sous-jacents du contact avec la superficie ; par conséquent, dans cette zone, on se trouve avec un aquifère fermé et le fonctionnement hydrologique en surface n'a donc aucune relation avec les eaux souterraines. Néanmoins, dans les sables (aussi bien dans la zone de dunes mobiles, que dans la zone de dunes stabilisées), dont la composition présente une part importante de matériaux de haute perméabilité, l'aquifère se comporte de manière libre ; cette zone constitue, donc, une importante aire de recharge de celui-ci et, ici, la dynamique hydrologique de surface y est intimement liée avec le fonctionnement hydrogéologique.

La zone de bord représente aussi bien la limite entre deux formations géologiques très différentes, que le contact entre deux fonctionnements hydrogéologiques clairement différents. Cette zone est pratiquement saturée jusqu'à la surface, de telle façon que les flux souterrains s'adaptent à la morphologie du terrain, qu'elle coupe en de nombreuses occasions, créant ainsi des affleurements directs d'eau souterraine, sous forme de flaques d'eau et de petites sources. Par conséquent, cette zone correspond à une aire de décharge hydrogéologique importante, ce qui lui confère en permanence un degré d'humidité élevé.

Les apports fluviaux qui arrivent, actuellement, aux marais sont : - d'une part, le cours d'eau du Guadiamar, avec un vaste bassin de 1.280 Km2 qui draine une vaste section de la Sierra Morena grâce aux petits cours d'eau d'Alcarayán et Majaberraque. Avant son embouchure dans le marais, les affluents Rianzuela et Cigüeña y confluent. Bien qu'ils possèdent un caractère presque permanent, ces apports sont très variables (en moyenne 175 millions de m3/an). - d'autre part, le cours d'eau de Madre de las Marismas ; son bassin intègre les cours d'eau de La Rocina, Cañada Mayor, Partido et Marín. Le cours d'eau de La Rocina, le seul permanent, possède un bassin d'environ 1.040 Km2 et apporte 140 millions de m3/an.

À l'origine, l'eau arrivait au marais aussi bien par les cours d'eau de La Rocina, Partido et Caño Marín que par le canal Guadiamar (qui récupérait les excédents du Guadiamar lors des périodes de pluies et les canalisait jusqu'au marais) et le canal Travieso (qui sillonnait transversalement le marais reliant le Brazo de la Torre avec le canal Guadiamar, déjà très proche de l'embouchure).

Néanmoins, les interventions humaines des siècles passés (et surtout de ces dernières décennies) ont provoqué, d'une part, la disparition d'une grande partie de la surface originelle du marais et, d'autre part, la transformation des anciennes voies d'entrée d'eaux fluviales et, peut-être également, du fonctionnement hydrogéologique en profondeur. En effet, lors de ces dernières années, les effets de ces interventions se sont fait sentir dans le Parc, prédisant un avenir incertain ; les niveaux et la période d'inondation des marais ont diminué de manière évidente, et en ce qui concerne la zone de bord et de sables, une baisse des niveaux de saturation a pu être constatée également.

Par conséquent, un plan d'action hydrologique immédiat a été proposé par les chercheurs et les gérants, dont le but était de restaurer, dans la mesure du possible, le stade originel de la zone. Le plan appelé "Plan de Regeneración Hídrica de Doñana" prétend, essentiellement, rendre au Parc ses anciens apports fluviaux, de telle manière que la situation actuelle se détienne et que la situation originelle puisse être restituée. Le plan, qui propose l'exécution d'un ensemble de travaux, est actuellement dans sa dernière phase et, maintenant, il faudra évaluer les conséquences des mesures prises.

GÉOMORPHOLOGIE

Doñana est le résultat d'une évolution particulière liée à l'estuaire.

Depuis le Miocène Supérieur jusqu'au Pliocène Inférieur, la sédimentation d'une série importante d'horizons composés de marnes imperméables (marnes bleues du Miocène-Pliocène) a eu lieu dans le profond bassin marin qui était situé à l'emplacement de l'actuelle dépression du Guadalquivir.

Le bassin, à la fin du Pliocène, rentre dans une lente phase de régression marine qui culmine, au Pliocène Moyen, avec l'apparition d'une dépression marine nettement moins profonde et avec le dépôt de matériaux de plus en plus sableux et de plus grande granulométrie (limons sablonneux du Pliocène Moyen).

La régression continue et, finalement, au début du Quaternaire, elle laisse apparaître un authentique estuaire, de faible profondeur avec quelques influences continentales et fluviales. C'est alors que des matériaux sablonneux connus comme "basales", qui n'ont pas été localisés sous le marais, se déposent.

Après cela, et sous l'effet de compressions dans les différentes directions, des failles se produisent (Odiel, Guadiamar, Bajo Guadalquivir). La faille de Bajo Guadalquivir crée, alors, une dépression sur la rive droite du cours d'eau où les actuels marais se sont développés.

Après une série d'étapes intermédiaires (formation de glacis, etc.), on arrive aux étapes postérieures au Quaternaire pendant lesquelles la genèse d'une série de formations contemporaine se produit. Ces formations sont les caractéristiques formations détritiques de marais (dépôts fluvio-maritimes où s'alternent les pierres arrondies, pierres avec des masses argileuses gris bleuté et des limons imperméables) mais aussi les formations sablonneuses de la barrière côtière (accumulation en ligne de sédiments fluviaux déposés devant l'embouchure de la rivière), la flèche et le cordon littoral, la plage et, finalement, le manteau éolien et les dunes

LA FLORE

À Doñana, il existe une grande variété d'espèces végétales qui forment des communautés très intéressantes.

Sur la plage, au-dessus de la hauteur maxima des marées, on trouve une première ligne de végétation où il faut souligner la présence de Cakile maritima, mais aussi de Eryngium maritimum, Crucianella maritima, Carex arenaria, Medicago marina et Ammophilia arenaria.

Dans la zone de dunes, on trouve Juniperus macrocarpa, Ammophilia arenaria, Pancratium maritimum, Armeria gaditana, etc. Dans les dépression interdunaires ("corrales"), endroits généralement beaucoup plus humides et protégés, on peut trouver Pinus pinea, Halimium halimofolium, Halimium commutatum, Genista anglica, Lavandula stoechas, Thymus tomentosus, Calluna vulgaris, Erica scoparia, Ulex minor, et différentes espèces herbacées qui se distribuent suivant l'humidité et la stabilité du substrat.

"Cotos" est le nom local donné aux zones de sables stabilisés et de dunes fossiles couvertes de matorral. Dans ces zones, on peut distinguer ce qui a été appelé "monte blanco" (matorral sur des sables et faible humidité édaphique) du "monte negro" (matorral des zones ayant une humidité édaphique élevée) ; le "monte blanco" est composé d'espèces comme Armeria pungens, Halimium commutatum, Rosmarinus officinalis, Lavandula stoechas, Halimium halimifolium, Genista anglica, etc., tandis que dans le cas du "monte negro", on trouve des espèces comme Calluna vulgaris, Erica scoparia, Erica ciliaris, Erica umbellata, Ulex minor, etc.

Parmi le matorral, quelques masses plantées d'arbres apparaissent de manière plus ou moins isolée. Leur distribution est assez irrégulière, dépendant, en grande partie, du type de substrat et des disponibilités hydriques. Des pieds isolés de chêne-liège (Quercus suber), arbousier (Arbutus unedo), tamaris (Tamarix gallica), genévrier (Juniperus oophora), myrte (Myrtus communis) et olivier (Olea europaea var. silvestris) peuvent y être localisés.

La végétation aquatique (hélophytes et macrophytes aquatiques) est distribué aussi bien dans les marais que dans les mares des sables, suivant la salinité (eaux douces et salées) et la périodicité (eaux permanentes ou temporaires). Dans les zones plus salées et de périodicité moins marquée du marais, on peut constater l'apparition de Ruppia maritima et Althenia orientalis, qui sont remplacées par différentes espèces du genre Chara (par exemple, Chara canescens) dans les zones qui s'assèchent plus facilement. Par contre, dans les eaux douces et presque permanentes, il faut souligner l'existence de diverses espèces de Nitellas et de potamots (Potamogeton natans, P. lucens, etc.) et d'autres macrophytes aquatiques d'intérêt. Les espèces Myriophyllum alterniflorum et Ranunculus peltatus sont généralement assez fréquentes.

LA FAUNE

Les poissons, les amphibiens et les reptiles ne sont pas aussi abondants que les oiseaux, mais ils constituent, néanmoins, des groupes très intéressants. Au moins 8 espèces de poissons, 9 d'amphibiens et 17 reptiles se reproduisent dans le Parc. Ainsi, on peut observer la présence de nombreux types de rainettes (Hyla meridionalis), de pélobates (Pelobates cultripes) et de tritons (Pleurodeles walt, triton marbré, Triturus marmoratus, etc.), de même que de nombreux ophidiens (couleuvre de Montpellier, Malpolon monspessulanum, vipère de Lataste, Vipera latasti, couleuvre à collier, Natrix natrix et couleuvre vipérine, Natrix maura), de chéloniens (Testudo graeca), du lézard ocellé (Lacerta lepida) et de petits lézards (Acanthodactylus, Psammodromus, etc.).

Doñana est le lieu de passage et hivernage pour plus de 150 espèces d'oiseaux, qui constituent ainsi le groupe le plus abondant des vertébrés et celui à qui Doñana doit en grande partie sa renommée internationale. Le marais est, actuellement, un lieu indispensable d'hivernage d'un grand nombre d'oiseaux d'eau, comme l'oie (dont Doñana abrite jusqu'à 60.000 individus) et beaucoup d'anatidés, dont on a pu comptabiliser des chiffres avoisinant les 300.000. Parmi ceux-ci, les plus abondantes sont le canard siffleur, le canard souchet et la sarcelle d'hiver.

Les calculs réalisés signalent que Doñana rassemble plus de 50 % des oiseaux d'eau qui hivernent en Espagne. C'est aussi une zone d'importance pour les espèces estivales comme la foulque, le héron pourpré, l'échasse blanche, la guifette, la glaréole à collier, etc.

En plus des oiseaux d'eau, Doñana abrite d'autres espèces migratoires également très intéressantes, comme l'aigle botté (Hieraetus pennatus), la circaète Jean-le-Blanc (Ciraetus gallicus) et le milan noir (Milvus migrans), etc. Parmi les espèces sédentaires, on trouve l'aigle impérial (Aquila heliaca), la buse variable (Buteo buteo), le milan royal (Milvus milvus), le faucon crécerelle (Falco tinnunculus), la chevêche d'Athéna (Athene noctua), la perdrix rouge (Alectoris rufa), etc.

Le groupe des mammifères y est composée d'espèces généralement abondantes, bien que le Parc abrite également quelques exemplaires d'espèces en danger comme le lynx (Lynx pardina). D'autres mammifères intéressants sont l'ichneumon (Herpestes ichneumon), le renard (Vulpes vulpes), le blaireau (Meles meles), le putois (Putorius putorius), la belette (Mustela nivalis), la genette (Genetta genetta), le sanglier (Sus scrofa), le cerf (Cervus elaphus) et le lérot (Eliomys quercinus).




Variations hydroclimatiques et dynamique des paysages de la Marisma du parc national de Doñana (Andalousie, Espagne).
http://www.estuarium.org/site/pdf/Documenta/menanteau_briere.pdf





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