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Cuculidés
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Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : Généralités / Le territoire du coucou de Kerpotence - Hennebont / Le coucou dans le Morbihan en 2006 / Sites Internet et articles / Corrélats /



Coucou gris (Cuculus canorus) Mâle adulte
Les coucous sont des oiseaux migrateurs dont le régime alimentaire est plutôt spécialisé dans la consommation de chenilles velues ou urticantes.

En réalité, sauf à disséquer des coucous gris pour connaître leur contenu stomacal, je ne sais pas comment on a fait pour savoir ce que ces oiseaux pouvaient bien manger. En effet, en dehors des moments où les oiseaux se manifestent en chantant depuis un perchoir où ils demeurent souvent peu visibles et de toutes les façons extrêmement farouches et prompts à s'envoler, le coucou est parfaitement invisible.



Cela fait pas mal d'années maintenant que j'essaie de mieux connaître cet oiseau. À force de patience, je commence à avoir une meilleure idée sur la taille et la fréquentation du territoire du coucou. Je connais un peu mieux certaines de leurs habitudes ou des fréquentations qu'ils font de leurs postes de chant. J'ai su une fois qu'une femelle avait pondu dans un nid pour la raison que j'étais camouflé tout près en train d'observer des hypolaïs. Je trouvai le nid et l'œuf peu de temps après et je pus ainsi suivre ce jeune. Je n'ai jamais vu que trois ou quatre autres jeunes en plus de quarante années de passion naturaliste. Je n'ai sans doute pas vu plus de dix femelles avérées et seulement deux ou trois oiseaux en phase rousse. Et surtout, je n'ai jamais vu un coucou se nourrir. J'ai quand même pu faire quelques photographies acceptables et d'assez près, mais les occasions sont rarissimes.

Ces oiseaux sont surtout connus pour leurs mœurs parasites. Ces oiseaux confient leur œufs aux bons soins d'une espèce insectivore qui se chargera d'élever ce rejetonqui deviendra six ou sept fois plus gros que le parent nourricier.

Le coucou gris (Cuculus canorus) ne pond qu'un œuf qui éclôt plus vite que les autres œufs dans le nid. Sitôt né, le jeune coucou n'a de cesseque de s'arc-bouter sur chaque œuf et le pousser jusqu'au bord du nid afin qu'il en tombe. Il le refera autant de fois qu'il y a d'œufs jusqu'à être bien sûr de rester seul.

L'autre coucou qui visite la France (surtout le Languedoc et le Roussillon), le coucou-geai (Clamator glandarius)pond, quant à lui, dans le nid des pies ou des choucas des tours (et plus encore dans celui des pies bleues en Espagne et au Portugal), plusieurs œufs dont les poussins n'éliminent pas les autres occupants légitimes du nid et seront donc élevés en même temps.

Vol au-dessus d'un nid de coucou.
L'œuf du coucou est marqué d'une croix.
Les deux autres sont des œufs de rousserolle effarvatte
Jeune coucou, déjà quatre à cinq fois plus volumineux
que ses parents adoptifs lesquels le nourrissent encore.
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Le territoire du coucou de Kerpotence / Hennebont


Cela fait plusieurs années que j'observe et suis de près le coucou qui fréquente le quartier de Kerpotence / Hennebont où je commence à avoir quelque habitude. C'est ce coucou (mâle adulte) qui est photographié sur cette page.

Les mâles de coucou sont des oiseaux qui chantent depuis certains postes et toujours les mêmes, semble-t-il. Certains postes sont plus souvent utilisés que d'autres. Certains ne le sont que pendant une période courte, mais de façon assidue, puis désertés. D'autres, au contraire, sont moins souvent utilisés, mais plus régulièrement et plus longtemps. La fréquentation de certains postes est probablement largement conditionnée par la présence de la femelle quand elle guette le moment favorable d'aller pondre dans le nid d'un oiseau qu'elle surveille. Il est bien possible que le mâle participe à détourner l'attention des oiseaux parasités en se laissant largement houspiller par eux, ce dont profite peut-être la femelle.

Une question qui pouvait se poser était de savoir, sur un territoire donné où l'on entend régulièrement un coucou depuis différents endroits, s'il s'agissait d'un seul et même oiseau ou de plusieurs oiseaux.

Le coucou de Kerpotence m'a fourni une réponse (qui ne vaut que pour ce terrain, évidemment) : il est le seul mâle sur un territoire de plusieurs centaines d'hectares.

Il se trouve, par chance, que la configuration du terrain qui surplombe la vallée du Blavet offre de larges points de vue. Cela permet donc de suivre facilement un oiseau qui se déplace de postes en postes et par conséquent, d'affirmer qu'il s'agit bien d'un seul et même oiseau.

Pour ce qui est des femelles, la question n'est absolument pas résolue, incapable que je reste d'observer des femelles et plus encore de les suivre. Sur le territoire figuré sur la vue aérienne, les contacts avérés avec une femelle en 2006 sont figurés par un point rouge.

Sur cette même photographie, les postes de chant du mâle sont en jaune. Les grands cercles correspondent à des postes plus souvent utilisés que ceux qui sont figurés par des petits cercles. Les postes de 2004, 2005 et 2006 sont toujours les mêmes, à la branche près. Cela veut sûrement dire qu'il s'agit bien du même oiseau revenu trois ans de suite occuper son même territoire au retour d'Afrique.

En 2006, sans doute à cause des conditions climatiques, le coucou a longtemps été muet, au point que pendant de longues périodes de plusieurs jours, on ne l'entendait nulle part sur son immense territoire.

Le territoire du coucou de Kerpotence est figuré entre les traits jaunes dont un suit le Blavet. Vers l'Ouest, il se peut que son territoire aille jusqu'à la Bergerie et les Haras. Mais je ne peux pas en apporter la preuve, pas plus que je ne peux savoir s'il s'agit d'un autre oiseau basé sur Lochrist. Vers le Nord-Est, le territoire de cet oiseau semble se prolonger, peut-être jusqu'à Spinifort, voire Kérousse. Là encore sans preuve, pour la raison essentielle qu'il y a une crête à franchir et que celle-ci empêche d'observer en continu les déplacements de l'oiseau, quand on arrive à le situer !

Quoi qu'il en soit, le territoire du coucou de Kerpotence fait au moins 1.5 km de longueur sur 1 km de largeur.

Cette observation a été confirmée en maints endroits du Morbihan au cours de l'enquête " coucou " que j'avais initiée en 2006 (voir infra).






Le coucou dans le Morbihan


[Carte réalisée par Serge Le Huitouze]


En 2006, j'avais initié l'idée d'une enquête sur le coucou dans notre département du Morbihan. Je venais d'accepter de participer aux activités du groupe LPO 56 et de mettre en place et de documenter le site LPO Morbihan dont j'assurai la web maîtrise.

Cette enquête consistait très simplement à repérer les mâles de coucou quand ils chantent et tâcher de les localiser au mieux de manière à ce que je puisse affecter à chaque observation / oiseau une coordonnée géographique et construire ultérieurement un SIG.

Très rapidement, à la suite de quelques manifestations où le groupe LPO était présent, mais surtout à la suite de plusieurs articles dans la presse invitant les morbihannais à répondre favorablement à cette enquête, je reçus presque chaque jour des appels téléphoniques et des em@ils.

Très rapidement aussi, un nombre très important de correspondants affichait un intérêt très marqué pour cette enquête et se découvraient des aspirations ornithologiques et scientifiques.

Plus de 350 correspondants me faisaient parvenir environ 700 données. 558 données étaient retenues pour la raison qu'elles étaient fiables ou ne faisaient pas double emploi. Ces correspondants me faisaient parvenir des données depuis 146 communes du Morbihan lequel en comporte 267.

Je ne sais pas les raisons du manque de données sur les 121 communes sans contact. Il se peut qu'il n'y ait pas de coucous. C'est sûrement le cas de certaines communes. Il se peut, dans l'Est du département, qu'on lise davantage les éditions d'Ille et Vilaine du Ouest France. Le Télégramme de Brest n'est pas publié. Ce doit être des raisons identiques pour certaines parties du nord du Département.

558 données ne veulent pas dire 558 oiseaux. En réalité, cela représenterait entre 150 et 200 oiseaux, ce qui est assez peu. Dans les faits, il apparaît que les coucous ont de très vastes territoires, ce que recoupent assez précisément les données cartographiées.

Je voudrais encore remercier toutes les personnes qui m'ont expédié des données. Je voudrais aussi remercier tout particulièrement Serge Le Huitouze pour la réalisation de la carte qui figure sur cette page et qu'il a construite sur la base d'un fichier coucou2006.xls regroupant toutes les données recueillies en 2006.

[Une petite précision : j'ai quitté la LPO, peu de temps après le début de cette enquête, pour la raison que, sur le site dont j'étais le webmaître, j'avais eu l'audace de parler du zoo de Pont Scorff comme destination possible de visite et de découverte de la faune. Quelques intégristes de la protection des oiseaux ont tellement œuvré auprès des instances dirigeantes de la LPO que, de guerre lasse, j'ai jeté l'éponge. Je voudrais quand même rappeler, aussi bien aux instances dirigeantes de la LPO qu'aux susdits intégristes, que sans le zoo de Pont Scorff qui a fourni l'essentiel de la nourriture, son vétérinaire et quelques autres aides importantes, les oiseaux mazoutés de l'Erika le seraient encore. Cela écrit, chacun soigne sa clientèle comme il l'entend !]






Cuculidés :
http://www.oiseaux.net/oiseaux/cuculiformes/coucou.geai.html
http://www.oiseaux.net/oiseaux/cuculiformes/coucou.gris.html

Deux histoires avec les coucous :
http://www.ecritsdesbetes.fr/coucougeai.html
http://www.ecritsdesbetes.fr/coucougris.html





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