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Déforestation
Déforestation


Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : L'ampleur du phénomène / Les acteurs / Les enjeux / Les menaces sur le Maobi au Cameroun / L'est du Cameroun privé des fruits du moabi /

Une zone forestière de la taille d'une ville a été supprimée dans la forêt amazonienne /
Le massacre de l'Amazonie /
La déforestation se poursuit toujours mais à un rythme moins soutenu /
Quel avenir pour les forêts en danger ? /
Les écosystèmes tropicaux seraient gravement menacés /
Méthodes et stratégies utilisées pour la réalisation du SEQFA (South-East Queensland Forest Agreement) /
Déforestation en Amazonie /
Déforestation : les incendies plongent l'Asie dans le brouillard /
La déforestation s'est accélérée entre 2000 et 2005 /
Les forêts tropicales d’Amérique ont désormais leur horloge : les arbres pionniers du genre Cecropia /
Secteur textile : l'opacité de la filière cuir /
Asia Pulp and Paper renonce à l'exploitation des forêts naturelles /
La déforestation de l’Amazonie n’est plus une fatalité /
L'Europe, première responsable de la déforestation dans le monde /
Corrélats /
Images SPOT / État de Para / Nord du Matto Grosso / 15 mai 1986 / 22 juillet 1989


On estime que, sur notre planète, les régions forestières occupaient, 8000 ans avant notre ère, 6 milliards d’hectares. Aujourd’hui, il en reste 3.5 milliards d’hectares dont 2 milliards dans les pays en voie de développement. 80 % des surfaces déboisées, l’ont été au cours du XXe siècle !

La déforestation peut se définir comme une perte permanente du couvert forestier au profit d’activités agricoles et/ou pastorales ou d’infrastructures urbaines et/ou industrielles.

La déforestation dans les régions intertropicales est l’un des problèmes majeurs que l’homme devrait prendre sérieusement et rapidement en considération, compte tenu des impacts écologiques, économiques et sociaux que cette destruction entraîne et dont les effets se manifesteront pendant très longtemps… Si tant est qu’ils soient réversibles et qu’il ne soit pas déjà trop tard ?

Pour s’en faire une idée, il suffit de voir qui sont les acteurs de la déforestation et quels en sont les enjeux.

Les acteurs de la déforestation :


» Les agriculteurs pratiquant la culture sur brûlis qui défrichent la forêt pour faire place à des cultures de subsistance et marchandes ;

» Les agriculteurs qui défrichent la forêt pour planter des cultures marchandes à l'échelle mondiale et déplacent (parfois les génocident) des agriculteurs pratiquant la culture sur brûlis qui, ensuite, s'installent sur les terrains forestiers ;

» Les grands éleveurs qui défrichent la forêt pour créer des pâturages et déplacent parfois des agriculteurs (ou des populations indigènes comme les Indiens, les pygmées, les méos, etc.) pratiquant la culture sur brûlis qui, ensuite, s'installent sur les terrains forestiers ;

» Les propriétaires de troupeaux de bétail pour lesquels la multiplication des troupeaux de bétail s’accompagne de déforestation ;

» Les exploitants forestiers qui récoltent du bois d'œuvre, y compris dans les forêts primaires censées être protégées, pour le compte de grandes compagnies de négoce du bois, mais aussi de mafias. Les pistes d'exploitation deviennent des voies d'accès pour d'autres utilisateurs des terres ;

» Les planteurs d'arbres à l'échelle commerciale (palmier à huile, hévéas, tecks) qui défrichent principalement des jachères forestières ou des forêts précédemment exploitées pour créer des plantations fournissant de la fibre à l'industrie des pâtes et papiers ;

» Les collecteurs de bois de chauffage pour lesquels une intensification de la collecte de bois de chauffage s’accompagne de déforestation

» Les compagnies minières et pétrolières qui ouvrent des routes et des pistes utilisées pour l'exploration sismique et qui rendent les terres accessibles à d'autres utilisateurs. Leur activité propre d’extraction ou de transport des produits extraits s’accompagne aussi de déforestation ;

» Les entrepreneurs de travaux d'infrastructures comme la construction de routes et d'autoroutes traversant des régions boisées qui donnent un nouvel accès à d'autres utilisateurs ou l'inondation de terres suite à la construction de barrages hydroélectriques ;

» Une forme de politique émergeante (?) où des planificateurs de peuplements déplacent des populations entières (pesant trop sur les statistiques du chômage ou politiquement hostiles, ethniquement impures, etc.) vers des régions boisées à « mettre en valeur » ou que l’on engage à coloniser, y compris par la force, des surfaces déjà exploitées par des populations, répondant souvent aux critères susmentionnés, surtout quand les tentatives de génocides, menées contre elles, ont tourné court (quand il n’est plus possible de taire les massacres et que la pression de l’opinion mondiale est sensible). Ces populations persécutées n’ont généralement pas d’autre choix que de s'installer dans la forêt, y compris quand elles sont inclues dans des parcs nationaux (Ouganda, Zaïre, Rwanda, etc.).

» En Afrique, les acteurs de la déforestation sont principalement des agriculteurs pratiquant la culture sur brûlis, des agriculteurs produisant des cultures « exportables » (cacao, café, arachides, etc.), des exploitants forestiers, des propriétaires de troupeaux de bétail et des réfugiés ;

» En Asie et en Océanie, ce sont principalement des agriculteurs produisant des cultures « exportables », des agriculteurs pratiquant la culture sur brûlis, des exploitants forestiers, des planteurs d'arbres et des entrepreneurs de travaux d'infrastructure.

» En Amérique latine et aux Caraïbes, ce sont principalement des agriculteurs pratiquant la culture sur brûlis, des grands éleveurs, des agriculteurs produisant des cultures « exportables », des exploitants forestiers et des entrepreneurs de travaux d'infrastructure

Les enjeux de la déforestation


» Les écologistes se disent intéressés par la préservation des forêts, la conservation de la biodiversité et les retombées négatives possibles du développement.

» Une partie de la communauté scientifique voit d’un mauvais œil la disparition d’un grand nombre d’espèces avant qu’elles n’aient pu être brevetées ou servir à la production de médicaments pour des maladies rentables dans les pays riches.

» Les petits agriculteurs défrichent les forêts pour avoir des terres à cultiver, espérant assurer la sécurité économique de leur famille.

» Les grands éleveurs défrichent les forêts pour créer des pâturages pour le bétail.

» Les experts forestiers tentent de gérer les forêts pour assurer qu'elles fournissent des produits et des services de façon durable et pour maintenir le fonctionnement biologique de leurs écosystèmes.

» Les exploitants forestiers coupent du bois d'œuvre et des bois précieux pour commercialiser des produits ligneux, même illégalement et en toute impunité.

» Les populations indigènes essaient de tirer le plus d'avantages économiques possibles des forêts et veulent y avoir accès pour chasser ou récolter des plantes ou des fruits.

» Les politiciens au pouvoir espèrent que l'exploitation forestière ou l'utilisation des terrains occupés par les forêts à des fins agricoles permettra de créer rapidement des emplois et d'assurer une certaine prospérité ainsi que des recettes fiscales pour le gouvernement. Ils espèrent un allégement temporaire des pressions dues à la pauvreté ou à la demande récurrente de terres agricoles et d'emplois.

» Les politiciens dans l’opposition voient dans la frilosité des politiciens au pouvoir à ne pas davantage exploiter les forêts pour les raisons susmentionnées, une preuve de leur incurie.

» Les politiciens dans la guérilla et le « maquis », négocient l’exploitation des forêts ou des richesses qu’elles renferment ou cachent (or, diamants, opium, coca) contre des armes ou des U$ dollars.

» La communauté internationale provoque de nombreuses conventions, tient des discours où elle affirme son intérêt pour une croissance économique durable, la pérennité du patrimoine mondial, la préservation des forêts et de leur biodiversité et fait le contraire de ce qu’elle avait soutenu mordicus !

Bienvenue dans le monde.




Menace sur le plus grand arbre de la forêt africaine

Nos campagnes > Forêts > Moabi : arbre de vie ou de profit ?

5 mai 2006 / Par Sylvain Angerand / http://www.amisdelaterre.org/article.php3?id_article=2317

Arbre sacré, arbre pharmacie ou encore arbre producteur d'huile...le moabi est un arbre d'une grande importance pour les populations forestières d'Afrique Centrale. Les plus vieux moabi, que l'on trouve dans les forêts tropicales du Bassin du Congo, peuvent être âgés de 2500 ans et peuvent atteindre 70 m de hauteur.

Aujourd'hui, 3 moabi sur 4 coupés au Cameroun sont transformés en parquets, portes et fenêtres en France. Les Amis de la Terre France et Cameroun publient un rapport pour dénoncer les impacts sociaux et environnementaux de la société française Pallisco [1], qui est au cœur de ce commerce.

Dans l'Est du Cameroun, le moabi est le symbole de la réserve du Dja, classée au patrimoine mondial de l'Humanité : " nous défendons cet arbre parce que c'est le seul qui nous fournit l'huile dans le pays " explique un villageois de Medjoh, " l'huile de moabi, c'est notre seule richesse " ajoute un autre. " Abattre un moabi en Afrique, c'est comme dévaliser une banque et détruire une pharmacie " explique ainsi Belmond Tchoumba, coordinateur aux Amis de la Terre Cameroun en rappelant que les liens entre la forêt et les hommes sont très forts au Cameroun : " par exemple, le moabi est utilisé pour plus de 50 indications médicinales différentes et la commercialisation de l'huile rapporte un revenu substantiel sur le long terme ". Pour les pygmées baka de Dimpam, les premiers habitants de ces forêts, le moabi est un arbre sacré car il abrite les esprits des ancêtres.

Mais le moabi est aussi un bois d'une excellente qualité qui attire la convoitise des entreprises d'exploitation forestière. Depuis l'arrivée de l'entreprise française Pallisco dans l'Est du Cameroun il y a plus de 30 ans, les conflits autour du moabi se multiplient : " Au Cameroun, 90 % des vieux moabi en âge de fructifier sont abattus, ce qui risque d'entraîner la disparition locale de cet arbre et prive les villageois des précieuses graines dont ils extraient l'huile " explique Sylvain Angerand, chargé de campagne Forêts aux Amis de la Terre France. " Pire, cette exploitation est souvent illégale. Pour approvisionner ses scieries, la société Pallisco a coupé des moabi dans les champs ou autour des villages, contre la volonté des villageois eux-mêmes. De jeunes arbres sont également abattus ce qui est formellement interdit par la loi ".

Depuis 2005, les Amis de la Terre mènent la campagne " Moabi : arbre de vie ou de profit ? " pour sensibiliser les entreprises et les consommateurs français. Sylvain Angerand explique : " Nous profitons de ce rapport pour féliciter l'entreprise Saint Maclou qui, après plusieurs mois de campagne, vient de nous annoncer qu'elle ne commercialiserait plus de moabi. Nous souhaitons que ce rapport permette à d'autres entreprises de prendre conscience de l'impact social et environnemental des produits en moabi qu'elles commercialisent ".

La société Pallisco et l'exploitation du moabi (Baillonella toxisperma) dans l'Est du Cameroun




L'est du Cameroun privé des fruits du moabi

(Libération 06/05/2006)

Déforestation. Une société française exploite cet arbre rare, pourtant au centre de la vie des villages locaux.

Jour de paie, ce samedi, pour les 400 employés de la société forestière Pallisco, dans la petite localité de Mindourou, à 300 km à l'est de Yaoundé. La bière coule à flots, la musique s'échappe des bars jusque tard dans la nuit. Des habitants, pourtant, font grise mine : ils ne pardonnent pas à l'entreprise d'avoir abattu, en 2005, trois moabi dans leur "forêt communautaire".

L'affaire peut sembler dérisoire. En réalité, elle est symptomatique des problèmes récurrents posés par l'exploitation du moabi, activité dont la société Pallisco, filiale du français Pasquet, est le leader au Cameroun. En toute légalité car l'arbre ne dispose d'aucune protection particulière. Utilisé en Europe pour fabriquer portes, fenêtres ou parquets, cet arbre, le plus grand du continent africain, est aussi très prisé par les communautés locales : pour elles, il représente une valeur économique et sociale importante. "C'est avec les fruits du moabi que nous fabriquons notre huile et nos médicaments. Quand un moabi est coupé, nous perdons beaucoup", explique un habitant.

Dans cette région forestière, difficilement accessible (seul un tiers de la route entre Yaoundé et Mindourou est bitumé), la chasse et la cueillette ont longtemps été les principaux moyens de subsistance.

Fraude. Mais, avec la présence de Pallisco, implantée depuis le début des années 70, rien n'est plus comme avant. Dans plusieurs villages qui bordent la concession forestière de la société, les gens se plaignent. Un jour, ils ont vu débarquer les engins de la société venus couper des arbres qu'elle avait pourtant promis de préserver. Les habitants de Zieng Onoul, par exemple, accusent Pallisco d'avoir frauduleusement coupé onze moabi, dans leur forêt, en 2000. Ceux de Nemeyong attendent toujours que la société leur donne des explications, voire une indemnisation pour trois arbres abattus à la fin des années 90 (la valeur de ces trois arbres sur le marché européen est évaluée à environ 9 000 euros). Autour de la localité de Medjoh ("moabi" en badjoué, la langue locale), une soixantaine d'arbres auraient été abattus en 2000. "Ils en ont coupé à moins de 1 kilomètre de la route alors qu'ils avaient promis de ne pas le faire à moins de trois kilomètres, rapporte une habitante. Nous avons voulu arrêter les machines. Finalement, c'est le chef du village qui a été condamné à trois ans de prison avec sursis ! Quand on est face à une société qui a de l'argent, que peut-on espérer d'autre ?"

Avec ces arbres, des femmes ont perdu leur unique source de revenus. "L'une d'entre elles nous a expliqué que l'argent de la vente d'huile de moabi lui permettait d'envoyer ses filles à l'école. Depuis que Pallisco a coupé les moabi, elle n'a plus les moyens de le faire", raconte Belmond Tchoumba, de l'ONG les Amis de la Terre au Cameroun. Aujourd'hui, pour trouver des arbres, il faut s'enfoncer très loin dans la forêt. "C'est très pénible, rares sont les femmes qui le font."

Désabusés. "Nous sommes toujours critiqués. Mais personne ne souligne ce que nous faisons de positif. Personne ne parle, par exemple, de nos plantations et de la pépinière que nous avons créée", répond Loïc Douaud, chef du site Pallisco de Mindourou. Une pépinière ? Les habitants pygmées de Dinpam, près de Medjoh, haussent les épaules, désabusés : "Il faut plusieurs années avant qu'un arbre soit productif. En attendant qu'il pousse, comment fait-on pour vivre ?" On estime qu'un moabi commence à produire des fruits de manière régulière à 90 ou 100 ans.

"90 % des vieux moabi en âge de fructifier sont abattus, ce qui risque d'entraîner la disparition locale de cet arbre", estime Sylvain Angerand, de l'association les Amis de la Terre en France. Dans un rapport publié hier, il rappelle que Pallisco, partenaire du Fonds mondial pour la nature (WWF), a bénéficié du soutien financier de l'Agence française de développement. "A ce titre, la société civile française est en droit d'exiger l'exemplarité. Or la surexploitation du moabi et les conflits avec les populations qu'elle provoque semblent être en contradiction avec l'objectif prioritaire de la coopération française, qui est la réduction de la pauvreté".

par Fanny PIGEAU

QUOTIDIEN : samedi 06 mai 2006

Mindourou (Cameroun) envoyée spéciale© Copyright Liberation

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Pour en savoir plus sur les bienfaits de la post-colonisation (D'après le Petit Robert de la Langue Française, édition 2007, la définition du terme «colonisation» figurant dans cet ouvrage établit que la " colonisation d’un pays correspond à une mise en valeur, une exploitation des pays devenus colonies. "

À lire aussi, donc : L’EXPLOITATION ABUSIVE DES FORÊTS ÉQUATORIALES DU CAMEROUN :
http://vibes.ovh.org/cameroun.txt

Exploitation forestière illégale au Cameroun: l’action du gouvernement français détruit la forêt tropicale :
http://www.liberationafrique.org/IMG/pdf/exploitation-forestiere-illega.pdf

Massacre à la tronçonneuse :
http://www.liberationafrique.org/IMG/pdf/Cibec.pdf

Commerce illégal des bois tropicaux / La France doit impérativement exiger l’interdiction :
http://www.liberationafrique.org/article.php3?id_article=1017

Le Groupe DANZER verse dans la corruption et l’exploitation illégale... pendant que les Ministres européens de l’Environnement réclament une loi contre le commerce illicite de bois !
http://www.liberationafrique.org/article.php3?id_article=308






La forêt qui cache l'arbre :
http://www.inra.fr/dpenv/point16.htm

L'agriculture de défriche en Guyane : http://www.inra.fr/dpenv/gachec26.htm

Aménagement des forêts naturelles des zones tropicales sèches :
http://www.fao.org/documents/show_cdr.asp?url_file=/docrep/W4442F/w4442f08.htm

Les arbres des forêts africaines (statut, menaces) / 87 espèces :
http://www.unep-wcmc.org/species/tree_study/africa/fra/

Les arbres des forêts américaines :
http://www.unep-wcmc.org/species/tree_study/pdfs/2_fra.pdf

Les arbres en Asie :
http://www.unep-wcmc.org/species/tree_study/pdfs/3.pdf

Index des espèces d'arbres
http://www.unep-wcmc.org/species/tree_study/list.htm

Dossier déforestation sur Notre planète info
http://www.notre-planete.info/environnement/deforestation.php






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