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Incapacité, dépendance, handicap...

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Philippe Geluck du plus beau site du monde, si !
Je suis de plus en plus confusément gêné par l’utilisation permanente que l’on fait du mot dépendance, surtout quand on voudrait que ce terme ne s’appliquât qu’aux seuls vieillards devenus totalement incapables de quoi que ce soit. Cette gêne est due, en grande partie, aux effets pervers des discours du nain (omni)potent qui se croit légitimé à gouverner la France. Un de ces effets tient au côté électoraliste de la manœuvre, l’autre à son côté mercantile. Point n’est besoin de consulter les entrailles des poulets pour deviner quelles peuvent être les arrières pensées de cette lamentable marionnette et de ceux qui en tirent les ficelles. Je suis bien sûr qu’il ne faudra pas attendre bien longtemps pour que nous ayons toutes les informations que l’on nous cache encore et que la presse aux ordres saura taire quand nous y aurons accès.



Mais ce qui me gêne surtout, c’est la confusion que l’on entretient sur les acceptions de ce mot. Et cela ne date pas de 2005 et de l’arrivée du nain portant talonnettes.

Dépendance est un mot qui recèle et révèle diverses impressions vagues, indistinctes ou confuses. D’abord nous sommes tous dépendants des autres. Personne ne peut se prévaloir d’être indépendant, serait-il immensément riche et probablement moins encore parce qu’il est riche si j’en crois les handicaps que cela détermine chez les possédants rendus parfaitement incapables de quelque geste qui pourrait leur permettre de survivre sans les autres (le nain populaire sans flics autour survivrait-il longtemps ?).

La première acception est donc associée à une notion de solidarité puisque les autres nous sont utiles, nécessaires, voire indispensables.

La seconde acception est de nature sociétale. La dépendance interindividuelle est élargie à une dépendance des groupes socioprofessionnels entre eux.

La troisième acception est une perversion des deux premières. Elle est une conséquence des appropriations indues des ressources thermodynamiques nécessaires à chacun. C’est pour partie l’usus qui permet le fructus… mais c’est surtout l’abusus qui se traduit par la servitude, l’assujettissement et maintenant par la subordination.

Depuis quelques années, la notion de dépendance se réduit surtout au champ de la vieillesse et des personnes âgées dont on sait qu’elles vont être plus nombreuses qu’elles ne l’ont probablement jamais été. La notion de dépendance rejoint, de facto, celle du spectre du handicap puisque l’on sait bien que bon nombre de personnes âgées*, parce qu’elles vont vivre beaucoup plus longtemps, deviendront de moins en moins valides, de moins en moins autonomes, puis invalides, handicapées, impotentes, grabataires, gâteuses, séniles, etc.

[* mais pas toutes, et probablement beaucoup moins que ce que la représentation sociale qu'on nous distille, nous laisse imaginer : moins de 15 % des plus de 85 ans et moins de 35 % des plus de 95 ans !]

La dépendance s’inscrit donc dans l’incapacité de réaliser, à partir d’un certain degré de sénescence, les gestes nécessaires de la vie ; autrement dit, les vieux deviennent progressivement incapables de vivre seul.

C’est bien sur ce volet à deux battants que joue le nain pécunieux. Le premier battant, c’est la peur de rester seul, voire de crever comme un chien. Il faut donc voter pour le premier qui va promettre que cela ne sera jamais dans un pays riche, même s’il cherche déjà comment payer ses fonctionnaires en cette fin d’année 2010. Le deuxième battant, c’est que le pays riche qui ne peut plus payer à cause des déficits colossaux, le pourra encore moins s’il ne s’appuie que sur la solidarité nationale qui n’est rien qu’une aberration issue des esprits tordus des membres du conseil de la résistance. Il faut des capitaux privés. Les banksters et les assureurs ont tous crié « présent » à l’idée des présents qu’on leur présentait.

Les scénarios sont bien rôdés. Je les rappelais à propos de la grippe A et des vaccins censés nous dépendémier. D’abord, on a beaucoup insisté sur la dépendance-inaptitude, puis sur la dépendance-incapacité, introduisant la dépendance-subordination, la dépendance-surveillance, la dépendance–contrainte, la dépendance-enfermement, la dépendance-maltraitance, la dépendance-abandon, etc.

La question des liens de solidarité intergénérationnelle (famille, collectivités) a très vite été remisée aux oubliettes pour laisser la place à la notion de besoins satisfaits. Formidable : la dépendance devenait une forme de consommation.

Une fois encore nous voyons pointer le principe d’une société à pédalier (c’est plein de vitesses comme sur les vélos). Il y a ceux qui ont ou auront les moyens de leur dépendance et ceux qui ne l’auront pas. En outre, et point ne sera besoin de voter des lois sur la transmission de patrimoine, puisqu’à vivre de plus en plus voudra que l’on devienne de plus en plus dépendant, que cela coûtera de plus en plus cher et personne n’aura plus rien à transmettre à qui que ce soit, les banques et les assurances auront tout raflé. Nous vivons une époque formidablement dégueulasse !

[Note en guise de conclusion provisoire] : Entre la fermeture des écoles maternelles et Grand'mère Alzheimer à la maison, les femmes (désolé Mesdames) n’auront plus besoin (la peine) de chercher du boulot… le nain croyable avait bien prédit une baisse du chômage, non ?

[Autre note : Je devrais prendre la peine de dater mes papiers... Bon, cette page a été écrite le mois dernier en novembre 2010, aujourd'hui 15 décembre 2010, je tombe sur cet article : Soins médicaux et dépendance des personnes âgées : quel modèle de société pour demain... formidablement dégueulasse ???]




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