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Désertification
Désertification




Le terme de désertification est souvent associé dans les esprits à l'avancée du désert dont les dunes de sable envahissent lentement et inexorablement les régions fertiles proches. Cette vision populaire de la désertification a perdu tout fondement dans la plupart des milieux scientifiques : les déserts africains ne poursuivent pas leur inlassable marche vers le Sud, détruisant tout sur leur passage.

On définit aujourd'hui la désertification comme un phénomène surtout socio-économique où les ressources naturelles se dégradent par les pressions démographiques et des pratiques d'occupation du sol présentant un caractère non durable. Les processus de formation de nouvelles régions désertiques où la diversité se trouve détruite sont fortement corrélés à la dégradation des sols, c'est-à-dire à l'appauvrissement progressif de leurs potentiels physiques, biologiques et économiques. Cette dégradation des sols menace sérieusement la productivité globale et, par conséquent, la subsistance de la population. Elle réduit la diversité de la vie végétale et animale, comme elle force les populations à se déplacer et à changer leur mode de vie, ce qui a aussi des conséquences sur la diversité, de culture, de langue et de savoir, des communautés habitant la zone dégradée.


En jaune : les déserts
En orangé : les zones menacées de désertification ;
La menace est d'autant plus forte que la couleur est plus foncée.
À l'heure actuelle, les zones sub-désertiques sont moins menacées de désertification que les zones semi-arides qui souffrent d'un déficit aggravé de précipitations.


La lutte contre les phénomènes de désertification :

C'est vers 1968 que la crise écologique majeure qui touchait le Sahel et commençait à susciter un émoi considérable à travers le monde, déclencha chez nombre d'experts et autres scientifiques une grande curiosité et donna lieu à une multiplicité de programmes de recherches pour lesquels des milliards de dollars furent dépensés pour arriver le plus souvent à des solutions aussi farfelues que la mise en place de "barrages verts"...

En quelques années, on vit la prolifération d'organismes internationaux de surveillance qui ont davantage surveillé qu'agi et de bureaux d'études qui ont dépensé beaucoup d'argent à étudier surtout des propositions irréalistes.

Alors que dans les années 70, le seul problème du Sahel n'avait pas connu de traitement satisfaisant (à part l'aide d'urgence pour laquelle les États du Nord furent très sollicités et se mobilisèrent fortement),à la conférence de RIO, en 1992, on créa la Convention Contre la Désertification (CCD), laquelle élargit ses compétences à toutes les régions menacées de désertification, y compris les régions méditerranéennes.

Dès lors, en multipliant le nombre d'états concernés et dont les intérêts s'avéreraient contradictoires, d'autant plus qu'ils tendraient à s'inscrire dans la nouvelle perspective de "développement soutenable", la lutte contre la désertificationprenait une autre dimension, essentiellement politique, où l'aide des pays riches aux pays pauvres s'accompagnait d'autres conditions que celles de la survie des populations en péril.

Ainsi, la lutte contre la désertification prônée par la CCD passa par des renégociations de la dette ou la lutte contre l'immigration. Dans le même temps, l'aide des pays riches fondait comme beurre de cacahouète au soleil tropical.L'aide de la France qui était de 0.64 pour mille du PIB en 1994 passait à 0.38 pour mille du PIB en 1999 ; celle des États-Unis stagnait à 0.1 pour mille !

Alors depuis 1996, on a beaucoup débattu des "indicateurs de désertification", des "savoirs traditionnels" ou encore des "méthodes d'alerte précoce" des grandes sécheresses... et pour beaucoup débattre, la CCD a beaucoup sollicité ses bailleurs de fonds et la désertification n'a pas cessé de progresser et elle s'aggravera encore dans les années à venir : la croissance démographique, même ralentie, se poursuivra au moins jusqu'en 2030 ; les prévisions sur les conséquences du réchauffement climatique indiquent que des sécheresses plus longues et plus fréquentes surviendront surtout autour des déserts tropicaux et de la Méditerranée...




http://www.africatime.com/afrique/nouvelle.asp?no_nouvelle=263254

L'Algérie débordée par le désert (Libération 17/06/2006)

Capitale de l'Année de la désertification, Alger relance son vieux projet de "barrage vert" contre le Sahara.

"L'Algérien avance, le désert recule." Le slogan, en ces années de postindépendance, fit un succès. Le chantier lancé par le président Houari Boumediene en 1969 était, il est vrai, pharaonique : un "barrage vert" de 3 millions d'hectares, une barrière d'arbres de 1 200 kilomètres de long sur 20 de large, devait protéger le nord de l'Algérie de l'inexorable avancée du Sahara. Près de quatre décennies plus tard, Alger est désignée par l'ONU capitale de l'Année des déserts et de la désertification, dont le 17 juin est la journée mondiale.



Plus vaste pays d'Afrique après le Soudan, l'Algérie est concernée au premier chef. Une grande partie de son territoire 84 % est recouverte par les sables du désert le plus grand et le plus aride du monde : le Sahara, vieux d'au moins 7 millions d'années. Mais, si ses sites magiques font rêver, la désertification y prend des allures inquiétantes : près de 13 millions d'hectares du pays sont menacés par l'avancée du désert, tandis que 32 millions d'hectares de la zone steppique sont en danger de désertification, suscitant l'inquiétude quant à l'avenir de plus de 7 millions de personnes, dont la majorité vit de l'élevage.



Palmeraies. "Le désert avance, l'Algérien recule ", résume aujourd'hui un expert algérien de l'aménagement du territoire. Le temps est loin, en effet, où l'armée mobilisa 20 000 recrues du service national pour réaliser le fameux " barrage vert " sur la steppe et les hauts plateaux, à 150 kilomètres au sud d'Alger. Si les travaux ont eu une certaine réalité jusqu'au début des années 80 et s'ils n'ont jamais été formellement gelés, ils se sont quelque peu délités au début de la décennie 90. La guerre civile s'annonçait. L'administration des forêts a repris officiellement le chantier en 1994.



Entre-temps, la situation s'est terriblement dégradée. Au Sahara, les infrastructures et les villes, villages et oasis sont régulièrement menacés par l'ensablement, le dépérissement des palmeraies, le tarissement de sources et la salinisation des sols. Pourtant, selon le ministre des Ressources en eau, les réserves en eau potable non renouvelables du Sahara sont estimées à 40 milliards de mètres cubes, "de quoi assurer l'alimentation du Sud algérien et permettre son développement".



Napalm. Le nord du pays n'est pas beaucoup mieux loti. En montagne, les incendies, y compris par le napalm employé pendant la "sale guerre" des années 90, et l'érosion hydrique détruisent forêts et sols. Envahies par le béton ou soumises à la pollution industrielle et à l'érosion, les plaines les plus fertiles perdent leur capacité agricole. L'urbanisation effrénée et anarchique aurait ainsi causé la perte de 200 000 hectares de terres agricoles depuis l'indépendance, tandis que 500000 hectares ne peuvent plus servir à l'agriculture en raison de la salinisation.

Aujourd'hui, l'Algérie s'est enfin engagée dans un programme de construction de nouveaux barrages et d'unités de dessalement d'eau de mer dans les grandes villes. Et elle refait une "priorité nationale" du fameux "barrage vert", qui devrait être achevé en 2020. Alger veut aussi développer le tourisme pour empêcher l'exode des habitants du désert. La formidable richesse archéologique du Sahara qui connut des ères verdoyantes et habitées il y a moins de 5 000 ans l'autorise largement. Pourtant, estime un expert, " l'absence de toute politique de l'environnement et d'aménagement du territoire digne de ce nom demeure alarmante alors que la désertification est un problème majeur et permanent pour l'Algérie".

par José GARÇON

QUOTIDIEN : samedi 17 juin 2006

L'intérieur des continents s'assèche

Les régions arides ou désertiques de la planète abritent plus de 2 milliards d'habitants, dont 90 % dans les pays en voie de développement. Selon Ronald Prinn, spécialiste du changement climatique au MIT de Boston, "les différents modèles pour les cent prochaines années prévoient tous une accentuation de la sécheresse dans l'intérieur des continents. Et la seule réponse possible de la part des gouvernements est de prendre des mesures d'adaptation". Mesures qui, d'après les spécialistes, pourraient rendre réversible ce processus en l'espace de dix à trente ans. Si la mobilisation est massive et rapide. © Copyright Libération




Pékin subit des tempêtes de plus en plus fortes soufflant du désertde Gobi.

Alerte rouge face aux sables jaunes

Un article de Philippe Grangereau / Libération du 24 avril 2006

La désertification des environs de Pékin, à l'origine de la fréquence accrue des vents de sable qui balaient la capitale depuis le début du mois, fait beaucoup d'heureux à Longbaoshan, petit village de 800 habitants cerné par des dunes d'une cinquantaine de mètres de hauteur, "II y a dix ans, on prenait ça pour une malédiction, raconte M. Wang en poussant péniblement son cheval sur les collines de sable. On n'arrivait plus à faire pousser grand-chose, hormis des abricotiers. Mais un militaire de la caserne voisine a tout de suite vu le potentiel. II a commencé à faire venir les touristes et, depuis, ça n'arrête pas. Maintenant, on gagne plus d'argent que tous les autres villages alentour, moins ensablés."

Manne touristique. Depuis quelques années, Longbaoshan est devenu une attraction pour les Pékinois, qui n'ont que 80 km à parcourir en direction du nord-est pour se croire en lisière du Sahara. Les paysans proposent des promenades à cheval ou à dos de chameaux mongols, et même des courses de quads ou de buggies à travers les dunes. Le paysage lunaire de Longbaoshan a servi de décor pour de nombreux films et séries télévisées chinoises mettant en scène les troupes impériales repoussant les conquérants mongols. Aujourd'hui, ce n'est plus toutefois Gengis Khan mais le sable qui menace d'envahir Pékin. La capitale a affronté, ces dernières semaines, deviolents vents de sable bouchant l'horizon. Ces bourrasques déposent chaque jour une couche de particules très fines provenant du lointain désert du Gobi. Sans un coup d'essuie-glaces quotidien, les pare-brise des voitures demeurent opaques. Cette calamité, combinée au fléau notoire de la pollution atmosphérique qui affecte la ville, a conduit, la semaine dernière, le bureau de protection de l'environnement de Pékin à décréter l'alerte maximale : le niveau 5, le plus élevé, a en effet été dépassé. Les habitants se sont vus conseiller de sortir équipés d'un masque chirurgical, tandis que les enfants et les personnes âgées étaient invités à rester à l'intérieur. 27 % du territoire chinois est désertique et Pékin est coutumier de ces vents de sable jaune. Mais leur incidence est de plus en plus néfaste. Ils charrient désormais plus de 300 microgrammes de sable par mètre cube et par heure, ce qui est considérable. Ils proviennent de la région nord-ouest du pays, où la désertifîcation ne cesse de progresser. Elle est passée de 1560 km2 par an dans les années 70 à 2400 depuis les années 90, selon les chiffres officiels. Quelque 800 kilomètres de rail et des milliers de kilomètres de route sont constamment bloqués par la sédimentation. Dans la zone de Longbaoshan - qui fut autrefois une contrée de forêts et de lacs où chassaient les empereurs -, le sable arrive du Gobi en nuages de 90 000 tonnes chaque année.

Campagnes de reboisement. L'amplification du phénomène a deux causes. La première est climatique et serait liée au réchauffement du plateau tibétain. Mais en Chine,où la pression démographique est importante, le facteur humain a sans doute une incidence déterminante. Selon l'étude d'un chercheur, Ning Datong, le ramassage du bois de chauffage est responsable de la désertification pour 32 %, l'élevage en pâturage pour 30 % et la culture excessive pour 23 %. À Longbaoshan, devant l'entrée de chaque maison nouvellement bâtie grâce à la manne touristique, s'empilent de gros fagots de bois de chauffage. "Ce n'est que du boismort", objecte Wang, avant d'ajouter qu'il y en a de plus en plus en raison de l'avancée des dunes, "qui seront bientôt au seuil de nos portes". Depuis plus de vingt ans, le gouvernement chinois a fait des efforts remarquables mais stériles pour reboiser cette région aride du nord-ouest de la capitale. Sur les flancs des rudes collines jouxtant Longbaoshan et la ville voisine de Huailai (rebaptisée Shacheng, "ville des sables"), il n'est guère d'endroits sans arbustes nouvellement plantés. Des campagnes de reboisement successives ont mobilisé pêle-mêle écoliers, étudiants, employés de banque, militaires, etc. Même les hauts responsables du Parti plantent symboliquement un arbre chaque année. Mais aucun n'atteint une taille significative. À Longbaoshan, chaque arbuste maigrichon planté par les "gens de la ville" doit ensuite être arrosé, péniblement, par l'eau des puits qui se tarissent. Peu de paysans font l'effort. Les petites citernes d'eau tirées par des chevaux vont plus volontiers irriguer les vergers d'abricotiers que ces pousses inutiles.

PHILIPPE GRANGEREAU




LES AQUIFÈRES DES GRANDS BASSINS UNE RESSOURCE VITALE POUR LE DÉVELOPPEMENT ET LA LUTTE CONTRE LA DÉSERTIFICATION DANS LES ZONES ARIDES ET SEMI-ARIDES / Mr. Jean-Marc LOUVET /
http://www.oieau.fr/ciedd/contributions/at1/contribution/OSS.html

La plus grande catastrophe écologique due à l'homme : l'Aral. :
http://www.univ-st-etienne.fr/crenam/donnee/cours/cubiaral.html

Désertification dans les aires sèches endoréiques du Sud du bassin de l'Aral :
http://www.john-libbey-eurotext.fr/fr/revues/agro_biotech/sec/e-docs/00/03/82/9C/article.md?type=text.html

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CONVENTION INTERNATIONALE SUR LA LUTTE CONTRE LA DÉSERTIFICATION DANS LES PAYS GRAVEMENT TOUCHES PAR LA SÉCHERESSE ET/OU LA DÉSERTIFICATION, EN PARTICULIER EN AFRIQUE
http://www.unccd.int/cop/officialdocs/incd/pdf/24127fre.pdf

PROGRAMME D'ACTION NATIONAL DE LUTTE CONTRE LA DÉSERTIFICATION
http://www.unccd.int//actionprogrammes/africa/national/2000/benin-fre.pdf

http://www.unccd.int//actionprogrammes/africa/national/2000/burkina_faso-fre.pdf

http://www.unccd.int//actionprogrammes/africa/national/2000/tunisia-fre.pdf


DÉSERTIFICATION, CHANGEMENT CLIMATIQUE, BIODIVERSITÉ ET FORÊTS : SYNERGIES POUR UN PROGRAMME INTERRÉGIONAL ENTRE LES PAYS DU NORD ET DU SUD DE LA MÉDITERRANÉE
http://www.unccd.int//regional/northmed/meetings/interregional/2000workshopRome_CCD_FCC_BDC-fre.pdf

Faire reculer le désert au Burkina Faso Mission impossible ? ... pas si sûr !!!
http://perso.wanadoo.fr/marc.oberle//developpementburkina.html

La Désertification à la croisée de l'environnement et du développement par A. CORNET (2001) :
http://www.csf-desertification.org/catalogue/2001_CSFD_Cornet.pdf

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Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse :
http://www.notre-planete.info/actualites/actu_364.php

La désertification à la croisée de l'environnement et du développement :
http://www.csf-desertification.org/catalogue/2001_CSFD_Cornet.pdf

Qu'est-ce que la désertification? :
http://www.gm-unccd.org/French/About/desertification.htm

Le rôle de la foresterie dans la lutte contre la désertification :
http://www.fao.org/documents/show_cdr.asp?url_file=/docrep/T0115F/t0115f00.htm

Sous réserve de faisabilité climatique, pédologique et culturelle :
Les techniques d'amélioration des sols par BRF (Bois Raméaux Fragmentés) :
http://www.sbf.ulaval.ca/brf/brf_afrique_98.pdf

Dans : http://www.sbf.ulaval.ca/brf/default.htm

Gestion des écosystèmes fragiles : Lutte contre la désertification / Action 21 :
http://www.fao.org/waicent/faoinfo/sustdev/FRdirect/EPre0031.htm

Les ONG toujours en retard d'une catastrophe :
http://www.monde-diplomatique.fr/index/sujet/desertification

La pollution atmosphérique sur Pékin / Impact potentiel sur l’agriculture péri-urbaine
http://www.inra.fr/internet/Produits/dpenv/garrec46.htm






[Corrélats : Déserts / Déserticoles / Sahara / Courants marins / Notion de succession / Notion de climax / Aridité / Ressources naturelles / Afrique / Anthropisation / Stratégies adaptatives / Loup / Déprise agricole / Développement durable / Surpâturage / Reboisement / ...]

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