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Les animaux en détresse






Petit rappel sur la réglementation s'appliquant aux espèces protégées :

Sauvetage des animaux appartenant à une espèce protégée.

" Le transport d'individus d'espèces protégées vers un centre de soin est régi par l'instruction PN/S2 N°93-3 du 14 mai 1993 relative à la mise en œuvre des dispositions de l'arrêté du 11 septembre 1992 relatif aux règles générales de fonctionnement et aux caractéristiques des installations des établissements qui pratiquent des soins sur les animaux de la faune sauvage en vue de leur insertion ou de leur réinsertion dans la nature.
Certes, il n'y a plus grand chose à faire pour
cette buse tuée par un bécassier (Floranges).
Celle-ci précise qu'en cas d'urgence (c'est-à-dire si la survie de l'animal ou sa capacité à être réinséré dans la nature sont manifestement menacées) et en l'absence de meilleure solution, le transport par un particulier du lieu de découverte jusqu'à un centre de soins est admis s'il est effectué dans les plus brefs délais et par l'itinéraire le plus direct."

Ces transports tolérés peuvent également concerner des espèces chassables ou des espèces protégées par la convention de Washington sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvage menacées d'extinction.

L'instruction précise toutefois que cette priorité donnée à la sauvegarde d'un animal ne dispense pas le sauveteur de devoir se justifier s'il y a lieu devant un agent de la force publique.




Pour un accès plus large à la législation internationale, européenne et française sur la protection des espèces :

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Fac-similé d'un courrier paru samedi 18 février 2006 sur la liste "Ornitho urbaine"

Bonjour,

Je me permets d'écrire ce message afin de rappeler la bonne marche à suivre lorsque l'on découvre un oiseau mort, a fortiori si l'on désire qu'une autopsie soit pratiquée.

Première chose qui peut paraitre évidente, éviter de saisir l'oiseau à mains nues. Si possible toujours porter des gants ou le saisir directement avec le sac plastique dans lequel l'oiseau sera placé.

En effet, en dehors de la très médiatique influenza aviaire, d'autres maladies plus fréquentes chez les oiseaux sauvages constituent des zoonoses (maladies transmissibles à l'homme). Je cite pêle-mêle la salmonellose, la listériose, la giardiose, la yersiniose...bref tout un tas de saloperies qui peuvent entrainer des maladies vraiment pas sympathiques.

Deuxième précaution importante, éviter de trop manipuler l'oiseau afin de limiter la diffusion d'aérosols de plumes, possibles vecteurs de germes (particulièrement important chez les colombidés et les psittacidés possédant des pulviplumes). Si toutefois la curiosité est plus forte, l'immersion préalable dans une solution tiède d'antiseptique (chlorexidine par exemple) limitera la diffusion de ces aérosols.

Pour ce qui est de l'autopsie, elle doit être pratiquée le plus rapidement possible. En effet, l'autolyse post-mortem des organes est très rapide chez les oiseaux.

Si elle ne peut être effectuée le jour-même le corps doit être réfrigéré mais sutout pas congelé (la congélation entrainant des altérations tissulaires), sauf si l'autospie ne peut être pratiquée dans les 3 jours.

Une bonne technique de réfrigération consiste à placer le cadavre dans un sac isotherme avec des pains de glace en prenant soin d'isoler le corps du matériel réfrigérant avec par exemple du plastique à bulles ou du papier journal. En hiver, une autre technique simple: laissez l'oiseau dehors à l'abri du gel, le froid naturel conservera tout aussi bien.

Et ensuite direction le véto compétent (ou tout du moins intéressé) le plus proche.

Cas particulier de la grippe aviaire: le virus de la grippe aviaire est fragile, donc n'utilisez pas d'antiseptiques et surtout pas de congélation du cadavre.

Les espèces présentant un risque particulier sont les oiseaux sauvages aquatiques (oies, canards, cygnes, échassiers ainsi que goélands). En cas de découverte d'oiseaux malades ou morts de ces espèces, il est conseillé de ne pas y toucher et de prévenir les fédés de chasse, l'ONCFS, les DSV ou bien le réseau SAGIR (numéros de téléphone à la fin de ce message).

On considère une mortalité comme suspecte si l'on découvre dans un périmètre proche et sur un court laps de temps (moins d'une semaine) au moins 5 oiseaux de la même espèce (sauf pour les cygnes, ou l'on considère la mortalité suspecte à partir d'un seul cadavre découvert).

Petite précision: ce chiffre de 5 individus ne concerne pas les passereaux, tourterelles et autres oiseaux de mangeoires dont les mortalités sont fréquentes en cette saison.

Cordialement,

Franck Dupraz

Vétérinaire, Saint-Maximin-la-Sainte-Baume