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Dinophycées
Dinophycées




Noctiluca
Les dinophycées :

Les dinophycées et les autres algues du groupe des pyrophytes possèdent des trichocystes.


Ce sont des filaments rigides dévaginables dont on ne sait véritablement s'ils servent à l'attaque, la défense ou pour s'attacher.

Les dinophycées, encore appelées dinoflagellés ou péridiniens sont des organismes des eaux douces, mais surtout des eaux saumâtres et marines tempérées et chaudes. Les formes classiques sont entourées d'une thèque cellulosique, formée de deux valves séparées transversalement par un sillon (cingulum) dans lequel est inséré un flagelle dont les battements entraînent la cellule dans un mouvement rotatif caractéristique.

Il existe de très nombreuses espèces de dinoflagellés. Certaines espèces sont chlorophylliennes et possèdent également des pigments caroténoïdiens (péridinine) à l'origine de marées rouges lorsque ces organismes pullulent à la belle saison. Ces organismes accumulent leurs réserves glucidiques sous la forme d'un cryptamylon.

De nombreuses espèces établissent des relations symbiotiques avec des organismes comme des vers, des éponges, des holothuries, des coraux, des mollusques et des crustacés. Les organismes perdent alors leurs plaques de cellulose et deviennent, dans leurs cellules hôtes, des globules sphériques portant le nom de zooxanthelles.

D'autres dinoflagellés sont luminescents. C'est le cas de Noctiluca dont on peut observer la bioluminescence dans les vagues lorsqu'elles déferlent pendant les nuits d'été. Cette bioluminescence est provoquée par l'oxydation d'une protéine composée de trois acides aminés. Cette protéine, la luciférine, est oxydée grâce à une enzyme, la luciférase. La luciférine des Noctiluca est la même molécule que l'on trouve chez les femelles des Lampyres ou vers luisants et chez certaines bactéries bioluminescentes du bois pourri.

Certaines espèces, enfin, sont toxiques. C'est le cas des Dinophysis, abondants sur les côtes de Bretagne et qui rendent les moules et autres mollusques bivalves filtrants impropres à la consommation. C'est aussi le cas d'autres péridiniens comme du Gymnodinium ou du Gonyaulax, responsables de marées rouges toxiques. Pire, le Gambierdiscus toxicus est responsable de graves intoxications, souvent mortelles, en Californie et au Mexique. Cette intoxication est connue sous le nom de ciguatera.




Pendant longtemps on a laissé croire que la toxine diarrhéique du Dinophysis n'affectait pas les huîtres, mais seulement les moules et quelques autres espèces que l'on interdisait alors à la vente.

En août 2006, les huîtres de la rivière d'Étel (Morbihan) étaient déclarées impropres à la consommation. À des ostréiculteurs rencontrés sur leurs lieux de production et qui me posaient la question, je répondis que si l'on avait trouvé la toxine, c'est qu'on l'y avait cherché. Il pouvait paraître très étonnant, en effet, que des animaux filtreurs puissent développer ainsi de telles différences quand on sait que ce mécanisme de filtration est avant tout passif.

En réalité, on savait depuis 2002, après des recherches de la toxine sur des huîtres du bassin de Leucate par IFREMER, que ces coquillages pouvaient contenir la toxine et donc s'avérer dangereux pour la consommation.

En septembre 2006, le 4 ou 5, une polémique naissait autour du bassin d'Arcachon quand les huîtres étaient déclarées impropres à la consommation pour cause de Dinophysis. Les ostréiculteurs s'étonnaient, quand ils apprenaient que la toxine était déjà donnée comme présente en juillet et en août, sans que quelque mesure sanitaire que ce soit fût prise ! D'aucuns avançaient même qu'il ne fallait pas gâcher la saison touristique. D'autres que les ministres de la pêche ou de la santé espéraient bien empoisonner leur collègue de l'intérieur en vacances au Pyla !

Deux jours plus tard, le 6 ou 7, on apprenait, par la presse empressée, que deux consommateurs d'huîtres du bassin d'Arcachon étaient morts ! C'est tout juste si la présentatrice du journal télévisé de France 2 n'était pas odieuse à l'égard d'un ostréiculteur quand il rappelait que rien, en l'état des analyses, ne permettait d'affirmer que les huîtres avaient la moindre responsabilité dans ces décès.

Décidemment la presse et les journalistes n'ont rien compris au principe de précaution et pire, n'ont rien retenu de la triste expérience d'Outreau !




Inutile de sonner le tocsin au nom du principe de précaution, la thèse d'une toxi-infection alimentaire était à réfuter.

Huîtres tueuses, l'erreur de scénario

Par Pierre TABOULET / Libération QUOTIDIEN : Mercredi 13 septembre 2006

Dr Pierre Taboulet urgentiste-toxicologue, chef de service des urgences à l'hôpital Saint-Louis (APHP).

Le décès rapide de deux patients, survenu dans l'hôpital d'Arcachon à quarante-huit heures d'intervalle dans des circonstances similaires, est un événement humain et médical troublant pour tout médecin. Il était légitime, en raison des vomissements initiaux communs chez ces deux patients, d'évoquer une toxi-infection alimentaire collective (Tiac). Les Tiac sont définies par "l'apparition d'au moins deux cas groupés d'une symptomatologie similaire, en général digestive, dont on peut rapporter la cause à une même origine alimentaire". Néanmoins, de nombreux arguments auraient dû conduire à réfuter cette hypothèse, digne d'un mauvais film de série B, avant de sonner le tocsin au nom du devenu trop fameux principe de précaution.

Tout d'abord, les Tiac frappent préférentiellement des gens qui partagent le même repas et non pas des gens sans aucun lien. Quand bien même la consommation d'huîtres est un lien commun entre les défunts, celui-ci est ténu (combien d'Arcachonnais et de touristes ont mangé des huîtres la semaine précédente, sinon des milliers, dont moi-même...). De plus, les Tiac résultent de l'ingestion d'aliments contaminés par un micro-organisme nocif ou un agent pathogène. Ces micro-organismes sont des bactéries (Salmonella, Staphylococcus, Clostridium, Camphylobacter, Escherichia coli 0157:H7, Shigella, Listeria...), parfois des virus (rotavirus, hépatite A...) et plus rarement des parasites. Quels qu'ils soient, les microbes ne deviennent l'hôte des huîtres que de façon exceptionnelle compte tenu des formidables défenses naturelles de ces dernières. Aussi, était-il beaucoup plus logique dans le cadre d'une Tiac chez les malades d'Arcachon de traquer d'autres aliments que les huîtres, comme par exemple les volailles, porcs et autres viandes, poissons, œufs, lait ou jus de pomme non pasteurisé, fromages, bouillon, sauces, conserves familiales, crudités, champignons...

Enfin et surtout, aucune intoxication alimentaire ne donne de tableau clinique aussi rapidement fatal. Ni la typhoïde ni le choléra ne tuent aussi vite. Le tableau clinique présenté par les deux patients "insuffisance rénale et acidose lactique" est celui qui précède de quelques heures la majeure partie des décès quelle qu'en soit la cause et n'est certainement pas par argument de fréquence évocateur d'une Tiac. L'autopsie du premier cas confirme cette statistique.

Alors, pourquoi un tel stress pour les consommateurs récents et futurs ? Pourquoi un tel gâchis pour les ostréiculteurs ? Pourquoi un tel abus du principe de précaution au ministère de la Santé, car personne n'ignore ce qu'il arrive à Pierre à force de crier au loup ?




http://www.ifremer.fr/depot/del/infotox/papierleucatedec02.pdf">La toxine diarrhéique dans les huîtres à Leucate

http://www.ifremer.fr/envlit/documentation/dossiers/toxines10ans/rephy-c3.htm">Les toxines des péridiniens




Les dinoflagellés :
http://cgdc3.igmors.u-psud.fr/microbiologie/alveolates.htm
http://cgdc3.igmors.u-psud.fr/microbiologie/stramenopiles.htm
http://cgdc3.igmors.u-psud.fr/microbiologie/dinoflagelles.htm

Dinophycées :
http://perso.wanadoo.fr/g.lemanissier/dinophycees.htm

Dans http://perso.wanadoo.fr/g.lemanissier/plandu.htm

Réponse d’urgence à une aggravation du risque d’écotoxicité par la consommation d’animaux marins :
http://www.coi-info.org/docscoi/f000144.pdf

REPHY : Réseau de Surveillance du Phytoplancton et des Phycotoxines / :
http://www.ifremer.fr/envlit/documentation/dossiers/toxines10ans/toxines10.htm

Les Algues :
http://www.biodeug.com/cours/bv04.php






[ Corrélats : Algues unicellulaires / Algues pluricellulaires / Xanthelles / Protistes / Huîtres / ...]

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