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Écosystèmes urbains
Écosystèmes urbains


Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : La place des animaux et des végétaux dans le ville / Des questions à poser ou à se poser en écologie urbaine / Corrélats /

Des verdiers, un pinson et un tarin des aulnes mangeant
les graines que je leur offre. Certains jours, sur ce plateau
de nourrissage, il vient jusqu'à 12 espèces différentes.
La ville tranche sur les campagnes environnantes pour au moins deux facteurs écologiques qui sont la température et la lumière.


Les villes sont presque toujours plus chaudes, en moyenne, d'environ un demi-degré que les campagnes. L'hygrométrie de l'air s'en trouve, par conséquent, également changé. En réalité, la différence est plus marquée en hiver puisque la différence entre la température* dans les campagnes et celle du centre-ville peut atteindre 4 à 5° C, plus même quand il fait très froid.

[* La température dont on parle n'est pas celle mesurée sous abri, mais la température physiologique ressentie qui tient compte surtout du vent, mais aussi de l'hygrométrie.]

L'éclairage public allonge sérieusement la photopériode pour un bon nombre d'êtres vivants. Les feuilles des arbres apparaissent plus tôt dans l'année et tombent aussi plus tard. Les oiseaux des quartiers bien éclairés commencent à nicher une bonne quinzaine de jours plus tôt que les oiseaux des quartiers obscurs.

Il y a toujours eu des espèces synanthropiques ou anthropophiles, c'est-à-dire très associées à l'homme et plus encore à son habitat. C'est le cas pour bien des animaux (hirondelles, martinets, moineaux, pigeons, effraie, chauves-souris, rats, souris, cafards, etc.), c'est aussi vrai pour maintes espèces végétales comme les rumex, les orties, les chélidoines, etc.

Depuis une vingtaine d'années en Bretagne, et probablement une quarantaine en Allemagne du Nord, aux Pays-Bas ou en Scandinavie, on assiste à une véritable colonisation des espaces urbains par des espèces animales davantage connues pour leur fuite des hommes que par leur propension à les fréquenter. Je prends souvent l'exemple de ce héron cendré qui vient régulièrement chasser des tortues de Floride sur la toute petite mare du tout petit campus très fréquenté de la toute petite Université de Bretagne Sud.

Cette fréquentation des villes semble plus marquée dans les pays nordiques. Dans les années 1980, le cimetière de Lulea était déjà investi par une bonne douzaine de cassenoix attirés par les aroles et les pelouses de cette ville, par des dizaines d'huîtriers à la recherche de lombrics.

Chez nous en Bretagne et plus particulièrement à Hennebont, les pigeons ramiers, les éperviers, les geais ou les fauvettes à tête noire sont devenus familiers du centre-ville. Toutes ces espèces s'y sont installées et y nichent.

Les écosystèmes urbains sont différents selon l'importance qu'on a laissé au développement de la verdure.

On peut distinguer les zones périphériques, sortes de bocage urbain fait de maisons individuelles entourées de petits jardins. Ces zones non seulement conservent une faune et une flore sauvage relique, mais attirent aussi différentes espèces séduites à la fois par la nourriture abondante et variée qu'elles y trouve ou qu'on leur offre et par l'extraordinaire tranquillité dont elles jouissent. Dans le centre-ville d'Hennebont, par exemple, il n'est pas rare quand on circule tard dans la nuit de rencontrer des renards qui savaient bien profiter des poubelles avant qu'on ne leur impose le tri sélectif et des petites surfaces inaccessibles, tout au moins peu fréquentées, pour y installer leurs terriers et y faire leurs petits.

Lorsque la densité bâtie augmente, on se trouve soit dans des zones d'îlots résidentiels avec quelques jardins privatifs, soit dans des zones de construction avec des cours intérieures et des parcs et jardins collectifs.

Dans les centres-villes, la verdure n'est plus représentée que par quelques arbres plantés çà et là le long des avenues.Dans les centres-villes, la faune avicole est surtout représentée par le pigeon biset, le moineau domestique, le martinet et l'hirondelle des fenêtres.

En périphérie dense dotée de parcs et de grands jardins, ce sont les pigeons ramiers, les tourterelles turques, les canards quand il y a des bassins qui sont représentatifs.

Dans les zones pavillonnaires, les oiseaux peuvent être représentés par de très nombreuses espèces, y compris par des espèces qu'on ne s'attend guère à trouver aussi près au contact des hommes.

Dans les zones résidentielles, à la condition qu'elles soient éloignées du centre-ville, la faune avicole peut être très variée (fauvettes, pouillots, martinets, étourneaux, pics, sittelles, etc.).

Dans les zones industrielles, enfin, on rencontrera des oiseaux attirés surtout par des conditions écologiques propres à ces zones (déchets alimentaires pour les corneilles, les goélands et les mouettes, les petits rapaces nécrophages, milans et percnoptères ; ou les friches pour les cochevis, les linottes, etc.).

La maison offre aussi des gîtes à beaucoup d'espèces. La cave d'abord où l'on trouve des araignées, des collemboles, des coléoptères, des rats. Les locaux d'habitation où l'on trouve des araignées, des acariens, des diptères, des lépidoptères dont la mite des tapis chère à Bradchett, des vrillettes dans les meubles, etc. Enfin, le grenier avec des guêpes, des frelons, des termites, des rats noirs ou de souris, des chauves-souris, des fouines ou de loirs, des papillons paon du jour ou de mouches des étables qui hivernent, etc.

Si certaines conditions existant en ville ont plutôt avantagé les oiseaux ou les mammifères, d'autres comme la pollution de l'air par les combustions et la circulation automobile et l'usage inconsidéré des produits phytoparasitaires dans les jardins ont beaucoup nui à bien des espèces végétales comme les lichens, des bryophytes et autres plantes.






Quelques questions à (se) poser en écologie urbaine :

Écologie urbaine et politique environnementale en matière de lutte contre la pollution de l'air ; gestion des déchets ; approvisionnement en eau potable ; assainissement ; aménagement des espaces verts ; conservation patrimoniale du bâti historique et/ou remarquable ; réhabilitation des quartiers (centre ville, banlieues, friches industrielles, etc.) ; gestion des flux ; transports ;
Écologie urbaine et conditions de vie : maîtrise du foncier et/ou de l'immobilier ; coût du sol, accession à la propriété et/ou à la location ; paupérisation, ghettoïsation, exclusion ; bidon-villégiature ; dégradation des paysages ; vulnérabilité accrue des quartiers défavorisés ; incidence des risques naturels ; violence et insécurité ; collectivisation des risques ; bruit et pollutions ; risques sanitaires ; dégradation des conditions de transport, de logement, de travail, de loisirs ; inaccessibilité à la culture ; addictions aux drogues, à l'alcool ; prostitution ;
Écologie urbaine et prise en compte d'un patrimoine commun : la maîtrise du foncier ; la place du sol dans le développement des villes ; quels types de sols ? ; importance à terme de la stérilisation des zones plates à forte valeur agronomique… pour un habitat sécurisé vis-à-vis des risques naturels majeurs ; l'utilisation des versants instables ou déstabilisés pour un habitat insécurisé, insalubre, à forte densité (bidonvilles, favelas, etc.) ;
Écologie urbaine et prise en compte des risques : risques sanitaires ; naturels ; technologiques ; sociaux ; insurrection et terrorisme ; guerre ;
La notion d'écosystèmes urbains : écosystèmes bâtis, naturels, friches ; la politique d'urbanisme : les PLU (anc. POS) ; l'anthropisation des milieux est-elle nécessairement synonyme de dégradation environnementale et sociétale, d'augmentation des risques technologiques, naturels et sociaux ? ;
La ville et l'environnement : problèmes de capacités et de potentialités du milieu urbain ; impact de la ville sur les environnements ; capacité d'autoépuration des milieux récepteurs pour les eaux usées après traitement et/ou en l'absence de traitement ; les eaux souterraines, leur vulnérabilité ; l'approvisionnement en eau ; la faisabilité en matière de potabilisation ; les déchets, leur traitement et/ou leur élimination : décharges, centres d'enfouissement, incinération ; problèmes sanitaires posés par les dégradations environnementales : virus, bactéries, insectes, rats, etc. ; épidémies et pandémies ;
La conservation des milieux " naturels " urbains : l'importance des facteurs écologiques " urbains " : température, hygrométrie, climat, lumière, etc. ; la conservation des sols, des eaux souterraines, des eaux superficielles, la lutte contre les pollutions des eaux, des sols et de l'air ; la biodiversité en ville ; écologie des plantes et des animaux sauvages en ville ; les jardins, les parcs ;
L'hygiène et la sécurité en ville : les risques sanitaires ; les pollutions ; les déchets ; les risques technologiques ; les risques naturels majeurs ; la vulnérabilité grandissante en ville ; les risques engendrés par l'anthropisation ; les risques engendrés par les modifications climatiques (dômes de pollution) ; les risques démographiques : chômage, violence, prostitution, drogues, peurs, angoisses et stress ;
La ville pour qui et par qui ; participation, intégration ou exclusion des groupes socioéconomiques ; des facteurs biotiques spécifiques au milieu urbain ? ; l'importance de la socialisation comme élément de prise de conscience de l'environnement ; le rapport des différentes couches sociales avec l'environnement ; l'environnement comme facteurs de socialisation ; la notion d'éco-socio-système urbain ;
Les flux migratoires : les flux positifs (vers la ville) liés à la déprise agricole, aux nouveaux bassins d'emploi, à la mise en place de nouveaux axes de circulation (autoroutes, voies express, TGV) ; les flux négatifs (vers la campagne) liés aux risques urbains (pollution, insécurité), aux regroupements sociopolitiques ou socioéconomiques (aisance financière surtout) ;
De nouvelles revendications : la ville durable, un air pur, de l'eau pure, des transports rapides, nombreux et fiables, plus de bruit ou de mauvaises odeurs, des aménagements urbains pour la sécurité des cyclistes, des enfants, des animaux de compagnie à la condition qu'ils ne fassent plus leurs besoins, plus de pauvres, plus de mendiants ou d'ivrognes, plus de voyous ou simplement moins de jeunes de banlieue surtout issus de l'immigration, quand ce n'est pas de l'esclavage (cela vaut bien sûr pour les français de Martinique, de la Guadeloupe ou de la Réunion !) ;
De nouvelles revendications, certes, mais à ne pas toucher aux acquis, à la liberté de circuler en voiture individuelle… Il est vrai qu'il est bien difficile de faire autrement. Cela pose une question importante en écologie urbaine qui est celle de l'aménagement et l'utilisation de l'espace temps, c'est-à-dire du temps dont nous disposons, ou croyons disposer, en ville, pour franchir un espace donné.

C'est probablement la très grande variabilité et la très grande diversité des espaces-temps (dont chacun de nous disposons et qui ne sont pas les mêmes selon les classes sociales auxquelles nous appartenons ou les professions que nous exerçons), qui risquent bien d'être le facteur limitant le plus difficile à contrôler pour une gestion cohérente des éco-socio-systèmes ;
Usage et abus de ville ; des fruits pour qui ? ; problèmes d'appropriation ;





La biodiversité en milieu urbain / Claude Auroi / Professeur de développement rural / Institut universitaire d’études du développement (IUED) / Genève
http://www.x-environnement.org/jr/JR06/auroi.htm

Classes d’écologie urbaine : voir sa ville autrement
http://www.ademe.fr/paysdelaloire/inf/OR_education_1.asp

Changer de lunettes pour changer la ville ?
http://www.inra.fr/dpenv/legrac43.htm

ZONES URBAINES ET PÉRI-URBAINES :
http://www.inra.fr/dpenv/cr.htm#urb

L'avenir des espaces périurbains :
http://www.senat.fr/rap/r98-292/r98-292_mono.html

De villes en métropoles :
http://www.ens-lsh.fr/geoconfluence/doc/typespace/urb1/MetropFaire.htm

ENVIRONNEMENT ET AMÉNAGEMENT / LE POINT DE VUE D'UN MAIRE :
http://www.x-environnement.org/Jaune_Rouge/JR95/vernier.html<

L'ÉTUDE STRATÉGIQUE DE L'IMPACT SUR L'ENVIRONNEMENT DES GRANDES INFRASTRUCTURES DANS LE MONDE :
http://www.x-environnement.org/Jaune_Rouge/JR95/lamure.html

La ville éco-socio-système, approche transdisciplinaire [homme-milieu]
http://imaville.u-strasbg.fr/ecolo.html

Vers une définition de l'écologie urbaine :

http://www.urbanisme.equipement.gouv.fr/cdu/accueil/bibliographies/ecologie/ecolosom.htm




[ Corrélats : Urbanisation / Banlieue / ...]

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