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Les éconoclastes à Lille


Les masses populaires en Europe ne sont pas opposées aux masses populaires en Afrique. Ceux qui veulent exploiter l’Afrique sont les mêmes qui exploitent l’Europe. Nous avons un ennemi commun. Thomas Sankara


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Tableaux de l'Économie Française - INSEE Édition 2015 /
Un dernier regard sur l’économie réelle avant qu’elle n’implose – Partie 1 /
« Les 10 graphiques qui montrent que la situation aux USA est pire en 2015 qu'en 2008 !! » /
Un dernier regard sur l’économie réelle avant qu’elle n’implose – Partie 2 /
Un dernier regard sur l’économie réelle avant qu’elle n’implose – Partie 3 /
Pas de croissance, pas de travail, pas de relance. L’économie d’Obama rend l’âme /
Les banques centrales dopent les actions alors que l'économie mondiale s'enfonce dans la récession /


Sites Internet et articles / Corrélats /


Si l’on accepte que l’économie est un moteur essentiel de régulations des échanges de matière, d’énergie ou d’informations (essentiellement d’ailleurs sur la matière et l’énergie) entre les hommes, lesquels, de l’individu aux États, en passant par les entreprises ou les groupes sociaux, sont des systèmes ouverts, force serait d’admettre que les règles de la thermodynamique qui s’appliquent aux systèmes ouverts concernent aussi l’économie.

Un premier postulat de la thermodynamique des systèmes ouverts indique que ceux-ci ne sont viables durablement que s’ils croissent, c’est-à-dire s’ils admettent toujours plus d’énergie et de matière à transformer (métaboliser) dans le système qu’ils n’en exportent. En première approximation, c’est la même chose que de faire des économies, à savoir minimiser ses dépenses dans la gestion de ses revenus.

S'approprier la matière et l'énergie des travailleurs, subordonnés, assujettis et autres forçats pour vivre au-dessus de ses moyens relève de l'abusus et vaudrait d'être sanctionné avec la plus extrême sévérité...

Un second postulat nous renseigne sur l’intérêt pour le système de viser une croissance positive, certes, mais la plus faible possible.


Schématiquement, cela pourrait se traduire par une réduction volontaire de l'effort (s’économiser). C’est ainsi que l’on peut mieux comprendre la raison pour laquelle les lionnes ne capturent pas de micro ou petits mammifères, bien qu’ils pullulent dans la savane, mais plutôt des gazelles ou des gnous, simplement parce que le gain thermodynamique procuré par la capture d’un animal volumineux compense largement l’énergie dépensée au cours de la chasse. C’est aussi la raison pour laquelle il est souvent thermodynamiquement économique, pour de nombreuses espèces, d’être fidèles dans le couple ou au site de nidification et / ou de se construire des automatismes comportementaux adaptés et efficaces.

Bien sûr, les experts en sciences économiques nous parlent volontiers de croissance économique ou de gain de productivité et dans le même temps nous vantent les vertus du dumping (qui n’est rien d’autre qu’une vente à perte, il faut juste rechercher quels sont les perdants…).

Ce qui me semble le plus caractéristique dans nos économies humaines, modernes, disons-le, néolibérales, ce sont les hiatus, les oublis et même les erreurs grossières qui semblent les animer.

Lorsque que l’on nous parle de croissance économique, on y inclut les productions marchandes industrielles et agricoles, et les services et autres activités tertiaires, lesquels participent au calcul du produit national brut (PNB). Remarquablement, les économistes n’intègrent jamais dans ce calcul, ni les déchets, ni les pollutions, ni les effets pervers induits par les productions industrielles ou agricoles ou du fait la manière dont fonctionnent les services (conditions de travail dégradées, maladies professionnelles, TMS, cancers, intoxications, accidents du travail ou de la route, accidents domestiques, effets des pénuries sociétales sur la santé ou l’éducation, et cætera, et cætera).

De la même façon, lorsqu’on nous martèle que grâce à l’agriculture productiviste, nous sommes devenu autosuffisants (dans notre pays et encore… pas tous si on en juge par le nombre de personnes dépendantes des restaurants du cœur), on se garde bien, dans le bilan comptable, d’y inclure les phénoménales quantités d’énergie exogène qui y sont introduites ou le coût exorbitant des stocks, pour ne citer que ces deux paramètres. Mais qu’on les décompte et l’on s’apercevra très vite que l’agriculture productiviste est faillitaire, au moins au plan thermodynamique, c’est-à-dire à la fois qu’elle consomme globalement plus de matière et d’énergie qu’elle n’en produit et paradoxalement, qu’elle demande plus d’efforts, en dépit d’aides matérielles et technologiques censées les diminuer. Ce raisonnement vaut pour les productions industrielles dès lors que l’on comptabilise le coût du gaspillage des matières premières, celui des pollutions diverses, des accidents ou des maladies du travail, celui de la gestion des déchets, etc.

Mais formidablement, ce déficit n’apparaît jamais, pour deux raisons, d’abord parce qu’il est dilué entre tous les individus, d’autre part, parce que la nébuleuse fiduciaire fait le nécessaire pour l’enterrer.

Si l’on veut bien accepter que l’argent n’est rien d’autre qu’un substitut matériel et énergétique censé rémunérer le travail social productif, on ne devrait pas compter plus de masse fiduciaire qu’il n’y aurait d’énergie ou de matière en circulation. Or, paradoxalement, il y a plus d’argent qui circule que d’énergie et de matière, mais seulement pour un petit nombre (banquiers, financiers, boursiers, grandes entreprises), alors que dans le même temps l’argent doit rester rare pour tous les autres, pour qu’elle garde sa valeur, nous dit-on. Ainsi, si l’on partageait la nourriture produite chaque jour sur terre, chacun de ses habitants pourrait bénéficier de 2850 calories par jour quand 2000 calories suffiraient, le plus souvent. Mais sans argent, pas de marchés, mais des famines ou au moins des malnutritions.

Pourquoi y a-t-il plus d’argent qui circule et pourquoi l’argent reste-t-il rare ?

Les raisons sont multiples, mais un exemple peut permettre d’imaginer un début de réponse :

Quand un quidam emprunte 10 000 € auprès de sa banque, celle-ci, par le jeu des intérêts imposés, attendra qu’il en rembourse, par exemple, le double, soit 20 000 €. On pourrait penser que la banque disposera de 20 000 €, c’est-à-dire des 10 000 € du capital emprunté et 10 000 € des intérêts versés.

En réalité, la banque ne crée que le capital d’emprunt pour la raison que les intérêts seront d’une manière ou d’une autre, remboursés en utilisant le capital d’un autre emprunteur. La banque dispose donc pour ses affaires de 20 000 € dont 10 000 € virtuels.

Les quidams emprunteurs ou non, mais qui d’une manière ou d’une autre remboursent les dettes des autres et dont les dettes sont aussi prises en compte, pour simplifier, par le collectif « travailleurs sociaux », ne disposeront que de 10 000 € et devront faire beaucoup d’efforts pour les rembourser.

Pour eux l’argent reste rare et cher. De facto, leurs capacités à satisfaire leurs besoins thermodynamiques de base, demeurent problématiques. L’idéal étant que plus il y a de gens dans le besoin, plus les déficits structurels industriels, agricoles ou de services, sus-cités, sont faciles à diluer.

(Pour ceux pour lesquels mes explications apparaîtraient peu claires (d'ailleurs le sont-elles ?), en attendant de les retravailler, je propose un lien vers " Création et circulation monétaire ") ou vers La création monétaire.

J'ai même trouvé infiniment mieux grâce à Olivier Berruyer qui pilote son site : " Les crises " avec ces pages : La Monnaie Banque Centrale (1/3), (2/3) et (3/3).

Un des non-dits du remplacement des monnaies nationales européennes par l’euro a peut-être été de pouvoir disposer d’un plus grand volant de virtualité pour mieux raréfier la monnaie pour un plus grand nombre d’individus en Europe et tant mieux si l’on peut faire une Europe à 25 et plus…

Malheureusement, sauf à refuser l’euro, le dollar ou le shekel et pratiquer l’échange de services du genre : tu viens traire mes chèvres, en échange, je te remets les schistes** du toit-de-ta-grange-où-tu-fais-des-fromages-auxquels-je-goûterai-bien, en place… il n’y a peut-être pas de solution ! Au moins tant que l’on ne sera pas attaqué à la racine du mal qui ronge les échanges énergétiques et matériels, c’est-à-dire aux inégalités insupportables qui affectent davantage les populations depuis l’avènement des politiques mondialistes néolibérales.

[** C'est d'ailleurs avec de tels propos que je suis souvent qualifié d'anarschiste, alors qu'en bon breton issu de l'immigration mayennaise que je suis devenu, j'aimerais mieux qu'on me traite anardoise !]




Pour les pays très pauvres, la croissance ne fait pas la richesse

Malgré des hausses record de PIB en 2004, les populations n'en profitent pas.

Par Damien DUBUC / Libération QUOTIDIEN : Vendredi 21 juillet 2006

L'ouverture au commerce mondial des 50 pays les moins avancés (PMA) n'entraîne pas une baisse de la pauvreté. Le nouveau rapport de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced) martèle encore une fois ce message. Selon des chiffres dévoilés hier, les PMA ont enregistré (en moyenne) en 2004 un taux de croissance de 5,9 %, l'un des plus élevé de leur histoire, sans pour autant que les conditions de vie de l'ensemble des populations ne s'améliorent.

Exportations record. Si la plupart des pays exportateurs de pétrole ont obtenu des résultats encourageants sous l'effet de la hausse des cours, ils n'ont pas été les seuls : 11 des 15 pays non exportateurs de pétrole ont connu une croissance supérieure ou égale à 6 %. Le doublement de l'aide fournie par les pays riches entre 1999 et 2004 (24,9 milliards de dollars), les exportations record de marchandises (57,5 milliards de dollars) ainsi que les 10,7 milliards de dollars investis dans les PMA expliquent cette performance.

N'empêche, la croissance est fragile. Les investissements privés étrangers sont concentrés dans un petit nombre de pays et dans le domaine de l'extraction des ressources naturelles, sans effet d'entraînement sur les autres secteurs économiques. L'épargne intérieure reste faible, les infrastructures défaillantes. Pour la Cnuced, la croissance ne sera durable qu'à condition de créer des emplois et de stimuler la demande intérieure. Et encore faut-il que l'argent ne vienne pas (trop) de l'étranger, et n'y reparte pas.

Dégâts. "Pour le citoyen lambda d'un PMA, précise le rapport, l'important est non pas l'accroissement du PIB, mais de bénéficier d'un emploi stable permettant de vivre décemment." C'est un peu l'allégorie du type à qui il vaut mieux apprendre à pêcher plutôt que de lui donner un poisson. Après des années de libéralisation imposée par le FMI, les pays riches ont cherché à réparer les dégâts. L'aide internationale a été affectée à l'allégement de la dette (qui continue de croître), à la santé ou à l'éducation. Au point que la part consacrée à l'amélioration des infrastructures et au renforcement des secteurs productifs est tombée à 24 % en 2002-2004 (contre 48 % en 1992-1994). Or, pour la Cnuced, les dépenses sociales, certes nécessaires, détournent l'aide du seul moteur de croissance susceptible de réduire durablement la pauvreté : la production de biens et de services compétitifs.

Le problème est d'autant plus capital que la croissance démographique des PMA est rapide et que l'agriculture, 70 % de la population active, ne crée guère d'emplois. Pour absorber la main d'œuvre rurale, la Cnuced insiste sur l'appropriation des technologies. En 2000, on estime que les adultes des PMA avaient été scolarisés trois ans en moyenne. Moins que dans les pays en développement en 1960.




Chaque semaine, un économiste à " contre-courant " du libéralisme dominant propose son analyse de l'actualité.

La vulgarité en équations / Michel Husson / Professeur à l'Université de Paris Nord / Politis / jeudi 8 juin 2006

Par ses méthodes et ses thèmes de recherche, la science économique qui domine aujourd'hui transforme les rapports sociaux en choses…

La société est aujourd'hui dominée par l'économie, et l'économie par la rigueur de la science. Donc, la société est gérée scientifiquement en fonction de lois aussi rigoureuses que celles qui règlent la physique. C'est ce qu'expliquait Maurice Allais en 1988, en recevant son prix Nobel :
" Le pré requis de toute science est l'existence de régularités qui peuvent être l'objet d'analyses et de prévisions. C'est le cas par exemple de la mécanique céleste. Mais c'est vrai également pour de nombreux phénomènes économiques. Leur analyse approfondie révèle en effet l'existence de régularités tout aussi frappantes que celles que l'on trouve dans les sciences physiques. Voilà pourquoi l'économie est une science et voilà pourquoi cette science repose sur les mêmes principes généraux et sur les mêmes méthodes que les sciences (1). "

Les hommes et les femmes ne sont dans cette conception que des électrons n'ayant d'autre liberté que de s'adapter aux lois de l'économie, de la concurrence et de la mondialisation.

Mais, contrairement à la physique, la " science " économique ne progresse pas linéairement, : comme pour mieux se plier à son objet, elle connaît des fluctuations, des cycles et des retours en arrière. La grande crise des années 1930 puis la guerre avaient conduit à un réaménagement du capitalisme, qui semblait sceller la défaite définitive des conceptions libérales. Ses partisans en étaient réduits à l'état de sectes se réunissant clandestinement, par exemple au sein de la fameuse Société du Mont-Pèlerin, qui cherchait, sous l'égide de von Hayek, à maintenir la flamme ultralibérale. Dans sa dernière conférence prononcée le 30 décembre 1949 devant le congrès de l'American Economie Association, le grand économiste autrichien Schumpeter se contentait d'une allusion féroce : " II existe, m'a-t-on dit, une montagne suisse sur laquelle se sont tenus des congrès d'économistes. Mais [leurs] anathèmes sont tombés dans le vide et n'ont pas même suscité de contre-attaques (2). "

Aujourd'hui, ces anathèmes archaïques ont pignon sur rue, et la contre-réforme libérale représente de ce point de vue une véritable régression. Bien des économistes libéraux pourraient faire leur cet avertissement : " Si la Chine devient un grand pays manufacturier, je ne vois pas comment la population industrielle de l'Europe saurait soutenir la lutte sans descendre au niveau de ses concurrents. " Cet avis d'un éditorialiste du Times, cité par Marx, date de 1873*. Le discours économique ne fait ainsi que recycler des positions à peu près invariantes, qui habillent des intérêts sociaux étroits. Autre exemple : le débat sur les nécessaires incitations au travail reprend les termes de celui qui a opposé les économistes au XIXe siècle à propos des lois sur les pauvres. Et les hymnes contemporains à la modération salariale semblent directement inspirés par Malthus, qui écrivait ceci en 1846 : "

II est fort à désirer que les classes ouvrières soient bien payées pour le bonheur de la grande masse de la société. Mais une grande augmentation de consommation parmi les classes ouvrières doit beaucoup augmenter les frais de production et diminuer ou détruire les motifs qui engagent à accumuler. Si chaque travailleur venait à consommer le double du blé qu 'il consomme à présent, un tel surcroît de demande, bien loin d'encourager la richesse, amènerait une grande diminution du commerce intérieur et extérieur (3).
"

Bref, le bonheur des hommes doit être compatible avec des lois économiques qui limitent objectivement leurs aspirations. La mathématisation de l'économie se borne à donner un tour scientifique et moderne à ce postulat fondamental. Par ses méthodes et ses thèmes de recherche, la science économique qui domine aujourd'hui se ramène à une vaste entreprise de réification, qui transforme les rapports sociaux en choses et met nos désirs en équations. En dépit de ses oripeaux mathématiques, elle s'inscrit dans une très vieille tradition, celle de l'économie vulgaire**.

(1) " An outline ofmy main contributions to économie science ", Maurice Allais, 1988, http://guesde. fr/allais88.pdf

(2) Capitalisme, socialisme et démocratie (1949), Joseph Schumpeter, Payot, 1969. Sur la Société du Mont-Pèlerin, voir aussi les Évangélistes du marché, Keith Dixon, Raisons d'agir, 1998.

(3) Principes d'économie politique considérés sous le rapport de leur application pratique, Thomas R. Malthus, Calmann-Lévy, Paris, 1969.

(*) Note très personnelle : si d'aventure, les chinois, qui ne boive pratiquement pas de lait, se prenaient l'envie d'en boire, il vaudrait mieux que les économistes sachent, qu'en l'état, pour nourrir assez de vaches pour leur fournir un milliard de litres de lait par jour, il n'y aura jamais assez de surfaces de prairies sur la Terre pour le permettre !

(**) Note très personnelle 2 : Pour moi l'économie s'est toujours résumée à ne jamais dépenser plus que ce dont j'avais besoin et ce que me permettait mes rentrées... Il n'y a guère que l'homme politique pour imaginer que l'on puisse dépenser plus que ce que l'on possède et même au-delà de ce que l'on peut produire ou disposer ! Il est vrai que l'homme politique a su depuis longtemps déjà contourner le problème en s'appropriant directement ou indirectement les richesses produites par le travail social... usus, fructus et surtout abusus, non ?




Crise économique : l'érosion des salaires

par BIT - 04 Novembre 2009

http://www.metiseurope.eu/crise-economique-l-erosion-des-salaires_fr_70_art_28597.html



La croissance mondiale des salaires réels s'est considérablement ralentie en 2008 en raison de la crise économique et devrait chuter encore cette année malgré des signes d'éventuelle reprise économique, a déclaré le Bureau international du Travail (BIT). " La détérioration continue des salaires réels à l'échelle mondiale soulève de fortes interrogations quant à la véritable étendue du redressement économique, notamment si les gouvernements abandonnent trop tôt leurs plans de relance. La déflation des salaires prive les économies nationales de la demande dont elles ont tant besoin et nuit gravement à la confiance ", affirme Manuela Tomei, Directrice du Programme du BIT sur les conditions d'emploi et de travail, et principal auteure de cette étude.

Le " Rapport mondial sur les salaires: actualisation 2009 " sera discuté lors de la session du Conseil d'administration du BIT qui se déroule à Genève du 5 au 20 novembre, tout comme la mise en œuvre du Pacte mondial pour l'emploi adopté par la Conférence internationale du Travail en juin. Le Pacte prône des mesures pour préserver l'emploi et pour éviter les conséquences néfastes d'une spirale déflationniste des salaires et la détérioration des conditions de travail.

La version actualisée du rapport mondial sur les salaires indique que " le tableau [des salaires] va probablement s'assombrir en 2009 " nonobstant d'autres indicateurs économiques qui laissent augurer un rebond économique. Le rapport relève que, dans la moitié des 35 pays pour lesquels des chiffres sont disponibles, les salaires mensuels réels ont baissé au premier trimestre 2009 comparés à la moyenne de 2008, souvent en raison de la chute du nombre d'heures travaillées.

Cela intervient après une première année difficile pour les salaires en 2008. Sur un échantillon de 53 pays pour lesquels des données existent, la croissance des salaires réels moyens du pays médian est passée de 4,3 pour cent en 2007 à 1,4 pour cent en 2008. Parmi les 10 pays du G20 pour lesquels nous disposons de données, la croissance des salaires réels moyens dans le pays médian est passée de 1 pour cent en 2007 à -0,2 en 2008.

Le rapport indique également qu'aussi bien les pays développés que les pays en développement ont renforcé leurs salaires minima ces dernières années, ce qui montre que le creusement des inégalités et la faiblesse des rémunérations les préoccupent de plus en plus. Alors que pendant les précédentes récessions il était courant de s'inquiéter de leur impact sur les coûts du travail, dans la crise actuelle un certain nombre de pays ont ajusté leur salaire minimum à la hausse.

En 2008, la moitié des 86 pays pour lesquels des données sont disponibles - y compris les économies de premier plan comme les États-Unis, la Russie, le Japon et le Brésil - ont augmenté leur salaire minimum à un rythme supérieur à celui de l'inflation. Le rapport décrit le salaire minimum comme "un instrument politique important pour la protection sociale"; il appelle les partenaires sociaux à s'engager pour en fixer le niveau et propose que le salaire minimum soit associé à d'autres mesures de soutien au revenu et/ou à des réductions d'impôt. "Les salaires minima, le dialogue social et la négociation collective constituent tous des moyens d'éviter une spirale déflationniste des salaires et ses répercussions sur la société", ajoute Mme Tomei.

La détérioration actuelle des salaires fait suite à une décennie de modération salariale avant la crise économique mondiale. Le rapport considère que les années de stagnation des salaires par rapport aux gains de productivité - parallèlement à des inégalités croissantes - ont contribué à la crise en limitant la capacité de nombreux ménages à augmenter leur consommation sans recourir à l'endettement. Enfin, une préoccupation particulière suscitée par l'impact de la crise sur les salaires tient à la forte augmentation des arriérés de salaire: dans des pays tels que l'Ukraine et la Russie qui connaissaient déjà ce phénomène, il est probable que la situation empire du fait de la crise.

Le rapport constate aussi que les bonus excessifs, déconnectés de la performance réelle, ont contribué à la crise en dénaturant le système des primes dans le secteur financier et en encourageant la prise de risques à court terme.




Un des avatars de l'économie néolibérale est l'attaque systématique contre le service public d'éducation et plus généralement tous les services publics.

On consultera avec intérêt le site http://www.oale.org/ intitulé Observatoire antilibéral de l'éducation et des services publics.

Ou le site suisse :
http://www.ssp-vpod.ch (Site suisse sur les services publics / éducation / conditions de travail / etc.)

L’économie du prochain siècle, ou l’inversion des raretés / Dominique Dron, professeur à l’Ecole des Mines de Paris / Hervé Juvin, président d’Eurogroup Institute
http://www.x-environnement.org/jr/JR07/3dron.htm

Introduction aux relations entre économie et écologie :
http://www.attac.org/fra/list/doc/harribey3.htm

La dématérialisation de l’économie : mythe ou réalité ? Jean-Marc Jancovici, Président du groupe X-Environnement
http://www.x-environnement.org/jr/JR07/8jmj.htm

http://france.attac.org/a1121

LA PAUVRETÉ ET L'ÉCONOMIE MONDIALE :
http://www.un.org/french/events/rio92/rioissue.htm

Dix poncifs sur la richesse
http://www.passerelleco.info/article.php3?id_article=194

____________________

Croissance économique :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Croissance_%C3%A9conomique

La croissance :
http://www.educnet.education.fr/insee/croissance/

Pour ceux que rien ne rebute : Croissance économique :
http://beagle.u-bordeaux4.fr/yildi/croissance/croissanceweb/

Plus abordable : La Croissance endogène Interprétations et actualité :
http://www.chez.com/bibelec/publications/eco/croissance.html

La croissance économique :
http://junon.u-3mrs.fr/afa10w40/gr.pdf

Ressources SES / TD / Cours / niveau terminale :
http://artic.ac-besancon.fr/s_e_s/

http://perso.wanadoo.fr/bac-es/

http://ecoaide.ifrance.com/frame1.htm

____________________

La croissance économique fait-elle effet de serre :
http://www.manicore.com/documentation/serre/croissance.html

Dans : Le réchauffement climatique (le changement climatique) :
Réponses à quelques questions élémentaires :
http://www.manicore.com/documentation/serre/index.html




Articles :


Voracité : les private equities /
Au-delà du PIB, quelles mesures alternatives ? /
L'économie solidaire sur Novethic /
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[Corrélats : Croissance économique / Dumping économique et social / Décroissance durable / Développement soutenable / Industrie / ISO 14001 / Thermodynamique / Stratégies adaptatives / Faisabilité de l'ajustement / Altermondialisme / Brevetabilité / Biosécurité / Armes de destruction massive / Ressources pétrolières / Ressources en eau / Ressources naturelles / / Recyclage / Nuisances / REACH / Afrique / Sélection naturelle / Pétroliers / Travail / SRAS / Libre échange / Platine / Chine / ...]
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