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Écosociosystèmes

Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : Définition / L'hyperespace écososiosystémique / La dimension écologique / La dimension sociologique / La dimension culturelle / La dimension économique / Le dimension politique / Le modèle écosociosystémique /

L’INTELLIGENCE DE LA GOUVERNANCE AU DEFI DE L’OECONOMIE /
Éléments pour une rencontre de la Sociologie et de l'Économie /
En finir (vraiment) avec la «démocratisation de la culture» /
Planification écologique, une solution ou une approche ? /
L'écosocialisme /
Qu'est-ce que l'écosocialisme? En quoi est-il le projet d'avenir /
L’écosocialisme, réponse à l’impasse capitaliste / Assises de l'écosocialisme (vidéos) /
18 thèses pour l'écosocialisme /
Les Européens, trop différents pour s’entendre, par Richard Swartz /
Les systèmes familiaux expliqués à ma grand-mère /
Écosociosystèmes en crise : De la fatigue d’apprendre /
Les territoires ruraux, des espaces ouvriers en mutation /
Comment se transmet le niveau d'éducation de génération en génération ? /
Le terroir, un concept pour l’action dans le développement des territoires /
La conciliation des temps, une question à plusieurs dimensions /
Overton : comment accepter l’inacceptable / /
Le capitalisme disséqué /
Les sciences sociales saisies par la justice /


Sites Internet et articles / Corrélats /


Hyperespace écosociosystémique
La notion d'écosociosystème exprime les interactions qui existent entre l'écologie, l'économie et la société (données sociologiques, politiques et culturelles) à l'intérieur d'un espace homogène, c'est-à-dire un espace dont on connaît les composantes physicochimiques, biologiques et anthropiques.



La notion d'écosociosystèmes qui fut utilisée initialement pour les écosystèmes urbains peut parfaitement être élargie à tous les écosystèmes anthropiques (y en a-t-il qui ne le soient pas d'ailleurs ?), c'est-à-dire aux systèmes agricoles, forestiers, aux entreprises industrielles, aux villes et à leurs banlieues, aux voies de communications qui les relient, aux moyens de transport qu'on choisit, etc.

L'idée de représenter l'écosociosystème sous la forme d'un hyperespace n'est pas très originale dans la mesure où cette figure est très inspirée de l'hyperespace de danger des cindyniciens.

L'hyperespace écosociosystémique comprend cinq dimensions :

Il s'agit essentiellement de proposer un outil conceptuel de modélisation et de compréhension des écosociosystèmes. C'est aussi une manière d'organiser les champs disciplinaires qu'il serait nécessaire d'ouvrir pour la meilleure compréhension globale des interactions qui s'y nouent ou des organisations qui y prévalent.

La dimension centrale, c'est-à-dire la dimension écologique ou écosystémique qui précise les composantes physicochimiques (biotope) et les composantes biologiques et anthropiques (biocénoses) de l'espace homogène.

Les disciplines scientifiques qui permettent une caractérisation de cette dimension sont la physique, la chimie, la biologie et la microbiologie, la botanique et la zoologie, la génétique et la phylogénétique, la paléontologie, la physiologie et la neurologie, l'éthologie, la médecine et la pathologie, les mathématiques et les statistiques, la démographie et la dynamique des populations, la thermodynamique, la géologie et l'hydrogéologie, la pédologie, l'agrologie, la météorologie et la climatologie, la géographie, l'hydrologie, la géomorphologie, etc.

Évidemment, personne ne peut prétendre être un spécialiste de toutes de ces disciplines, ni même absolument, d'une seule d'entre elles.

À la gauche de l'hyperespace, on place les dimensions sociologiques et culturelles lesquelles incluent évidemment des composantes religieuses et philosophiques, mais aussi des préjugés sociaux ou raciaux, des mèmes, des peurs ou des déraisons, etc.

La dimension sociologique s'obtient pour partie par des méthodes scientifiques et pour partie par d'autres méthodes propres. Parmi toutes ces méthodes, on peut citer les statistiques, les sondages, les sociogrammes, les histoires de vie, les questionnaires, les analyses de réseau, les analyses de discours, diverses formes d'observation participante ou non, des entretiens semi directifs, des analyses de contenu et autres études de cas.

La dimension sociologique peut être réduite à l'individu comme acteur social. On parle de microsociologie ou de démarche atomiste. La dimension sociologique peut être systémique. Elle s'intéresse à la classe sociale, à l'institution, à la société et à ses structures, aux conflits sociaux qui la secouent, etc. On parle de macrosociologie ou de démarche holiste. On parle davantage de mésosociologie à propose de la sociologie des organisations, des groupes ou des communautés qui sont le plus souvent des entités moins importantes et surtout davantage factuelles ou circonstancielles.

Par exemple, le fonctionnement d'un CHSCT (mésosociologie) fait apparaître des individus dont les histoires de vie sont uniques (microsociologie) et qui sont projetés dans une entreprise (macrosociologie).

La dimension sociologique traite de la sociologie économique, de la sociologie de la famille, de la sociologie de l'éducation, de la sociologie du développement, de la sociologie des rapports sociaux, de la sociologie des réseaux, de la sociologie politique, de la sociologie des religions, de la sociologie de la connaissance, de la sociologie du travail, de la sociologie des organisations, etc.

Autrement dit, elle s'intéresse à l'économie, au salaire, au pouvoir d'achat, à la consommation et aux normes sociales qui s'y rattachent, à la mode, à la publicité, aux besoins et à leurs satisfactions, aux frustrations attachées à leur non-satisfaction, etc. Elle s'intéresse aux enfants, aux parents, aux célibataires, aux adolescents, au sexe, au genre, à la filiation, à l'adoption, au divorce, à la transmission patrimoniale, à l'éducation, à la scolarité, à l'échec et au décrochage scolaire, à l'émancipation, à la socialisation, au cocoune, aux relations fusionnelles, aux déviances pédophiles ou incestueuses, à la mort, etc. Elle s'intéresse au racisme, au sexisme, aux mèmes et à la mémétique. Elle s'intéresse au corps et aux cultes attachés, aux sports, aux canons de beauté, aux soins esthétiques, etc. Elle s'intéresse à l'économie, à l'argent et à ses représentations, à la pauvreté, à la précarité, à l'exclusion, aux traitements de ces fléaux, aux organisations non gouvernementales, aux motivations associatives, au bénévolat, aux dérives sectaires, à l'individualisme, à la politique sociale, etc. Elle s'intéresse aux mouvements de population, à l'émigration, à l'immigration, aux clandestins, aux sans-papiers, etc. Elle s'intéresse aux religions, aux sectes, aux croyances, à la laïcité, aux athées, mécréants et autres agnostiques. Elle s'intéresse à la santé, aux obèses, aux anorexiques, aux malades du Sida, aux dépressifs, aux malades mentaux, aux handicapés, etc. Elle s'intéresse au travail, au marché du travail, à l'emploi, au chômage et à son traitement, aux licenciements, au harcèlement, au burnout, au suicide sur les lieux de travail, aux conditions de travail, à la pénibilité, à l'organisation syndicale, etc. Elle s'intéresse au réformisme, au conservatisme, au modernisme, au progrès et à ses illusions, au rationalisme, à l'occultisme, aux technologies, à l'épistémologie des sciences et des connaissances, à l'irrationnel, aux peurs, etc.

Évidemment, et parce que nous sommes les témoins de notre propre action sociale, nous sommes relativement familiers avec bon nombre des champs cités précédemment. Cela écrit, d'être des acteurs ne justifie en rien que nous soyons compétents dans un champ. L'expérience personnelle est peut-être nécessaire, mais elle n'est en rien suffisante pour prétendre quelque compétence que ce soit dans les champs de la sociologie. Cette compétence ne peut se construire correctement que sur la base d'acquis théoriques et au terme de confrontations contradictoires et d'analyses circonstanciées.

La dimension culturelle de l'hyperespace écosociosystémique englobe toutes les réponses que les animaux, dont les hommes, offrent aux modifications environnementales qui les affectent significativement. Ces réponses sont généralement ritualisées ou automatisées au terme d'apprentissages et de conditionnements récompensés, mais aussi à celui de contraintes ou d'inhibition groupales ou sociales, consenties ou imposées par la force ou la violance. Ces réponses constituent le plus souvent un ensemble de savoirs et de pratiques dont la transmission se fait au sein et par les membres du groupe socialisé.

Naturellement, un groupe socialisé ne peut exister chez les animaux que chez ceux qui possèdent un cerveau. Le terme de société pour les abeilles, les fourmis ou les termites est un abus de langage. Ces colonies sont des organismes avec une physiologie particulière.

Chez les espèces qui possèdent un cerveau, la vie sociale n'a nullement besoin d'être permanente et continue. Il suffit qu'elle se manifeste clairement pendant un temps donné de la vie de l'espèce. C'est le cas, par exemple, chez les oiseaux nidicoles pendant la période d'élevage des jeunes qui vont recevoir pertinemment une éducation pendant tout leur séjour au nid et jusqu'à leur émancipation complète. Réduire les comportements parentaux à de simples automatismes instinctuels et innés est très significatif de notre ignorance de ce qui se passe véritablement pendant cette période. Et naturellement, ces transmissions culturelles ne sont pas de nature génétique !


Ce sont ces capacités de transmission qui ont probablement permis que s'installent durablement des fondamentaux que l'on retrouve dans l'espèce humaine, partout, quels que soient les groupes humains et leurs autres cultures, comme les interdits sexuels, la sexualité non reproductive, la création et l'utilisation des outils, le travail collectif, les repas en commun, l'enseignement par imitation, la propension aux comportements altruistes, la création artistique, la communication verbale, l'écriture, la grammaire et la syntaxe, mais aussi les violances, le mensonge, la politique, la contrepassion, la torture, la guerre, la compassion, la morale et le pardon…. Sans oublier le fou rire à en pleurer !

Parler de culture au singulier n'a guère de sens sauf à donner à ce mot l'acception de connaissances ou de savoirs. On peut cependant parler de culture personnelle pour désigner pour partie son savoir et ses capacités intellectuelles, mais aussi davantage pour désigner ses croyances religieuses, ses options philosophiques, ses opinions politiques, ses engagements syndicaux, ses pratiques sportives, ses activités artistiques, etc.

Lorsque l'on s'intéresse aux groupes humains, on parle de cultures au pluriel. L'étude des cultures humaines relève de l'anthropologie et plus particulièrement de la branche ethnologie de cette science.

L'ethnologie nous montre qu'il existe plusieurs formes de cultures de groupe.

Il y a les cultures de masse lesquelles tendent d'ailleurs à devenir la culture de masse, mondialisation oblige (voir infra : civilisation mondiale).

Dans les sociétés très ou moyennement développées, mais aussi dans bon nombre de groupes sociaux les plus " pécuniairement " favorisés des sociétés en voie de développement, la culture dominante, de facto de masse, est celle d'une société de consommation. Tous les modes de réponses à quelque sollicitation environnementale que ce soit se traduit par un acte consommatoire.

Pratiquement plus aucun acte humain ne relève de l'altruisme ou du service gratuit. Tout est prétexte à une évaluation financière. Tout a un prix : la pensée, la création artistique, le service à la personne, l'engagement associatif, la compétition sportive. Tout se mesure à l'aune de la rentabilité, du gain de productivité, de la rationalité économique et du réalisme politique.

Remarquablement, devant l'envahissement de cette culture de masse, c'est le conformisme qui prévaut largement. Progressivement, on remarque que les individus modifient insensiblement leurs comportements, leurs opinions, leurs pratiques ou leurs attitudes pour se mettre en conformité avec ce qu'ils perçoivent de l'évolution des comportements, des opinions, des pratiques ou des attitudes du groupe auquel ils appartiennent, qui les a acceptés et dans lequel ils souhaitent rester intégrés. Le succès qu'a connu le téléphone portable n'est pas seulement dû à l'utilité réelle ou supposée de ce matériel.

Le panurgisme comportemental, qui peut d'ailleurs aller jusqu'au mimétisme, n'est pas le fait du hasard. Il est davantage le fait de groupes de pression et d'influence qui profitent de certaines faiblesses individuelles pour placer leur marchandise (biens de consommation, idéologies politiques, croyances religieuses ou embrigadement sectaire) pour consolider leurs avoirs financiers et les pouvoirs qu'ils confèrent. L'hégémonie de quelques grands groupes financiers actuels s'est, au moins en partie, consolidé de cette manière.

Remarquablement encore, les victimes inconscientes du conformisme, pour expliquer les raisons (ou les déraisons) de leur choix usent le plus souvent de biais cognitifs. L'exemple du téléphone portable est significatif, surtout quand pour convaincre de son utilité absolue, ils en justifient la possession pour le cas où ils seraient emportés par une avalanche quand bien même ils n'auraient jamais les moyens de partir aux sports d'hiver.

Je vous parlerai bien des cultures élitistes censées n'être accessibles qu'aux élites intellectuelles… Mais les cultures élitistes sont des escroqueries intellectuelles que les élites sont incapables d'appréhender. La certitude affichée d'appartenance à ces groupes procède aussi de conformismes et de convenances et les justificatifs, de biais cognitifs et culturels.

Dans les cultures élitistes, il y a la peinture qui m'incite à ce que je m'en détourne irrémédiablement dès lors qu'elle est seulement motivée par des approches spéculatives. Il y a aussi la littérature qui m'incite au même comportement quand elle n'est que le résultat d'une stratégie éditorialiste.

Désolé, mais quand j'entends un people parler de son dernier livre comme d'une commande de son éditeur lequel s'appuie sur la notoriété télévisuelle, footballistique ou autre, comme certitude de vente (même au prix d'un plagiat éhonté et PPDAste), je vais relire tous les " club des cinq " et même les inédits.

Bien plus intéressantes et bien plus riches, sont les cultures populaires. Mais qu'elles soient populaires ne veut pas nécessairement dire qu'elles soient si facilement accessibles et qu'elles ne nécessitent pas des aptitudes intellectuelles certaines. Cela écrit, on peut être du peuple et tout à fait instruit, capable de grandes finesses d'analyse et parfaitement en mesure de décider si BHL est malhonnête, intellectuellement parlant, ou oui.

Traditionnellement, dans les cultures populaires figurent, en bonne place, les chants et les musiques populaires. Il ne s'agit pas seulement des folklores dont on n'oubliera pas quelles influences ils ont pu avoir sur la musique savante et les grands compositeurs qui s'en sont largement inspirés. Il peut aussi s'agir de formes musicales de l'instant ou inspirées d'une ethnomusicologie historique. Ce fut vrai pour le blues ou le reggae, pour le jazz et le rock, pour le punk et le rap. Ce fut vrai pour le tango, la salsa, la java et la valse. C'est aussi vrai pour toutes les formes de chant choral. On pourra consulter à ce sujet le site http://www.ensemblevocal-ktema.com dont je suis le metteur en toile. Cela écrit, les cultures musicales populaires ont aussi accès, au travers du chant choral, aux musiques classiques, baroques ou contemporaines.

Un autre volet très important des cultures populaires est constitué par les traditions orales. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, opter pour une transmission orale ne signifie pas nécessairement que l'on ne sache pas écrire. Mon père qui était un conteur réputé avait aussi une très belle écriture. Faire le choix de conter, aussi bien sous l'arbre des palabres au Mali ou sous les sorbiers des oiseleurs de la place des Halles à Villaines la Juhel n'est pas anodin (le choix n'était pas non plus cathodin, vu que la télé n'existait pas). Il faut entendre le conteur et regarder son public pour comprendre l'importance de l'impact dans le vécu immédiat des auditeurs et la trace mnésique que les histoires impriment durablement.

Il n'en reste pas moins que l'écrit n'est pas absent des cultures populaires. Il est certain que l'on n'entend guère, dans les couches populaires, quiconque qui prétendrait avoir relu tout Proust* comme cela est fréquent chez les interviewés à la télé ou à la radio. Jusqu'à une Miss France (19 ans) qui prétendait avoir relu tout Revzani… Ben voyons ! Et réécouté tout Jeanne Moreau aussi certainement !

[*Personnellement, je relis tout le Proust que j'avais déjà lu, sans problème, mais avec difficulté, soit les 32 premières pages du côté de chez Swann parce qu'au-delà, je craque et je me (re)plonge dans un Michael Connoly et je m'en trouve infiniment mieux. J'ajoute que je suis foutrement incapable de relire tout San Antonio, sauf les premiers.].

La culture populaire, c'est aussi les arts premiers. Point n'est besoin d'aller en Papouasie ou chez le Inuits. La Bretagne nous offre de formidables brodeuses ou de non moins talentueux peintres sur velours.

C'est aussi les langues régionales, la toponymie, la zoonymie, etc.

C'est encore la cuisine traditionnelle, l'architecture vernaculaire, les fest noz et les scènes ouvertes. Ce sont les bombages et les graffitis, la peinture naïve, l'ébénisterie ou le jardinage. Je ne sais pas si l'on est en mesure d'apprécier tous ces talents qu'on ne connaît pas parce qu'essentiellement, leurs œuvres sont réputées n'avoir aucune valeur marchande spéculative.

Les cultures légitimes (Bourdieu) comporteraient les savoirs et les connaissances que tous les individus d'une même société devraient maîtriser et qui sont valorisés par le système scolaire. Les cultures légitimes sont le leitmotiv de nos chers trois ou quatre derniers Ministres de l'école élémentaire avec minimum de services : lire assez, écrire à peine et compter pas trop. Je ne sais pas si d'avoir favorisé les apprentissages de la grammaire, de la syntaxe et de l'orthographe a été tant que cela suivi d'effets eu égard aux fautes que font toujours mes étudiants.

Bourdieu annonce un corrélat : s'il y a des cultures légitimes valorisées, il y a forcément des sous cultures valorisées également. Ce que je constate après trente-cinq années d'enseignement à une même population d'étudiants (DUT HSE), c'est que leurs cultures ou leurs sous cultures ont beaucoup évolué et sont très différentes entre les années 1973 et les années 2010. Je me doute qu'ils savent des choses et je suis effaré de leur ignorance crasse sur des domaines dont j'ai toujours pensé qu'ils appartenaient à cette culture légitime qui caractérisait une part importante de la société française. On peut se tromper, non ?

Pour ce qui est des sous cultures qui sont les leurs, c'est-à-dire de leurs cultures intimes, elles le sont tellement qu'elles semblent classées confidentiel défense.

Cela écrit, nos étudiants et très certainement tous les élèves acquièrent ou ont acquis un capital culturel pour partie auprès de l'environnement familial (sauf déficience avérée) et dans le système scolaire (sauf inadaptation sévère de l'enfant). Ce qui semble inquiéter le plus les enseignants et les éducateurs, aujourd'hui, tient à l'impression que le capital culturel, qui semble être celui de nos étudiants ou de nos élèves, n'apparaît pas en mesure d'assurer la reproduction sociale intergénérationnelle du capital culturel requis ou présumé requis.

L'inquiétude légitime est qu'à ne pas détenir ce capital culturel basique, c'est tout un pan de (contre) pouvoir que l'on supprime aux non détenteurs. Rien de surprenant, dès lors que l'on puisse réécrire le code du Travail sans susciter la moindre protestation puisque plus personne n'est en mesure de le lire et de donner du sens. J'aimerais bien qu'on me dise que j'exagère outrageusement et que la faute tient au silence des médias qui sont restés silencieux quand, de toutes les façons, personne ne les achète plus puisque les publicitaires les fuient et que les encarts publicitaires ont disparu !

Pierre Bourdieu proposait trois composantes pour le capital culturel : l'habitus culturel (aisance sociale, capacité à s'exprimer en public), les biens culturels (livres, disques, tableaux, films, etc.) et les diplômes scolaires. Pour ces derniers, le gouvernement et Xavier Darcos ont entamé une réforme du bac pro. Il est vrai, comme disait récemment un représentant du Médef qu'on a pas besoin d'un bac en quatre ans pour aller pointer à l'usine.

On peut cependant fonder un espoir au fait qu'il existe des contre-cultures. Rien ne prouve, en effet, qu'il faille absolument que nos enfants aient le même capital culturel que celui que nous possédons et qui n'est probablement pas celui qu'avaient nos parents.

Sous réserve que cela ne contribue pas à une dégradation de la langue, les contre-cultures sur Internet ou sur le téléphone mobile seront peut-être intéressantes. Ce qui n'encourage pas à un optimisme délirant, c'est que les contre-cultures se révèlent le plus souvent extrêmement transitoires et sans grand avenir. Elles sont des modes. Très peu laissent des empreintes durables.Il en est des mouvements artistiques ou des mouvements contestataires. L'activisme sur Internet semble promu à un avenir plus durable d'autant que quand il se teinte d'anarchisme, c'est vraiment pour questionner sur la validité et la légitimité des pouvoirs. Cela écrit, même si les traces de ces mouvements contre culturels sont très ténues, elles sont les prés requis pour que d'autres contre propositions apparaissent et prennent corps, même transitoirement.

Un des aspects essentiels de la transmission des contenus culturels d'une génération à l'autre sur des espaces de temps souvent considérables et sans changement notoire tient aux traditions.

Celles-ci sont à la fois une mémoire collective, sinon une conscience collective et un projet complexe, voire contradictoire de conservation, de transmission et d'enrichissement du contenu culturel de génération en génération.

La transmission ne nécessite pas forcément un support écrit. L'oralité convient parfaitement. Mais les traditions se perpétuent aussi au travers des techniques, des savoir-faire, des outils, des œuvres d'art, des gravures, de la danse, des chants, etc.

Les cultures, enfin, se perpétuent dans les civilisations. Les civilisations sont supposées s'opposer à la barbarie ou à la sauvagerie. C'est parfois très inexact.

Normalement, la civilisation impose des normes de comportements d'où sont exclues les violences. Les différends entre les individus sont anticipés par des lois et des règlements et s'ils perdurent, il y a la justice. Les membres de la société civilisée sont des gentils hommes ou des concitoyens. Finalement, la civilisation consiste à désarmer les sujets pour permettre à l'état tous les recours à la force et à la violence qu'il souhaite au travers de ses séides (armée, police, gendarmerie, RG, CRS, gardes mobiles, espions et contre espions, etc.).

[Trois ans après avoir écrit ces pages et les relisant, j'ai bien envie de mettre ce lien qui date de janvier 2011 : http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article15614, Na! ou bien encore celui-là : http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article15613, re_Na !, à moins que : http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article15586, tous publiés le même jour !]

Remarquablement aussi (il est vrai qu'il est désarmé et impuissant) le sujet accepte des conditions d'existence tout à fait innommables ou des inégalités intolérables parce qu'il conserve l'illusion qu'on le protège contre l'insécurité, contre la maladie, contre les violences sociales quand en réalité on le maintient en état de survie suffisante pour que certains puissent s'approprier son travail social et parce qu'on le divertit (gladiateurs, matches de foot ou de rugby, télé réalité et tirage du loto).

Mais le plus grave peut-être, c'est la dérive culturelle qui voudrait nous faire croire et adhérer à une civilisation mondiale. Il est évident cette civilisation " universelle " est un avatar de la mondialisation des marchés qui s'est imposé au prétexte que dans ces domaines de l'économie et des échanges de biens et de matières, des normes et des pratiques ont été imposées comme seul moyen possible d'agir par les pays dominants, les plus riches et les mieux armés. Ce fut le dollar et la langue anglaise qui furent imposés. L'organisation du commerce, la banque mondiale et l'organisation monétaire internationale sont sous la coupe des américains et des occidentaux. Dans le même temps, l'ONU est déniée par les États-Unis, mais aussi, moins ouvertement certes, par bon nombre de pays occidentaux, au moins sur certains sujets. La récente conférence de Bali sur le climat (Décembre 2007) est très significative de ce point de vue.

D'où l'illusion (soigneusement entretenue) que puisque tout le monde parlait anglais et buvait du Coca-Cola, tout le monde aurait plaisir à regarder des émissions évangélistes sur TF1, même les Papous. On allait enfin célébrer l'ethnocentrisme blanc et chrétien. On allait enfin reconnaître comme universelles et seules acceptables, les valeurs occidentales. On allait enfin voir ce que l'on allait voir avec ceux qui se réfugieraient dans quelque contre-culture islamiste ou autre : des bombes sur la gueule, à bas l'axe du mal, tous activistes du Hamas ou terroristes chez Al quaïda and Co.

Mais pour réussir cette entreprise, il faut déployer pas mal d'énergie pour acculturer les masses. C'est un peu ce qu'il me semble que l'on fait depuis ces trente dernières années, aussi bien auprès des jeunes générations (voir supra) qu'auprès des plus anciennes qui n'ont guère réagi d'ailleurs.

Mais il y a un risque que perçoivent parfaitement les gouvernements en Europe et d'une manière générale, ceux des pays " occidentaux ", c'est qu'avec les mouvements migratoires anciens ou récents, c'est tout un processus de reculturation qui se met en place et qui entraîne un mouvement inverse de retour aux sources, de recherche et de reconstruction d'un patrimoine perdu. Remarquablement, ces dynamiques culturelles séduisent largement des jeunes non issus de l'immigration et procèdent à la mise en place de cultures intimes et de cultures populaires à fort enracinement, par opposition civilisationnelle. La chasse aux immigrés et les pressions sur les banlieues ne sont probablement pas tout à fait étrangères à ces phénomènes.

Enfin et il ne faudrait pas s'illusionner, la civilisation occidentale n'a pas vocation à être universelle. D'abord parce qu'elle s'appuie sur deux valeurs princeps : la chrétienté et une extrême violence d'État. De plus, le modèle occidental est loin d'être totalement accessible, même en occident. C'est, par essence, une culture élitiste. Enfin, parce que les autres cultures non occidentales, dès lors qu'elles s'expriment, modifient profondément et durablement la culture occidentale laquelle est essentiellement malléable.

À la droite de l'hyperespace, on place les dimensions économiques et politiques.

La dimension économique regroupe les activités humaines dont la finalité est d'échanger des produits et des services, c'est-à-dire pratiquement toutes les activités humaines. Nous y reviendrons, mais la dimension économique est caractéristiquement la dimension thermodynamique des échanges de matière et d'énergie lesquels sont régulés par des échanges d'informations.

Le plus souvent, on distingue trois grands types de secteurs économiques.

Le premier concerne la production, la collecte ou l'exploitation des ressources naturelles. On parle du secteur primaire. Cela comprend les industries d'extraction minière et pétrolière, l'agriculture et l'élevage, la foresterie, la pêche et l'aquaculture, la production d'énergie électrique.

Le deuxième secteur est le secteur secondaire. Il concerne l'industrie et l'artisanat. Son domaine est celui de la transformation d'une matière première en un produit plus élaboré.

Le troisième secteur est le secteur tertiaire. Il concerne les activités de service comme le commerce et la distribution, le tourisme et l'hôtellerie, la restauration, l'enseignement, le transport, les services à la personne, le nettoyage, les professions de santé, la sécurité, les assurances, etc.

La dimension économique comprend deux parties : la finance et la gestion.

La finance s'intéresse évidemment à la monnaie, c'est-à-dire aux avoirs, au crédit, au débit, au déficit, au prêt, aux intérêts, à la dette, au taux de change, aux zones monétaires et aux zones d'échange. La finance, c'est aussi les banques et les assurances, la banque mondiale ou le fonds monétaire international, les paradis fiscaux, le blanchiment d'argent, la bourse, l'actionnariat, les marchés financiers, les obligations, les stocks-options, la spéculation, les fonds de pension, les offres d'achat amicales ou hostiles, les hedge founds, les private equities, l'usure ou le micro-crédit, l'épargne et le patrimoine, les salaires, les retraites et le pouvoir d'achat, l'héritage et les droits de succession, la fiscalité et les impôts, la TVA, le trésor public, la cour des comptes, les notaires, les conseillers fiscaux, les experts comptables, les contrôleurs des impôts, les agents du fisc, les marchands de bien et les agents immobiliers, les commissaires priseurs, etc.

La gestion, c'est avant tout la gestion financière. Autrement, aujourd'hui, on parle de management : management de la qualité, management de la santé et la sécurité, management des ressources humaines, etc.

La gestion financière bien conduite a pour finalité d'assurer la " durabilité " d'un système (entreprise, nation, administration, Ministère, famille, association, GAEC, SCI, etc.).

La gestion financière et les managements ont pour objet de contrôler les flux dans le système. Ces flux concernent tous ce qui peut être échangé : les fonds, les hommes, les matériaux, les énergies, les déchets, les rebuts, les stocks, les achats, les ventes, les bénéfices. La gestion de ces flux est assurée par la comptabilité, la logistique, la production, la maintenance, l'entretien, la commercialisation, les embauches et les licenciements, etc.

On ne peut pas parler aujourd'hui de gestion économique sans évoquer la gestion de l'environnement laquelle s'oriente, de plus en plus, vers un capitalisme " vert ". Le récent " Grenelle " de l'environnement fut là pour nous le rappeler.

C'est évidemment autour de la question de l'effet de serre et du réchauffement climatique que l'économie environnementale trouve le meilleur terrain pour se développer. Les prix Nobel de la " Paix " 2007, s'ils ne sont pas sans arrière-pensée, sont aussi la reconnaissance de cette orientation nouvelle. Aujourd'hui tout est prétexte à économiser l'énergie et le carbone surtout pour créer ou vendre de nouvelles technologies, de nouveaux appareils, de nouvelles manières de vivre, de nouvelles taxes, etc. Bon nombre de ces innovations ne sont, en réalité et pour l'instant du moins, que des escroqueries, soit parce qu'elles ne fonctionnent pas, soit parce qu'elles demandent plus de pollution, d'énergie ou de rejet de carbone pour les produire et les faire fonctionner qu'elles n'en économisent.

La deuxième grande révolution verte du capitalisme s'appuie sur le pic pétrolier qui aurait été atteint. Pour ne citer qu'une seule catastrophe écologique majeure à venir, c'est le développement des agro-carburants. En moins de cinq ans, les dégâts qu'ils provoquent, et qui avaient été assez bien mesurés et prédits, sont énormes. Un des corollaires, c'est la déforestation galopante laquelle est aussi devenue un produit d'appel pour un nombre important de produits censés la ralentir. Ce qui n'avait pas trop bien marché pour l'industrie du papier, pourrait bien parfaitement fonctionner pour l'huile de palme… dans les deux sens, puisqu'on continuera d'en produire et de vendre des substitutions.

En ce qui concerne la gestion de l'eau, cela fait plus de quarante années que le capitalisme et les fonds privés ont trusté cette activité dans nos pays qui ne manquent pas de la ressource, avec la bénédiction aveuglée, d'ailleurs, des services publics. Ailleurs, c'est-à-dire là où la ressource est rare ou de mauvaise qualité, elle n'intéresse pas les industriels ou les financiers autrement que pour attendre que les humanitaires ou les associations trouvent des solutions.

Pour ce qui est de la gestion des déchets, même s'il y a beaucoup de points très positifs qui échappent à une gestion capitaliste, on n'oubliera pas qu'une part importante des déchets très dangereux est externalisée vers des pays pauvres, sans état d'âme.

Gageons que le trou de la couche d'ozone et la pollution atmosphérique feront les beaux jours du capitalisme vert, tout autant que la biodiversité qui diminue ou la dégradation, l'érosion, la pollution et la stérilisation des sols qui augmentent.

Il n'y aura guère que les accidents nucléaires, les catastrophes industrielles, les marées noires, etc. auxquels on ne fera pas trop de publicité, quoique !

L'économie du travail est une sous-dimension importante de la dimension économique des écosociosystèmes. L'économie du travail se résume essentiellement au marché du travail, c'est-à-dire au rapport de force qui lie, dans une économie libérale capitaliste, les employeurs (demande) et les travailleurs (offre).

L'économie du travail, c'est aussi la politique de l'emploi à un moment et dans une conjoncture donnés, c'est-à-dire la manière dont une société décide de fixer le niveau d'emploi, les niveaux de salaire et le niveau de chômage.

Le plus souvent, le niveau de salaire et le niveau de chômage sont corrélés : plus le niveau de salaire est maintenu bas, plus le niveau de chômage est bas aussi. Le salaire est donc la variable d'ajustement du chômage, tout cynisme mis à part.

Le problème du sous-emploi finalement, c'est l'opposition forcenée des syndicats. Si ceux-ci se décidaient à accepter des salaires médiocres, il n'y aurait bientôt plus de chômeurs ou plus exactement, il y aurait un niveau de chômage juste suffisant pour contraindre les travailleurs à la juste soumission que leurs employeurs réclament.

Le problème, c'est que des salaires bas impliquent un pouvoir d'achat limité, autrement dit une moins importante demande de biens et des services de la part des entreprises lesquelles, produisant moins, embaucheraient moins !

C'est une des raisons qui ont incité des économistes à proposer un taux de chômage qui n'accélère pas l'inflation (Non-Accelerating Inflation Rate of Unemployment ou NAIRU). C'est ce modèle d'un humanisme certain qui plût particulièrement à Giscard d'Estaing lequel s'empressa de le mettre en place dès 1975 permettant ainsi de passer de 2ou 300 000 chômeurs à plus d'un millions, puis deux, sans doute trois et de s'y maintenir jusqu'en 2007, malgré toutes les radiations et manœuvres grossières pour tenter de faire croire que leur nombre est beaucoup plus faible.Non moins intéressant, certains de ces économistes tenant de ces avancées humanistes ont été nobélisés (Tobin, en autres !).

L'économie de l'environnement est une autre sous dimension de la dimension économique des écosociosystèmes. L'économie de l'environnement, c'est une autre manière de parler du coût environnemental de la croissance puisque celle-ci n'est envisagée qu'à la mesure des entrants positifs, mais jamais des accidents du travail, des maladies professionnelles, des dépenses énergétiques, de l'épuisement des ressources, des pollutions induites, des déchets accumulés, des catastrophes technologiques et autres extrants négatifs.

Ce sont ces extrants négatifs qui motivent diverses conduites en matière d'économie de l'environnement.

Par exemple, il y a le principe du pollueur payeur. En France, on a même réussi à lui substituer le principe du pollué payeur (pollution des eaux par les nitrates en Bretagne). Le principe du pollueur payeur consiste à énoncer que le coût d'une pollution revient à celui qui la provoque. Quels coûts ? Directs ? Indirects ? Faute d'avoir jamais réussi à les déterminer, il a été infiniment plus simple de répercuter les coûts présumés sur les consommateurs qui payèrent deux fois, la première pour être pollués, la seconde pour être éventuellement dépollués !

Remarquablement, c'est toujours à ce bout de la chaîne économique que se répercutent les coûts de la dépollution. Si d'aventure les industriels devaient être astreints à payer les coûts générés par les pollutions qu'ils émettent, ils sauraient les répercuter sur les prix des marchandises ou des services qu'ils proposent.

Plus subtil encore, c'est le principe du non pollueur - pollué - payeur ! L'exemple le plus intéressant, c'est celui qui est fourni par les Agences de l'eau qui prélèvent, auprès des consommateurs, une taxe sur la consommation d'eau potable laquelle va servir à subventionner des entreprises polluantes pour qu'elles se dotent de systèmes antipollution comme des stations d'épuration, par exemple.

Dans le même ordre d'idée, c'est-à-dire de foutage de gueule, on peut citer la taxe carbone, la taxe Chirac sur les voyages en aéronefs, la pastille verte des véhicules moins polluants, la prime à l'achat de véhicules moins émetteurs de CO2, etc. Le citoyen qui n'a aucune responsabilité, ni aucun pouvoir d'influer sur les choix et les techniques de production est prié de passer à la caisse pour permettre la survivance de pratiques délictueuses ! Remarquablement, le citoyen ne geint même plus !

La sous dimension " économie de l'environnement ", ce fut aussi le principe de précaution pour lequel Chirac insista pour qu'il apparaisse dans la constitution et dont Attali voudrait qu'on le supprime… Après le principe du pollué payeur, le principe du responsable pas coupable. Il est vrai qu'il faut s'attendre à tout, on a même vu se mettre en place le principe du condamné pour prévarication / rééligible (voir résilience).

La sous dimension " économie de l'environnement ", c'est encore le développement durable, la décroissance soutenable, les quotas de pêche, la politique agricole commune, le Grenelle de l'environnement, le protocole de Kyoto ou la conférence de Bali. À suivre…

La sous dimension " économie de l'environnement ", c'est encore le prix que l'on accorde au maintien de la biodiversité. Combien vaut un papillon ou une pervenche de Madagascar ?

La sous dimension " économie de l'environnement ", c'est enfin la mise en place du droit à polluer dès lors que tu es puissant et riche ! C'est l'achat de tonnes de carbone par les pays industrialisés aux pays peu industrialisés, ce sont les externalisations de nos usines les plus polluantes, de nos déchets les plus dangereux, de nos substances les plus toxiques, etc. avec la plus grande bienveillance de l'OMC ou du FMI... sans oublier de se faire attribuer un écolabel !

Une autre sous-dimension de la dimension économique concerne l'économie de la culture, c'est-à-dire les aspects économiques du marché de l'art et de la création. Cette sous-dimension a pris un essor et une importance considérables, ces dernières années, pour la raison essentielle qu'une part importante de ce marché a surtout une fonction spéculative et qu'elle intéresse la finance, non pas pour la valeur artistique ou culturelle d'une création, mais pour les profits que l'on compte en tirer. Au-delà des profits, et compte tenu des prix pratiqués, le marché de l'art, c'est un moyen facile pour blanchir l'argent de la corruption, de la drogue, de la vente d'armes et de quelques autres activités " réservées ". C'est aussi un moyen d'échapper au fisc. Cela tient souvent de l'abusus en termes de détournement du travail social.

Aujourd'hui, ce sont toutes les activités artistiques qui donnent lieu à un commerce et à une formidable compétition, y compris au nom de l'exception culturelle (cinéma, théâtre, musique, danse, peinture, musées, bibliothèques, monuments historiques et naturels, etc.). La réduction de la culture a sa seule dimension commerciale est d'ailleurs quasi caricaturale. Dans le domaine de l'édition littéraire, par exemple, on ne s'intéresse pratiquement plus à la valeur littéraire d'un ouvrage, mais bien plus à la renommée du signataire du livre comme potentiellement capable de faire un coup éditorial. C'est fou le nombre d'habitués ou de vedettes du petit écran qui écrivent et publient des livres qu'ils n'auront même pas lu.

La dimension politique comprend, normalement, dans l'espace cohérent d'un état, la sous-dimension du pouvoir politique et celle des idéologies qui les sous-tendent. La dimension politique correspond généralement à la manière dont une société gère les inégalités les plus inacceptables et criantes qui touchent une plus ou moins importante partie de la population quant aux accès qu'on lui accorde vis-à-vis de l'environnement, de la culture et de l'économie. Parfois, les inégalités font l'objet de contreparties : du pain, des jeux, de la sécurité, la paix sociale, etc. Parfois, et le plus souvent, les classes favorisées, imposent les inégalités par la force ou la terreur. Point n'est besoin pour cela d'user de violences, la violance suffit.

Le pouvoir politique comprend plusieurs volets : le pouvoir législatif, le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire. D'aucuns, surtout s'ils sont journalistes, parlent d'un quatrième pouvoir qui serait le pouvoir de la presse. Pourquoi pas, mais alors il faut le plus souvent mettre ce pouvoir au même rang que celui qu'exercent l'armée et les forces de polices, généralement promptes à se ranger aux côtés de ceux qui accèdent au pouvoir et à les servir.

Il arrive quelquefois que ces pouvoirs soient exercés séparément. C'est ce qui semble le plus satisfaisant dans certains systèmes démocratiques pour éviter les abus de pouvoir. La réalité montre que la tentation de réunir le maximum de pouvoirs entre les mains d'un nombre très réduit d'individus est toujours constante dans l'exercice des pouvoirs. La raison en est que la politique sert le véritable pouvoir, qui ne se revendique jamais, mais œuvre en permanence, c'est-à-dire le complexe militaro-industriel. Ce pouvoir occulte sait parfaitement déléguer des pouvoirs à quelque marionnette qui saura mettre en action la politique à laquelle ils aspirent.

La manière d'exercer le pouvoir et les formes de gouvernement qui en découlent constituent le régime politique. On reconnaît un certain nombre de ces régimes parmi lesquels on trouve les démocraties qui peuvent être directes, participatives, représentatives, s'exercer dans une monarchie ou une république. Mais les démocraties sont parfois des caricatures qui mériteraient mieux des vocables comme oligarchie ou ploutocratie, voire tyrannie et dictature. Parfois aussi, les démocraties finissent par ressembler à des aristocraties oligarchiques ou non. Naturellement, aujourd'hui, à côté des démocraties vraies ou non, on trouve quelques rares théocraties, quelques monarchies souvent constitutionnelles, quelques empires et surtout pas mal de dictatures, parfois brutales, souvent déguisées.

Les idéologies politiques sont la représentation des réalités propres à une classe sociale. Ces représentations se construisent généralement au sein d'un groupe social (conservatisme, statu quo) ou bien entre des individus socialement différents, mais réunis par une même approche analytique de la société, au moyen de paramètres sociologiques, psychologiques, culturels, philosophiques, éthiques, religieux, éducationnels, scientifiques, irrationnels ou autres.

C'est de cette manière que le socialisme a pu incarner une idée de collectivisme ou que le marxisme aurait pu être la lutte des classes. C'est de cette manière aussi que la primauté donnée à l'individu conduit à l'individualisme, la primauté donnée au genre conduit au féminisme ou au machisme. C'est de cette manière que la primauté donnée à la question de la légitimité des pouvoirs inspire les anarchismes ; la primauté donnée à la race, à l'ethnie,ou à la nationalité conduit aux nationalismes, aux fascismes ou au nazisme ; la primauté donnée à l'État inspire les démocraties ; la primauté donnée à la religion débouche sur des théocraties et souvent au royalisme, la primauté donnée aux traditions conduit aux conservatismes ou aux intégrismes, la primauté donnée à la pensée finit souvent par le radicalisme, la primauté donnée à l'environnement induit les écologismes, etc.




Le modèle écosociosystémique :

Le modèle écosociosystémique s'inscrit entièrement dans la dimension écologique de l'hyperespace. Cette dimension décrit au mieux les composantes physicochimiques d'un environnement et les composantes biologiques et anthropiques des communautés qui y vivent. C'est la dimension écosystémique du système.

Voir aussi : Développement durable / Nouvelle gouvernance





Comme telle, elle est relativement stable. On admet qu'elle est en équilibre stationnaire dynamique. Selon sa durée d'existence, l'écosystème est un climax quand il est très ancien et achevé, sinon, il est plutôt peuplé de pionniers pour un écosociosystème jeune ou bien il est peuplé de pionniers, de post pionniers, de nomades et de sédentaires pour un écosociosystème plus âgé. La dynamique de l'écosystème se traduit par des successions biocénotiques animales, végétales et humaines lesquelles influent aussi sur la dynamique des biotopes dans lesquels ils vivent.

La dimension sociologique décrit l'état du moment des groupes sociaux, pour partie animaux ou végétaux, mais principalement humains comme on peut les observer et les enregistrer. Cet état est relativement stable dans le temps. Les changements qui s'opèrent sont lents et progressifs. Quand ils sont brutaux, on parle de révolution ou de catastrophe.

La dimension culturelle pointe les modes de réponse qu'offrent les groupes sociaux aux sollicitations environnementales qui les affectent significativement. Parmi ces sollicitations, deux sont de nature thermodynamique. Ce sont les échanges de matière et d'énergie, autrement dit c'est la dimension économique de l'hyperespace.

La dimension économique va largement dépendre de la dimension écologique (importance et disponibilité des ressources) et de la dimension sociologique (accessibilité à la ressource, pouvoir d'achat). Ces deux dimensions écologique et sociologique sécrètent de fortes disparités et de fortes injustices entre les groupes socioéconomiques. Ces inégalités seraient sans doute tellement insupportables qu'elles seraient des motifs de dysfonctionnement permanent du système. C'est la dimension politique qui peut rendre acceptable ou qui fait accepter ces inégalités.

Peu importe finalement la manière dont la dimension politique s'y prend pour faire accepter les inégalités, que cela soit par la force ou la persuasion. Elle le fait toujours en assurant un minimum vital ou de survie aux groupes socioéconomiques les plus défavorisés. C'est la raison du développement de la dimension sécuritaire des politiques socialement injustes et inégalitaires. Les forces de l'ordre protègent la vie et les biens des plus aisés et des mieux approvisionnés. Des dispositifs de protection étatiques garantissent les populations contre divers aléas (sécurité sociale, assurance maladie, assurances diverses, justice, armée, douane, organisation du commerce, sécurité des approvisionnements, des achats, des ventes, sécurité alimentaire, sécurité civile, protection des populations, secours routiers, etc.). À ces dispositifs, s'ajoutent les actions des ONG et des associations qui complètent les actions de l'État, voire qui y pourvoient quand les manquements sont par trop criants. Aujourd'hui, on peut non seulement travailler plus et vivre pauvre, mais on peut aussi n'avoir pas de toit. Le but de ce jeu faussé, c'est de cotiser 42 ans et d'arriver usé à la retraite pour mourir précocement et ne pas en profiter… Au nom de la dette publique ?

Cela écrit, il peut sembler vite évident que l'analyse écosociosystémique est un outil qui ne va pas permettre de dégager tant que cela de points positifs à des modes d'organisation sociétales comme le sont le libéralisme ou le capitalisme mondialisé. Quelque champ que ce soit auquel on s'intéresse dans cet hyperespace, l'outil fait vite apparaître les dysfonctionnements et les dissonances des systèmes, au moins au regard que ce que nous enseignent l'écologie, la thermodynamique, la systémique, les sciences du comportement, etc.

De la même façon que l'analyse des dysfonctionnements de l'hyperespace cindynique mettait en évidence les risques attachés aux cultes du simplisme, de l'infaillibilité et du nombrilisme, l'analyse des dysfonctionnements de l'hyperespace écosociosystémique fait apparaître des risques liés à la sous-utilisation des savoirs, à la sous-utilisation des capacités du cerveau, sauf de celles de l'hypothalamus pour la satisfaction des pulsions et la violance des pouvoirs, à la sous-utilisation des informations pertinentes et au blocage de leur transmission de manière à affaiblir les contrepouvoirs : médias propagandistes ; médiamensonge ; dénigrement, bridage ou interdiction des média alternatifs (surtout Internet) ; sondages truqués ; reportages bidonnés ; désinformation et infantilisation de masse ; captation de la souveraineté des peuples au profit des classes politiques larbines des oligarques ; utilisation jusqu'au dégoût des peurs (terrorisme, ebola) et justification des guerres comme devant rassurer...








Les contradictions de la " ville durable "
http://www.recherche-innovation.equipement.gouv.fr/IMG/pdf/Les_contradictions_de_la_ville_durable_cle585a6a.pdf

Un projet éducatif qui prend en compte le Développement Durable
http://www.rsi-eupen.be/ecosocio/schemere.pdf

Projet pour une nouvelle société :
http://www.geocities.com/newsociety_2000/3minutes.html

Macroéconomie :
http://www.fauxmonnayeurs.org/

Incursion dans un domaine trop réservé : la monnaie
http://www.attac78nord.org/IMG/pdf/monnaie_attac_au_19_10_04_.pdf

Fond d'analyse des sociétés politiques
http://www.fasopo.org/

La FED ou les secrets de l’institut d’émission des États-Unis :
http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=695

La dette publique : le pire est devant nous
http://www.alternatives-economiques.fr/la-dette-publique---le-pire-est-devant-nous_fr_art_319_38105.html

Le blanchiment d'argent
http://www.les-renseignements-genereux.org/var/fichiers/brochures-pdf/broch-blanchi-20061009-oria5-a5livre.pdf

BAJOIT G. : Le changement social / Approche sociologique des sociétés occidentales contemporaines
http://www.cnam.fr/lipsor/dso/articles/fiche/changementsocial.pdf






[ Corrélats : Écosystèmes / Développement durable / Économie / Industrie / Hygiène du travail / ...]

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