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Effet de serre
Effet de serre


Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : Préambule / Un article de la mission interministérielle sur l'effet de serre / L'essentiel sur l'effet de serre. / Qu'est-ce que l'effet de serre ? / Un autre article de 1996 publié sur le site des Amis de la terre et intitulé : Le point scientifique sur l'effet de serre / " Pour un catastrophisme éclairé " / Climat. De plus en plus de gaz carbonique présent sous terre rejoindrait l'atmosphère / Le chauffage de la Terre bloqué sur maximum / L'Union européenne aurait été trop généreuse dans l'attribution des "droits à polluer" /

Le CO2 caché de l’Occident /
La fonte du permafrost libérera plus de gaz à effet de serre que prévu /
Nouvelles estimations inquiétantes des émissions de NF3, un puissant gaz à effet de serre /
Les concentrations atmosphériques de dioxyde de carbone ont atteint de nouveaux pics en 2007 /
Le niveau des mers devrait augmenter d'un mètre au cours du prochain siècle /
Émissions de gaz à effet de serre /
Base de données ECCAD (Emissions of Atmospheric Compounds & Compilation of Ancillary Data) /
Climat (1) : Les gaz à effet de serre /
Climat (2) : CO2 et Méthane /
Climat (3) : les pays émetteurs /
Climat (4) : le Cycle du Carbone /
Climat (5) : Concentration atmosphérique des gaz à effet de serre /
Climat (6) : le réchauffement climatique global /
Quel avenir pour la politique climatique européenne? /
Le mythe du Groenland vert des vikings... /
Captage et stockage de CO2 : quels leviers européens pour son déploiement ? /
Climat (7-1) : le réchauffement climatique local (Europe, France) /
La France n'est pas sur la voie du Facteur 4 /
Émission de GES: l’industrie française traîne la patte et toujours les mêmes goinfres ! /


Sites Internet et articles / Corrélats /

1.38 € : c'est le prix de ce chou-fleur estampillé "Prince de Bretagne"
acheté uniquement pour la photo et une entrée vinaigrette (11/05/04).
On peut raisonnablement se demander quel rapport existe entre l'effet de serre et le cours du chou-fleur en Bretagne…

Quand j'ai écrit cette page en 2004, je pressentais sans doute confusément vers quoi l'agrobuzzness allait nous entraîner, mais pas à ce point : https://www.grain.org/article/entries/5318-ces-accords-commerciaux-qui-dopent-le-changement-climatique-le-facteur-alimentaire


Sauf qu'en ce moment (mai 2004), les choux-fleurs bretons sont déversés par tonnes sur les routes, faute de clients (grandes surfaces, conservateurs et frigoristes) lesquels préfèrent acheter ces légumes en Pologne où le coût de la main d'œuvre est 5 fois moindre que celui pratiqué en France.

Formidablement, les choux-fleurs polonais, même après un long voyage de plus de 2000 km** en camion, arrivent dans les Côtes d'Armor moins chers que ceux qui sont produits sur place.

[** Combien de kilomètres contient une assiette ? 13 novembre 2006]

Une fois de plus le libéralisme salvateur démontre comment, pour sauver le peu de crédibilité qui lui reste, il lui faut impérativement être simplificateur et menteur par omission. Par exemple, pour accréditer l'idée que le chou-fleur polonais est moins cher en Bretagne que le chou-fleur breton, ce qui est vrai si l'on ne voit pas plus loin que les roues de son caddy, il lui faut omettre tous les coûts indirects de cette production, soumise à un important " dumping ", génératrice de diverses pollutions, socialement perverse et thermodynamiquement imbécile.

Il n'y a malheureusement pas que la production des choux-fleurs en Pologne ou des laitues en Afrique du Sud pour alimenter notre marché qui soit thermodynamiquement imbécile, imbécile tout court d'ailleurs. C'est toute la philosophie de l'économie dominante qui nous conduit toujours à plus d'imbécillité qu'hier et bien moins que demain*.

Évidemment, il faut accepter que les gaz de combustion des automobiles et des camions soient des gaz à effet de serre, ce qui ne semble pas être le cas des lobbyistes du tout routier, ni de ceux qui les écoutent quand même ils feraient de la politique. De ce point de vue, le plan antipollution de Raffarin IV (juin 2004) oublie significativement l'industrie, les paysans, les routiers, les électeurs de l'UMP ou les admirateurs de M. Sarkosy ! Il y a d'ailleurs fort à parier que les Renault à 5000 euros destinées au marché africain ou chinois, seront taxées, au maximum, comme n'importe quel 4x4 V8 diesel, de sorte que les 206 seront les moins polluantes voitures trop chères.

On pourra aussi se rappeler comment la loi sur l'air, proposée quand Mme Le Page était ministre de l'écologie, avait été vidée de son contenu par quelques diésélistes et quelques pétroliers influents. Toutes les lois environnementales n'ont pas la chance de vivre ce que vécut la loi littorale (cf. loi littoral).

[* En écrivant ces lignes (fin 2004) je ne savais rien encore de ce qui deviendrait l'affaire des quotas chinois sur les fringues... sauf que là c'est nous qui sommes pris pour des imbéciles ! Et ne le sommes-nous pas ?
Je ne pouvais guère imaginer non plus dans quels marasmes économiques (réels ou virtuels) nous plongerait la crise (2008) ! ]






Un article de la mission interministérielle sur l'effet de serre (www.effet-de-serre.gouv.fr)

A L'essentiel sur l'effet de serre.

1 Caractéristiques du phénomène global

L'atmosphère de la Terre retient en partie la chaleur que lui apporte le soleil. Les gaz dits à effet de serre émis par les activités humaines, dont pour 60 % (et en proportion croissante) le gaz carbonique venant du charbon, du pétrole et du gaz brûlés, intensifient ce phénomène depuis deux siècles (avec une rétroaction de la température qui accroît à son tour les concentrations de CO2). Selon le troisième rapport d'évaluation du GIEC, fondé en 1988 par les Nations Unies sous la double impulsion américaine et britannique et dont les résultats constituent depuis le moteur des négociations internationales :

· il est certain que les concentrations de gaz carbonique dans l'atmosphère ont atteint des niveaux jamais vus depuis 420 000 ans et évoluent depuis deux siècles à une vitesse jamais enregistrée depuis 20 000 ans [1] ;

· la vitesse du phénomène observé (plus d'un demi degré en un siècle sur le globe) et attendu (de 1,4°C au mieux à 5,8°C de plus, en moyenne globale, en 2100) est cent fois plus élevée que les variations naturellement imprimées au climat de la Terre par ses paramètres astronomiques et traduites dans les alternances entre ères glaciaires et interglaciaires (quelques degrés en 10 000 ans chaque fois) ;

· il est pratiquement certain (plus de 99 % de probabilité) que le CO2 fossile émis influencera de façon déterminante les concentrations en CO2 de l'atmosphère, devant toute autre source, durant tout le XXIème siècle : si la température moyenne annuelle du globe peut s'élever d'ici 2100 de 1,4°C à 5,8°C, le tiers à une petite moitié de cet écart vient des incertitudes sur les fonctionnements biophysiques planétaires, tout le reste dépend des politiques qui seront adoptées dans les toutes prochaines décennies par l'humanité ;

· il est très probable (de 90 à 99 % de probabilité) que le dérèglement climatique provoquera des vagues de chaleur plus longues et plus intenses, avec une élévation particulière des températures nocturnes ;

· il est très probable (de 90 à 99 % de probabilité) que des précipitations de plus en plus intenses et surtout de plus en plus variables d'une année sur l'autre s'ensuivront, notamment dans les latitudes moyennes.

2 Effets observés à ce jour

De nombreux événements météorologiques récents relatés par l'Organisation Météorologique Mondiale (OMM) ont illustré malheureusement la pertinence des résultats des modélisations du GIEC. Les dernières années ont donné quelques aperçus des risques que ferait courir le changement climatique au continent européen : même si les séries statistiques dont nous disposons sont encore insuffisantes pour attribuer tel ou tel événement météorologique extrême (tempête, inondation, vague de chaleur…) au dérèglement climatique, les faits observés matérialisent fidèlement les résultats du GIEC. Par ailleurs, de fortes modifications dans les écosystèmes (floraisons, migrations, périodes de végétation) et les phénomènes agricoles (dates de récoltes, conditions hydriques) montrent que le changement climatique s'exprime aussi par des évolutions de fond, beaucoup plus rapides que par le passé, auxquelles nous devons également faire face.

Certains effets du dérèglement climatique sont déjà visibles en France : élévation de 0,9°C en un siècle de la température moyenne annuelle ; retrait des glaciers ; l'été 2003 correspondent bien aux simulations du GIEC, notamment la chaleur nocturne. Selon Météo France, cet épisode " dépassait de très loin tout ce qui a été connu depuis 1873 par son intensité et sa longueur " (4°C de plus sur les températures extrêmes) ; pourtant la température moyenne de 2003 ne devrait pas dépasser de plus de 0,5°C celle de 1998, l'année la plus chaude depuis 1860, illustrant ainsi qu'une modification apparemment faible d'une moyenne annuelle peut recouvrir des phénomènes violents. Ces vagues de chaleur pourraient voir leur fréquence quintupler dans un scénario tendanciel.

3 Une réduction de moitié des émissions mondiales bien avant la fin du siècle est indispensable

Les gaz à effet de serre qui s'accumulent dans l'atmosphère sont ceux qui excèdent la capacité d'absorption des " puits " océaniques et continentaux. Seule la moitié du CO2 anthropique étant absorbée par les fonctionnements naturels (océans, biomasse), les résultats du troisième rapport du GIEC montrent qu'il est nécessaire de réduire les émissions globales sous le niveau qu'elles avaient en 1990, et ce bien avant la fin de ce siècle si l'on veut stabiliser les concentrations autour de 450ppm. Ce niveau correspondrait à une élévation finale de température du globe d'environ deux degrés, niveau qui aujourd'hui paraît à même d'éviter dans la durée sinon la perte des écosystèmes coralliens (affectés dès un degré de réchauffement moyen), du moins des événements de très grande ampleur telle une élévation d'environ 5 mètres du niveau des océans (probable avec trois degrés de plus). Or, une planète déjà densément peuplée absorberait plus difficilement que dans les siècles et millénaires passés les migrations induites par l'élévation du niveau marin ou l'intensification de la sécheresse dans les zones déjà arides. Déjà à 550ppm, les dégâts peuvent être importants dans les pays industrialisés, comme le montre par exemple l'étude stratégique britannique publiée en juillet 2003 par le cabinet du Premier ministre Blair, et peser de façon difficilement soutenable sur nos économies.[2]Maîtriser l'effet de serre excédentaire à ce niveau (soit une élévation maximale de 2°C de la température moyenne de la planète) revient à diviser par plus de 2 les émissions globales, c'est-à-dire, compte tenu des écarts dans les émissions par habitant (1,1 tonne équivalent gaz carbonique -teqCO2- pour un Indien, 2,3 pour un Chinois, 6,6 pour un Français, 8,4 en moyenne européenne, 10 pour un Russe, 20 pour un Américain), par 3 à 5 celles des pays industrialisés, vers la moitié de ce siècle[3]. En effet, comme il s'agit d'un phénomène cumulatif, plus nous agirons tard, plus il sera difficile de revenir à un niveau d'émissions absorbable par la biosphère, plus les concentrations dans l'atmosphère seront élevées et plus les dégâts seront importants. Plusieurs pays européens s'accordent sur un objectif de cet ordre de grandeur [4], qui est aussi celui assigné par le Premier ministre à la France.

Compte tenu de la croissance prévisible des demandes énergétiques dans les pays en développement, les seules substitutions énergétiques ne permettraient sans doute que de stabiliser les émissions mondiales au niveau actuel. Pour les réduire de moitié, l'efficacité énergétique moyenne mondiale des produits, procédés, habitats, transports et organisations territoriales devra donc au moins doubler, et au-delà dans les pays industrialisés. Ce contexte fait de l'efficacité énergétique un paramètre-clef de la compétitivité économique dès ce début de siècle.

4 Le rôle déterminant du protocole de Kyoto et l'engagement européen

Pour réaliser l'objectif ultime de la Convention des Nations Unies sur le changement climatique, à savoir limiter les concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre à un niveau non dangereux pour l'humanité (article 2), la conférence des Parties de Kyoto (1997) a débouché sur un premier pas : le Protocole de Kyoto, qui assigne aux pays industrialisés un premier objectif quantifié pour la période 2008-2012, dite " première période d'engagement ". Il s'agit d'une réduction de 5,5 % des émissions des pays industrialisés par rapport à 1990, qui se traduit pour l'Europe par une baisse de 8 % à cet horizon, dont une stabilisation des émissions françaises. Le Protocole de Kyoto a été ratifié par l'Union européenne et chacun de ses États-membres, et par l'ensemble des pays industrialisés à l'exception de l'Australie (qui met néanmoins en place des politiques de maîtrise de ses émissions proportionnées à son engagement chiffré) et les États-Unis [5] (dont de nombreux États ont cependant entamé des actions explicites de réduction de leurs émissions).

Pour contenir le dérèglement climatique en cours et respecter son engagement au titre du Protocole de Kyoto, l'Union européenne se dote progressivement d'un programme européen de lutte contre le changement climatique : directive sur l'efficacité énergétique des bâtiments, programme " énergie intelligente pour l'Europe ", programme " Marco Polo " pour le développement du cabotage maritime... Elle vient aussi d'adopter une directive mettant en place un marché de quotas négociables concernant d'abord, pour la période 2005-7, le gaz carbonique des principaux émetteurs industriels européens ; les États-membres travaillent sur une autre directive définissant les conditions d'articulation des mécanismes de projets (MOC, MDP [6]) avec le marché européen de quotas.




Notes :

[1] celles-ci n'avaient oscillé qu'entre 200 et 290 ppm (partie par million, unité de concentration en volume dans l'atmosphère) durant les 420 000 dernières années, et ont grimpé depuis la moitié du dix-huitième siècle à plus de 360ppm à ce jour.

[2] Rapport de D. King, conseiller scientifique du Premier ministre britannique (site www.foresight.gov.uk). En scénario tendanciel, perte possible de 10 % de son patrimoine bâti et d'une grande superficie côtière par triplement de la vitesse d'érosion

[3] Pour stabiliser à terme (sans exigence particulière d'horizon temporel) les concentrations à 450 ppm, il faut diviser par au moins deux les émissions mondiales en 2100 en les faisant décroître dès 2020 pour qu'elles atteignent leur valeur 2000 en 2050 (troisième rapport du GIEC). Mais si, pour éviter une élévation de la température de la planète de plus de 2°C, nous visons cette stabilisation à 450 ppm dès 2100, cette division doit se faire dès 2050. Comme la capacité cumulée d'absorption "océan-biosphère" risque de diminuer à partir de 2050 (le sols des forêts relargant alors plus que le bois ne capte, et la "pompe" océanique étant ralentie) : "Entre les 30 GtC du scénario maximum, celui pour lequel aucun effort n'est fait pour limiter l'effet de serre et celui certainement souhaitable d'une stabilisation à une concentration pas trop éloignée de sa valeur actuelle, c'est donc à terme un effort de l'ordre d'un facteur 10 qu'il faut réaliser." G. Mégie, président du CNRS, et J. Jouzel, climatologue, représentant français au GIEC

[4] Exemples : Royaume-Uni : -60 % en 2050 par rapport à 1997 ; Allemagne : -40 % en 2020 par rapport à 1990 si l'UE s'engage à -20 % à cette date en moyenne, et -80 % en 2050 par rapport à 1990 étudié ; Pays-Bas : -75 à -80 % en 2050 par rapport à 1990.

[5] Comme l'ont montré les négociations, les gouvernements américains savent que la faible efficacité énergétique des États-Unis, plus de deux fois inférieure à celle de l'UE, fait aujourd'hui de toute contrainte énergétique globale un avantage économique relatif pour l'Europe.

[6] Mise en œuvre conjointe (MOC) : possibilité pour l'entreprise d'un pays ayant un objectif quantifié de maîtrise de ses émissions au titre du protocole de Kyoto d'investir dans la réduction des émissions d'une installation située dans un autre pays ayant également un objectif quantifié de réduction, et d'en rapatrier les tonnes d'équivalent CO2 économisées au titre de ses performances propres. Mécanisme de développement propre (MDP) : même chose pour un investissement ayant lieu dans un pays en développement. Dans les deux cas, un accord bilatéral des États est nécessaire. Cf. pour toutes explications le document " de Rio à Marrakech " disponible à la MIES (effet-de-serre.gouv.fr).




Qu'est-ce que l'effet de serre ?

La température moyenne de notre planète résulte de l'équilibre entre le flux de rayonnement qui lui parvient du soleil et le flux de rayonnement infrarouge renvoyé vers l'espace.

La répartition de la température au niveau du sol dépend de la quantité de gaz à effet de serre (GES) présents dans l'atmosphère. Sans eux, la température moyenne serait de - 18°C et la terre serait inhabitable. Leur présence amène cette température à 15°C.

Les gaz responsables de l'effet de serre d'origine anthropique sont le gaz carbonique (CO2), le méthane (CH4), l'oxyde nitreux (N2O), l'ozone troposphérique (O3), les CFC et les HCFC (1), gaz de synthèse responsables de l'attaque de la couche d'ozone, ainsi que les substituts des CFC : HFC, PFC et SF6.

Les gaz à effet de serre sont naturellement très peu abondants. Mais du fait de l'activité humaine, la concentration de ces gaz dans l'atmosphère s'est sensiblement modifiée : ainsi, la concentration en C02, principal GES, a augmenté de 30 % depuis l'ère préindustrielle.

Les effets combinés de tous les GES équivalent aujourd'hui à une augmentation de 50 % de CO2 depuis cette période.

1 Quels sont les effets de l'augmentation des émissions de GES sur le climat ?

Le Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Évolution du Climat (GIEC (2)) a rendu en 2001 son troisième rapport scientifique. Il conclut entre autres que :

- depuis 1750, le taux de CO2 dans l'atmosphère a augmenté de 30 %, celui de CH4 de 145 %.

- depuis la fin du 19ème siècle, la terre s'est réchauffée de 0,6° C et on a assisté à une montée du niveau des océans de 10 à 25 cm.

- toutes les analyses confirment l'effet notable des activités humaines sur ces variations, même s'il demeure de nombreuses incertitudes sur leurs évaluations, et surtout sur les conséquences qui peuvent s'ensuivre.

- "La comparaison entre le changement observé dans la température moyenne globale et le résultat des simulations suggère que le réchauffement des cent dernières années n'est vraisemblablement pas dû aux seules causes naturelles et que les caractéristiques géographiques d'un réchauffement dû aux activités humaines sont identifiables dans les observations du climat".

2 Que peut-on dire pour le futur ?

D'après le rapport du GIEC, d'ici 2100, selon différents scénarios liés au développement de la société, le réchauffement pourrait atteindre 1,4 à 5,8° C et la mer monter de 9 à 90 cm, (ceci principalement sous l'effet d'une dilation thermique de l'eau). La hausse des températures devrait provoquer des cycles hydrologiques plus vigoureux, c'est-à-dire des sécheresses et des inondations plus sévères et une augmentation des précipitations. Une évolution rapide et soutenue du climat pourrait également modifier l'équilibre entre les espèces, et provoquer un dépérissement des forêts, qui sont notamment des puits de CO2.

En France, on prévoit d'ici à 2060, un accroissement de 1° C à 2° C de la température moyenne, avec pour impacts : une redistribution des cartes dans l'agriculture, due à la réduction des cycles de culture; une redistribution des pathologies entre hiver et été; un risque accru de submersion des deltas, des lagunes et des marais maritimes; une redistribution de la flore; une nette diminution de la durée d'enneigement particulièrement en dessous de 1500 mètres d'altitude.

Les projections obtenues sont plus fiables aux échelles hémisphériques ou continentales qu'à l'échelle régionale. On se fie davantage aux prévisions concernant la température qu'à celles concernant le cycle hydrologique.

Pour ce qui concerne l'Europe, les projections concluent plutôt à un réchauffement, accompagné d'une intensification des cycles hydrologiques, dont l'amplitude croîtrait dans la partie nord de l'Europe et diminuerait dans la partie sud. En France (3), l'élévation du niveau de la mer provoquerait l'inondation permanente des espaces côtiers aujourd'hui à peine ou incomplètement émergés. En métropole, les régions les plus concernées sont les espaces deltaïques de la Camargue ainsi que le rivage à lagunes du Languedoc. En outre, dans les DOM-TOM, la hausse des températures des eaux marines peut être néfaste pour les coraux qui pour beaucoup d'entre eux ne survivent pas au-delà de 29° - 30° C. Elle est également susceptible d'accroître la fréquence et l'amplitude des cyclones, particulièrement néfastes pour les atolls. L'élévation de la température entraînerait également une nette diminution (de 20 à 30 %) de la durée de l'enneigement dans les Alpes à basse altitude (1500 m). Il est important de souligner que ces prévisions ne préjugent pas de l'apparition d'effets de grande ampleur qui pourraient être liés par exemple à des bouleversements de la circulation océanique.

3 Quels sont les dangers probables liés au réchauffement ?

Il est probable que les pays les moins développés et les écosystèmes les plus vulnérables souffriront le plus des changements climatiques. Par un accroissement de la sécheresse entraînant une chute des rendements agricoles dans les zones arides, et donc des risques de famine, par le passage sous le niveau de la mer de zones côtières, d'îles, d'archipels...

D'une façon générale, l'amplitude et la fréquence des orages, des inondations et des crues, des tempêtes ainsi que des cyclones pourraient augmenter, entraînant ainsi une intensification des accidents météorologiques.

Hormis dans les régions froides, où la mortalité due au froid reculerait, le réchauffement climatique aurait essentiellement des conséquences préjudiciables sur la santé humaine. D'une part, le renforcement et l'allongement des périodes de chaleur augmenteraient, principalement dans les villes, la mortalité et les affections cardiorespiratoires; d'autre part, les aires touchées par les maladies infectieuses véhiculées par les insectes tropicaux s'étendraient considérablement.

Enfin, de façon globale, d'après le second rapport du GIEC, le coût des dommages liés à une augmentation de la température de 2,5° C, est estimé à 1,5-2 % du PIB mondial. Ce coût se décline en 1-1,5 % du PIB pour les pays développés et il pourrait être très supérieur à 2 % pour les pays en développement.




Notes :

1) Les CFC et les HCFC sont régis par le Protocole de Montréal.

2) Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a été créé conjointement par l'Organisation météorologique mondiale et par le Programme des Nations Unies pour l'environnement en 1988. Il a pour fonction d'évaluer : (i) les données scientifiques disponibles sur l'évolution du climat, (ii) les incidences écologiques et socioéconomiques de cette évolution et (iii) de formuler des stratégies de parade, dites d'atténuation et d'adaptation. Le GIEC a notamment produit un premier rapport d'évaluation en 1990, et un second rapport d'évaluation en 1995.

3) Un document intitulé "Impacts potentiels du changement climatique en France au XXIème siècle" a été publié par la Mission Interministérielle de l'Effet de Serre et le Ministère de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement.




Un autre article de 1996 publié sur le site des Amis de la terre et intitulé :

Le point scientifique sur l'effet de serre

Beaucoup de gens, industriels, journalistes ou simples particuliers, ont parfois des idées fausses sur les risques climatiques que pourrait provoquer l'accumulation, dans l'atmosphère, de gaz que l'on appelle gaz à effet de serre (dits ici GES).

Peut-être ont-ils été influencés par les dires d'un vulcanologue qui prétendit, contre toute évidence, que ces gaz n'ont aucune influence sur le climat.

Peut-être aussi par les critiques, plus nuancées, de ceux qui disent que les "modèles de circulation atmosphérique globale"- sur lesquels sont fondées les prévisions quantitatives de l'évolution des climats au siècle prochain - ne prennent pas en compte toute la complexité des phénomènes climatiques (en particulier la part qu'y jouent les océans et leurs courants) et que des "surprises" sont possibles.

C'est pourquoi nous allons, à leur intention et avec objectivité, distinguer ce qui est sûr, ce qui est fort plausible et ce qui est encore sujet à controverses.

Mais disons aussitôt que les prévisions des climatologues ont un fondement scientifique beaucoup plus sérieux que celles des économistes.

Nous avons beaucoup utilisé le rapport de 1995 du "Groupe Intergouvernemental d'Études des Changements Climatiques" (GIECC, IPCC en Anglais) mis en place depuis 1988 par les Nations Unies et qui réunit les meilleurs spécialistes de la climatologie.

A. Ce qui est sûr

1) Le mécanisme de l'effet de serre

Le sol réémet vers l'espace des rayons infrarouges que certains gaz, les GES, interceptent et rabattent vers le sol, augmentant ainsi la température. C'est là l'effet de serre, un phénomène naturel. Sans les GES la température moyenne du globe serait de 35° C plus basse: -20° C au lieu de +15° C.

L'analyse des bulles de gaz contenues dans des carottes glaciaires montre un parallélisme frappant entre les températures depuis 160.000 ans et les teneurs de l'atmosphère en gaz carbonique et en méthane ("courbe de Vostock"). L'explication la plus plausible est que l'alternance des âges glaciaires et des périodes plus chaudes est déclenchée par des phénomènes astronomiques et que gaz carbonique et méthane sont des accélérateurs.

2) Les gaz à effet de serre

C'est la structure des molécules de certains gaz (raies d'absorption,...) qui les rend aptes à rabattre vers le sol les rayons infrarouges. Les principaux sont:

· Le gaz carbonique C02 (combustions, déforestation, décomposition de la biomasse).

· Le méthane CH4 (certaines cultures et élevages, fermentations anaérobies, fuites de gaz naturel, grisou, termites...).

· Les chloro-fluoro-carbures CFC (jusqu'ici circuits de réfrigération, expansion des mousses, bombes à aérosols...), leurs substituts et certains gaz voisins. Les CFC sont aussi responsables des "trous d'ozone".

· L'ozone, O3, tant celui de la stratosphère (qui nous protège des ultraviolets B) que celui de basse altitude, un dangereux polluant.

· Le protoxyde d'azote N2O (certaines combustions, engrais azotés).

Les concentrations de ces gaz sont minimes: 0,035 % en volume pour le plus abondant, le CO2, environ 600 fois moins que l'oxygène. Cela explique pourquoi les activités humaines peuvent changer ces concentrations.

3) Les potentiels d'effet de serre instantanés de ces gaz

On calcule avec une précision satisfaisante combien une masse donnée d'un GES donné contribue à l'effet de serre, c'est-à-dire la quantité d'énergie (en watts par m2) qu'elle transmet au sol. Ce que cette masse deviendra dans l'avenir est moins précisément connu (voir B.6).

Vers 1990 les contributions respectives de ces gaz à l'effet de serre total étaient approximativement :

Gaz carbonique 48 %

Méthane 17 %

CFC 18 %

Protoxyde d'azote 6 %

Ozone et autres 11 %

Une molécule de méthane est 21 fois plus active dans l'effet de serre qu'une molécule de gaz carbonique, et une molécule de CFC-11 l'est 12.000 fois.

4) La montée des GES et son origine humaine

La concentration de C0 2 est passée de 280 ppmv (parties par million en volume) au début de l'ère industrielle à 356 ppmv en 1993, et augmente de 1,5 ppmv par an.

Celle du méthane a augmenté de 145 % en un siècle.

Les CFC sont des gaz artificiels qui n'ont commencé à être fabriqués que vers 1930.

La concentration de N20 a augmenté de 0,25 % par an depuis 40 ans.

Quant à l'ozone, les pertes dans la stratosphère sont plus que compensées par son accroissement à proximité du sol.

Ces accroissements sont totalement d'origine humaine pour les CFC et l'ozone, presque totalement pour le CO2, de 60 % à 80 % pour le CH4 et de 30 % pour le N20.

5) Les sulfates en aérosols

Le dioxyde de soufre S02 émis par la combustion du charbon et du fioul est transformé dans l'atmosphère en fines particules de sulfates (aérosols).

Ils provoquent non seulement une pollution de l'air (pluies acides) mais réfléchissent aussi les rayons du soleil et s'opposent donc partiellement au réchauffement. L'émission de poussières liée aux travaux publics et à de mauvaises pratiques agricoles et sylvicoles va dans le même sens. Les éruptions volcaniques également : celle du Pinatubo aux Philippines en juin 1991 a, pendant deux ans, interrompu la série des années chaudes observée depuis la décennie 1980, mais la température moyenne a repris son réchauffement à partir de 1994.

Sauf en cas d'éruption volcanique majeure, les aérosols et poussières retombent assez vite au sol de sorte que leur effet refroidisseur ne touche que la région où ils sont émis (leur transport par les vents ne dépasse guère 1.000 km). Or l'évolution des productions, en particulier les mesures de dépollution, ont diminué de 40 % les émissions de SO2 de l'Europe entre 1980 et 1993 (17 Mt au lieu de 28 Mt, Est inclus) ; la tendance est analogue en Amérique du Nord et au Japon ; elle devrait se poursuivre. Les principaux émetteurs du futur devraient être la Chine et l'Inde : une partie de leur C02 viendra nous réchauffer mais aucun de leurs aérosols ne contrecarrera ce réchauffement.

Au niveau global, le refroidissement par les aérosols ne dépasse guère le dixième du réchauffement par les GES. Essentiellement, ces aérosols masquent une partie de l'effet de serre. Un certain réchauffement global est donc inévitable (Voir B.2 pour des estimations).

6) Quelques conséquences, au moins qualitatives, d'un réchauffement global

· Une élévation du niveau des mers. La part due à la dilatation de l'eau de mer peut être quantifiée en fonction de l'élévation de la température. La fonte des grandes masses glaciaires continentales (Groenland, Antarctique Ouest ...) est plus problématique.

· Un déplacement des zones climatiques propres à tel ou tel type de culture, d'élevage ou de forêt.

· L'extension des zones où peuvent prospérer les vecteurs d'épidémies (par exemple les anophèles, insectes qui transportent et injectent le plasmodium, un protozoaire qui provoque la malaria).

· Une température plus élevée accroîtra l'évaporation, d'où davantage de vapeur d'eau, un gaz qui contribue à l'effet de serre ("rétroaction positive").

· Celle-ci, en particulier en présence d'aérosols, se condense en fines gouttelettes qui forment les nuages. D'où davantage de nuages et de précipitations. Les nuages bas réfléchissent la lumière solaire (rétroaction négative) tandis que les nuages hauts absorbent et réémettent les infrarouges (rétroaction positive), mais on ne sait guère lesquels l'emporteront (ce qui explique l'ampleur des fourchettes de réchauffement données par les modèles, voir B.2). Il y a aussi des incertitudes sur les zones qui recevront davantage de précipitations.

· La fonte de neiges et de glaces diminue le pouvoir réfléchissant de la surface du globe ("albédo") et accroît donc l'absorption de chaleur par les sols et les mers (rétroaction positive).

· La fonte du permafrost arctique peut provoquer de fortes émissions de méthane (rétroaction positive).

· Une température plus élevée rend le C02 moins soluble dans l'océan superficiel (rétroaction positive).

7) L'inertie thermique des océans

peut masquer pendant une vingtaine d'années les signes incontestables d'un réchauffement global.

B. Ce qui est plausible

1) Sauf pour les CFC, Les émissions et formations de GES vont continuer à s'accroître.

Plusieurs scénarios - bas, moyens et hauts -, incluant en premier lieu les consommations d'énergies fossiles, ont été établis. Les prévisions quantitatives qui suivent ont été faites dans l'hypothèse d'un scénario moyen.

2) Les modèles climatiques

Sans être parfaits, les modèles climatiques ont récemment fait de notables progrès et pris en compte un nombre croissant de phénomènes, y compris celui des aérosols.

Ils prévoient, de 1990 à 2100, un réchauffement global compris entre 0,8° C et 3,5° C en cas de croissance globale des émissions soufrées, entre 0,8° C et 4,5° C au cas où elles seraient stabilisées à leur niveau actuel.

Les "meilleures estimations" du GIECC-1995 sont de 2° C et de 2,4° C respectivement.

Cette croissance aura lieu à un rythme compris entre 0,12° C et 0,26° C par décennie, un rythme plus rapide que tout ce qu'on a pu observer depuis 10.000 ans Avec les "meilleures estimations", la température moyenne du globe en 2100 serait plus élevée que tout ce qu'il a connu depuis 125.000 ans.

Le niveau des mers s'élèverait ainsi de 20 cm à 80 cm (avec croissances des aérosols), ou de 30 cm à 100 cm (avec leur stabilisation). Des dizaines de millions de personnes devraient alors être évacuées des îles et deltas plats (Bangladesh, Égypte), avec les conséquences alimentaires, sanitaires et géopolitiques que l'on imagine.

La validité des modèles climatiques a été testée avec succès sur : les variations connues de plusieurs climats régionaux (en zones tropicales et subtropicales) ; les aérosols du Pinatubo ; certains points de l'évolution passée des climats, au 20ème siècle en premier lieu; les conditions sur Mars et Vénus.

3) L'influence de l'homme sur le réchauffement

Le réchauffement observé au 20ème siècle (0,3° C à 0,6° C) et surtout depuis 1955 (0,2° C à 0,3° C), une période qui a connu les décennies les plus chaudes depuis un millénaire ne peut s'expliquer uniquement par les variations naturelles du climat ("sortie du petit âge glaciaire"). La main de l'homme y est pour quelque chose.

4) Prévision 21ème siècle

Les prévisions sur l'évolution des climats régionaux au 21ème siècle, sont plus fragmentaires que celles sur la température globale et le niveau des mers.

Les points suivants sont assez bien acquis:

· Réchauffement plus important sur les continents que sur les océans.

· réchauffement maximal aux hautes latitudes.

· Les précipitations augmentent surtout aux latitudes hautes et moyennes.

· Augmentation de l'évaporation et de l'humidité au-dessus des mers tropicales .

· Extension de la zone des moussons.

· Les zones subtropicales sèches le deviendraient encore plus.

5) Variation diurne

Le réchauffement provoquera une réduction de la variation diurne (jour-nuit) des températures terrestres. L'observation bien nette de ce phénomène, ou de ceux énumérés dans 4), serait un signal peu contestable du prochain démarrage du réchauffement global.

6) Les potentiels d'effet de serre différés des GES

Alors que les potentiels d'effet de serre instantanés des divers GES sont bien connus de la Physique classique (voir A.3), le potentiel d'effet de serre à un horizon donné (20 ans, 100 ans, 500 ans) d'une masse d'un GES actuellement présente dans l'atmosphère est plus approximatif.

Il dépend en effet de l'efficacité des processus qui retirent ce gaz de l'atmosphère (les "puits" de CO2, de CH4, etc.).

Les durées de vie moyennes de ces gaz dans l'atmosphère ont été récemment révisées.

Malgré les incertitudes en B, tout ce qui a été dit en A et B a un fondement scientifique bien plus sérieux que tout ce que les économistes peuvent dire du coût de telle ou telle mesure de réduction des émissions de GES, ou des conséquences macro-économiques de l'adoption de taxes, comme l'écotaxe/énergie/carbone qui fut proposée en 1991 par la Commission de Bruxelles.

C. Ce qui reste sujet à controverses

1) La répartition des nuages

La répartition des nuages additionnels entre ceux qui réchauffent et ceux qui refroidissent (cf.A.6)

2) Modifications des circulations océaniques

Les modifications des circulations océaniques, en particulier du courant El Nin du Pacifique Sud, et leurs impacts climatiques.

3) Activation de la photosynthèse

Une plus grande abondance du C02 est a priori, "fertilisante", c'est-à-dire accroît la photosynthèse. Mais certaines plantes, dites C.3, y sont plus sensibles que d'autres, dites C.4. Surtout une photosynthèse accrue réclame de la vapeur d'eau et des éléments nutritifs dont on ne sait trop s'ils seront au bon endroit pour la végétation terrestre. Les possibles compétitions entre plantes plus abondantes doivent aussi être prises en compte. En tout cas on sait que les substances nutritives seront insuffisantes pour augmenter la photosynthèse du Phytoplancton marin.

4) CO2 contre CO2

Si une fertilisation accrue par le CO2 a lieu, elle pourrait certes aider en matière alimentaire ou énergétique. Il n'en résulte pas qu'elle accroisse beaucoup le "puits biologique" de CO2. En effet des températures plus élevées accroissent la respiration des plantes et du sol et donc les rejets de CO2. De plus, sauf dans le cas des arbres et de leur utilisation comme bois de construction, la biomasse additionnelle se transforme rapidement en déchets qui rejettent leur CO2 par combustion ou fermentation aérobie, ou du méthane en cas de fermentation anaérobie, ce qui est encore pire du point de vue de l'effet de serre.

5) Le devenir des glaces continentales

Gare à leur fonte !

6) L'évolution, par grandes régions des émissions d'oxyde de soufre, SO2.

En effet les aérosols qui en résultent ont une influence sur les climats régionaux. Cette évolution dépend des consommations de charbon et de fioul et des efforts de dépollution.

7) Évolution des CFC

Suite au protocole de Montréal sur la protection de la couche d'ozone, la fabrication des CFC cesse en 1996 dans les pays industrialisés. Mais qu'en sera-t-il des autres pays et des trafics clandestins de CFC ?

D'autre part, les CFC sont remplacés par des substituts, HCFC et HFC, qui, en général moins offensifs (au moins à long terme) pour la couche d'ozone, peuvent avoir des potentiels d'effet de serre du même ordre que les CFC classiques. Les meilleurs de ces deux points de vue semblent être le HCFC-123, le HFC-41 et le HFC-152a. Se limitera-t-on à eux ?

La reconstitution espérée de la couche d'ozone, d'un GES, provoquerait un accroissement de l'effet de serre qu'il faudrait comparer , à long terme, à la possible diminution de l'effet de serre découlant du passage des CFC à des substituts.

Pour conclure, malgré les incertitudes, les présomptions de changements climatiques sont sérieuses et le climat d'un lieu ne se limite pas à sa température.

Affirmer que l'accroissement de l'effet de serre donnera à Paris le climat de Toulouse est donc absurde (tout au plus, avec l'estimation basse des modèles climatiques, Paris pourrait avoir la même température moyenne qu'à Toulouse aujourd'hui ; mais quid des précipitations, des variations de la température, etc. ?).

De plus, par parisianisme plus ou moins conscient, ceux qui le disent ne se préoccupent pas de ce que deviendrait le climat de Toulouse !




La sortie du livre de Jean Pierre Dupuy : " Pour un catastrophisme éclairé " (Seuil 2004) marque, d'une certaine manière, la négation de la culture du risque puisque la prévision, la prévention, la précaution ne semblent rien valoir sans une bonne dose de fatalisme…

Catastrophisme et techno-science" :
http://www.delaplanete.org/article.php3?id_article=66

Le " catastrophisme éclairé " appliqué à l'informatique :
http://www.lexpansion.com/art/0.0.62430.0.html

http://www.pansard.net/public5.htm

Il faut prédire l'avenir pour qu'il ne se produise pas :
http://www.letemps.ch/livres/Critique.asp?Objet=1152

À ne pas manquer : Pour un catastrophisme convivial !
http://www.dissident-media.org/stop_nogent/105_cata_conviv.html






Climat. De plus en plus de gaz carbonique présent sous terre rejoindrait l'atmosphère.

L'effet de serre se nourrit jusqu'au sol.

Par Sylvestre HUET / Libération / samedi 17 septembre 2005

Les sols de la planète contiennent environ 300 fois la quantité de gaz carbonique émise chaque année par l'usage de combustibles fossiles. Pourtant, lorsque les climatologues tentent d'anticiper ce que sera le climat futur, bousculé par les émissions de gaz à effet de serre, ils font "comme si" ce carbone allait sagement y rester. Et non s'échapper vers l'atmosphère pour aggraver le problème. Cette hypothèse optimiste est aujourd'hui battue en brèche. De nouveaux indices soutiennent en effet l'idée inverse : plus il fera chaud, plus le carbone du sol va s'en aller folâtrer dans l'atmosphère, renforçant l'effet de serre, et poussant un peu plus le thermomètre.

Terre échantillonnée. Le premier vient de Grande-Bretagne (1). Une équipe du National Soil Ressources Institute s'est plongée dans l'analyse d'une banque de données sans équivalent dans le monde. Cet institut avait décidé, en 1978, de réaliser un inventaire systématique de la composition chimique des sols anglais et gallois. Avec une méthode pour le moins rigoureuse : une grille de 5 kilomètres de maille, plaquée sur toute la région, et près de 6 000 sites, à l'intersection des lignes, où la terre a été régulièrement échantillonnée sur les quinze premiers centimètres jusqu'en 2003. Toutes les sortes de sol prairies, forêts, champs, broussailles, artificialisés ont ainsi été inventoriées.

A leur grande surprise, les scientifiques ont découvert que le sol britannique perd son carbone. Et surtout que cette perte suit une loi d'airain : plus le sol est riche en carbone organique plus son taux de perte est élevé. Jusqu'à 2 % par an pour les sols contenant plus de 100 g de carbone par kilo, contre 0,6 % en moyenne. En l'absence de corrélations statistiques avec les changements dans l'usage des sols, les pédologues attribuent cette évolution au réchauffement de 0,5 ° C survenu en Grande-Bretagne sur la période considérée. Un réchauffement et une humidité accrue qui favorisent l'activité microbienne. Ils ne savent pas avec précision où est passé ce carbone s'est-il enfoncé dans le sol, envolé dans l'air, parti vers la mer ? , mais une part au moins, probablement très majoritaire, selon deux spécialistes allemands (2), n'a pu migrer ailleurs que dans l'atmosphère, sous forme de gaz carbonique. Extrapolée à l'ensemble du Royaume-Uni, cette perte de carbone se monte à 13 millions de tonnes de gaz carbonique par an. Soit près de 10 % des émissions industrielles du pays... ou l'équivalent de la réduction annuelle des émissions intervenue entre 1990 et 2002.

Si le phénomène observé en Grande-Bretagne se vérifie à l'échelle des pays tempérés et au fil des décennies, il suppose une modification tangible du cycle du carbone dans un climat réchauffé et des teneurs futures atmosphériques en gaz carbonique supérieures à celles indiquées par les simulations classiques.

Séquestration. Le second indice, publié également par une équipe britannique (3), provient d'une expérience de deux ans, menée avec de jeunes arbres. Des arbres en serre, afin de tester l'influence des atmosphères "futuristes" plus chargées en gaz carbonique de 100, 200 et 300 parties par million (ppm) que l'actuelle sur les réactions du cycle local du carbone lié aux échanges des racines avec le sol. Si l'expérience est un peu courte, et pas tout à fait représentative d'une vraie forêt car les scientifiques ont nettoyé le sol des feuilles tombées afin d'obtenir des mesures "pures", ses conclusions ne sont pas rassurantes. La séquestration du carbone dans le sol chute au fur et à mesure que la teneur en gaz carbonique augmente, surtout à 200 ppm de plus. Si la croissance des forêts tempérées et boréales de l'hémisphère Nord, poussée par l'élévation des températures et de la concentration en CO2, va dans un premier temps extraire ce gaz de l'atmosphère, celui du sol de ces mêmes forêts pourrait y retourner plus vite que prévu. Provoquant "un feedback positif de grande ampleur sur le taux de croissance des concentrations atmosphériques en CO2 et du changement climatique associé", concluent les auteurs de l'article.

(1) Bellamy et al., Nature du 8 septembre 2005.

(2) Detlef Schulze et Annette Freibauer, Nature du 8 septembre 2005.

(3) James Heath et al. Science du 9 septembre 2005







Climat.

Effet de serre : le chauffage de la Terre bloqué sur maximum / Selon une agence américaine, il a augmenté de 20 % en quinze ans.

Par Denis DELBECQ / jeudi 29 septembre 2005 / Libération /

Plus de 400 milliards de radiateurs en vingt-quatre ans. L'augmentation de l'effet de serre depuis 1980 équivaut à ces milliards de radiateurs (1) supplémentaires fonctionnant de manière ininterrompue. Comme si, chaque seconde, les humains en ajoutaient 500 de plus... C'est ce que montrent les observations de l'administration américaine de la météo et du climat (Noaa). L'organisme a publié mardi un indice des gaz à effet de serre observés dans l'atmosphère et sa traduction en "forçage radiatif", l'expression savante qui décrit le déséquilibre climatique de la Terre. Ce forçage atteint désormais 2,6 watts par mètre carré, soit environ 1 300 milliards de kilowatts de trop absorbés à l'échelle de la Terre. L'air de rien, c'est plus de 1 % de ce que reçoit notre planète. Un petit 1 % qui produit de "grands effets et pour très longtemps", rappelle Philippe Ciais, du laboratoire des sciences du climat et de l'environnement du CEA (Commissariat à l'énergie atomique). C'est un écart similaire qui a permis les profonds bouleversements du climat à l'ère quaternaire.

L'indice des gaz à effet de serre (Aggi) de la Noaa, qui sera désormais publié tous les ans, s'affichait fin 2004 à 1,2. Soit 20 % de plus qu'en 1990, année qui sert de référence pour les calculs liés au protocole de Kyoto. Une hausse qui s'explique essentiellement par des rejets accrus de CO2. La contribution du méthane reste stable, quand d'autres gaz réchauffants, comme les fameux CFC, voient leur poids diminuer après les efforts entrepris pour réduire leur effet destructeur sur l'ozone qui protège la Terre des rayons UV.

"Ces chiffres montrent qu'on est un peu au-dessus des scénarios élaborés par le Groupe d'experts de l'ONU sur le climat", analyse Philippe Ciais, qui voit dans l'indice de la Noaa "un moyen d'aider le public à prendre conscience de l'augmentation de l'effet de serre". Le chercheur ajoute que son rythme s'accélère, notamment sous l'effet de la croissance de la Chine, même si "une bonne part de ses émissions remplace des rejets qui auparavant avaient lieu au-dessus de l'Europe et des États-Unis". Une manière de rappeler le rôle de l'Occident dans la situation climatique.

(1) De 1 kilowatt chacun.





Environnement / Sur Novethic.fr / 17 mai 2006

L'Union européenne aurait été trop généreuse dans l'attribution des "droits à polluer" instaurés dans le cadre du protocole de Kyoto. En effet, selon la Commission européenne, la plupart des pays de l'Union ont émis moins de gaz carbonique en 2005 que les quotas octroyés par les gouvernements aux installations concernées. Les ONG dénoncent une allocation trop généreuse de ces quotas, notamment en France. http://www.novethic.fr/novethic/site/article/index.jsp?id=100535




L'effet de serre @@@@ :
http://www.unice.fr/LEML/Francour_Internet/Fichiers_en_ligne/Cours_4_Effet_de_Serre.pdf">http://www.unice.fr/LEML/Francour_Internet/Fichiers_en_ligne/Cours_4_Effet_de_Serre.pdf

Carbone et effet de serre :
http://www.unice.fr/LEML/Francour_Internet/Fichiers_en_ligne/TD_Carbone_avec_Correction.pdf

Bibliothèque de l'OMM (Organisation Météorologie Mondiale)- Liens avec les sites concernant les gaz à effet de serre :
http://www.wmo.ch/web/arep/lib1/libfr/greenhs.html

Effet de serre : http://www.x-environnement.org/Jaune_Rouge/JR00/

ATMOSPHÈRE ET CHANGEMENT CLIMATIQUE : http://www.inra.fr/dpenv/cr.htm#atmo

Réchauffement climatique :
http://www.dossiersdunet.com/rubrique.php3?id_rubrique=28

L' ÉQUILIBRE DE LA NATURE EN QUESTION
http://www.alertes-meteo.com/divers_pheno/incertitude_ensemble.htmLe réchauffement planétaire : http://www.inra.fr/dpenv/climglob.htm

Contribution à la lutte contre l'effet de serre / Stocker du carbone dans les sols agricoles de France ?
http://www.inra.fr/presse/COMMUNIQUES/comm73.htm

____________________

Emissions annuelles de méthane d'origine digestive par les ovins, les caprins et les équins en France :
http://www.inra.fr/Internet/Produits/PA/an1997/num972/vermo/mv972.htm

Tous les articles de novethic.fr sur : Emissions de gaz à effet de serre (21)
http://www.novethic.fr/novethic/site/recherche/rech_resultat.jsp?thesaurus=13

Le point scientifique sur l'effet de serre :
http://www.amisdelaterre.org/publications/publications_4.html

Protocole de Kyoto :
http://www.futura-sciences.com/comprendre/g/definition-protocole-kyoto_3540.php

MAÎTRISER LES ÉMISSIONS DE GAZ À EFFET DE SERRE : QUELS INSTRUMENTS ÉCONOMIQUES ?
http://www.senat.fr/rap/r98-346/r98-346.html

L'effet de serre par Météo France :
http://www.meteo.fr/meteonet/decouvr/dossier/effetser/eff.htm

Le climat pour les pro (sur AED : le site des changements climatiques) :
http://www.aed-dmf.com/climat/pro/effetserre.htm

Les gaz à effet de serre :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gaz_ %C3 %A0_effet_de_serre

Pour quelques degrés de plus :
http://www.fastnet.ch/PAGE2/p2_eco_robert.html

Plan climat :
http://www.effet-de-serre.gouv.fr/fr/actions/presentation.htm

Rayonnements - Effet de serre:
http://www.ens-lyon.fr/Planet-Terre/Infosciences/Climats/Rayonnement/

Le réchauffement climatique :
http://www.fnh.org/francais/faq/effet_serre/contenu.htm

Questions réponses sur l'effet de serre :
http://www.cea.fr/fr/pedagogie/EffetDeSerre/eds.htm

Le nucléaire, parade à l’effet de serre?
http://www.unesco.org/courier/2001_02/fr/planet.htm

Au royaume des aveugles, l’« effet de serre » est roi :
http://www.monde-diplomatique.fr/2002/12/DURAND/17223

L'accroissement de l'effet de serre :
http://www.ifen.fr/dee2003/effetserre/effetserre0.htm

Les émissions de gaz à effet de serre dans l'UE augmentent pour la seconde année consécutive :
http://org.eea.eu.int/documents/newsreleases/ghg-2003-fr
L'inventaire est disponible sur le site web de l'AEE à l'adresse suivante:
http://reports.eea.eu.int/technical_report_2003_95

Ressources éducatives (Canada) / Effet de serre :
http://galileo.cyberscol.qc.ca/InterMet/temperature/effet_serre.htm

Le réchauffement climatique : réponse à quelques questions élémentaires :
http://www.manicore.com/documentation/serre/

Certes, l'effet de serre est un phénomène naturel, mais... (site surtout consacré à l'eau douce)
http://www.ec.gc.ca/water/fr/nature/clim/f_grnhse.htm

____________________

Le rôle régulateur du sol dans le changement climatique :
http://www.inra.fr/dpenv/germoc35.htm

Réseau Atmosphérique de Mesures des Composés à Effet de Serre :
http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/dosclim/biblio/pigb18/22_ramces.htm

Avis de trop hautes mers pour 2100
http://planete-urgence.org/planete-info/article.php?ID=418

Émissions de gaz à effet de serre sur Novethic :
http://www.novethic.fr/novethic/site/recherche/rech_resultat.jsp?thesaurus=13






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