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Élan
Élan


Élan (Alces alces) dans le Jämtland.
On notera que les bois n'ont pas encore fini leur pousse de l'année.
L'élan (Alces alces) est le plus grand cervidé du paléarctique et du néarctique.


Cet animal vit actuellement essentiellement dans les forêts boréales sempervirentes. Mais l'élan aurait sans doute préféré qu'on ne l'y repousse pas. C'est sûrement la chasse qui a délogé cette espèce des bois tourbeux, des saulaies aulnaies proches des tourbières, des tremblaies ou de boulaies, surtout moins septentrionales, qu'il affectionne davantage.

Quelques tentatives de réintroduction de l'élan au Danemark ont bien fonctionné ; d'autres tentatives en Allemagne et en Pologne n'avaient pas donné de très bons résultats.

L'élan est un animal plutôt solitaire, sauf peut-être en hiver où quatre ou cinq individus peuvent se tenir compagnie.

L'élan est un animal dont l'observation réserve parfois des surprises. Comme tous les cervidés sauvages, son approche est difficile et les chances de l'apercevoir restent toujours assez faibles, sauf sur des lieux où il vient au gagnage, particulièrement quand il vient brouter des plantes aquatiques sur les lacs de tourbières. Mais en période de rut, les mâles d'élan se comportent parfois de façon bizarre, n'hésitant pas à poursuivre de leur assiduité des piétons, des cyclistes, des cavaliers...

À l'instar de beaucoup d'animaux sauvages, les élans quand ils vivent dans des régions très peu fréquentées par l'homme, et par conséquent peu chassées, font preuve parfois d'une prudente curiosité et s'approchent alors volontiers.

Les élans comme les rennes sont des cervidés faciles à domestiquer. En certaines régions en Russie, des élans apprivoisés sont utilisés comme bêtes de somme. L'élan, bien qu'il soit plus grand que le plus grand des chevaux, reste néanmoins beaucoup moins puissant.





Crâne d'élan (Alces alces) dans le Västerbotten
On notera que les bois ont été sciés !
Dans les années 1980, en Scandinavie, on rencontrait régulièrement des élans sur le bord des routes… On en voyait aussi le soir, au fond et au travers des pins ou des épicéas, depuis le campement que nous improvisions… Il faut dire qu'en ces années-là, les élans étaient très nombreux et posaient différents problèmes de sécurité, particulièrement en termes de sécurité routière, sinon en termes de sécurité tout court pour les usagers des forêts fréquentées par ces animaux.
Au cours de nos deux derniers voyages, en 2001 ou en 2009, nous n'avons observé aucun élan autrement que sur les panneaux routiers qui nous rappellent d'être vigilants. J'ai fini par supposer qu'il fallait surtout l'être à d'autres saisons, pendant le rut, peut-être, ou pendant les longues nuits d'hiver pendant lesquelles ces animaux sont probablement plus mobiles… ou gênés dans leurs déplacements dans la neige pour choisir les routes et les voies ferrées plus dégagées.
Crottin (jeune probablement)
Crottin (adulte)
Un bouleau abrouti
Pourtant nous avons pu observer beaucoup de traces de leurs activités, des crottins, c'est le plus facile, mais aussi des abroutis, des traces de passage, des couchettes, etc. Nous avons aussi été très proches d'animaux que nous avions dû lever depuis peu si l'on en jugeait par les odeurs tenaces qu'ils avaient laissées sur la place.
Des pins abroutis
Finalement, nous avons trouvé une partie de l'explication dans une " NaturReservat " consacrée à cette espèce et où l'on pouvait trouver quelques éléments d'explication pertinents (GLÖSA ÄLGRIKE).



Pour commencer, les élans, parce qu'ils étaient extrêmement pourchassés, sinon braconnés, étaient au bord de l'extinction au milieu du XIXe siècle. Vers 1864, une nouvelle législation instaure la fin des pratiques de piégeages, mais aussi la traque hivernale avec des skis et diverses autres méthodes de capture incompatibles avec la survie de l'espèce.

Il faudra attendre plus de 100 années pour que les populations d'élans atteignent des niveaux tels que le besoin d'une régulation concertée redevienne pertinent.

Dans les années 1970, à cause de nouvelles pratiques forestières d'abord, les élans sont tellement nombreux qu'ils sont une vraie préoccupation de sécurité publique, particulièrement pour la circulation automobile… Mais ils sont aussi devenus une préoccupation pour les forestiers qui notent des dégradations importantes faites aux jeunes boisements.

La chasse, principalement, à laquelle on accorde des quotas plus importants d'animaux à tirer et différents autres moyens de régulation vont permettrent de faire baisser d'un tiers environ le nombre d'animaux sur le territoire suédois.

Dans les années 2000, il devient plus difficile de rencontrer inopinément des élans sur les routes… et même aussi en les cherchant plus spécifiquement : c'est bien dommage !
Un très ancien piège à élan
Dans le Jämtland, on retrouve parfois d'anciens pièges à élans tels qu'on les construisait avant 1864. Ces pièges consistaient en des excavations assez profondes pour empêcher un élan qui tombait dedans d'en sortir facilement. En outre ces excavations coniques avaient leurs parois recouvertes par des troncs sur lesquels les pattes des animaux ne trouvaient pas de prise.


Fond de piège
Comble de raffinement, si l'on peut dire, le fond du piège était formé d'un enchevêtrement de branchages plus ou moins entrelacés et dans lesquels les pattes des élans se liaient au point de leur interdire tout mouvement.
Le plus souvent, ces pièges étaient creusés sur les pistes régulièrement empruntées par les animaux et quand cela ne suffisait pas, les piégeurs forçaient le passage en installant des obstacles infranchissables (barrières, troncs d'arbres enchevêtrés, etc.) pour obliger les élans à passer au-dessus des pièges.


Ceux-ci étaient recouverts de branches, de mousses et de lichens en imitation du sol alentour. Les pièges étaient plus ou moins régulièrement relevés. Bon nombre d'animaux retrouvés morts étaient trop décomposés pour être utilisés. Cette technique de piégeage, très efficace, mais très mal conduite, causait des pertes trop importantes dans les populations qui avaient diminué au point de menacer la survie de l'espèce.


Peintures rupestre à GLÖSA
Peintures rupestre à GLÖSA
Pourtant l'élan a sûrement joué un rôle considérable pour les hommes qui vivaient dans ces contrées difficiles… D'abord comme une ressource alimentaire importante, peut-être pour ses potentialités à être domestiqué, même si la domestication de l'élan a été abandonnée, mais aussi pour ses attributions chamaniques comme en attestent différents restes qui datent de plus de 9000 années avant JC, dont des gravures rupestres comme celles de GLÖSA





Élan ou Orignal :
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lan






[ Corrélats : Règle de Bergmann / Cervidés / ...]
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