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Électricité
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Imaginons un instant que l’électricité vienne à manquer durablement…

Impossible donc de remplir le réservoir de sa bagnole puisque les pompes à essence ne fonctionnent pas, nous ne parlerons pas des voitures électriques, inutile de pousser trop loin le bouchon du réservoir…

Impossible donc de se rendre jusqu’au supermarché situé à des kilomètres dans les zones commerciales, heureusement, il y a encore des commerces de proximité, enfin je crois !

Impossible de se servir de sa carte de paiement ni aux caisses enregistreuses, ni pour retirer du cash aux distributeurs… Plus de laser pour lire les étiquettes, plus de paiements possibles…

Pas sûr que certaines portes dans les banques ou dans les magasins puissent, ou s’ouvrir ou même se refermer ?

Plus d’eau au robinet, plus de sanitaires…

Plus rien à becqueter, plus de médicaments...

Plus de téléphone, plus d’informatique, plus de tweet, de facebook, plus d’amis… Plus de télé, de radio, d’Internet, de communication en somme… Réapprendre à se dire bonjour avec des mots, ça risque d’être duraille ?

Et le pire, même plus de GPS pour revenir du supermarché, sans vous perdre, pour le cas où vous l’auriez atteint avec ce qu’il vous restait de gas-oil dans votre caisse !

inspiré de : http://readynutrition.com/resources/6-totally-insane-things-that-will-happen-if-our-power-grid-goes-down_27022017/


Le compteur Linky, objet pédagogique pour une leçon politique
Pour un inventaire des ravages de l’électrification


Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : Généralités / Grande braderie de l'électricité à travers l'Europe / EDF une privatisation annoncée qui masque une spoliation à venir de la collectivité nationale / Renationaliser EDF ? / Introduction au risque électrique / À l’attention du responsable du service Clients LinkyObjet : refus de compteur Linky /

Lignes à très haute tension : attention riverains /
Vivre avec une ligne très haute tension (THT), dangereux pour la santé ? /
De l’évolution de la doctrine de l’industrie nucléaire (30 années de rapports EDF) /
Existe-t-il une énergie idéale ? /
Les lignes à haute et très haute tension : quels impacts sur la santé et l'environnement /
Voiture électrique : La voiture propre n’existe pas… /
Nouvelle norme NF EN 16001 /
La France menacée par des coupures d’électricité cet hiver 2009 /
Convention pour le développement de l’hydroélectricité : FNE ne signe pas ! /
Bretagne : la promotion d’un projet de centrale au gaz repose sur la désinformation /
Travaux d’électricité : un lien Internet fort utile ! /
Hausse du prix de l’électricité : l'usager est prié de financer les erreurs d'EDF /
Prévention des risques électriques : quelles nouvelles obligations pour les maîtres d’ouvrages ? /
La loi (in)Nome(able) se fait désirer ou la règle pour l'appropriation, c'est le vol /
Nouveau hold-up ahurissant contre le Service Public /
Réforme du marché de l’électricité : ce qui va changer : C'est qu'une fois encore, on va s'apercevoir que l'Europe est la plus gigantesque connerie à laquelle il nous aura été donné de constater ! /
EDF contre les familles /
Les doigts dans la prise ou de l'infinie connerie européenne ? /
Les compteurs intelligents, nouvelle menace ? /
Sécurité nucléaire, les risques de la dérégulation /
Hausse du prix de l’électricité : la face cachée du nucléaire /
☞ "La loi Nome, ce sont 100 000 emplois en moins" : c'est surtout une incommensurable connerie /
Nucléaire et référendum. Attention danger ! Ou les promesses oubliées de François Mitterrand. /
Sortie du nucléaire : le piège du référendum /
Le soleil en face Ou pourquoi il faut fermer le CEA /
Risques liés aux lignes électriques : ERDF et RTE lancent une campagne de prévention /
Bruxelles se mobilise contre les monopoles dans l’énergie ou j'aimerai qu'on m'explique à quoi sert l'Europe ? /
Photovoltaïque : "le gouvernement porte une responsabilité pénale" /
Ces compteurs électriques « intelligents » qui risquent de vous pourrir la vie /
Développement durable : l’énergie osmotique promise à un bel avenir /
Sarko escroc /
Ce qu’auraient pu être les priorités de la transition énergétique /
Tarifs sociaux de l'énergie : un système d'aide "inéquitable et complexe" /
Eh ! les Belges, éteignez vos autoroutes ! /
Stockage d'électricité : un développement sous contraintes /
Sites Internet et articles / Corrélats /


Forme d’énergie très propre dont la production nécessite l’utilisation de techniques très polluantes et / ou productrices de déchets (centrales thermiques ou nucléaires), y compris quand il s’agit de la produire à partir d’énergies dites renouvelables, généralement dispersées (éolien, solaire)…

Un transformateur 15000 V - 380 V
Ne parlons pas des piles ! Non plus des transformateurs au pyralène…



L’électricité est en passe d’être un excellent révélateur de l’émergence d’une nouvelle forme de schizophrénie galopante qui semble frapper la quasi-totalité des hommes politiques, des responsables des grandes entreprises et de tous ceux qui leur sont affidés : la néolibéralite aiguë. Cette forme de schizophrénie a pour effet de les couper totalement des réalités sociales, des hommes et des femmes qui n’appartiennent pas, par exemple, au sérail des paristocraties, seules bénéficiaires des troubles induits par cette maladie, et plus grave encore, avec le plus élémentaire bons sens.

Parce qu’au nom de « la nécessité-absolue-de-coller-au-plus-près-avec-les-réalités-de-la-mondialisation-et-des-exigences-du-commerce-international-et-de-la-libre-concurrence-bla-bla », il FAUT privatiser EDF… Tant pis si les prix du kWh augmentent, car ils augmenteront, le patron actuel d’EDF (Roussely) est formel sur ce point, en tout cas suffisamment dubitatif pour que l’on prenne ses doutes pour des certitudes. Le bénéfice social de cette libre concurrence sera donc négatif pour les consommateurs, alors même qu’une des raisons invoquées par les tenants de cette « privatisation-ouverture-à-la-concurrence », c’est justement un gain social…

Mais, plus inquiétant, c’est quand on veut nous faire avaler que le courant, c’est une marchandise comme les autres, alors que l’on ne sait ni la stocker, ni la transporter loin efficacement. Comprenne qui peut !

Décidément, j’ai passé l’âge d’avoir encore un coup de foudre pour la pensée unique…




La première partie de cette note avait été écrite le 28 janvier 2003 / Nous sommes en juin 2004. Nicolas Sarkosy, au nom de l'Europe veut changer le statut juridique de l'entreprise EDF...


C'est fait... et Mer a failli remplacer Roussely.




Un article de Ernest Antoine, journaliste / Monde Diplomatique / Juin 2004

Grande braderie de l'électricité à travers l'Europe

Le secteur public est inefficace, le privé performant. Au nom de ces principes, martelés et jamais prouvés, de Londres à Paris en passant par Wellington ou Berlin, les dirigeants privatisent. Selon cette feuille de route, le gouvernement français entend réduire la Sécurité sociale à une assurance minimale et offrir le reste de la protection sociale aux assureurs. Il a décidé le changement de statut d'Électricité et gaz de France (EDF-GDF). Mais, partout où ce modèle s'est imposé, la faillite est au rendez-vous.

Par ERNEST ANTOINE Journaliste

Absents du marché hexagonal depuis la nationalisation, en 1946, des compagnies du " trust électrique " discréditées avant-guerre en raison de leur entente, les groupes privés s'apprêtent à effectuer leur grand retour. En effet, Électricité de France (EDF) et Gaz de France (GDF), nés des principes édictés par le Conseil national de la Résistance, devraient dans les prochaines semaines " s'ouvrir à la concurrence ", selon l'expression consacrée.

Les différents producteurs s'y préparent : l'italien Enel, le belge Electrabel - propriété de Suez -, les allemands E.ON et RWE ou les espagnols Endesa et Iberdrola, le plus important de tous restant EDF. En revanche, le réseau de transport de l'électricité dispose du statut juridique de " monopole naturel ". Ses lignes demeurent donc la propriété de l'entreprise Réseau de transport d'électricité, filiale d'EDF spécialement créée en juillet 2000 en vue de la privatisation. Enfin a été fondée la Commission de régulation de l'énergie (CRE), chargée de veiller " au bon fonctionnement du marché "... et de surveiller EDF afin qu'elle n'abuse pas de son pouvoir.

Le secteur est réorganisé sur le modèle de l'industrie des télécoms (1). Dans un réflexe pavlovien, les investisseurs misent en Bourse sur les opérateurs de l'électricité comme ils l'ont fait il y a quatre ans avec les télécoms, avant l'éclatement de la bulle spéculative. Avec des risques identiques. " On rencontre le même type de spéculation que celle qui a touché les télécoms, sauf que dans l'électricité les groupes sont déjà endettés ", prévient un consultant en stratégie lors d'une conférence sur l'avenir du secteur en Europe, en janvier 2003 (2). Ce qui rend encore plus périlleuse une stratégie de rachats d'entreprises à travers l'Europe effectués à des prix surévalués ! La même course avait mis sur le flanc des entreprises comme France Télécom ou Vivendi Universal, qui faisaient, par ailleurs, des montagnes de bénéfices.

Avec l'ouverture totale du marché de l'électricité, des profits colossaux s'annoncent pour ceux qui " écrémeront le marché ", au détriment des usagers. Dès l'an 2000 s'est ouvert le marché des grandes entreprises qui, chaque année, consomment plus d'un tiers de l'électricité produite en France. Le pouvoir de négociation de groupes comme Alcan-Pechiney (deuxième producteur mondial d'aluminium) ou Arcelor (numéro un de la sidérurgie) est tel que les concurrents d'EDF n'y ont vu qu'un lot de consolation avant d'accéder, à partir du 1er juillet 2000, aux consommateurs les plus rentables : les clients dits professionnels (PME, petits commerçants, supermarchés, artisans, avocats, médecins, administration, collectivités locales), qui seront 500 000 dans le gaz et 2,2 millions dans l'électricité. Et, le 1er janvier 2007, la concurrence sera ouverte à tous les ménages, à tous vents.

Parmi les sociétés en embuscade : Suez. Propriétaire depuis la fin des années 1990 de l'équivalent belge d'EDF-GDF, la multinationale s'est hissée, en 2003, au rang de deuxième producteur français, en mettant la main sur 49 % du capital de la Compagnie nationale du Rhône (CNR). En fait, une " véritable rente hydraulique ", comme l'explique l'association Résistances électriques et gazières (3), qui décrit cette prise de contrôle comme une captation d'héritage : la construction des barrages de la CNR a été financée en son temps par EDF. Ces derniers étant amortis depuis longtemps, il ne reste qu'à empocher de confortables bénéfices.

Un " oligopole de fait "

Pour veiller sur cette rente, Suez vient d'accueillir parmi ses administrateurs M. Édmond Alphandéry, ancien ministre de M. Édouard Balladur et, surtout, ancien dirigeant d'EDF. Après plusieurs déboires dans le secteur de l'eau, la multinationale mise sans complexe sur la date du 1er juillet 2004 pour engranger des bénéfices. Son PDG, M. Gérard Mestrallet, ne cesse de présenter l'ouverture au privé comme une aubaine : " Les prix montent, car les surcapacités nucléaires disparaissent alors que la demande ne cesse de croître (4). " En 2003, les prix de gros de l'électricité ont grimpé de 30 %. La SNCF a même protesté, fin avril 2004, contre l'augmentation de 50 % de sa facture depuis l'ouverture à la concurrence, en 2000.

Les opposants à la privatisation avancent un autre argument pour expliquer cette hausse : l'entente entre les différents producteurs. Une hypothèse répandue parmi les consommateurs industriels et naturellement combattue par tous les producteurs. Une chose est sûre : les cours de l'électricité ne cessent d'augmenter, en dépit de la concurrence.

Bruxelles avait pourtant promis une baisse des coûts. Avec la libéralisation, " les tarifs d'EDF pourraient être encore plus bas (5) ", prophétisait Philippe Manière, ancien éditorialiste du Point et actuel dirigeant de l'institut Montaigne (6), alors qu'EDF, sous le régime du monopole public, réussit à fournir les tarifs les plus bas d'Europe. En fait, " si, pour réformer le secteur électrique, c'est le concept d'ouverture à la concurrence qui a triomphé, ce n'est pas grâce à une supériorité intrinsèque par rapport à d'autres solutions, mais plutôt à cause d'un contexte idéologique favorable " depuis le premier choc pétrolier, relève le haut fonctionnaire François Soult (7).

Ironie de l'histoire, pour modifier un secteur dont les hausses de tarifs en Europe ont cristallisé les mécontentements à partir des années 1970, les responsables politiques européens n'ont pas adopté le modèle EDF, qui avait fait ses preuves, même si tout n'était pas parfait, mais celui que proposait le pays le plus " en retard " : le Royaume-Uni de Mme Margaret Thatcher, dont le secteur électrique affiche les performances parmi les plus mauvaises en Europe, avec des prix supérieurs de 25 % à ceux que pratiquait EDF à cette époque. Le premier ministre britannique d'alors transposa en réalité le modèle américain issu de l'éclatement, en 1984, du puissant conglomérat ATT en plusieurs opérateurs téléphoniques désormais " libres de se concurrencer (8) ".

Mme Thatcher voit ses efforts couronnés de succès en 1996 avec la première directive prévoyant l'ouverture à la concurrence d'un tiers du marché européen à partir de l'an 2000. Après avoir entamé la privatisation de France Télécom, le gouvernement de M. Lionel Jospin validait, en mars 2002, les conclusions de la présidence espagnole à l'issue du Conseil européen tenu à Barcelone (9), qui étendait la concurrence aux clients professionnels et aux particuliers. S'éloignant des positions défendues par les Allemands, les Grecs ou les Belges, le gouvernement de la gauche plurielle rejoignait ainsi les positions des Britanniques, alors menés par le travailliste Anthony Blair, un mois avant l'élection présidentielle française. Sans débat (10) !

Les mécontents se multiplient parmi les clients désormais " libres de choisir " leurs fournisseurs. Ainsi, après avoir fait partie des premiers convertis au fondamentalisme du marché, l'Union des industries utilisatrices d'énergie (Uniden) intègre le camp des détracteurs de la libéralisation. Dans un communiqué de mars 2004, elle dénonce " une libéralisation aux effets pervers ", la création d'" un marché hautement manipulable " par les producteurs, qualifié d'" oligopole de fait ". N'en déplaise aux zélotes de la concurrence, les industriels regrettent l'ancien " monopole de droit " et son " cadre prévisible ". Pouvait-il en être autrement ? Sous quelque latitude que ce soit, le modèle de référence n'a jamais apporté les avantages promis, pas plus au Canada qu'en Australie, en Nouvelle-Zélande ou au Brésil !

Le cas le plus célèbre reste bien sûr celui de la Californie, en 2000 et en 2001. Les producteurs s'y sont entendus pour organiser une pénurie d'électricité et pour faire grimper les prix. Soit en mettant en réparation un grand nombre de centrales. Soit en congestionnant le réseau de lignes haute tension. Soit en exportant dans les États voisins, où une filiale du même groupe se chargeait de revendre l'électricité aux clients californiens. Entre-temps, le prix des électrons s'était envolé. L'État de Californie n'a mis un terme à l'envolée des prix et à la multiplication des coupures qu'en fixant directement les prix du marché de gros. Puis il s'est endetté afin d'éviter la faillite des compagnies de distribution. En revanche, les courtiers comme Enron se sont effondrés, non sans avoir profité du système. " La crise californienne se résume à cette question : comment un vol de 30 milliards de dollars a-t-il pu avoir lieu en plein jour (11) ? ", écrit l'économiste Paul Krugman, opposé à la libéralisation de l'électricité, un secteur qu'il juge trop facilement manipulable.

En Europe, la revue de détail est explicite. À commencer par la question des prix. Même s'ils ont baissé, ils restent partout plus élevés que ceux d'EDF : la concurrence a un coût. Il faut gonfler les budgets publicitaires, séparer des entreprises intégrées. Et, comme en témoignent les pays les plus ouverts tels que l'Espagne et l'Allemagne, la " concurrence " reste limitée à quelques acteurs privés toujours plus puissants. Ainsi, l'année dernière, l'électricien E.ON a acheté le gazier Ruhrgaz, recréant - à une taille plus modeste - un groupe électrique et gazier du même type qu'EDF-GDF, mais privé. " Si un processus peut prétendre incarner tout l'écart qui existe entre l'idéologie libérale et sa réalité profonde, la déréglementation à l'allemande est éligible au premier plan ", raillent les membres du collectif Jean Marcel Moulin (12), composé de hauts cadres d'EDF désirant rester anonymes.

L'Italie ne fait pas mieux. En plus de tarifs élevés, le pays a connu des coupures au printemps 2003 et même une panne générale en septembre, en heures creuses ! De son côté, la Suède, qui dispose d'une électricité d'origine hydraulique abondante, a ouvert les barrages et exporté du courant lors de l'été 2002 au moment où les prix étaient élevés. Mais les pluies d'automne n'ont pas suffi pour reconstituer les réserves des barrages et permettre à la Suède de passer l'hiver. Le pays a alors dû à son tour importer de l'électricité, en cassant sa tirelire.

Le Royaume-Uni, lui, cumule les handicaps. De 1991 à 2001, la libéralisation n'a entraîné aucune baisse des prix alors que les coûts, eux, diminuaient (fermeture des vieilles centrales, licenciements...). Le régulateur britannique intervint alors sur les prix de gros, qui, du coup, chutèrent de 40 %. Les producteurs cherchèrent à reconstituer leur marge en achetant les sociétés qui commercialisaient le courant auprès des consommateurs, jugées plus rentables. Malgré cela, " environ 40 % de la production appartiennent à des entreprises en faillite ou sur le point de l'être ", notent dans leur rapport Steve Thomas et David Hall, chercheurs à l'université de Greenwich pour la Fédération internationale des services publics (13). Pour éviter la disparition de British Energy, propriétaire de l'ensemble des centrales nucléaires du pays, le gouvernement de M. Anthony Blair injecte 650 millions de livres (970 millions d'euros). Le régulateur intervient également afin de diminuer les tarifs du transport d'énergie. De plus, désireux de préserver le revenu de leurs actionnaires, les propriétaires des réseaux diminuent leurs investissements. Les consommateurs paient toujours aussi cher. En attendant la panne.

Et les déchets nucléaires ?

En fait, la libéralisation " ne marche pas pour des raisons techniques ", résume François Soult (14). La première : l'électricité ne se stocke pas. En allumant un climatiseur l'été, un usager va peut-être déclencher, exactement au même moment, une centrale nucléaire chargée d'assurer l'équilibre entre l'offre et la demande. Sinon, c'est la coupure comme celle d'août 2003 qui a plongé dans le noir, pendant 24 heures, 50 millions d'Américains dans le nord-est. Dans un cas de ce genre, l'électricité, pour maintenir l'équilibre, flambe... Déjà, en France, durant la canicule, le prix moyen du mégawattheure sur le marché de gros a été multiplié par 50 pendant une heure. " Pour M. et Mme Tout-le-monde, cette liberté de choix va se traduire par la liberté de payer plus cher son électricité ", alerte François Soult. Sans parler du temps qu'ils devront consacrer à essayer de comparer les offres des différents opérateurs.

Deuxième caractéristique technique : pour éviter une coupure, le producteur doit investir dans la construction de centrales qui ne fonctionneront que quelques semaines par an. Non seulement ces surcapacités ne seront jamais rentables, mais elles exercent une pression permanente à la baisse sur les prix, au moment des fortes demandes. Les producteurs soumis à la concurrence ont donc deux bonnes raisons de ne pas investir. Aucun producteur d'électricité ne consacrera les milliards nécessaires à la construction d'une centrale nucléaire. " La main invisible d'Adam Smith a peut-être besoin d'une canne blanche ", ironise M. Dominique Maillard, responsable de la direction générale de l'énergie et des matières premières (15).

Dernière particularité technique : la fée Electricité voyage très mal. Un marché européen unifié et fluide relève donc du fantasme. Une grande partie des électrons se dissipe sous forme de chaleur au-delà de 200 kilomètres parcourus sur des lignes à haute tension. Un électron finlandais ne viendra donc jamais éclairer les rues de Lisbonne. Dans ces conditions, pourquoi consacrer des milliards à bâtir des " autoroutes de l'énergie " à travers l'Europe ? L'effort serait comparable à celui qui devrait être entrepris pour " combler la Méditerranée (16) ", relève M. Marcel Boiteux, pourtant libéral convaincu.

La libéralisation n'est évidemment pas un échec pour tout le monde puisqu'elle permet aux capitaux privés de se partager la propriété des entreprises électriques. Le collectif Jean Marcel Moulin dénonce le futur démantèlement d'EDF-GDF et, à terme, son rachat possible par des entreprises privées... qui pourront se transformer en monopole.

Le ministre de l'économie et des finances, Nicolas Sarkozy, se veut rassurant : " EDF-GDF ne sera pas privatisé. En revanche, nous devrons changer pour l'adapter le statut de ces grandes entreprises, pour leur donner les moyens du développement dont [elles] ont besoin " dans le marché concurrentiel, a-t-il déclaré deux jours avant une manifestation nationale des personnels d'EDF et de GDF, qui savent qu'un changement de statut n'est qu'une étape vers l'entrée en Bourse, puis la privatisation, sur les pas de France Télécom.

Rien ne justifie cette entrée en Bourse, et surtout pas le besoin d'argent frais, comme le fait remarquer Yves Salesse, coprésident de la Fondation Copernic (17) : " Au contraire, c'est justement son développement international qui a mis EDF en difficulté. " Au nom de la future privatisation et des pertes programmées de parts de marché dans l'Hexagone, EDF a acquis des sociétés à des coûts prohibitifs, certaines d'entre elles affichant finalement des pertes et nécessitant des investissements lourds. François Soult estime ainsi qu'EDF a perdu 7 milliards d'euros à l'international. Affaiblie, elle demeure toutefois très rentable avec 4 milliards à 5 milliards d'euros d'autofinancement par an, rapportés à ses 19 milliards d'euros de fonds propres. Pour la rendre encore plus séduisante, un projet de loi s'apprête à transférer à la collectivité le paiement des retraites des agents d'EDF-GDF, contre le versement d'une soulte de 15 milliards d'euros pour les deux groupes. Avec à la clé, pour les salariés, la menace de ne plus bénéficier de leur régime spécial de retraite, qui fait pourtant partie de leur contrat de travail.

Non seulement les Français vont être spoliés d'une partie du patrimoine national que constitue EDF, mais ils risquent d'avoir à pâtir d'une moins grande sécurité. Comment la sûreté des centrales nucléaires sera-t-elle respectée ? Déjà, nombreux sont ceux qui alertent sur les réductions de personnel et sur le recours de moins en moins contrôlé à l'intérim pour la maintenance (18). EDF a supprimé 8 800 emplois en Europe ces trois dernières années, selon le comité de groupe européen de l'entreprise publique. Au Royaume-Uni, le syndicat Prospect s'alarme de la baisse de 62 % des effectifs dans l'industrie électrique depuis la privatisation en 1991 (19). De plus, qui financera le démantèlement des centrales arrivées en bout de course ? Le risque est réel d'assister à une privatisation de la rente nucléaire et à une collectivisation des déchets...

Enfin se pose la question de l'égalité d'accès et de services pour tous les usagers, à l'origine même de la création des entreprises de l'énergie, en 1946. M. François Roussely, actuel PDG d'EDF, se veut rassurant : " L'ensemble du dispositif repose sur le maintien de la péréquation tarifaire qui garantit le prix de l'énergie aux quatre coins du territoire (...). Ce qui veut dire que ce principe d'égalité est garanti (20). " M. Jean-Pierre Raffarin propose même l'instauration d'un tarif social... qui n'a de social que le nom. Une entreprise de service public pour qui le profit n'est pas le but peut assurer à tous l'électricité. Or " l'État se prive de l'un de ses instruments collectifs ", tranche Yves Salesse.

Malgré l'enquête sur les finances du comité d'entreprise d'EDF, les syndicats de l'énergie mobilisent de nombreux salariés contre une privatisation qui marquera la fin des services publics. Et ce ne sera pas la faute de Bruxelles : rien dans les traités européens ne force les États à privatiser leurs services publics !

Le compte à rebours continue. Le Parti socialiste, après les régionales des 21 et 28 mars 2004, a condamné le processus de privatisation. Néanmoins, M. Dominique Strauss-Kahn déclarait, en mai 1997, que la gauche n'ouvrirait jamais le capital de France Télécom. Ce qu'elle fit pourtant cinq mois plus tard.



ERNEST ANTOINE.




(1) Lire Pierre Khalfa, " Télécoms, le laboratoire de la libéralisation ", Manière de voir, " L'euro sans l'Europe ", n° 61.

(2) 22 janvier 2003, à Paris.

(3) REG regroupe différents corps de métiers d'EDF-GDF opposés à la libéralisation.

(4) Présentation des comptes 2003, le 4 mars 2004, à Paris.

(5) Débat sur Business FM le 7 avril 2004.

(6) Think tank à la française mis sur pied par Claude Bébéar, ancien président d'Axa, dont la direction comprend Alain Mérieux, patron du groupe du même nom, et Henri Lachmann, PDG de Schneider Electric.

(7) François Soult, EDF, chronique d'un désastre inéluctable, Calmann-Lévy, Paris, 2003.

(8) Dan Schiller, " Télécommunications, les échecs d'une révolution ", Le Monde diplomatique, juillet 2003.

(9) NDLR : Et non du " traité de Barcelone " , mentionné par erreur dans la version papier de cet article.

(10) Bernard Cassen, " Est-il encore utile de voter après le sommet de Barcelone ? ", Le Monde diplomatique, avril 2002.

(11) Paul Krugman, " In broad daylight ", The New York Times, 27 septembre 2002.

(12) Collectif Jean Marcel Moulin, EDF-GDF. Non à la privatisation-spoliation, Syllepse, Paris, 2004. Le collectif se réfère à la fois à l'esprit de résistance avec Jean Moulin et à l'histoire du groupe avec Marcel Boiteux.

(13) Steve Thomas et David Hall. " Blackouts : do liberalisation and privatisation increase the risk ? " (.doc - 243 ko) et sur le site du Public Services International Research Unit.

(14) Entretien lors de l'émission " Des sous et des hommes " sur Radio-Aligre, 12 mars 2004.

(15) Conférence Les Échos-Energie News, Paris, le 10 février 2004.

(16) Les Échos, 31 octobre 2003.

(17) EDF-GDF. Non..., op. cit.

(18) " Le nucléaire et l'homme ", actes du colloque des 9 et 10 octobre 2002, EDF, Anact, la Mutualité française et Santé et travail.

(19) Enerpresse, 28 janvier 2004.

(20) Audition devant le Conseil économique et social, le 26 novembre 2003.




Un article publié sur le site http://www.france.attac.org/spip.php?article1839

EDF une privatisation annoncée qui masque une spoliation à venir de la collectivité nationale

L'important est désormais que s'impose un vrai débat citoyen, public et transparent, avec tous les éléments d'information qui sont nécessaires, afin de savoir si, oui ou non, et à quelles fins, il est légitime de privatiser, de mettre en bourse, de vendre à des tiers, l'entreprise publique EDF qui a pour mission d'assurer durablement, et à un prix compétitif, la fourniture d'un bien essentiel à la vie sociale et à la compétitivité de notre pays.

Electricité de France appartient à la Nation. EDF a été créé en 1946 comme entreprise publique, à l'issue d'un processus de nationalisation du secteur électrique de notre pays, inscrit dans le programme du Conseil National de la Résistance, mis en place par la volonté conjointe de Jean Moulin et du général de Gaulle.

Ce processus venait sanctionner des décennies de crises et de faillite des "trusts électriques", épithète utilisé quasi unanimement avant-guerre pour désigner l'oligopole français des grands électriciens. Concentrations, coûts élevés, abus de positions dominantes en matière de tarifs aux usagers ainsi qu'à une partie de l'industrie (notamment les PMI) ou aux collectivités locales distributrices, sous-équipement en moyens de production et de transport, incapacité à mener un programme hydroélectrique ambitieux et restrictions de l'offre en tous domaines, tel était l'état du secteur avant-guerre.

En 1946, le choix a été fait explicitement de la nationalisation de l'électricité en écartant l'étatisation. C'était un choix lourd de conséquences à bien des égards, qui s'est traduit notamment par le tripartisme du Conseil d'Administration (représentants de l'État, des usagers, du personnel) et, plus tard, par un cadre de régulation pluriannuel (les contrats État - EDF) fixant les engagements de performances au service de l'intérêt général et des usagers. Les collectivités locales, représentantes également des usagers-citoyens, avaient été, avec le personnel, à l'origine de la revendication de nationalisation - autorités concédantes de la distribution de l'électricité - elles ont joué un rôle important pour EDF depuis 1946.

Ainsi, dans l'affirmation " EDF appartient à la Nation " se sont trouvés directement concernés non seulement l'État, mais également les collectivités locales, les usagers et le personnel. Ce sentiment a été renforcé par le fait que, depuis des décennies, l'État n'a plus apporté de contribution financière à l'entreprise en capital, comme il aurait pu le faire en bon propriétaire. Les investissements, parfois très lourds comme le programme nucléaire et celui de réseau grand transport, ont été financés par l'autofinancement et les obligations (emprunts EDF), dont les charges ont toujours été supportées par les tarifs payés par les usagers. Dès lors s'est constamment trouvé confirmée, et renforcée, l'idée qu'EDF, en particulier, ses actifs, tels que les centrales de production ou le réseau de transport, n'appartiennent pas à l'État mais aux usagers-citoyens, ce qui contribue ainsi à garantir la qualité et l'efficacité du service public de l'électricité au service de ces usagers. Dans ce domaine, il est possible d'avancer, sans excès, qu'EDF n'a pas démérité depuis 1946 et que, malgré des points noirs qui doivent être corrigés, sa réputation de réussite en matière de service public, de réussite sociale et industrielle, n'est pas usurpée. Car c'est un fait qu'EDF a assuré, avec un succès certain, sa mission de développement d'un service public de l'électricité de qualité et de proximité, offrant des tarifs parmi les plus compétitifs en Europe, et réduisant la dépendance énergétique d'un des pays, la France, les plus démunis en ressources énergétiques.

C'est avec cette histoire passée, que les français entendent dire aujourd'hui que la privatisation d'EDF est décidée par le gouvernement actuel. Pour quelle raison? Les arguments présentés varient mais ils n'enlèvent jamais la conviction qui est fondée sur ce constat : nous, citoyens-usagers, nous sommes propriétaires d'EDF et nous avons payé ses actifs, les moyens de cette entreprise, en payant nos factures d'électricité, de quel droit, au nom de quoi, au profit de qui, va-t-on nous spolier de ces biens en les vendant en bourse par cette privatisation ?

Légitimes interrogations ! D'autant que rien ne semble arrêter cette "résistible" marche à la privatisation, alors que chacun des maillons de sa justification est profondément contestable. Et puis, si on veut vendre EDF, quelle serait d'ailleurs sa valeur? À l'examen précis de cette question fondée sur des données financières solides, il apparaît qu'EDF a une valeur très élevée pour la collectivité nationale, mais que, en raison des provisions qui devraient être faites par une entreprise privatisée, EDF, telle qu'elle est, ne pourrait être achetée que pour une valeur faible par un investisseur privé. Devant cette situation, il va donc être procédé à un transfert à l'État de dettes et d'engagements, pour vendre EDF à un prix "soutenable", (suffisant au regard de l'opinion) et pour garantir, en sus, des profits substantiels aux acquéreurs privés.

Ainsi se prépare une double spoliation : par la décision de cette privatisation, d'abord la perte de la propriété des usagers-citoyens sur EDF, et, pour la rendre possible, le transfert, ensuite, de charges actuelles et futures à l'État ainsi que la réduction des droits du personnel, des collectivités locales, des usagers.

Avec le processus actuel de préparation de la privatisation, (qui s'engage, comme en témoignent les positions patronales faites dans le dossier retraites d'EDF-GDF), on aboutira à l'étonnant paradoxe dans lequel l'État vendrait EDF en apparence pour quelques dizaines de milliards d'euros, tout en reprenant à sa charge des engagements futurs équivalents voire supérieurs. Ainsi la collectivité se déposséderait d'une entreprise dégageant chaque année entre 4 et 5 milliards d'euros (26 à 33 milliards de francs) de cash-flow net pour un gain net voisin de zéro.

Ceci peut apparaître comme incroyable à première vue. C'est pourtant ce qui est préparé et que nous exposons ci-après avec les détails nécessaires, afin que chacun des citoyens et responsables de ce pays soit prévenu de ce que l'on nous prépare, sachant en plus que, en parallèle, une opération similaire est également en préparation pour privatiser GDF.

1. Une résistible marche à la privatisation est annoncée et engagée …

Dès l'adoption de la Loi de transposition de la Directive Européenne sur le Marché Intérieur de l'Electricité en février 2000, les partisans de la privatisation d'EDF se sont livré à un intense travail apologétique, d'abord à l'intérieur de l'entreprise puis à l'extérieur.

Le discours, initialement porté par les dirigeants d'EDF, puis relayé par les pouvoirs publics, et plusieurs médias, s'est progressivement rodé autour de cinq points principaux d'articulation :

Invoquant la recomposition sectorielle qu'entraînerait la déréglementation, les dirigeants d'EDF, ont très fortement accéléré le déploiement international de l'entreprise.

En Europe de l'Ouest : l'objectif affirmé est de dominer la concentration qui découlera de l'intensification de la concurrence et de réaliser la trans-nationalisation permettant à la fois le renforcement du pouvoir de marché et une certaine diversification des risques de régulation et de réglementation.

Dans le reste du Monde - principalement en Amérique Latine - il s'agit de la recherche de relais de croissance.

EDF a ainsi acquis pour environ 20 Md€ d'actifs sur les cinq dernières années.

Les réactions à ce développement tonitruant ont permis de populariser dans et hors d'EDF l'idée que le statut public constituerait un obstacle stratégique rédhibitoire :

Elle constituerait, en soi, une asymétrie scandaleuse : "EDF peut racheter des opérateurs privés mais non l'inverse".

Elle encouragerait le soupçon d'une connivence entre le législateur et l'opérateur, discréditant la régularité de la transposition en France de la Directive européenne électricité, présentée comme au mieux frileuse au pire factice ;

Ce double a priori s'est condensé dans un discours sur la " singularité " fatale d'EDF : " parce que publique, EDF serait tenue à l'écart des recompositions essentielles puis progressivement isolée pour finir par dépérir ".

Parallèlement est mise en avant l'insuffisance des moyens financiers nécessaires au développement.

La privatisation partielle - rebaptisée " ouverture du capital " pour des raisons de propagande - est présentée alors comme une nécessité vitale pour EDF, afin de régler simultanément les deux problèmes précédents - mise en cause de son développement international et besoin de financement -

Enfin, a été avancée dans, puis hors de l'entreprise, l'idée que le personnel serait mûr pour une telle transformation. Il conviendrait seulement, selon cette idée, de le tranquilliser sur des questions techniques et corporatives : retraites, œuvres sociales...

Cet enchaînement a séduit de nombreux esprits, dans et hors de l'entreprise. Il a contribué à propager cette nouvelle idée de la pensée unique selon laquelle la privatisation d'EDF était inéluctable.

2 … pourtant chacun des maillons de la justification de cette privatisation est profondément contestable :

L'internationalisation massive, rapide et par acquisitions financières n'est pas une nécessité stratégique pour EDF.

Les enjeux de recomposition industrielle en Europe sont réels et la concurrence proclamée débouchera probablement sur une concentration du secteur. On pourrait admettre qu'EDF ne souhaite pas être distancé dans cette recomposition, mais cela n'a de sens que dans le cadre d'une politique énergétique, politique à définir démocratiquement, et dont la dimension est à la fois française et européenne.

Au demeurant, cette recomposition industrielle sera lente car la concentration est déjà élevée dans la plupart des pays et le nationalisme énergétique est encore une réalité.

De plus au sein de l'Union Européenne, l'espace électrique économiquement intégré qui constituerait le cœur géographique de la stratégie, celui où un oligopole de production pourrait avoir un sens, cet espace est en pratique extrêmement restreint :

Allemagne, France, Bénélux et Nord de la Suisse - la plaque continentale - présentent des prix homogènes, une certaine forme de concurrence oligopolistique sur le marché de gros de l'électricité (en très grosses quantités) y est déjà une réalité ;

Italie, Espagne-Portugal et Grande Bretagne sont trois péninsules qui présenteront encore pour longtemps des prix déconnectés des prix de cette "plaque continentale".

Sous cet angle, la prise de participation d'EDF dans EnBW en Allemagne peut faire sens, si elle réussit, avec pour objectif d'être partie prenante de la recomposition de l'oligopole de production dans ce pays où dominent deux très gros opérateurs (RWE et EON).

En revanche la prise de contrôle de London Electricity et ses développements (5 Md€) ou l'excursion malencontreuse en Italie dans Edison (au moins 2 Md€) sont aussi stratégiquement inutiles (n'étant même pas situés dans la "plaque continentale") que financièrement dispendieuses.

Bien évidemment, ce qui vaut pour l'Europe est encore plus vrai pour le reste du Monde : il n'y a pas de marché mondial de l'électricité, donc aucune nécessité stratégique de conquérir une position notable hors d'Europe. En revanche, il existe de grandes responsabilités, et un potentiel énorme, pour EDF, entreprise publique, de mener des programmes ambitieux de coopération avec les électriciens des pays du Sud, visant à rendre effectif le droit d'accès à l'électricité et, ceci, dans un cadre multilatéral ou non, assurant la rémunération normale des coûts engagés. Ceci a déjà été fait dans le passé, avec des réussites réputées en matière de formation et de transfert de compétences. Mais ceci a été abandonné, de fait, ces dernières années, pour faire place à la nouvelle stratégie impériale d'acquisitions.

On pourrait alors imaginer que subsiste l'argument de la croissance : " EDF va perdre des parts de marché, concurrence oblige, et doit trouver ailleurs les débouchés qui disparaissent en France ". L'équation semble de bon sens, mais c'est un paralogisme de plus.

Sur la plaque continentale européenne, l'ajustement se fait par les prix : ce qui n'est plus vendu directement par EDF aux clients réputés "perdus" est vendu sur le marché de gros de l'électricité (par exportations notamment), via le négoce, à des prix qui sont arbitrés avec ceux des clients directs. Ces ventes en gros servent peut-être d'ailleurs à fournir ces mêmes clients. Au total, il n'y a donc pas de pertes de part de marché. Au pire, il peut y avoir des pertes de marges. La meilleure preuve de ce mécanisme est que les flux physiques transfrontaliers restent stables et qu'EDF produit toujours autant.

Hors de la plaque continentale, dans les trois péninsules ou hors d'Europe la croissance d'EDF est " financière ". Elle est sans espoir de " synergies " industrielles ou commerciales, avec des retombées nulles pour la grande masse des salariés de l'entreprise (qu'EDF a tenté de séduire par un discours sur "le nécessaire développement" supposé être bénéfique), avec des risques importants de contre-références financières et symboliques (Brésil, Argentine…). Cette croissance est non seulement inutile mais dangereuse.

De fait, les déploiements qui peuvent avoir une valeur stratégique sont en Europe hors péninsules, plus précisément dans la plaque continentale constituée par: Allemagne - France - Belgique - Pays Bas - Nord de la Suisse. Leur ampleur sera limitée par les opportunités effectives et, de toute façon, inscrite dans la durée.

Compte tenu des nationalismes énergétiques et de la nature même d'EDF, il est nécessaire de concevoir ces déploiements sur un mode coopératif et d'écarter toute conquête impériale.

Le statut public constitue un avantage stratégique et non un inconvénient.

La Loi Française est strictement conforme à la Directive européenne électricité et les Traités européens sont explicitement neutres quant à la propriété du capital des entreprises.

Les arguments utilisés à l'encontre d'EDF selon lesquels son statut public lui interdirait un déploiement ailleurs en Europe sont donc sans fondements et sans force juridique.

Si les acteurs étrangers, États membres ou entreprises d'électricité, considèrent que l'avantage conféré par la propriété publique du capital est écrasant, il ne leur est pas interdit de choisir cette solution pour leur propre système.

Les attaques sur la base de l'argument du statut public, peuvent donc et devraient être combattues.

Elles ont cependant été endossées par le management d'EDF et les gouvernements successifs ce qui renforce leur retentissement médiatico-politique.

Il n'y a pas de besoin structurel de cash

EDF n'a jamais été contrainte à renoncer à des acquisitions stratégiques en raison de ressources financières insuffisantes. Les opportunités sont, en réalité, peu nombreuses.

Au contraire, EDF a pu réaliser un programme allant bien au-delà de ce qui est stratégiquement nécessaire.

En Europe, sa position hors de ses frontières d'origine, est sans équivalent parmi ses compétiteurs : elle dispose d'une place forte en Allemagne (> 3 Md€), la seule acquisition potentiellement stratégique, mais aussi en Grande Bretagne (> 5Md€), et ses déboires en Italie résultent d'une naïveté et d'incompétence quant au fonctionnement du capitalisme réel, fait de connivences et d'interdits non écrits, et non d'un manque de moyens financiers ;

Hors d'Europe, EDF a consacré, avec des résultats proprement désastreux, des ressources considérables (de l'ordre de 10 Md€ en valeur d'actif) à des prises de position sans aucune valeur stratégique (Amérique Latine, Afrique du Nord…).

En dépit de cela, bien que sa rentabilité ait été affectée, la solvabilité d'EDF n'a pas été amoindrie. C'est à l'importance de son cash flow qu'elle le doit .

Ce manque de discernement dans les choix des projets laisse supposer, soit une grande immaturité des décideurs, soit un profond machiavélisme, ces investissements n'ayant pas d'autre utilité que de consommer des ressources financières pour justifier la privatisation.

Le prétendu besoin de cash est donc, au mieux illusoire, au pire fabriqué.

La privatisation ne se justifie donc ni institutionnellement ni financièrement.

On est en droit de penser au contraire, que l'appareil discursif qui est utilisé régulièrement a été élaboré pour justifier une privatisation préalablement désirée pour des raisons multiples.

Enfin, l'acceptation sociale est douteuse

La grève du 3 octobre a réuni au moins les deux tiers du personnel, de nombreux cadres ont franchi le pas, et son mot d'ordre était clair : " non à la privatisation ! ".

Les syndicats de base expriment désormais clairement leur désaccord et la poursuite, à marche forcé, du projet de privatisation, risque fort de se transformer en conflit dur.

L'appareil de justification de la privatisation présente donc des faiblesses fatales.

En dépit, ou peut-être à cause de celles-ci, la préparation idéologique est entrée récemment dans une phase avancée qui consiste à discuter des modalités de la privatisation, en particulier des questions de valorisation comme si l'objectif était indubitablement fondé et le consensus acquis.

3. Et quelle serait d'ailleurs la valeur d' EDF?

Cette nouvelle étape de préparation mérite d'être analysée, à la fois pour comprendre le type de justifications qu'elle mobilise mais également pour déterminer les positions à tenir à son encontre.

On notera, sans s'y attarder, qu'il s'agit en premier lieu d'un " truc " de bateleur où l'attention est attirée sur un point (combien ça vaut ?) qui permet de dissimuler l'action véritable (l'opportunité de la privatisation).

Le " truc " possède néanmoins une force propre sur deux points particuliers :

-· il conduit à identifier la question générale de la valeur d'EDF à celle de l'estimation de son prix de mise sur le marché.

Dit autrement, il retient comme cadre d'analyse le point de vue de l'acheteur, en l'occurrence celui de l'investisseur privé, tel qu'en pratique il parle par la bouche des analystes financiers des banques d'affaires conseil ;

- il conduit également à concevoir le processus de transformation complexe que représente une privatisation, sous le seul rapport d'un schéma de redistribution de droits de propriétés. C'est-à-dire en substituant un calcul pour " solde de tout compte " aux compromis existants (rapport salarial, relation de régulation, relation d'agence, alliances industrielles…) et à leurs dynamiques propres, qui fondent la capacité productive de l'entreprise, la maîtrise de son environnement, ses forces et ses faiblesses.

Pour bien comprendre cette approche, il est nécessaire de décortiquer la démarche de valorisation :

en appliquant les méthodes de valorisation utilisées notamment par les analystes financiers et en critiquant les résultats auxquels ils aboutissent ;

en illustrant ensuite ce que serait une valorisation " vue de la Nation " qui possède une entreprise qui marche et qui, avant de décider s'il est intéressant de vendre ou non, aimerait bien savoir combien ça vaut pour elle et non pas combien ça vaut pour l'acheteur.

La démarche de valorisation financière.

Les analystes distinguent deux éléments dans la valorisation d'une entreprise :

la valeur économique des actifs (I)

Elle correspond à la valeur actualisée du " cash " que l'activité va dégager dans le futur.

Elle représente sous une forme capitalisée la richesse à laquelle peuvent prétendre les différents "ayants droits" : prêteurs et actionnaires dans le cas général, auxquels, dans le cas particulier d'EDF, il convient d'ajouter les salariés (retraites), les collectivités locales (concessions), les générations futures (coûts futurs du nucléaire principalement).

la valeur des capitaux propres (II)

Elle représente ce qui reste pour l'actionnaire, une fois que l'on a retranché la part des autres "ayants droits".

C'est sur ce second point que peuvent diverger :

la vision privée (celle de l'acheteur dans le cas d'une privatisation), qui tend à prendre les garanties maximales sur l'estimation des droits des autres "ayants droits",

et la vision publique (celle de la nation actuelle propriétaire) qui suppose la continuation de l'activité avec ses compromis institutionnels propres.

I. La valeur d'actifs est estimée par actualisation du cash flow net. Celui-ci, pour EDF "Groupe", se situe aujourd'hui entre 4 et 5 Md€, en moyenne par an.

Ce niveau est actuellement faible, pour trois raisons principales dont la pérennité est difficile à estimer :

les obligations d'achats de cogénération (et demain d'éolien) qui représentent un surcoût non compensé de l'ordre de 1 Md€/an (moins aujourd'hui mais plus demain) ;

la rentabilité des filiales internationales qui est faible : souvent largement surpayées à l'acquisition, certaines sont aussi en grande détresse (Brésil, Argentine…) ;

la mauvaise gestion de l'activité historique en France qui est imputable à l'actuelle direction, plus préoccupée d'organiser le " grand soir " de la privatisation que la productivité au quotidien (emploi massif de préretraites coûteuses ; baisse de la disponibilité des centrales nucléaires qui traduit, comme pour le dérapage des coûts en distribution, un manque de mobilisation collective en faveur de l'efficacité au profit de l'intérêt général ; démantèlement de la filière d'achat des combustibles non nucléaires au profit du négoce, réformes d'organisation à jet continu…)

Ce Cash Flow Net pourrait sans doute être plus élevé de 1 à 2 Md€, si les obligations d'achats étaient correctement compensées et si l'activité en France était redressée.

Pour ce qui est de l'international, les surprimes d'acquisitions payées sont sans remède et la détresse des filiales sud américaines est sans doute inscrite dans la durée. C'est, là encore, environ 1 à 1.5 Md€ qui auraient pu ne pas être perdus.

Pour obtenir la valeur d'actif, ce flux est capitalisé. Si on retient une fourchette large, le taux d'actualisation correspondant à la situation d'EDF est compris entre 6.5% et 10%. Ceci signifie que la valeur d'actif représente de 10 à 15 fois le Cash Flow net. (cf. encadré C).

Au vu des comptes 2000 et 2001, la valeur d'actif du groupe EDF est donc comprise entre 40 et 75 Md€.

Cette valorisation peut sembler faible. Elle est inférieure, notamment, à la valeur comptable nette de l'actif qui avoisine les 100 Md€.

Cela s'explique notamment par les mauvais résultats d'exploitation de 2000 et 2001 et les investissements désastreux à l'international.

Avec une gestion plus rigoureuse en France, le cash flow net serait supérieur d'au moins 1 Md€ et la valeur plus forte de 10 à 15 Md€.

Sans les développements extravagants à l'international, c'est encore 15 à 20 Md€ de valeur en plus qui auraient été conservés.

On peut donc, avec des hypothèses plus optimistes (redressement des comptes et/ou un taux d'actualisation plus faible), envisager une valeur d'actif de l'ordre de 100 Md€ mais guère au-delà.

II. De la valeur d'actif à la valeur des capitaux propres.

Dans un second temps l'analyste va identifier les différents éléments de passif, les valoriser et déterminer par soustraction la valeur des capitaux propres. C'est là une logique d'acteur privé qui permet d'approcher la valeur maximale qu'un acheteur avisé devrait être prêt à payer.

Si nous avons supposé que, pour l'estimation de la valeur d'actif, il n'y avait pas de raisons fondamentales de distinguer ce calcul privé d'un calcul public, en revanche, en ce qui concerne le calcul des éléments du passif, et leur valorisation, il y a bien lieu de tirer toutes les conséquences d'une privatisation. En effet, on va le voir ci-après, une privatisation renchérit certains éléments du passif dans la mesure où elle décompose les compromis fondateurs du fonctionnement et de la régulation de l'activité. En "changeant la nature de l'entreprise", une privatisation "change les règles du jeu", et change les données financières qui en découlent.

Dette financière nette

La dette brute est connue précisément (25.6 Md€). Sa valeur nette est cependant plus délicate à calculer, même dans un calcul privé.

En effet, une incertitude importante demeure sur la valeur des immobilisations financières composées de participations non consolidées et de créances rattachées. Celles-ci valent entre zéro et leur valeur comptable, compte tenu des investissements hasardeux réalisés par les dirigeants d'EDF et, plus généralement, de l'état des marchés financiers.

Démantèlement des centrales nucléaires

Les dépenses de démantèlement sont estimées à environ 15 Md€ à des horizons de temps lointain (pas avant 2015), valeur qui dépend directement de la durée de vie des centrales.

Un acheteur privé retiendra une estimation avec une durée de vie courte, comprise entre 30 et 40 ans, en se réservant comme effet d'aubaine un éventuel allongement de cette durée de vie. Il pourra même tenter d'obtenir une prise en charge par la puissance publique de ces dépenses moyennant un paiement libératoire. En fonction des différents paramètres, la valeur présente (actualisée aujourd'hui) de ces engagements sera de 1 à 2 Md€

Un opérateur public tiendra compte de la durée de vie probable, qui peut aller jusqu'à 60 ans, en référence notamment aux options prises aux USA. L'effet d'aubaine du à l'allongement de la durée de vie réelle, sera, bien sûr, propriété collective. Dès lors, la valeur présente de cette charge future sera très faible, de l'ordre de 0.1 Md€ (la différence de durée de vie, de 20 à 30 ans, allège très fortement la valeur ramenée à aujourd'hui)

Aval du cycle du combustible nucléaire

Il s'agit des dépenses relatives au retraitement du combustible irradié non encore retraité ainsi qu'à la gestion et au stockage définitif des déchets ultimes.

Un opérateur privé considérera une valeur élevée, au moins égale à la valeur comptable (17.5 Md€), compte tenu des incertitudes importantes sur les coûts futurs (acceptation environnementale, évolution des normes). Plus probablement, il recherchera à se libérer de l'obligation contre une charge certaine, même élevée, qu'il défalquera de la valeur de l'entreprise.

Un opérateur public tiendra compte du fait que les dépenses en question s'étendent sur une durée de vie très longue, et sont donc à valeur actuelle faible. Il tiendra également compte de sa capacité à peser sur ces coûts en utilisant son statut public et ses relations à la filière du combustible nucléaire. Dans cette configuration, la valeur présente (actualisée) des dépenses futures de retraitement est de l'ordre de 7Md€.

Comptes de concessions de distribution

Les réseaux de distribution n'appartiennent pas à EDF. Ils sont sous concession des collectivités locales. À ce titre, EDF fait figurer dans son bilan la contre-valeur des biens concédés et des provisions pour permettre le renouvellement de ces biens.

Un opérateur privé considérera ces éléments comme représentatifs de l'engagement vis-à-vis des collectivités locales. Et les décomptera pour 21 Md€ de charges futures à provisionner.

Pour un opérateur public, il s'agit d'une subdivision des droits de la collectivité nationale dont la contrepartie n'est pas monétaire (il ne rembourse pas les droits des concédants que sont les collectivités locales) mais institutionnelle : il doit maintenir et développer le patrimoine de distribution conformément aux attentes de la nation, telles que les collectivités locales en sont porteuses. Il n'y a pas lieu de les décompter comme un engagement financier futur à provisionner.

Engagements retraites

Un opérateur privé considérera que les dépenses futures du régime des IEG constituent un engagement comme l'y incitent les normes comptables internationales. Le régime des industries électriques et gazières (IEG) est un régime " au premier franc ", c'est-à-dire que la pension des agents en inactivité est prise en charge par leur entreprise dès le premier franc (euro) versé, sans faire appel ni à la caisse du régime général (CNAV ou équivalent) ni aux régimes complémentaires (AGIRC,ARCCO). Dès lors, et même si on calcule la valeur présente (actualisée) des sommes dues, cela représente des sommes considérables : 41 Md€, si on applique à la lettre les normes internationales IAS (qui imposent de provisionner la totalité des droits acquis), ou bien environ 15 Md€, si on se rapproche des pratiques des autres entreprises, pour lesquelles ces règles ne concernent que les régimes supplémentaires. Un opérateur privé provisionnera ces sommes (15 à 41 Md€) qui seront à défalquer de la valeur de l'entreprise.

Un opérateur public considérera que ces dépenses, qui sont incluses dans le coût du kWh, et pour autant qu'elles sont soutenables dans la durée, -ce qui est le cas -, sont un des termes de la régulation salariale qui a des contreparties nombreuses. Par exemple : la fidélité du personnel à l'entreprise permettant de disposer de façon stable des compétences nécessaires ; les salaires nets modérés à qualification comparable entre entreprises et branches similaires, notamment pour les cadres…(avec effets de modération sur le niveau réel des retraites) ; la forte motivation pour le service public entraînant un potentiel de mobilisation et de gains importants de coûts et de qualité (cf. la gestion des tempêtes ou l'évolution des plateaux d'accueil clientèle). Dès lors, pour un opérateur public, ces éléments relatifs aux retraites ne nécessitent pas de provisions .

Au total, on constate bien que l'acheteur privé, par prudence, tend à maximiser les valeurs des différents éléments du passif pour n'estimer que la part la plus probable de la richesse à laquelle il aura droit.

4. … une valeur très faible pour un investisseur privé, en raison des provisions qui devraient être faites, alors qu'elle est très élevée pour la collectivité nationale …

On constate que, découpé en droits de propriétés, dans un calcul privé, c'est-à-dire en morceaux distincts nécessaires à ce que " Shylock puisse prélever sa livre de chair ", EDF, pour un investisseur privé ne vaudrait pas grand chose, au plus quelques milliards d'euros. (-58 à +2Md€)

Un investisseur avisé ne pourrait pas payer plus cher pour acheter EDF, non pas parce que, dans l'absolu, EDF ne vaut rien, mais parce qu'un investisseur privé, dans une régulation privée, avec un compromis salarial privé, ne sait pas raisonnablement faire mieux que ça : il est tenu de provisionner des charges futures, qui sont autant de valeurs qui viennent en déduction de la valeur d'actif d'EDF traduisant la valeur présente (actualisée) de la totalité des gains futurs attendus (le cash-flow net actualisé).

Mais alors, on imagine ce qu'il adviendrait de l'idée même de privatisation d'EDF si celle-ci s'effectuait pour une somme aussi dérisoire, étant donné notamment tous les actifs physiques que sont les centrales de production ou les grands réseaux de transport, sans oublier tous les locaux d'accueil ou de travail ou bien les systèmes très complexes nécessaires aux différentes activités, et …, les savoirs-faire et le grand professionnalisme de son personnel!

En effet, de l'autre coté, comme l'indique le tableau, pour la collectivité nationale, l'entreprise publique EDF, en situation de régulation publique, avec son compromis salarial actuel, vaut beaucoup plus, (de 16 à 50 Md€), disons autour de 30 milliards d'Euros. (environ 200 milliards de francs).

À supposer même que les citoyens-propriétaires décident d'être spoliés de leur bien qu'est EDF par une privatisation (resterait à définir pourquoi et au profit de qui!), cette valeur est la valeur minimale en dessous de laquelle le propriétaire qu'est la Nation (État+Collectivité locales+ usagers) devrait refuser de descendre. Quant au personnel, au titre de ses droits à la retraite, et aussi en tant que partie prenante du modèle d'entreprise et de sa réussite, depuis sa fondation par la nationalisation de 1946 (cf. sa représentation pour un tiers dans le conseil d'administration d'EDF), il serait légitime, dans cette hypothèse, qu'il se positionne dans les mêmes termes sur cette question.

Devant cette contradiction, entre d'un côté une privatisation qui ne pourrait intéresser un acheteur privé que si elle était réalisée pour une somme dérisoire, ce qui est non-soutenable, et d'un autre côté une valeur très élevée d'EDF pour la collectivité nationale, le recours à l'habillage est le moyen indispensable pour faire accepter l'inacceptable au regard de l'intérêt public.

5. … ce qui va conduire à un transfert de dettes et d'engagements à l'État et, également à la tentative de spolier les collectivités locales, les usagers et le personnel de leurs droits, afin de vendre EDF à un prix soutenable et pour garantir aux acquéreurs privés des profits substantiels.

Le gouvernement veut la privatisation, Bruxelles veut la privatisation, les dirigeants d'EDF veulent la privatisation : il leur faut donc trouver des montages qui fassent apparaître une valeur de transaction socialement acceptable en masquant la valeur nette de celle -ci pour la collectivité.

Le principe de ces habillages est simple : transférer à l'État les termes du passif qu'un actionnaire privé refuse d'assumer ou qu'il valorise de façon très élevée, et, ceci, pour augmenter d'autant la valeur résiduelle des fonds propres qui vont assurer la rentabilité de l'opération de vente d'EDF pour un acheteur privé. De plus il sera tenté de réduire au maximum les engagements de retraites vis-à-vis du personnel, en changeant les règles.

Il ne s'agit alors que d'actualiser le principe libéral classique : les dettes et les engagements de long terme sont pour la Nation et les réductions de droits pour le personnel, les bénéfices pour les actionnaires.

Quels habillages? Quels montages?

D'un point de vue pratique les montages suivants, ont été ou sont envisagés par les partisans de la privatisation d'EDF et les banques conseil, et il y en a d'autres à l'étude ou possibles :

- garantie de l'État sur le passif nucléaire et sur une partie des retraites ;

- mutation des droits salariaux en droits patrimoniaux, avec création d'un fonds de pension captif ou équivalent : les salariés perdront alors les garanties que procure l'actuel système de répartition, leurs retraites seront alors assises sur les performances financières du groupe ;

- mutation des droits des collectivités locales en droits patrimoniaux avec mutations des concessions en propriété du capital : les collectivités locales perdront la sanctuarisation des biens concédés par rapport aux errements du reste du groupe EDF, et ceci sans contre-partie réelle dans la durée, …

Ces montages circulent déjà dans la presse, et on pourrait en imaginer d'autres, mais il ne s'agit jamais que de montages qui visent à rapprocher la valeur de mise sur le marché (version "privé") de la valeur des fonds propres (version "public"), en laissant aux actuelles parties prenantes de la régulation lato sensu de l'activité État - Collectivités locales - usagers- personnel, les bouts dont l'investisseur privé ne veut pas ou ne sait pas se débrouiller.

Avec cette démarche en cours de préparation, qui est déjà mise en œuvre par les positions patronales dans le dossier retraites d'EDF, on aboutira à l'étonnant paradoxe dans lequel l'État vendrait EDF en apparence pour quelques dizaines de milliards d'euros, tout en reprenant à sa charge des engagements futurs équivalents voire supérieurs.

Ainsi la collectivité se déposséderait d'une entreprise dégageant chaque année entre 4 et 5 Md€ de cash-flow net pour un gain net voisin de zéro.

6. Quelles conséquences peut-on tirer des constatations précédentes?

au-delà du combat contre la pensée unique, qui veut nous faire considérer comme vérité révélée (jamais démontrée) que les privatisations sont fondées, nécessaires et indispensables, au-delà d'un refus de cette privatisation au vu des échecs accumulés dans de très nombreux pays par le cocktail explosif privatisation-libéralisation appliqué au secteur électrique et au service public de l'électricité, au-delà de l'évidence d'une spoliation qui saisit tout citoyen-usager propriétaire d'EDF lorsqu'il réalise qu'il va se trouver dépossédé de cette entreprise dont les biens ont été payés par ses factures, ce qui le conduit à dire "non à la privatisation d'EDF", il est possible d'avancer ici quelques conséquences à tirer des constatations précédentes.

Elles sont quatre ordres principaux :

1. À l'égard des citoyens de ce pays, expliquer, chiffres en main, la nature et l'ampleur des opérations de spoliation et les habillages qui sont en préparation ou à l'œuvre dans l'opération de privatisation d'EDF pour mieux les dénoncer pour ce qu'elles sont : une succession de hold-up aux dépens de l'État, des collectivités locales, du personnel et des usagers, en vue de rendre, en apparence, cette privatisation "présentable" aux citoyens, mais surtout, par derrière, de la rendre "attractive" pour les intérêts privés en leur assurant des profits garantis.



2. ne pas laisser le monopole des questions de valorisation aux acteurs directement intéressés par la privatisation.

Actuellement le gouvernement et la direction d'EDF s'en sont remis de façon déterminante aux banques conseils pour réaliser les travaux préparatoires à leurs projets de privatisation. Celles-ci poursuivent un objectif double :

- que l'affaire se fasse, pour encaisser les commissions ;

- que prévale le point de vue de l'acheteur, à la fois parce qu'il s'agit d'une condition nécessaire de transaction mais aussi parce qu'elles sont porteuses des intérêts de la finance, qui veut les bons morceaux mais pas le reste.

Il est donc très important qu'interviennent des techniciens de la valorisation qui ne soient pas également parties intéressées. Plusieurs pistes concrètes sont envisageables : exclure contractuellement de la participation à la privatisation les banques conseils en valorisation et leurs filiales ou maison mères, détacher la rémunération de la réalisation de l'affaire, ouvrir le jeu à des spécialistes universitaires…

3. mobiliser les acteurs concernés par les contradictions que le processus de privatisation active.

À ce titre, le Parlement devrait avoir un rôle éminent : il devrait notamment mandater ses propres experts en valorisation, de préférence en dehors de la sphère des praticiens de la finance, et ne pas se cantonner à "avaler" les discours convenus et les habillages qui sont et seront mis en avant.

Le Parlement, en effet, condense deux caractéristiques essentielles :

- sa légitimité élective et son obligation de débat, rendent possible un balayage étendu des questions évoquées dans toute leur complexité et limitent le risque d'un tour de " passe -passe " financier dans lequel EDF serait vendu mais où la puissance publique conserverait les charges qui dérangent le monde de la finance.

- le double statut de la plupart des élus : élus locaux et nationaux ils sont donc porteurs des intérêts des collectivités locales et de la collectivité nationale, sous une forme sans doute beaucoup moins instrumentale que l'exécutif (moins d'enjeux budgétaires de court terme).

De même, le personnel et ses représentants devraient se doter de compétences en ce domaine ou chercher à y accéder. Il est essentiel que des valorisations indépendantes de celles proposées par les financiers. Et ceci concerne également, et plus généralement, tous les experts citoyens indépendants.

4. Enfin rechercher la jonction entre les forces qui ont un intérêt objectif à ne pas être lésées, au premier rang desquelles les collectivités locales et le personnel, sans oublier les usagers qui, en définitive, paieront une très grosse partie des surcoûts induits par cette privatisation.

Il est évident que ces trois parties ont tout intérêt à converger sur un programme de revendications qui exclut toute spoliation et toute réduction des droits. En particulier, devrait être rejetée par principe l'idée d'un " solde de tout compte " dans lequel leur seraient proposés des droits en capital contre la place qu'elles occupent aujourd'hui dans la régulation.

Finalement, l'important est désormais aussi que s'impose un vrai débat citoyen, public et transparent, avec tous les éléments d'information qui sont nécessaires, afin de savoir si, oui ou non, et à quelles fins, il est légitime de privatiser, de mettre en bourse, de vendre à des tiers, l'entreprise publique EDF qui a pour mission d'assurer durablement, et à un prix compétitif, la fourniture d'un bien essentiel à la vie sociale et à la compétitivité de notre pays.





Voilà, c'est fait (Novembre 2005) … l'ouverture du capital au privé et ça a même failli faire un flop.

5 millions de petits porteurs se sont précipités sur les actions, croyant qu'ils feraient une affaire juteuse. Las, à l'ouverture du marché l'action achetée 32 € se négociait 22 €. Il a fallu que les investisseurs publics mettent la main à la poche pour soutenir et le cours et le gouvernement.

Quand j'écoute le vent qui siffle dans la ligne à haute tension qui passe à quelques encablures de mon quartier, j'entends aussi les petits porteurs qui pleurent : " Je veux qu'on me rende mon électricité… " dont ils auront été privé par une de ces tempêtes ou chutes de neige humide que l'effet de serre et le réchauffement climatique ne tarderont pas à nous envoyer.

Cela écrit, je trouve ce comportement navrant* de n'avoir pas d'autres ambitions pour les générations futures que de leur dire " J'vous ai bien niqué et j'ai empoché 50 euros de bénef !"

[* J'avais écrit criminel, c'est dire...]




Nous sommes le 4 octobre 2006, va-t-on peut-être et enfin se rendre compte de l'extraordinaire aveuglement et l'immense connerie des tenants infaillibles du libéralisme. Il est vrai qu'après avoir cassé tant et tant d'entreprises, d'avoir durablement ruiné l'agriculture et compromis nos environnements, nos très chers et coûteux gouvernants viennent de casser GDF, sans doute aussi Airbus et la seule chose que nous sachions faire, c'est de nous extasier quand Sarkolène s'égosille !

Rebonds / Paradoxe politico-industriel, une telle initiative pourrait mettre d'accord patronat et syndicats.

Renationaliser EDF ?

Par Grégoire BISEAU / journaliste à Libération./ QUOTIDIEN : Mercredi 4 octobre 2006



Si Laurence Parisot, la présidente du Medef, avait de la suite dans les idées et un peu de goût pour les mises en scène iconoclastes, voici ce qu'elle ferait. Elle convoquerait une conférence de presse avec son ennemi de toujours, Bernard Thibault, le secrétaire général de la CGT, pour lancer un appel solennel à la renationalisation immédiate d'EDF. Un duo suffisamment déroutant pour être sûr de se hisser jusqu'au menu du 20 heures et de lancer un débat qui aurait toutes les chances de mettre cul par-dessus tête la classe politique. Pour une fois, voilà que les revendications du Medef (la défense de la compétitivité des entreprises françaises) viendraient croiser celles de la CGT (la défense de l'héritage du vieux capitalisme d'État et du service public). A qui devrait-on cette troublante convergence d'intérêts ? A la hausse vertigineuse des tarifs d'électricité pratiqués auprès des industriels.

Bien sûr, le Medef se contente pour l'instant de se déclarer "très préoccupé" du coup porté aux entreprises françaises, refusant d'appeler à l'impensable renationalisation d'EDF et de renier sa foi dans le tout-privé. Pourtant, nombre de patrons d'entreprises petites ou grosses jugent la situation suffisamment grave pour défendre, pour une fois, le retour du tout-État.

Comment en est-on arrivé là ? Par un énorme malentendu. Tout commence avec l'ouverture à la concurrence des marchés de l'énergie en Europe. Selon le bon vieux principe néolibéral, davantage de concurrence doit entraîner une baisse des prix de l'électricité, et donc une amélioration de la compétitivité de l'Union européenne. On a donc autorisé les entreprises qui le souhaitaient à quitter les tarifs "régulés" (fixés par l'État), pour adopter des tarifs "libres" (fixés par le marché). Les entreprises ont eu le choix entre trois options : partir à la concurrence, rester chez EDF mais se mettre au tarif "libre", ou ne pas bouger, en restant au tarif régulé. Que s'est-il passé ? Les prix de marché se sont envolés tandis que l'État imposait au même moment à EDF de ne pas augmenter son tarif au-dessus de l'inflation pendant cinq ans. Résultat : les entreprises restées au tarif "régulé" bénéficient aujourd'hui d'un électron environ 40 % moins cher ! Pour les autres, celles qui ont voulu jouer l'ouverture des marchés, le bilan est saumâtre. Étranglées et particulièrement humiliées de s'être fait berner par cette fausse promesse de baisse de prix, certaines menacent carrément de "délocalisation". Profitant du débat parlementaire sur la privatisation de GDF, le gouvernement a concocté spécialement pour elles un objet fiscal encore non identifié dans une économie de marché : une taxe, payée par Suez et EDF, et versée à leurs concurrents (comme le petit Poweo) pour leur permettre de réduire le prix de leur électricité...

Par quel étrange mécanisme plus de concurrence a-t-il pu aboutir à une telle envolée des prix ? En fait, rien n'indique que l'ouverture des marchés ait introduit plus de concurrence. D'abord parce que le marché européen de l'électricité n'existe pas, ou très peu : les interconnexions avec les pays voisins sont soit saturées (Angleterre et Allemagne) soit inexistantes (Italie et Espagne), ce qui limite d'autant la capacité des acteurs compétitifs à exporter. Par ailleurs, produire et vendre de l'électricité n'est pas à la portée de la première bourse, ce qui limite le nombre des nouveaux acteurs. Dans ce contexte, les géants européens de l'énergie ont un intérêt (évidemment non avoué, pour ne pas prêter le flanc aux critiques de Bruxelles) à ne pas se lancer dans une guerre commerciale, perdante pour tous.

La montée en flèche du prix de l'électron se nourrit ensuite d'un déficit d'offre. Il y a encore cinq ans, on disait l'Europe en surcapacité de production pour longtemps. Mais aujourd'hui tout le monde dresse un constat inverse et les chiffres les plus astronomiques d'investissement nécessaire, à horizon de dix ans, circulent. Les marchés anticipent tout cela. Et dans une période de hausse du prix du baril de pétrole et des matières premières en général, et de plus grande rigueur environnementale (protocole de Kyoto), les traders anticipent la hausse du prix de l'électron. D'où l'envolée.

EDF bénéficie, grâce au nucléaire, d'un précieux avantage compétitif, notamment vis-à-vis de son partenaire allemand, qui a fait, lui, le choix d'en sortir. Si EDF augmente aujourd'hui ses tarifs libres, ce n'est pas parce que ses coûts augmentent (ils devraient même avoir tendance à baisser du fait des gains de productivité), c'est tout simplement parce que l'électricien s'aligne sur le marché. C'est d'ailleurs ce qui fait la singularité du cas EDF par rapport à GDF. Car les coûts d'approvisionnement de ce dernier évoluent, eux, avec le prix du marché mondial du gaz, lui-même indexé sur celui du pétrole. Bref, pendant que les prix de l'électricité augmentent, les profits d'EDF montent de manière quasi proportionnelle.

On ne peut pas reprocher à une entreprise cotée de chercher la maximisation de son profit. En transformant sa rente nucléaire en superdividende, le patron d'EDF ne fait que son métier : satisfaire ses actionnaires. Demain, on peut même imaginer qu'il partira en guerre pour que l'État abandonne, au nom de la concurrence, ses tarifs régulés, encore tolérés par la Commission européenne. Alors, la victoire du marché sera totale : EDF pourra tranquillement augmenter ses prix, jusqu'à les aligner sur ceux de la concurrence allemande. Et la France se retrouvera dans la situation ubuesque : assumer les désavantages du tout-nucléaire (déchets, risques...), sans bénéficier de ses avantages (une électricité bon marché).

Comment sortir de ce cauchemar ? Très simplement : en renationalisant EDF. Non pas au nom du service public, comme le revendique la gauche. Mais pour forcer l'ex-monopole public à transformer sa rente nucléaire non pas en dividendes pour ses actionnaires, mais en baisse de prix pour ses clients. Or, aujourd'hui, l'État actionnaire est coincé : il est difficile d'imposer aux autres actionnaires privés d'EDF des baisses de tarifs donc de profits. D'où la nécessité d'une renationalisation.

Un homme politique de gauche pourra objecter que l'État, avec ses 80 % du capital d'EDF, a un intérêt à ce que le groupe public réalise au contraire de gros profits pour lui verser de confortables dividendes. Ce serait autant d'argent pour financer de nouveaux biens publics ou désendetter l'État. Un joli paradoxe politico-industriel...






Électricité est un mot qui vient du grec elecktron...
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lectricit%C3%A9

Des questions sur l'électricité ?
http://www.sciencetech.technomuses.ca/francais/schoolzone/basesurelectricite.cfm

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Électricité en France : les principaux résultats en 2004
http://www.industrie.gouv.fr/energie/statisti/se_elec.htm

L'HYDROÉLECTRICITÉ : SITUATION ET AVENIR / Prof. R. Lafitte /
http://www.oieau.fr/ciedd/contributions/at1/resume/rlafitte.htm

Sources d'énergie utilisables sur Terre : http://e.m.c.2.fr/sourcenergie.htm

Les énergies renouvelables :
http://www.ciele.org/filieres/solairethermique.htm

http://www.ciele.org/filieres/eolien.htm

http://www.ciele.org/filieres/solairephotovoltaique.htm

http://www.ciele.org/filieres/geothermie.htm

http://www.ciele.org/filieres/hydraulique.htm

http://www.ciele.org/filieres/bois.htm

http://www.ciele.org/filieres/bioclimatique.htm


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Electricité de France ou le débat interdit :
http://www.humanite.fr/journal/2005-09-22/2005-09-22-814525
ou le coup de force ?
http://www.humanite.presse.fr/journal/2005-09-07/2005-09-07-813539

EDF et le nucléaire : les dangers de la privatisation
http://www.politis.fr/article1005.html

Les champs électromagnétiques
http://www.inrs.fr/dossiers/rni.html






[Corrélats : Éolien / ...]

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