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Empoisonneurs

Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : Le mensonge par omission est toujours un mensonge / Dossier Pesticides du Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF) / L’agriculture sans pesticides dérange les idées reçues / Malade des pesticides, je brise la loi du silence / Sites Internet et articles / Sites Internet et articles / Corrélats /


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« Nos enfants nous accuseront » Le point de vue de l’UIPP sur le film

L’Union des Industries de la Protection des Plantes souhaite exprimer son point de vue sur ce documentaire présentant l’initiative de la municipalité de Barjac (Gard), qui décide de passer au 100% bio les cantines scolaires du village.


À travers ce film, Jean-Paul JAUD dénonce « les méfaits de la pollution chimique » sur la santé publique. Une œuvre engagée et militante qui ne peut que toucher par la gravité des situations présentées et par ses témoignages saisissants.

L’UIPP reconnaît le droit à Jean-Paul JAUD de s’exprimer en son nom, mais remet en cause le contenu scientifique partial de ce film et tient à préciser des informations complémentaires afin que chacun puisse se forger un avis objectif.

Utilité prouvée des produits phytopharmaceutiques

L’UIPP souhaite préciser le contexte d’utilisation des produits phytopharmaceutiques. Ils contribuent à préserver les rendements, à obtenir des récoltes régulières mais aussi à maintenir la qualité sanitaire, organoleptique et technique des produits.Agriculture biologique, agriculture conventionnelle, deux systèmes complémentaires

L’agriculture biologique, mise en avant dans le film, représente moins de 2% del’agriculture française. Aujourd’hui, ce type d’agriculture est complémentaire del’agriculture conventionnelle, mais ne peut en aucun cas faire face au défi alimentairemondial.

Jacques Diouf, le directeur de la FAO(1), a déclaré le 10 décembre 2007 : « Nous devons recourir à l’agriculture biologique et l’encourager ». « Elle représente une source croissante de revenus, pour les pays développés comme pour les pays en développement. Mais il n’est pas possible de nourrir aujourd’hui six milliards de personnes, et neuf milliards en 2050, sans une utilisation judicieuse d’engrais chimiques ».Par ailleurs, en réponse à ce qui se dit dans le documentaire sur la qualité nutritionnelle desproduits biologiques, l’UIPP attire l’attention sur l’avis rendu par l’Afssa(2) en 2002 : « En l’étatactuel des connaissances et devant la variabilité des résultats des études examinées, il nepeut être conclu à l’existence de différence remarquable, des teneurs en nutrimentsentre les aliments issus de l’agriculture biologique et ceux issus de l’agricultureconventionnelle ».

Aucun lien causal avéré entre pesticides et cancer

4 000 études scientifiques ont été publiées sur les causes des cancers. À ce jour, la communauté scientifique considère qu’il n’est pas possible d’établir un lien entre pesticides et cancer.Exemples d’études réalisées par des institutions reconnues pour la qualité de leurs travaux scientifiques :

* Le rapport réalisé en 2007 par l'Académie de médecine, l’Académie des Sciences, le CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer) conclut que moins de 1% des cancers seraient attribuables à la pollution environnementale et que « le lien putatif entre pesticides et cancer ne repose sur aucune donnée solide ».

* Le rapport du WCRF (World Cancer Research Fund - novembre 2007) renforce la position du CIRC : « Bien que le sujet soit controversé, il n’existe à ce jour aucune preuve épidémiologique que les résidus de produits phytopharmaceutiques, seuls ou en cocktails, que l’on pourrait retrouver dans l’eau ou l’alimentation, aient un effet significatif sur un risque de cancer ».

Concernant la santé des agriculteurs, le Dr Lebailly, chercheur au GRECAN(3) (Caen), révèle que la mortalité générale, comme la mortalité cancéreuse (tous cancers confondus) est moins élevée chez les agriculteurs que dans la population globale. De plus, « il n’existe pas de preuve que tel pesticide est un agent causal de cancer, hormis les composés arséniés interdits en viticulture » (source : interview Dr Lebailly pour envirodroit.net, 28/01/08).Par ailleurs, les agriculteurs, qui sont les 1ers utilisateurs de pesticides et de ce fait les plus exposés, ont une meilleure espérance de vie que la population générale et que certaines catégories socioprofessionnelles en particulier (ouvriers, employés ou personnes n’ayant jamais travaillé).Entre 1991 et 1999, l’espérance de vie des agriculteurs était de 78,5 années, alors que pour l’ensemble de la population, elle s’élevait à 76 ans. (Source Insee, 2005).Sécurité garantie pour les utilisateurs et les consommateurs

L’UIPP tient à rappeler que les pesticides font l’objet de procédures d’évaluation longues et complexes, tout comme les médicaments : 300 études, soit 10 ans de recherche et 200 millions d’euros d’investissement, sont nécessaires avant la mise sur le marché d’un produit phytopharmaceutique. Sur près de 150 000 molécules synthétisées, une seule bénéficiera d’une autorisation de mise sur le marché. L’ensemble de cet encadrement réglementaire légiféré par les autorités sanitaires françaises et européennes et les évaluations scientifiques garantissent la sécurité des utilisateurs et des consommateurs.

Enfin, l’UIPP précise qu’elle n’a pas été contactée ou consultée dans le cadre de la réalisation de ce film mais se tient bien évidemment à votre disposition pour vous transmettre toute information relative aux produits phytopharmaceutiques : utilité, santé, environnement, réglementation, marché... Un site Internet d’information sur les pesticides est également consultable : www.info-pesticides.org.

1: FAO – Food and Agriculture Organization of the United Nations
2: AFSSA - Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments
3: GRECAN - Groupe de recherche sur le cancer situé à Caen (Basse Normandie)

Voir aussi : lobbies, lobbyisme, pesticides, Monsanto, etc.




Face à des comportements, des propos et des écrits potentiellement criminels, on pourra se faire une autre opinion en lisant le Dossier Pesticides du Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF)




Malade des pesticides, je brise la loi du silence.

Ouest-France 27 mars 2009

Il y a cinq ans, Paul François, agriculteur en Charente, a été victime d'une grave intoxication au pesticide. Depuis, il se bat. Pour recouvrer la santé. Pour inciter les agriculteurs à se protéger. Et contre les firmes chimiques. À l'occasion de la semaine sans pesticides, il témoigne.

'Ma vie a basculé le 27 avril 2004, à 40 ans. Ce jour-là, la chaleur cogne sur les 240 ha de mon exploitation céréalière, à Bernac (Charente). Après avoir pulvérisé sur mes cultures de maïs un désherbant chimique, je veux vérifier que la cuve ayant contenu le produit a été bien rincée par le système de nettoyage automatique. Quand j'ouvre le récipient, les vapeurs du Lasso (nom commercial de l'herbicide, fabriqué par Monsanto), mises sous pression par la chaleur, surgissent et me chauffent tout le corps.

Dans les minutes qui suivent, je ressens des nausées. Je suis admis aux urgences. Je perds connaissance. Je suis hospitalisé quatre jours. Un cauchemar : je crache du sang, je souffre de violents maux de tête, de troubles de la parole, de la mémoire et de l'équilibre. Après cinq semaines d'arrêt-maladie, je reprends le travail. Le 29 novembre, grave rechute : je tombe dans le coma à la maison. S'ensuivent sept mois rythmés par les hospitalisations, les transferts de service en service, les examens, les comas à répétition...

Les médecins sont perplexes : ils ne s'expliquent pas la persistance des troubles plusieurs mois après l'inhalation accidentelle du Lasso. Différentes pistes sont tour à tour étudiées, puis écartées : dépression, maladie mentale, épilepsie... Un médecin m'a même soupçonné de me " shooter " à l'herbicide !

La Mutualité sociale agricole (MSA) refuse de classer mes problèmes de santé en maladie professionnelle. Je l'attaque en justice. Le 3 novembre 2008, le tribunal des affaires sociales d'Angoulême me donne raison : il reconnaît que je souffre d'une maladie professionnelle causée par mon " gazage " à l'herbicide Lasso, retiré du marché français en 2007. Il a fallu que je me batte, que j'apporte des preuves scientifiques. Un labo indépendant a analysé le Lasso. Outre sa matière active herbicide, il contient un solvant. Un an après mon accident, ces deux molécules sont présentes, à doses très élevées, dans mes urines et mes cheveux. Mélangées, elles constituent un cocktail beaucoup plus redoutable pour la santé que chacune séparément. Elles interagissent sur l'organisme, se stockent dans les graisses et sont progressivement relarguées dans le sang, écrit dans son rapport le professeur en toxicologie Jean-François Narbonne. C'est l'explication de ma longue maladie.

Mon procès a révélé au grand jour que les fabricants de produits phytosanitaires sont autorisés par la loi à garder secret tout ingrédient qui entre à moins de 7 % dans la formule. J'apprends aussi que les tests pour homologuer les produits portent sur chaque composante, mais ne mesurent pas la toxicité du mélange. J'ai porté plainte contre Monsanto. Les fabricants ne disent pas tout sur la dangerosité de leurs produits. Si j'avais su que le Lasso était à ce point volatil, si cette propriété avait été indiquée sur l'étiquette, j'aurais mis un masque avant d'ouvrir la cuve.Je me bats pour une jurisprudence qui protège les agriculteurs. Ils sont les premières victimes des pesticides. Ils sont davantage touchés que le reste de la population par les cancers, les maladies de Parkinson ou d'Alzheimer. Les médecins des services de neurologie, néphrologie (reins), immunologie, me l'ont dit. Pour ne pas être accusés de pollueurs ou d'empoisonneurs, les arboriculteurs et les viticulteurs n'ont pas osé se protéger, comme la MSA le préconise, dans des scaphandres de cosmonaute.

Il faut briser la loi du silence : la France est le troisième pays utilisateur de produits phytosanitaires dans le monde et nous ne serions qu'une petite dizaine d'agriculteurs reconnus en maladie professionnelle ? Les agriculteurs ne doivent pas culpabiliser d'avoir utilisé des produits phytosanitaires. Ils l'ont fait pour répondre à la demande de la société d'avoir une alimentation abondante et à un prix abordable. Ils utilisent des produits homologués. Ils n'enfreignent pas la loi.

Si on continue à pratiquer une agriculture intensive avec des pesticides à haute dose, on va dans le mur. Je suis favorable à une agriculture qui utilise les techniques de l'agriculture biologique en complément des techniques conventionnelles. Si on veut produire 100 % bio, il faut soutenir un immense effort de recherche pour créer des variétés résistantes. En attendant, on a encore besoin de la chimie pour nourrir la planète. À condition de prendre toutes les précautions nécessaires et que les firmes donnent toutes les informations sur leurs produits. Aujourd'hui, je vais mieux. Pour moi, l'essentiel, c'est de passer le plus de temps possible auprès de ma femme et de mes deux filles.

Recueilli parXavier BONNARDEL.

[Cette histoire a quand même un petit côté arroseur arrosé jurant, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus !]









[ Corrélats : Lobbies / ...]



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