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Éradication
Éradication

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Érismature rousse (Oxyura jamaicensis)
Quand l'homme ne sait pas opposer à un problème autre chose que l'éradication : des vaches qui tremblent, des moutons fous, des poules grippées, des érismatures rousses, des ibis sacrés, des grenouilles taureaux, je me dis confusément qu'il ne doit pas être très loin le temps où l'on justifiera, davantage encore qu'on le tolère déjà, celui de groupes ethniques, de malades menaçants, de mal pensant, de mal votant, de mal croyant, de mal coloré, etc..





Biodiversité : Le parc du Périgord tente d'éradiquer ce batracien venu des États-Unis.

La grenouille taureau mise à mort.

Rana catesbeiana n'est pas une grenouille comme les autres. Son poids, jusqu'à un kilo, en fait l'un des plus gros spécimens au monde, et son cri, puissant meuglement émis par le mâle et audible à un kilomètre à la ronde, justifie son appellation commune de grenouille-taureau. Mais c'est sa voracité doublée d'une capacité redoutable à coloniser de nouveaux territoires qui lui vaut une attention particulière. Elle est en effet la première espèce envahissante en France visée par une opération méthodique et coordonnée d'éradication, menée à titre expérimental dans le parc naturel régional Périgord-Limousin.

Projecteurs et carabines. Après plusieurs années d'étude du comportement de la bête et un inventaire précis des points d'eau infestés sur le territoire du parc en 2005, une opération d'éradication a été lancée cet été. Chaque nuit, des équipes associant des spécialistes du parc et des agents du Conseil supérieur de la pêche se mettent en chasse. En barque sur les plans d'eau, équipés de projecteurs et armés de carabines à air comprimé tirant des billes d'acier, ils traquent l'animal. Leurs cibles sont surtout les gros mâles adultes et reproducteurs dont les chants se répondent d'une rive à l'autre, ce qui les rend repérables, mais aussi les juvéniles, plus petites et plus farouches, ou les pontes.

Près de 1 500 grenouilles ont déjà été abattues depuis le début de l'été. "Nous sommes les seuls autorisés à mener cette opération", prévient le chef de la brigade départementale du Conseil supérieur de la pêche, Patrick Nuques, mandaté pour l'exécution de la besogne et soucieux du respect des règles. Pas question d'inciter les particuliers à se lancer dans une chasse sauvage à la grenouille-taureau, dont le braconnage, tout comme le transport, est un délit passible d'une amende de plusieurs milliers d'euros.

Si elle pullule autour des points d'eau du secteur, la grenouille-taureau n'a rien à faire là. Originaire de la côte est de l'Amérique du Nord, elle a fait le voyage transatlantique en 1968 dans les bagages d'un aviateur qui souhaitait avoir quelques-uns de ces batraciens hors normes autour de sa maison girondine. En une trentaine d'années, les dix spécimens déposés dans son jardin sont devenus des milliers de grenouilles, disséminées sur deux départements (1). L'installation de ce coassant colon américain sur le Vieux Continent serait tolérable s'il respectait son nouvel environnement. Mais Rana catesbeiana serait plutôt du genre à faire place nette. "Amphibiens, insectes... Elle mange un peu tout ce qu'elle trouve, explique Tony Dejean, responsable de l'opération d'éradication. Les analyses de contenus stomacaux montrent parfois la présence de serpents ou d'oiseaux."

Menace. Vorace, l'animal semble également avoir une hygiène douteuse qui pose problème : de récentes études ont démontré que cette grenouille serait aussi porteuse saine de chytrides, des champignons toxiques pour les espèces autochtones comme les rainettes. La chose est donc à prendre au sérieux, et la grenouille-taureau est aujourd'hui considérée comme un risque majeur de perturbation écologique. "La prolifération d'espèces exotiques envahissantes est considérée au niveau mondial comme la première cause de perte de biodiversité, au même titre que la destruction des habitats, souligne Tony Dejean. Nous n'avons pas su intervenir à temps pour d'autres espèces envahissantes comme le ragondin ou l'écrevisse. Pour la grenouille-taureau il n'est pas encore trop tard." Les premiers résultats pourront commencer à être étudiés l'été prochain. S'ils sont satisfaisants, et à condition de convaincre d'autres partenaires, l'opération pourrait être étendue à l'ensemble du Sud-ouest.

Pragmatique, le président du parc régional Michel Moyrand raisonne d'abord à plus petite échelle. "Nous devons au moins convaincre les voisins directs du parc, les départements de la Dordogne et de la Haute-Vienne, pour que l'opération se poursuive après 2007 et au-delà de notre zone", explique-t-il, conscient qu'un effort localisé pourrait rapidement être réduit à néant. Il ne cache pas sa fierté d'avoir réussi à réunir les 100 000 euros nécessaires à l'organisation de cette première campagne. "Les habitants ont en tout cas bien compris l'importance d'agir vite", se réjouit-il. Surtout ceux que le chant puissant de la grenouille-taureau empêche de dormir la nuit.

(1) En Gironde et en Dordogne. La Savoie et le Loir-et-Cher sont aussi des foyers de peuplement.

Par Sophie LEMAIRE / Libération du 14 août 2006




Pour ce qui est de l'ibis sacré, je vous propose d'aller sur la page :
" Threskiornithidés "

Pour ce qui est de l'éradication de la mangouste introduite en Martinique et en Guadeloupe et où la quasi totalité de serpents ont disparu :
http://www.martinique.ecologie.gouv.fr/exogene.html

Pour le Bulbul orphée, introduit depuis l'île Maurice et en passe de supplanter le Bulbul bourbon sur l'île de la Réunion :
http://www.reunion.pref.gouv.fr/intpref/raa/2005/janvier/107.pdf






[ Corrélats : Colonisation / Invasion / ...]

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