Entrez un mot-clé
Erratisme


Certaines espèces animales, le plus souvent soumises à des fluctuations démographiques périodiques et / ou des pénuries alimentaires, quittent pour un temps leurs territoires habituels pour faire irruption en des endroits où on n'a guère l'occasion de les observer. On parle alors pour ces espèces de comportement erratique.

Jaseur boréal (Bombycilla garrulus)
Un certain nombre d'espèces d'oiseaux en Europe font ainsi preuve d'erratisme.


C'est le cas du jaseur boréal (Bombycilla garrulus), du syrrhapte paradoxal (Syrrhaptes paradoxus) ou de l'étourneau roselin (Sturnus roseus).




Ibis falcinelle (Plegadis falcinellus)
Château de Suscinio (Morbihan) 4 octobre 2005
Depuis un bon mois maintenant, les observations d'ibis falcinelle (Plegadis falcinellus) se multiplient sur le territoire français, surtout dans la vallée du Rhône ou dans les Dombes.Début octobre 2005, deux jeunes individus sont sur les étangs et les salines du château de Suscinio dans le Morbihan.

(La photographie ci-contre n'est pas très piquée, cela tient surtout à ce qu'il y avait un brouillard à couper au couteau, le matin où elle fut prise, avec un appareil numérique... avec un argentique, la photographie n'aurait même pas pu être prise !)


L'ibis falcinelle est donné comme une espèce peu commune et localisée. J'avais précédemment observé cette espèce uniquement sur des marécages et des bois tourbeux en Roumanie, en Bulgarie, en Anatolie et en Macédoine.

Je ne sais pas si ces oiseaux, qui normalement migrent en Afrique, resteront longtemps chez nous et si, à l'instar de la grande aigrette, balkanique aussi, cette espèce se décidera à nicher en Bretagne ?




Les voyages forment la jeunesse ?

Je ne sais pas s'il faut parler d'erratisme ou d'errance pour désigner le fait que chaque année, on peut observer quelques individus, souvent seuls, mais appartenant à des dizaines d'espèces d'oiseaux principalement, mais aussi des insectes, des batraciens, des reptiles, très loin de leurs bases, de leur aire de répartition normale ou de leurs routes de migration habituelles.

C'est particulièrement le cas pour des espèces nord-américaines que l'on observe sur nos côtes et plus encore sur certaines îles (Ouessant, Sein, îles de la Frise, Helgoland, etc.).

L'arrivée de ces oiseaux, parfois en très grand nombre (plusieurs milliers de grands labbes au cap gris nez, cette année 2005) est à mettre en relation avec des perturbations météorologiques majeures qui frappent le continent américain. Les deux cyclones Erika et Rita ont été suivis d'une quantité impressionnante d'observations de ces oiseaux (bécasseau de Baird, marouette de Caroline, etc.).

J'observe que ces oiseaux ne sont pratiquement plus jamais ultérieurement observés en dehors des îles où, il est vrai, le nombre de cocheurs est important. Il y a probablement peu de chance que ces oiseaux nord-américains, autres que les bons voiliers (labbes, goélands) ne retournent sur leur continent.

Il en va sans doute autrement des oiseaux du paléarctique qui s'égarent.

Bien avant l'installation du pic noir en Bretagne, il arrivait que l'on observe des individus, surtout en période hivernale. Mais les jeunes de cette espèce étaient connus pour leur erratisme.

Je ne sais pas si la bargette de Terek (Xenus cinereus) ou le chevalier stagnatile (Tringa stagnatilis), que j'avais rencontrés, ont survécu à leur égarement. Je dirai qu'ils sont retournés plus probablement en Sibérie que le limnodrome à long bec (Limnodromus scolopaceus) que j'avais trouvé sur les pelouse inondées à la pointe de Penvins, n'a retrouvé son Canada d'origine.

Juste une dernière remarque : des oiseaux sibériens originaires des régions où sévit la grippe aviaire ont, même si c'est en petit nombre*, parfaitement la capacité de venir jusque dans nos régions.

[* En réalité, nous ne savons pas vraiment combien d'oiseaux inhabituels nous visitent chaque année. La probabilité de cocher une espèce rare attire nettement plus d'observateurs sur les îles et particulièrement sur Ouessant que d'autres milieux où la coche reste très exceptionnelle.]

Un dernier point : cette année 2005, plusieurs vautours fauves sont arrivés sur des cadavres de porcs dans le Finistère. Comment ont-ils su que ces cadavres existaient ?




Vers une gestion des populations d'oiseaux ravageurs :
http://www.inra.fr/dpenv/clergc09.htm

Le jaseur boréal :
http://www.oiseaux.net/oiseaux/passeriformes/jaseur.boreal.html

Une histoire de jaseur boréal :
http://www.ecritsdesbetes.fr/jaseur.html





[ Corrélats : Oiseaux / Irruption / ...]

Retour