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Risques de mort et espérance de vie

Je suis entré dans ma phase terminale le jour de ma naissance, et vous ?


La vie ne vaut pas cher, mourir n’est pas grave. Le tout, c’est de vivre conformément à l’honneur et à l’idéal qu’on se fait.

Berty Albrecht


Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : L’espérance de vie est une donnée statistique / a) Les risques de mortalité / b) Savoir pour prévenir est-il suffisant ? / c) Désespérance de vie /

Base de données IRDES /
Espérance de vie : peut-on gagner trois mois par an indéfiniment ? /
Inégalités sociales de santé /
L’espérance de vie en bonne santé : très peu d’écart entre les femmes et les hommes /
Espérance de vie en Europe (2008) /
Évolution de l’espérance de vie par département selon le sexe /
L'espérance de vie s'allonge en Europe mais dans quel état de santé ? /
Espérance de vie : les Français vivent plus vieux mais pas toujours mieux /
Retraites : l’espérance de vie des plus pauvres est-elle en train de reculer ? /
L'EU-OSHA soutient l'Année européenne du vieillissement actif /
La pollution atmosphérique réduit l’espérance de vie /
Les espérances de vie en bonne santé des Européens /
A quel âge devient-on vieux ? /
La chimie industrielle, 100 ans d’«impunité» /


Sites Internet et articles / Corrélats /


Pierre Tombal (Hardy et Cauvin)
L’espérance de vie est une donnée statistique.

L’espérance de vie à la naissance nous dit jusqu’à quel âge un individu peut espérer vivre, enfin s’il ne boit pas comme un trou, fume comme un pompier, baise le ou la première venu(e) sans capote, conduit bourré ou une épave, se comporte comme tel et prend tous les risques… Cela écrit, pratiquer l’ascèse n’est pas synonyme de vie longue pour autant, voyez en Éthiopie.

L’espérance de vie à un âge X nous indique combien de temps il nous reste statistiquement à végéter avant que nos héritiers débouchent le champagne. Autrement dit, si on a échappé à l’acné juvénile, il arrive un temps où il vaut mieux se préparer au cancer du côlon sauf si on a bossé dans l’amiante.


L'espérance de vie en bonne santé ou années de vie en bonne santé (AVBS), représente le nombre d'années en bonne santé qu'une personne peut s'attendre à vivre sans limitation importante d'activités dans les gestes de la vie quotidienne et l'absence d'incapacités au travail, principalement.

En 2010, l’espérance de vie en bonne santé se situe autour de 63 ans alors que l’espérance de vie pour les hommes est de 77 ans et de 84 ans pour les femmes… Autrement dit, la sécu n’a pas de beaux jours devant elle !

Enfin, tous ces chiffres sont des statistiques, c’est la même chose pour la dépendance des vieux. Il n’en reste pas moins que c’est sur ces données que les saloparkozystes se fondent pour nous concocter des réformes des retraites ou de la sécu grâce auxquelles nous mourrons plus vite, plus pauvres, plus affamés, plus malades, moins bien soignés, moins bien chauffés, moins bien nourris, etc. surtout les femmes !

Une précision quand même à propos de la façon dont on calcule l’espérance de vie et pourquoi cette donnée est faussée :

Une année n donnée, l'espérance de vie à la naissance est l'âge moyen au décès d'une génération fictive de personnes soumises à chaque âge aux risques de décès, par âge observé cette année-là.Il a été calculé de la façon suivante :



où S(i) est le nombre de survivants à l'âge i en début d'année. Par convention, S(0)=10000.Le nombre de survivants à chaque âge se déduit par récurrence :



avec i>=1 et qi-1 est le quotient de décès à l'âge i-1 (âge atteint dans l'année) observé l'année n.

De la même façon, on peut définir des espérances de vie à un âge x donné. C'est la moyenne des âges au décès des personnes encore survivantes à l'âge x, pour une génération fictive.



Pour ceux ou celles pour qui ces formulations mathématiques leur sembleraient du blanc d'extrême-droite, autrement dit, pas claires, je peux le dire autrement.

Lorsque l'on a davantage d'enfants qui meurent en bas-âge, cela tire l'espérance de vie vers le bas. C'est la raison pour laquelle, il y a deux cents ans l'espèrance de vie était de l'ordre d'une quarantaine d'années parce que les couples mettaient au monde une dizaine de gamins dont la moitié mourrait avant 5 ans. Cela n'empêchait pas à ceux qui passaient ce cap difficile de vivre aussi vieux que nous autres maintenant, mais pas les femmes prématurément vieillies par les grossesses successives, mais bon !



Cela écrit, Szarközy n’est qu’un avatar qu’on finira bien (trop tard) par jeter aux fins fonds d’une poubelle de l’histoire. Il n’en reste pas moins que l’on peut se demander si on peut encore espérer améliorer cette espérance de vie aussi bien dans l’absolu qu’en bonne santé et comment ?

Il paraît évident que cela passera par des progrès en médecine. Si celle-là guérit mieux certaines de nos maladies de vieux, l’espérance de vie augmentera, au moins pour les plus riches, sinon pour l’INSEE. En fait, pour espérer voir l’espérance de vie augmenter, il faut impérativement diminuer la mortalité aux âges intermédiaires pour « réserver » la mort aux seules personnes très âgées. Ce que l’on a réussi à faire pour la mortalité infantile, il faut le réaliser pour les cancers précoces, les suicides des adolescents, les accidents de circulation des jeunes adultes, les accidents du travail ou les maladies professionnelles, les addictions au tabac, aux drogues, à l’alcool, la mal bouffe, la pauvreté, la déprime, les stress et autres cancers, en un mot par la prévention en santé publique et en santé au travail. Voir : Selon l’OMS, l’espérance de vie en bonne santé pourrait augmenter de 5 à 10 ans

Mais pour promouvoir une vie saine, comme cela semble être le souhait de l’Organisation Mondiale de la Santé, il faut que les États s’en donnent les moyens. Mais la crise a bon dos quand elle permet enfin aux capitalistes d’éradiquer les derniers acquis sociaux consentis aux peuples. Comment encore oser parler de prévention de la santé quand les banksters et les élites qu’ils manipulent, créent toutes les conditions d’une dégradation sociétale jamais encore entrevue avec autant d’intensité.

Cela écrit, rien n’empêche de graisser sa Kalachnikov et de préparer un avenir plus serein. C’est la raison, qu’après m’être lavé les mains pour enlever les taches d’huile, je vais tenter de résumer les quelques propositions que j’ai pu glaner par ci, par là…

a) Les risques de mortalité :


Risques de mort en Europe
Le tableau ci-contre nous indique quels sont les principaux risques de trouver la mort en Europe. Le risque d’être frappé par la foudre est de niveau 1. Les autres risques référencés de niveau n sont n fois plus probable d’être responsable de la mort que la foudre… Ainsi le risque de mourir dans un accident d’avion est 2, le risque de mourir dans un accident de voiture est 300 et 1100 dans un accident de moto.

Diminution de l'espérance de vie (en jours)
Le tableau ci-contre nous indique quelle serait la diminution de l’espérance de vie en fonction des risques que l’on prend ou des risques que l’on côtoie. Ainsi, vivre en célibataire (homme) diminuerait l’espérance de vie de près de 10 ans ! Je ne sais pas que penser des très vieux curés ? Fumer des cigarettes tuerait plus vite les hommes que les femmes et beaucoup plus vite encore que l’alcoolisme ? Je ne vois pas bien non plus ce que fait le suicide dans ce tableau ?


Si je fournis ces deux tableaux, c’est parce que, sous cette forme ou une forme voisine, c’est ce que l’on peut trouver dans la littérature scientifique. Que les données fournies soit discutables, cela ne semble pas faire trop de doute. Dans ces cas de figure, nous sommes en présence de données statistiques lesquelles ne correspondent probablement pas aux intuitions que nous partageons en matière d’appréciation des risques ou de culture du risque. Mais c’est aussi là que réside l’intérêt de ces tableaux, seraient-ils inexacts, c’est de nous donner aussi à réfléchir entre une réalité mesurable et l’impression que nous en avons.

Ainsi, il est clair que la plupart des gens appréhendent de voyager en avion et relativement peu en voiture alors que le risque d’être victime d’un accident de la route est pratiquement 200 fois plus probable que d’être victime d’un crash. Il est vrai aussi que l’on n’a guère d’espoir de se sortir vivant d’un accident d’avion alors qu’on peut plus facilement imaginer que ce sera le cas dans un accident de voiture, ce qui est pratiquement aussi faux !

Il en va aussi de certains risques que nous prenons sans trop penser aux conséquences à terme ou en les minimisant comme fumer, boire, patachonner, etc.

Il apparaît bien que nous sommes assez irrationnels vis-à-vis des risques. Cela tient à ce que nous sommes généralement mal informés des réalités propres à un risque ; Cela tient aussi que nous sommes plutôt plus enclins à prendre des risques dont nous pensons (à tort ou à raison) que nous saurons les maîtriser et réticents à courir des risques que l’on nous imposerait ; Cela tient encore au fait que nous sommes souvent bien trop sûrs de notre capacité de faire face à une situation de risque quand bien même nous n’y serions absolument pas préparés et bien incapables de gérer nos émotions ou de sortir rapidement de l’état de choc dans lequel nous aurons été plongés.

Maîtriser les risques présuppose de bien mieux les connaître que nous le faisons aujourd’hui et ne pas simplement se construire des appréciations basées sur des on-dit ou quelque information télévisée parcellaire. On ne peut pas décemment continuer à laisser croire que l’État fait de la prévention routière en installant des milliers de radars fixes quand ceux-ci ne servent qu’à rançonner des individus assez stupides pour se faire flasher. Ceux qui sont assez malins (et asociaux) pour ralentir assez et repartir de plus belle conservent leur dangerosité. Et ce n’est pas en mettant un gendarme deux ou trois kilomètres plus loin qui le verbalisera sans doute que l’on réglera la question. Faire de la prévention routière est une affaire de cohésion sociale… Autant dire qu’avec un président comme celui qui sévit en ce moment, c’est peine perdue. Et si ça n’a pas été beaucoup mieux avec les autres présidents qui l’ont précédé, c’est bien que les États bourgeois ont toujours eu de belles paroles qu’ils planquent bien soigneusement pour les empêcher de s’envoler.

Il va pareillement du tabac, nouveau cheval de bataille des moralistes de tout poil, qu’il faut interdire partout et à tout le monde, mais en continuant à le vendre… pas trop cher pour ne pas se couper de recettes fiscales intéressantes ! De deux choses l’une, ce n’est pas bon, c’est comme l’amiante, on l’interdit, soit on nous enfume.

Remarquablement, nos bons docteurs ne l’ouvrent guère quand des ouvriers sont soumis, sans qu’ils le sachent souvent, aux vapeurs de la triméthyldégueulamine qui les tuera trente ans plus tard dans des souffrances torquemadesques et sans indemnités ou recherche de responsabilité si l’on sait prendre la précaution de couper toute traçabilité dans leur carrière de travailleur. L’intérim ou la sous-traitance (remarquable mot, n’est-il pas ?), c’est très pratique pour cela.

Tout n‘est peut-être pas perdu sinon l’honneur, mais ça nous n’y pouvons mais !

b) Savoir pour prévenir est-il suffisant ?

Parmi les causes les plus souvent avancées pour expliquer un surplus de morts prématurées, c’est-à-dire intervenant avant 65 ans, la première fait référence aux déséquilibres alimentaires, au surpoids et à l’obésité. Il est vrai que, dans notre pays, des déséquibres alimentaires entraînant un kwasiarkor doivent être assez rares.

Trop de sel, trop de sucres, trop de graisses ou pas les bonnes, pas assez de fruits ou de légumes, etc. Tout est bon pour montrer du doigt le consommateur ignorant qui achète n’importe quoi et se gave de cochonneries. Mais pas un mot sur ceux qui fabriquent ces cochonneries, pas un mot sur ceux qui rajoutent du sucre, du sel, de l’huile de palme, voire de l’eau pour faire du beurre ! Pas un mot sur ceux qui ont largement profité du passage à l’euro pour nous vendre les produits considérablement plus cher. Pas un mot sur ceux qui étranglent les producteurs de fruits et légumes, mais font 5 à 10 fois la culbute des prix, intermédiaires ou pas. Pas un mot sur ceux qui maintienent les salariés à la porte de la pauvreté et les contraignent à mal bouffer ou à mal se soigner. Voir aussi : Cancer et alimentation : nouvelle enquête /

Bettencourt aurait-elle vingt trous du cul qui justifiraient qu’elle gagne autant de fric ?

La deuxième cause est la consommation de tabac et celle d’alcools. J’aimerais bien que l’on me dise si la non-addiction à ces produits aurait un effet positif. Je n’en suis pas totalement convaincu, surtout pas quand je mesure dans quel état de stress, d’angoisse, de panique se traînent mes concitoyens à cause de leur patron, leurs collègues, leur boulot, leurs mômes, leurs élèves, leur conjoint, leurs voisins, les immigrés, les roms, Sarko et ses nervis, la fin du paquet de clopes quand les tabacs sont fermés ou le pas-assez-de-fric pour faire le plein de gasoil et prendre une bouteille de Pastis à la station service… La liste est interminable. Sauf à imaginer que le Prozac suffise à compenser ?

La troisème cause est le manque d’excercice. Mais comment voulez-vous faire de l’excercice quand on risque de manquer les émissions diffusées sur TF1 et qui sont d’une telle qualité ?

Une quatrième cause serait les cancers qu’on ne dépisteraient pas assez tôt… Ce qui serait bien aussi ce serait qu’on les pistât assez tôt. Par exemple, le cancer colorectal peut-être dû aux nitrates des paysans, les cancers hormonaux peut-être dus aux pesticides dans les champs, les fruits, les eaux ou aux hormones dans la viande, les poissons ; les cancers du cerveau qui frappent les enfants des écoles auprès desquelles on a installé des antennes relais pour la téléphonie ; le cancer de la prostate en Guadeloupe à cause de la chlordécone, sans déconner ! Remarquablement, il se trouve toujours assez de lyssenkoopérant pour que toute enquête qui pourrait apporter des éclairsissements soient très vite enterrées, leurs auteurs criminalisés, et si ce sont des chercheurs, leurs fonds bloqués, leurs carrières brisées. Toutes joyeusetés contre lesquelles tout un chacun n’est pas nécessairement en mesure de lutter sans pour autant en faire un lâche.

Il faudrait peut-être aussi rechercher des causes de mortalité prématurée dans les maladies professionnelles et les acidents du travail, mais on a surtout fait au mieux pour faire disparaître les médecins du travail en attendant d’en faire autant avec la médecine du travail. Beau progrès à l’évidence.

Je pourrais multiplier ainsi les exemples où derrière le discours, se glissent des intérêts et des lobbies qui ont tôt fait de faire oublier les belles intentions pour mieux nous faire emprunter les pavés de l’enfer.

c) Désespérance de vie

Lors d’une récente manif contre la réforme des retraites voulue par cette saloparkordurenazy, j’avais défilé avec une petite pancarte sur laquelle j’avais écrit « Réforme des retraites pour les femmes : la lapidation leur aurait paru bien douce ! ».

Je ne suis pas bien convaincu que nous aspirions à vivre plus longtemps dans les conditions que l’on promet à tant de nos contemporains.

Dans le Morbihan, je dois fais figure de grand privilégié : pensez donc, maître de conférences, 37 années de service, surcôte, parce que parti à 65 ans et tout le bazar pour 2300 € mensuel, des coups à avoir honte surtout si l’on sait que la moyenne des retraites pour les hommes dans ce département doit se situer autour de 1200 € mensuel et celle des femmes autour de 850 € mensuel. Honte de voir certains de mes voisins qui ont bossé davantage que je ne l’ai probablement fait et surtout dans des conditions autrement plus pénibles devoir pointer au restaurant du cœur ou au secours populaire.

Je ne suis pas bien sûr que cela donne plus que cela envie de vivre encore très vieux, dans la perspective de devoir tout à la solidarité, de ne plus espèrer avoir jamais quelque autonomie, de n’être plus sûr de pouvoir se chauffer l’hiver, d’aller encore une fois chez le boucher…

L’insistance de Sarkorrompu à nous parler de la dépendance des vieux vaudrait qu’on l’abatte tant cette proposition est indécente et même criminelle dans la conjoncture actuelle, c'est-à-dire celle qu'il a mise en place et qu'il est en train de développer jusqu'à l'insupportable.










[ Corrélats : Vie et mort / ...]



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