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Estuaires et deltas
Estuaires et deltas



La rade de Lorient (estuaire du Blavet et du Scorff)
Les estuaires constituent la partie à l'aval d'un fleuve dans laquelle les marées se font sentir et dont l'eau est saumâtre.


Le terme estuaire est habituellement utilisé pour l'embouchure des fleuves au niveau de la mer, cependant il peut être utilisé aussi pour la partie aval des cours d'eau qui se jettent dans un lac important

En général, l'estuaire correspond à une zone élargie du lit du fleuve qui se divise en nombreux bras et méandres. C'est une région de forte sédimentation, caractérisée par l'existence d'un "bouchon vaseux" se déplaçant dans le cours principal avec le flux et le reflux de la marée.

Les estuaires, sur le plan écologique, sont un écotone, c’est-à-dire une lisière entre la fin du cours d’un fleuve et l’océan dans lequel il s’écoule. Comme tel, on trouvera dans un estuaire, à la fois des espèces dulçaquicoles caractéristiques du fleuve et d’autres, marines, propres au littoral voisin. Compte tenu de la variabilité de la teneur en chlorure de sodium observée dans la zone estuarienne du fait de la balance des marées, les espèces qui la fréquentent sont euryhalines.

La zone estuarienne est d’autant plus étendue que l’amplitude moyenne des marées sera forte. Ainsi le panache d’eau faiblement salé, à marée descendante, dans la rade de Lorient laquelle est formée par la confluence du Blavet et du Scorff, atteint les coureaux de Groix. A contrario, l’onde de marée montante se fait encore sentir, dans le Blavet, bien au-delà d’Hennebont, c’est-à-dire 14 ou 15 kilomètres en amont, et cette onde devait probablement remonter plus loin avant la construction d’une écluse qui la contrarie maintenant.

Les estuaires font partie de ces quelques écosystèmes présentant les plus fortes productivités sur la planète. Non seulement ils bénéficient d’une biodiversité remarquable comme écotone, mais, en outre, ils accueillent régulièrement de multiples espèces de poissons dont les écophases juvéniles y constituent d’importantes nurseries (harengs, bars, mulets, aloses, etc.). Ils sont aussi le passage obligé des espèces migratrices catadromes (civelles, anguilles) ou anadromes (saumons, esturgeons) qui y séjournent pendant des temps plus ou moins longs.

Malheureusement, les estuaires sont aussi des zones très prisées par les hommes qui les ont fortement urbanisées et industrialisées (installations portuaires, terminaux pétroliers, industries pétrochimiques, centrales énergétiques diverses). Les conséquences de cette occupation anarchique et non précautionneuse, sont d’abord une dénaturation de l’écosystème proprement dit (dragages), mais surtout une pollution multiforme et souvent dramatique pour les espèces dont beaucoup sont très menacées.




Dépôts alluvionnaires à l'embouchure
d'une rivière dans un lac au Canada
Les deltas sont une construction sédimentaire littorale en forme d'éventail, à faible pente, plus ou moins marécageuse, édifiée au débouché d'un cours d'eau dans la mer, dans un lac ou dans un autre cours d'eau.


Le modelé, la configuration et la taille d'un delta dépendent de la combinaison des agents érosifs fluviatiles (compétence du cours d'eau, masse de la charge solide) et marins (marées, vagues, profondeur de la plate forme sous-marine) qui le façonnent.

Le dépôt d'alluvions entraîne la formation de levées naturelles, l'exhaussement du lit et la division inégale de l'écoulement en deux ou plusieurs bras ramifiés. La sédimentation peut progresser rapidement vers l'aval, jusqu'à 100 mètres et plus par an. À la marge littorale du delta, les courants marins redistribuent les alluvions déversés par les bouches actives et alimentent des flèches et cordons littoraux. Ainsi, entre tous les bourrelets anciens ou en voie d'édification, se forment des dépressions envasées, des marais, des étangs et des lagunes. Lors des fortes crues, les défluviations peuvent modifier grandement la distribution des eaux fluviales et la topographie locale.

La forme des deltas permet de les classer en deltas digités, aux levées très allongées terminées en pointes (Mississippi) ; en deltas lobés, aux avancées plus massives refoulés à la côte (Rhône, Pô, Volga) ; en deltas arqués ou " en croissant ", comme ceux du Nil ou du Danube ; en deltas arrondis quand les courants côtiers sont très efficaces (Arna, Llobregat) ; en deltas atrophiés, réduits à une légère saillie du littoral (Têt). Il existe d'autres formes très particulières. Ainsi la soudure de plusieurs deltas crée de véritables plaines deltaïques (Gange / Brahmapoutre, Irraouady ou deltas des grands fleuves arctiques : Léna, Yukon, Mackenzie) . Sur la Mer du Nord, la coalescence des bouches de l'Escaut, de la Meuse et du Rhin a valu à la plaine qui s'étend du Nord de Calais à Amsterdam le nom de Grand Delta.

En avant de certaines embouchures, des deltas sous-marins pourraient être transformés en véritables deltas par accroissement de la sédimentation d'origine fluviale.

Par extension, le terme de delta désigne le dépôt d'alluvions dans une cuvette continentale quand la diminution rapide du débit (Murrumbidgee, en Australie, avant d'atteindre le Murray) ou quand la réduction de la pente (" delta intérieur " du Niger en Afrique) oblige un cours d'eau à abandonner la plus grande partie de sa charge. Le cours se divise alors en une multitude de bras dans une immense plaine.





[Corrélats : Catadromes / Anadromes / Hareng / Anguille / Loi " Littoral " / Colloïdes / Valence écologique / Zones subtidales / Zones piscicoles / Mangroves / Oligochètes / Sédimentation / Loutre / Frayère / Phytoplancton / Dépôts alluviaux / Dunes littorales / Poissons / Directive habitat / Corine biotopes / ...]

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