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Les feux de forêt
Les feux de forêt


Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : I) Description du phénomène / Les facteurs de prédisposition / Les facteurs d'éclosion / Les facteurs de propagation / II) L'impact des incendies de forêt / III) Une politique de prévention / Agir préventivement sur les causes de départ accidentel de feux / Mieux équiper les massifs forestiers / Mieux gérer et aménager l'espace / IV) La législation / V) Sylviculture préventive et réparatrice / Sylviculture préventive / Sylviculture de régénération / La maîtrise du feu / La maîtrise du feu / Catastrophes naturelles. La faillite des États (votez DSK) / Liens Internet / Corrélats /
Les feux de végétation étroitement liés aux changements climatiques /
Le sud-est de l'Australie est ravagé par les incendies les plus meurtriers de son histoire /
Incendies et sécheresses répétés, une menace pour la forêt méditerranéenne /
L'actualité sur les feux de forêts /
Les pins européens résistent bien au feu /
ÉVALUATION DE LA COMBUSTIBILITÉ ET DE L’INFLAMMABILITÉ DE LA VÉGÉTATION EN PROVENCE /
Les grands incendies de forêts /
Dossier : combattre le feu avec les trackers /
Lutte contre les incendies de forêt : un article du Code forestier jugé inconstitutionnel /
Le risque de feux de forêts en France /
Effets sanitaires liés à la pollution générée par les feux de végétation à l’air libre /

Un très grand feu... à la limite de la tempête de feu. (Yellowstone)
I) Description du phénomène

» Les facteurs de prédisposition

Tous les espaces végétalisés peuvent brûler un jour ou l'autre.

Toutefois, la probabilité qu'un feu se développe est plus grande dans un peuplement de pins d'Alep, en été ou après un épisode de sécheresse durable, un jour de fort mistral en région méditerranéenne que dans une pessière du Jura.


Si l'on observe l'état d'un peuplement après le passage du feu, on pourra constater que seuls les plus petits rameaux ont brûlé.

Le premier facteur favorisant l'inflammabilité d'un peuplement dépend de la proportion d'éléments fins et découpés dans la végétation. Ces éléments sont plus sensibles à la dessiccation et au rayonnement et seront donc mieux disposés à brûler si leur teneur en eau est faible, particulièrement en période de sécheresse et/ou en période venteuse.

La grande majorité des feux de forêt sont déclenchés à la suite d'une action humaine, criminelle, très souvent, ou accidentelle.

Le second facteur de prédisposition dépend du rapport qu'entretient l'homme, dans son occupation des sols, avec le massif forestier. Par exemple, en maints endroits, la déprise agricole a fait disparaître les discontinuités que constituaient les espaces cultivés, dans le même temps, l'extension des zones urbanisées atteint les abords des zones boisées.

» Les facteurs d'éclosion

Un feu de forêt est un phénomène physico-chimique discontinu. Il faut dans un premier temps que la végétation perde son eau par évaporation, laquelle est accélérée par le rayonnement et le vent ; puis des phénomènes de pyrolyse favorisent l'émission de gaz inflammables ; enfin, l'inflammation se produit, laquelle par le rayonnement qu'elle provoque, favorise la dessiccation de la végétation à proximité.

L'inflammabilité des végétaux dépend, en premier lieu, de leur teneur en eau. Lorsqu'elle est faible, les végétaux s'enflamment à des températures relativement basses (300° C). Une allumette enflammée, un mégot incandescent ou un impact de foudre fournissent alors suffisamment de chaleur pour déclencher un incendie.

La teneur en eau des végétaux dépend pour une grande partie des conditions climatiques des jours et des semaines précédents. Le vent et le temps sec favorisent l'évapotranspiration, laquelle sera d'autant plus forte que les végétaux seront plus découpés ou fins. Naturellement les précipitations maintiennent une forte teneur en eau dans les végétaux, mais c'est aussi le cas de la rosée ou des brouillards. L'ombre apportée par les canopées, en maintenant une forte humidité de l'air, favorise aussi une bonne teneur en eau des végétaux.

L'inflammabilité des végétaux dépend en second lieu de leur composition chimique. En région méditerranéenne, certaines espèces sont riches en essences volatiles qui augmentent leur inflammabilité, mais d'autres sont riches en résines ou possèdent des cires qui recouvrent la cuticule des feuilles, limitant l'évapotranspiration et diminuant donc leur inflammabilité.

Le troisième facteur favorisant l'éclosion des feux en forêt est lié à l'accroissement de l'urbanisation. Celle-ci s'est faite, bien souvent, aux dépens des zones forestières, particulièrement en région méditerranéenne. En outre, une augmentation de la population urbanisée se traduit aussi par une forte demande d'espace de loisirs naturels (plage, montagne, forêt, etc.) et un accroissement de la vulnérabilité de ces espaces.

» Les facteurs de propagation

La propagation d'un feu en forêt est saltatoire et se décompose en plusieurs étapes : combustion avec émission de chaleur et d'énergie rayonnante, dessiccation et pyrolyse de la végétation de proximité et inflammation.

Le rayonnement infrarouge est l'élément essentiel de la propagation d'un feu de forêt. La convection intervient en second, surtout s'il y a du vent ou dans le cas de feux remontant une pente. La convection est importante dans le déclenchement des feux secondaires (transports de brandons) et de sautes de feu.

La propagation d'un feu de forêt est largement influencée par la capacité qu'un peuplement a de dégager de l'énergie en se consumant. Cette capacité s'appelle la combustibilité. Celle-ci est une fonction complexe de la biomasse du combustible, de sa composition chimique et en eau, de son pouvoir calorifique, de sa distribution verticale et horizontale dans l'espace (strates, discontinuités), etc.

Le vent est un facteur majeur dans la propagation. Il agit d'abord en favorisant le renouvellement de l'oxygène, qui, sinon, est assez fortement consommé pour diminuer la vitesse de propagation. Le vent agit aussi en rabattant les flammes et en favorisant le transport des matières incandescentes.

La pente, en modifiant l'inclinaison relative des flammes par rapport au sol, favorise la propagation ascendante, alors que la propagation descendante est ralentie, voire stoppée.

Par ailleurs, la composition de la végétation varie selon l'exposition des pentes. Celles exposées au soleil et au vent ont des peuplements plus sensibles aux incendies que celles fraîches ou abritées.

L'homme, enfin, joue un rôle prépondérant sur la propagation, soit en la favorisant, soit en la ralentissant.

La déprise agricole a entraîné une augmentation formidable des surfaces boisées dans notre pays. Ces surfaces sont aussi moins bien entretenues et cela pour la raison qu'il y a de moins en moins de personnes pour les entretenir. Des zones forestières, jadis discontinues, offrent maintenant des interfaces de continuité, favorables à la propagation des feux. En même temps, la biomasse combustible augmente en surface, mais aussi en volume (strates).

Enfin, associée à une politique de mitage de plus en plus généralisée, surtout en région PACA, la déprise agricole rend la lutte contre les feux de forêt de plus en plus difficile.

À quand une véritable politique des espaces ruraux dont on sait pourtant qu'elle aurait des impacts majeurs sur la prévention d'un certain nombre de risques naturels comme les incendies de forêt, mais aussi les inondations ou les avalanches ?

II) L'impact des incendies de forêt

En France, les incendies de forêt se révèlent, pour l'instant, moins meurtriers que beaucoup de catastrophes naturelles. Il est vrai que les seules inondations de ces dix dernières années ont fait plus de deux cents victimes... mais pour combien de temps ?

Le coût d'un incendie de forêt n'est jamais véritablement chiffré. La destruction de bâtiments, de lignes électriques ou téléphoniques, d'infrastructures routières ou ferroviaires, de panneaux, de clôtures, de récoltes, n'est jamais détaillée. Les coûts indirects, mobilisation des secours, immobilisation des populations, des secteurs d'activité, ne sont jamais évalués.

Les pertes en bois d'œuvre, de construction ou de chauffage sont difficiles à établir.

Comment encore évaluer, fiduciairement, la perte d'une espèce végétale ou animale rare ou menacée de disparition ?

Sans doute, la végétation se reconstitue-t-elle assez rapidement à la suite d'un incendie, à la condition que ceux-ci n'aient pas une fréquence trop élevée, mais qu'en est-il des communautés végétales ou animales inféodées à des écosystèmes particuliers ? Bien que nous ne soyons pas toujours en mesure d'apporter des réponses systématiques, force est de constater que les incendies de forêt contribuent davantage à un appauvrissement de la biodiversité qu'à son enrichissement.

Par ailleurs, des politiques de reboisement n'ont pas toujours été judicieuses en termes de reconstitution de la biodiversité. Depuis quelques années, les directives habitats forestiers (CORINE, Natura 2000) offrent quelque espoir de voir les tendances s'inverser, d'autant plus vite que les politiques gestionnaires de l'ONF, qui allaient dans le bon sens, ont su s'imposer.

Les incendies de forêt ont aussi des impacts sur la faune. Si les grands mammifères et les oiseaux adultes échappent généralement aux flammes, il n'en est pas de même des micromammifères (hérissons, musaraignes, campagnols et mulots, loirs ou lérots, chauve-souris, etc.), des reptiles (dont les tortues), des batraciens (grenouilles et salamandres), des insectes et plus encore de la microfaune et de la microflore des sols qui sont anéantis.

Au niveau des sols, les incendies de forêt les rendent, du fait de la découverture végétale, particulièrement sensibles à l'érosion. En outre, le passage du feu modifie la composition en bases et en azote des sols. L'enrichissement en potasse pose, quant à lui, différents problèmes dont il faut tenir compte.

L'impact d'un incendie de forêt sur le paysage est difficile à évaluer. La structure grenue et sombre engendrée par un massif forestier, laquelle suggère à l'observateur une certaine impénétrabilité du site et sa sauvagerie, disparaît.

La reconstitution du paysage, suggérant ces mêmes émotions, est longue et difficile, en particulier auprès des populations locales qui en sont les premières observatrices et les mieux impliquées dans sa restitution et sa pérennité.

III) Une politique de prévention

Une politique de prévention vise à mettre en œuvre les actions destinées à réduire les impacts d'un phénomène naturel sur les personnes et les biens. Il s'agit avant tout d'agir avant la survenue d'un phénomène.

» Agir préventivement sur les causes de départ accidentel de feux

C'est-à-dire sur les imprudences, les négligences liées aux travaux agricoles ou forestiers, aux loisirs et les infrastructures mal protégées (décharges, lignes électriques, circulation des trains ou des véhicules automobiles, etc.)...

La résorption des causes de départ de feux passe par trois actions essentielles.

D'abord, l'information et la sensibilisation des propriétaires, des gestionnaires et de tous les utilisateurs de l'espace agricole et forestier, même occasionnels, sur les comportements à risque en milieu forestier.

Puis par la recherche plus systématique des causes d'un départ de feu. La gendarmerie et les sapeurs-pompiers ont, sur ce point, un rôle déterminant.

Enfin par des mesures techniques visant à aménager les zones de contact "activités humaines - massif forestier" où se situent la plupart des départs afin de les limiter ou de les dissuader.

» Mieux surveiller les massifs forestiers

La surveillance des massifs forestiers, surtout en période de risque sévère ou très sévère, vise d'une part à détecter le plus rapidement possible un départ de feu, puisque l'on sait qu'un feu naissant aura peu de chances de se développer et qu'il sera facile à combattre et d'autre part, à mieux dissuader d'éventuels comportements à risque, voire criminels.

Une vigie de surveillance du massif
de Camors Florange implantée sur un château d'eau
Il n'est pas nécessaire de surveiller un massif forestier en permanence. Un dispositif léger de surveillance (les patrouilles à cheval sont particulièrement efficaces) peut être mis en place, toute l'année. Ces patrouilles seront surtout dissuasives à l'égard des pyromanes, surtout si leur rythmicité et les parcours choisis sont aléatoires et tenus secrets.


Par contre, ces surveillances sont rendues impératives lorsque l'indice Forêt-Météo est sévère ou très sévère. Les dispositifs de surveillance, outre les patrouilles, combinent les moyens terrestres (vigies installées sur des tours de guet, des châteaux d'eau ou des clochers et/ou des vigies mobiles) et des dispositifs aériens (dispositif de prévention assuré par des professionnels, mais aussi par des pilotes amateurs, de l'aviation commerciale civile ou de l'armée de l'air).

Lorsque le risque de feux de forêt est imminent, à ces dispositifs de surveillance, on procédera à une mobilisation préventive d'hommes et de matériels, directement stationnés sur le terrain et prêts à intervenir.

» Mieux équiper les massifs forestiers

Il s'agit pour l'essentiel de créer des pistes ou d'améliorer le réseau existant et en second, d'entretenir et d'alimenter des points d'eau judicieusement répartis.

Équiper les massifs forestiers en pistes PFCI (Protection des Forêts Contre l'Incendie) répond à deux impératifs : d'abord faciliter leur accès aux sapeurs-pompiers et, secondairement, leur ajouter des discontinuités horizontales (encore que celles-ci ne sont guère efficaces en cas de grands feux).

Idéalement, les pistes doivent être conçues pour permettre à des gros-porteurs d'eau d'y circuler rapidement et d'y manœuvrer facilement, cela suppose qu'elle seront suffisamment surélevées des fossés qui les bordent afin qu'elles se ressuient vite en période pluvieuse et ne gèlent pas en période froide ; lorsque cela est possible, la piste se terminera en cul-de-sac sur un rond-point assez vaste pour permettre le stationnement de sécurité de véhicules et d'hommes coupés par le feu ou l'atterrissage d'un hélicoptère (les pistes cul-de-sac se révèlent très dissuasives pour les pyromanes dont on sait qu'ils agissent avec la plus grande discrétion pour déposer leurs dispositifs de mise à feu, en effet, ces pistes les obligent à revenir sur leurs pas augmentant, de ce fait, la probabilité d'être observés ou repérés) ; dans le même ordre d'idées, on interdira l'usage de ces pistes à tous les véhicules à moteurs (barrières, fossés) appartenant aux non ayant droits.

» Mieux gérer et aménager l'espace

Comme cela a été souligné précédemment, les zones prioritaires, car les plus vulnérables, se situent à l'interface entre les zones urbanisées et les zones boisées.

La meilleure prévention devrait consister en un contrôle plus strict de l'occupation des sols et de l'urbanisation. Notons que le premier PPRIF publié (Plan de Prévention des Risques Incendie de Forêt), l'a été en avril 2000. Il concerne la commune d'Auribeau Sur Siagne (Alpes-Maritimes) dans l'arrière-pays de Cannes. Quelques dizaines d'autres sont en voie d'élaboration, principalement dans le Vaucluse et la Charente-Maritime... Mais quid des Bouches-du-Rhône, de l'Hérault ou du Var ?

Le second volet de la prévention dans ces zones est de créer ou entretenir une agriculture ou un pastoralisme qui permettraient de maintenir des zones non boisées. Mais le maintien d'une activité rurale, donc d'une population, a un coût, d'abord social (maintien d'une école rurale, d'un collège de proximité, de petites unités de santé et de maternité, accès aux produits de consommation, aux loisirs, à la culture, à l'énergie, à la téléphonie mobile, à Internet, etc.).

Seule une politique d'incitation (fiscale d'abord et d'autres) permettra de maintenir une population rurale en mesure de participer à cet aménagement nécessaire du territoire. Ce qui est vrai pour les feux de forêt, l'est aussi pour la prévention des risques inondation ou avalanche. A-t-on jamais comparé le coût direct d'une telle incitation avec celui des indemnisations des catastrophes naturelles ?

Mais les résultats tangibles d'une telle politique ne seront visibles qu'à long terme... C'est le pari d'un développement durable. Mais quelles personnalités politiques auront ce courage, quand la seule durabilité à laquelle elles sont attachées est celle de leur mandat ?

IV) La législation

La prévention des incendies de forêt s'appuie essentiellement sur les dispositions du Code forestier (plus particulièrement le livre III) et sur un certain nombre d'autres textes spécifiques.

Les dispositions du code forestier, qui présentent un caractère administratif et répressif, ne préjugent en rien de dispositions d'intérêt général ou d'urgence, relevant de l'application du Code général des collectivités territoriales ou du Code rural (Art. 151-36).

Le règlement communautaire n° 2158-92 du Conseil de l'Union européenne du 23 juillet 1992, relatif à la protection des forêts contre l'incendie dans la communauté européenne, prorogé par le règlement n° 308-97 du 17 février 1997, prévoit que dans les zones à haut risque, les États-membres transmettent à la commission des plans de protection des forêts contre l'incendie appelés aussi schémas départementaux. Ces documents consignent les mesures déjà mises en œuvre pour la protection des forêts contre l'incendie et une évaluation de leur efficacité.

Les textes issus du Code forestier ne permettent pas d'agir sur le droit des sols. Il faut donc, dans ce cadre, se référer aux textes plus généraux issus du code de l'urbanisme (PIG, Plan d'Intérêt Général, POS, Plan d'Occupation des Sols, PAZ, Plan d'Aménagement de Zone) ou des outils de planification comme les DTA, Directives Territoriales d'Aménagement. Les PPRIF sont aussi des instruments de prévention. Ils ont été instaurés par la loi du 2 février 1995. Ils incluent les anciens Plans de Zones sensibles aux Incendies de Forêt (PZSIF).

Les PPRIF seront établis pour les communes où les niveaux d'aléas et d'enjeux sont élevés (conditions naturelles prédisposantes, fréquence élevée d'incendies de forêt ou de landes, habitat dispersé avec interfaces habitat-forêt nombreuses, forte déprise agricole).

Dans le cadre de la mise en place d'un PPRIF, l'analyse des risques aboutit à répertorier et cartographier les aléas et à recenser et cartographier les enjeux. La carte réglementaire qui en découle est une synthèse de ces deux cartes.

[- loi n° 85-1273 du 4 décembre 1985 relative à la gestion, valorisation et protection de la forêt,
- loi n° 87-565 du 22 juillet 1987 relative à l'organisation de la sécurité civile, à la protection de la forêt contre l'incendie et à la prévention des risques majeurs,
- loi n° 91-5 du 3 janvier 1991 créatrice des plans de zones sensibles aux incendies de forêt (P.Z.I.F.),
- loi n°95-101 du 2 février 1995 relative au renforcement de la protection de l'environnement,
- loi n° 2001-602 du 9 juillet 2001 d'orientation sur la forêt.
- règlement CEE n° 2158/92 du 23 juillet 1992, prorogé par le règlement n° 308/97 du 17 février 1997, prévoit que dans les zones à haut risque les états membres transmettent à la commission des plans de protection des forêts contre l'incendie aussi appelés schémas départementaux]

V) Sylviculture préventive et réparatrice

» Sylviculture préventive

Le combat contre les feux de forêt modérés se satisfait généralement des équipements forestiers classiques (pistes ou voies de circulation routières, bandes débroussaillées, points d'eau). Mais ces équipements se révèlent insuffisants en cas de grands feux fortement attisés par un vent fort. Pour combattre ces grands feux, il faut pouvoir disposer d'espaces verts (coupures agricoles, cultivées ou pâturées) ou de lignes de combat préparées à l'avance. En outre, ces équipements coûtent cher à la fois quand il faut les créer et davantage quand il faut les entretenir. Le débroussaillement, par exemple, doit être périodiquement renouvelé ; cette opération mobilise beaucoup de temps et d'hommes, quelle que soit la technique retenue et n'offre au final qu'une protection bien limitée.

Par ailleurs, à terme, le débroussaillement a des effets négatifs sur la stabilité et la régénération de certaines formations forestières.

Ce sont là quelques raisons qui ont amené les forestiers à réfléchir à des solutions faisant davantage appel à une sylviculture raisonnée et adaptée.

Sur l'existant, par exemple, l'élagage des branches basses lesquelles ne participent guère à la photosynthèse, en supprimant les relais entre la strate arbustive ou herbacée et la strate arborescente, donne de bons résultats. On peut élaguer un arbre sur 60 % de sa hauteur sans ralentir sa croissance. Les feuillus seront élagués à ras du tronc, les résineux, à cause du risque de perte de résine, seront élagués à 10 ou 20 cm du tronc. L'entretien du sous-bois avec des engins mécaniques ou par brûlage dirigé est rendu plus aisé dans un peuplement bien élagué.

Lors du reboisement, on recherchera davantage une opposition entre un couvert dense et un couvert clair plutôt qu'une opposition feuillus/résineux au prétexte que les résineux sont réputés plus inflammables que les feuillus.

On s'est aperçu que la combustibilité d'un peuplement dépendait beaucoup de la densité du couvert. Un couvert dense diminue l'inflammabilité et la combustibilité en agissant sur deux facteurs : le microclimat et la structure de la végétation.

Un couvert forestier dense crée une ambiance forestière caractérisée par une faible vitesse du vent au sol. Par exemple, sous un couvert dense de chênes verts, même par fort mistral, l'air est calme. Si un feu courant pénètre sous un tel peuplement, il ne sera pas attisé par le vent et plus facile à combattre.

De plus sous un couvert dense, l'humidité au sol ou de l'air reste élevée, favorisant la croissance d'espèces sciaphiles, généralement peu inflammables. Il arrive même qu'un feu s'éteigne de lui-même quand il pénètre sous de tels couverts tant les strates herbacées ou muscinales sont peu inflammables.

Enfin, le rayonnement solaire pénètre peu sous un couvert dense. En période de sécheresse soutenue, les plantes du sous-bois souffrent beaucoup moins de dessiccation et sont donc moins inflammables.

L'ambiance forestière créée par un couvert dense a des effets importants sur la structure de la végétation. D'abord, la biomasse des peuplements sciaphiles reste généralement faible, ensuite, du fait du maintien d'une certaine humidité, la litière se décompose mieux et plus rapidement, enfin, les branches basses, privées de lumière, dépérissent, contribuant ainsi à un élagage naturel des végétaux arborescents.

» Sylviculture de régénération

Immédiatement après un incendie, les sols, sans couverture végétale, risquent d'être soumis à des phénomènes d'érosion importants qui pourraient les rendre inaptes au reboisement.

La première priorité est donc de faire en sorte que les sols ne souffrent pas trop aux premières pluies, surtout si la couverture herbacée n'a pas eu le temps de se réinstaller. La manière la plus efficace de protéger les sols, surtout en pente, c'est la réalisation des fascines, sur place, avec des végétaux brûlés. Ces fascines, en retenant les matériaux entraînés par les pluies, créeront des réserves de sols profonds et meubles favorables aux espèces replantées.

La deuxième priorité est d'ordre sanitaire. En effet, le passage du feu n'affecte généralement que les plus petits rameaux. Certaines espèces d'arbres, bien protégées par une écorce épaisse, survivront. La tâche des forestiers, dans un premier temps, est de vérifier les atteintes du feu aux assises cambiales du tronc et des grosses branches. Si celles-ci sont gravement atteintes, il vaut mieux recéper les feuillus qui rejetteront de souche ou bien de procéder, si l'assise est atteinte sur certaines parties seulement, à la taille curative des parties atteintes. Pour les résineux qui ne rejettent pas de souche, il faudra les abattre. On pourra, pour le faire, attendre que certains d'entre eux, dans un sursaut de survie, produisent des cônes et des graines et jouent une dernière fois leur rôle de semencier.

Sur le long terme, les arbres touchés par le feu sont en souffrance et comme tous les malades, leurs potentialités de défenses sont affaiblies. Le risque phytosanitaire devient prépondérant. Les arbres, victimes des insectes xylophages (Scolytidae, Platypodidae, Cerambycidae, etc.) ou des champignons, doivent être particulièrement surveillés. Ces arbres malades peuvent devenir des foyers d'épidémies susceptibles de s'étendre aux arbres sains des zones avoisinantes.

Bien entendu, il faudra reboiser. Le réensemencement naturel a des limites et surtout il a peu de chances d'offrir spontanément la dualité, couvert dense - couvert clair, recherchée.

En outre, l'utilisation d'essences peu inflammables, judicieusement réparties, peut procéder à une politique de prévention des incendies de forêt et de développement durable remarquable.




Portail "feux de forêt" : clic

Les risques au Cemagref / Incendies de forêt /
http://www.cemagref.fr/Informations/DossiersThematiquesOld/dossierrisquesnaturels/Risques/incendies.htm

Une double rupture : la maîtrise du feu et l’avènement de l’agriculture au Néolithique :
http://dossier.univ-st-etienne.fr/crenam/www/donnee/cours/cubi/cubilicen.html

Feux de forêt sur Wikipedia : clic

Espèces pyrophiles : http://perso.orange.fr/gonzales.manuel/menu.htm

Feux de forêt : http://www.prevention-incendie66.com/

Feux de forêt : http://www.futura-sciences.com/comprendre/d/dossier391-1.php

Dossier feux de forêt :
http://www.futura-sciences.com/fr/comprendre/dossiers/doc/t/incontournables/d/feux-de-foret-information-et-prevention_391/c3/221/p1/

Feux de forêt :
http://www.incendies-de-foret.org/

Régénération naturelle pin d'Alep : http://www.prosilva.fr

Le feu, outil d'aménagement forestier: Le brûlage dirigé dans le sud des États-Unis
http://www.fao.org/documents/show_cdr.asp?url_file=/docrep/t9500f/t9500f07.htm

Les incendies prévention lutte sylviculture :
http://www.fao.org/documents/show_cdr.asp?url_file=/docrep/t9500f/t9500f07.htm

Base de donnée Prométhée : http://www.promethee.com/prom/home.do

http://www.mtda.fr/saltus/saltus/index.php (bd feux forêt pays sud Europe)

La protection contre les incendies de forêt après les feux de l'été 2003
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/brp/notices/044000283.shtml

Feux de forêt : http://atlas.gc.ca/site/francais/maps/environment/forestfires/1

Feux de forêt : Qui est responsable ?
http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=18295

Hétérogénéité d'une lande haute à Ulex europaeus en relation avec la propagation du feu (Bretagne, France) :
http://rparticle.web-p.cisti.nrc.ca/rparticle/AbstractTemplateServlet?journal=cjb&volume=76&year=&issue=&msno=b98-045&calyLang=eng

Protection de la forêt méditerranéenne contre les incendies et biodiversité :
http://www.inra.fr/dpenv/pdf/etiennd21.pdf

____________________

Les incendies de forêt dans le monde :
http://www.unisdr.org/eng/public_aware/world_camp/2000/PDF/Articulo%20%201%20Goldammer%20fre.pdf

GUIDE D’INTERPRÉTATION DES INDICATEURS MÉTÉOROLOGIQUES DU RISQUE FEU DE FORÊT :
http://www.mediaforest.net/incendie/GuideIndicateursMeteo_avril04.pdf

Feux de forêt : le climat responsable plutôt que l'homme
http://www.tela-botanica.org/actu/IMG/com_presse_cnrs_-_feux.doc



[ Autres Sites Internet et articles : http://www.prim.net \\ http://www.cemagref.fr \\ http://www.brgm.fr \\ http://www.catnat.net \\ http://www.prevention2000.org/cat_nat \\ http://www.onf.fr \\ http://www.aix-cemagref.fr \\ http://www.promethee.com \\ http://www.ofme.org \\ http://www.prevention2000.org \\ http://www.environnement.gouv.fr/IMG/pdf/FF_V2_72dpi.pdf \\ ... ]






[ Corrélats : Risques Naturels Majeurs / Régénération / D.F.C.I. / Écobuage / Représentation systémique des feux de forêt / ...]

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