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Physionomies
de la forêt boréale scandinave


Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : Comprendre les aspects éthiques et symboliques de la controverse socio-environnementale sur la forêt boréale du Québec / Sites Internet et articles / Corrélats /


Cette page n'a pas d'autre ambition que de traduire les impressions forestières qui furent les nôtres au cours de ce 5e voyage en Scandinavie de Malmö (6 juillet 2009) à Malmö (12 août 2009).

S'il est arrivé que nous puissions deviner assez justement la nature des roches, la qualité du sol, l'économie d'eau ou la variété floristique d'une station forestière sur laquelle nous nous arrêtions, les comptes-rendus qui en seront faits n'ont pas la prétention d'être des diagnostics savants de ces stations…

Notre prospective a surtout été dictée par les aléas du voyage : la route empruntée, le regard porté sur le paysage forestier, l'envie et les possibilités de s'arrêter et de se garer, les ratés… nombreux, les sans-grand-intérêts, les déjà-vus, etc. L'échantillonnage réalisé est pourtant finalement plutôt significatif et donne une assez bonne impression globale des physionomies des forêts boréales scandinaves.


Ljungby
Ljungby : On vient juste de traverser la Scanie et ses campagnes. Les chênes commencent à se faire rares. La taïga et ses résineux est encore bien sage, cultivée qu'elle est pour le papier et les meubles Ikea…

Ce sont d'ailleurs ces immenses coupes à blanc qui nous interpellent, d'autant que nous avions appris, quelque temps plus tôt à la faveur d'un article dans une revue scientifique, que les suédois allaient changer cette manière de sylviculture… Nous sommes donc venus trop tôt !
Ljungby
Ljungby : Pour autant, ces coupes à blanc sont une bonne occasion pour observer pas mal de fleurs comme des arnicas, des muguets, des épilobes ; des oiseaux comme des oies cendrées, des grues, des pigeons colombins en troupes déjà importantes, des pics et des gobe-mouches ; mais aussi des papillons, principalement des satyres, des tristans, des écailles à quatre points, etc.
Kopparberg
Kopparberg : La forêt cultivée est très dense. Mais, a contrario, de ce que l'on observe dans nos forêts bretonnes enrésinées, sur certains types de sols peu filtrants, la végétation herbacée est très riche malgré la faible luminosité qui traverse la canopée. Ce sont principalement des éricacées qui vont prospérer sur les zones les plus ombragées.
Kopparberg
Kopparberg : Sur des sols plus filtrants (podzols), c'est surtout une strate muscinale formée d'une grande variété de lichens et de mousses qui va se développer.

Premier contact avec la chouette de l'Oural : depuis la canopée, un juvénile réclame sa pitance aux parents et s'envole juste au-dessus de nos têtes…
Kopparberg
Kopparberg : La richesse en lichens est impressionnante, mais encore faut-il y regarder d'assez près car diverses espèces de Cladonia gris clair, largement dominants, ont tendance à occulter les autres espèces.
Kopparberg
Kopparberg : L'histoire glaciaire de la Scandinavie se lit partout sur ce territoire. Parmi les restes les plus significatifs, ce sont les moraines qui sont les plus facilement identifiables.

En terrain podzolique, les moraines de sable sont parfois tellement lessivées qu'il arrive que même les résineux, pourtant peu exigeant, aient du mal à prospérer. Sur cette photo, l'absence d'arbres est davantage due à une exploitation récente.
Kårböle
Kårböle : L'histoire glaciaire de la Scandinavie se lit aussi au travers de la multiplicité des lacs, des étangs, des tourbières et autres zones humides qui occupent les dépressions et qui sont le plus souvent bordées par des levées morainiques. Ce sont d'ailleurs ces levées morainiques qui ont permis de tracer des chemins, puis des routes ou des voies de chemin de fer pour se déplacer dans ces territoires. L'autre voie privilégiée est constituée par certains grands fleuves.
Änge
Änge : Les sols des forêts sont souvent chaotiques. Les boules de roches, plus ou moins cachées dans la végétation, rendent la progression plutôt difficile. Il n'est pas aisé de se prononcer sur les origines de ces formations, en particulier glaciaires. En d'autres endroits, ces chaos semblent être les témoins d'une hydrographie très modifiée, particulièrement du fait de la surrection du bouclier scandinave après la fonte des glaciers, il y a 10 000 ans.
Änge
Änge : La state herbacée est souvent haute particulièrement dans les zones de transition entre la forêt et les zones humides omniprésentes. On pourrait pratiquement parler de mégaphorbiaies…

Et cela d'autant mieux que les sols sont partout gorgés d'eau, parfois même à la limite de l'asphyxie.
Änge
Änge : Les aconits ou les lupins sont deux exemples de ces plantes à développement important.

Les lupins, originaires de l'Amérique du Nord, se sont bien acclimatés sur les orées forestières et particulièrement sur les bords des pistes et à proximité des habitations humaines. Il est probable que bon nombre de populations actuelles soient d'anciennes échappées de jardin.
Änge
Änge : Les tentatives de conquête ou de reconquête des tourbières plus ou moins comblées et plus ou moins asséchées, par les arbres, sont souvent à terme, vouées à l'échec, soit dès lors que le niveau de la nappe remonte du fait d'apports importants d'eau, soit plus classiquement aussitôt que les racines des arbres devenus assez grands rencontrent la nappe et en meurent d'asphyxie.
Hammarstrand
Hammarstrand : Difficile souvent de savoir si on a affaire à un semis naturel ou une plantation. Dans ce cas précisément, l'agrégation en bouquets laisse penser qu'il s'agit d'un semis naturel autour d'un semencier, maintenant disparu.

Cela écrit, on rencontre régulièrement des " semeurs d'arbres " qui œuvrent sur de vastes étendues totalement dégarnies. Ce sont le plus souvent des Polonais, qui se déplacent avec leurs propres voitures… La Suède, toute démocratique et avancée qu'elle prétend être, sait bien profiter aussi des pauvretés extérieures (voir ramassage des mûres).
Hammarstrand
Hammarstrand : Ce n'est pas absolument le premier renne rencontré. Cet animal était tellement embêté par les taons qu'il ne nous avait pas remarqués alors que nous déjeunions pratiquement au beau milieu de la piste.

Sa surprise fut grande quand il s'en vint pratiquement buter sur notre table et s'il nous gratifia d'un début de fuite éperdue, au bout de quelques mètres, les démangeaisons qui l'affectaient l'ont fait stopper net pour se gratter à nouveau. Ce qui eut pour résultat qu'il tourna tout autour de nous tout le temps de notre repas, café compris !
Hammarstrand
Hammarstrand : Les taons n'embêtent pas que les rennes distraits. Celui-là ci-contre eut la vie sauve pour la raison qu'il avait bien voulu poser sur la tôle du camion, parce que, en termes d'emm…, il s'est posé là et aurait bien mérité une bonne claque.

Cela écrit, les petites bestioles comme les simulies et les moustiques sont infiniment plus gênants pour les humains que les trois ou quatre espèces de taons que l'on rencontre et que l'on n'intéresse guère.
Billtjärns urskog naturreservat
Billtjärns urskog naturreservat : Cette réserve naturelle abrite une forêt primitive. Mais l'approche un peu longue et surtout l'absence totale de chemin dans la zone encore vierge ne nous a pas permis d'en profiter autrement que sur un espace réduit.

Comme souvent et un peu partout, les sols forestiers sont très superficiels. L'enracinement n'est pas très solide et les chablis se comptent par dizaines.
Billtjärns urskog naturreservat
Billtjärns urskog naturreservat : Les prêles des bois (Equisetum sylvaticum) sont très caractéristiques du caractère mouillé et acides des humus.
Billtjärns urskog naturreservat
Billtjärns urskog naturreservat : Sur les sols un peu plus profonds et bien ressuyés, se développent de belles futaies quasi exclusives à bouleau.

La strate herbacée comprend des graminées. La fruticée est riche en framboisiers desquels s'envolent des merles à plastron tout aussi inapprochables que sur nos montagnes françaises !
Billtjärns urskog naturreservat
Billtjärns urskog naturreservat : Sous les pins, la strate arbustive est composée quasi exclusivement d'éricacées.

En dépit de la densité de peuplement, l'éclairement est assez bon pour permettre à cette strate de se développer.
Billtjärns urskog naturreservat
Billtjärns urskog naturreservat : Un des moyens de se déplacer dans cette réserve, sans trop risquer de se perdre aurait pu de suivre une rivière… Il suffit d'essayer pour préférer encore se perdre !
Billtjärns urskog naturreservat
Billtjärns urskog naturreservat : Cette forêt ancienne dans laquelle nous n'avons pas pu observer des sujets très anciens, nous a offert quelques très beaux exemples de sujets très élancés, particulièrement sur des terrains morainiques profonds et riches.
Lycksele
Lycksele : La Laponie… Les tourbières deviennent immenses avec leurs ceintures d'arbres asphyxiés…
Alvsbyn
Alvsbyn : Sur les collines, les peuplements sont clairsemés. Il faut y regarder d'assez près pour constater qu'en fait on est sur un affleurement de nappe et que le sol gorgé d'eau et extrêmement acide, interdit largement la germination des graines et le renouvellement des pins. On cherche vainement des jeunes…
Alvsbyn
Alvsbyn : La couleur brune des eaux des rivières est le résultat du drainage naturel des tourbières.
Lansjärv
Lansjärv : Le sol est toujours superficiel. La vie et la mort des arbres tiennent peut-être à un coup de vent, mais plus sûrement à un excès de poids de neige sur les branches… C'est la raison pour laquelle, à ces latitudes (nous sommes déjà au-dessus de la Baltique), nous commençons à observer des épicéas au port columnaire. Les pins, incapables de cette adaptation, souffrent davantage.
Lansjärv
Lansjärv : Les bouleaux forment rarement des peuplements (presque) purs comme sur ces alluvions ou sur une tourbière comblée depuis très longtemps ou bien encore drainée ? Impossible de le savoir !

À ces latitudes, des bouleaux d'une trentaine d'années sont des jeunots. Ils leur restent au moins soixante ans à vivre.

Aux nôtres, ces bouleaux auraient les racines dans la tombe !
Lansjärv
Lansjärv : Alluvions ou tourbière ?
Lansjärv
Lansjärv : Réchauffement climatique ? L'impression que nous avons eue a été qu'en Laponie, les surfaces affectées par l'asphyxie avaient augmenté. Si le niveau des nappes dans les tourbières a augmenté, est-ce parce qu'il aurait plu davantage ces dernières années ? Je n'ai pas trouvé beaucoup d'information valide sur cette question depuis notre retour.
Tärendö
Tärendö : Une moraine… dénudée avec un profil de dune !
Tärendö
Tärendö : La même vue depuis le côté opposé...
Pajala
Pajala : Les effets conjugués de la continentalisation et de la latitude commence à se manifester. Ce sont surtout les arbres rabougris qui donnent un aspect souffreteux à la forêt où, les années précédentes, nous avions été envahis par des hordes de moustiques, des gorge-bleues dans tous les buissons et même des chouettes lapones avec leur jeune.

Mais en 2009, pas de moustiques, pas de gorge-bleues, pas de chouettes lapones
Pajala
Pajala : Mais des chevaliers sylvains (Tringa totanus), étonnamment familiers jusqu'à ce que les grives mauvis viennent alerter et perturbent toute la taïga jusqu'à Verkhoïansk…
Kelontekemä
Kelontekemä : La forêt finlandaise, à cet endroit, est sillonnée par des fossés drainants. Or, de façon systématique, au débouché des pistes, ces fossés sont bouchés par quelques branches placées en travers. Nous avons fait l'hypothèse que c'était pour empêcher les élans de déboucher trop rapidement sur les pistes et de provoquer des accidents avec des automobilistes … lesquels au pays de Vatanen conduisent remarquablement prudemment…
Kiistala
Kiistala : Une formation impressionnante en forme d'éboulis, à moins qu'il ne s'agisse encore d'une moraine… Mystère !
Rouravaara
Rouravaara : Une formation assez extraordinaire - podzols et sables - où les genévriers se disputent aux saules et aux bruyères. Plusieurs espèces de lycopodes nous rappellent ce qu'avaient dû être nos pessières dans le Jura, avant…

Dommage, cette année décalée, - la végétation avait plus d'un mois et demi de retard (un bonheur pour le botaniste) -, faisait que les oiseaux restaient cois et invisibles : pas de becs croisés, pas de jaseurs, pas même de litornes ou de pinsons.
Pokka
Pokka : L'impression d'être dans la zone de combat montagnarde se précise de plus en plus à mesure que l'on gagne en latitude (69° N)… Nous ne sommes plus qu'à 100 km d'Inari…
Inari
Inari : Je ne sais pas interpréter cette formation chaotique que l'on rencontre souvent en l'absence de toute rivière suffisamment proche pour expliquer un éventuel déplacement du cours. J'ai parfois fait l'hypothèse d'une modification endoréique liée à la surrection du bouclier scandinave à la suite de la fin de la dernière glaciation… Mais je n'ai jamais trouvé quelque confirmation ou infirmation que ce soit pour cette hypothèse.
Inari
Inari : Toutefois, si l'on regarde les laisses des rivières, on n'observe pas exactement la même physionomie dans le désordre caillouteux… S'agirait-il plutôt d'un lac asséché ? Rien ne le laisse supposer.
Inari
Inari : On passe en permanence des forêts rabougries sur terrains mouillés à des formations éclaircies sur sol mieux ressuyé où les sujets sont de belle taille.
Sevettijärvi
Sevettijärvi : On n'a pas conscience de la violence potentielle que peuvent avoir certains épisodes venteux au sein des forêts les plus profondes… Sauf si on se trouve dessous et que les arbres se couchent tout autour de nous, heureusement toujours dans le même sens ou bien après coup quand on retrouve les arbres couchés. Ici, plusieurs dizaines sur moins de trente mètre de large et moins de cent mètres de longueur… Je n'ai pas eu le courage d'aller plus loin…
Sevettijärvi
Sevettijärvi : 10 ou 12 centimètres de sol avaient suffi à ce pin que le vent a fini par coucher nous livrant le dessin du lacis de ses racines…
Jänisjärvi
Jänisjärvi : La forêt s'installe sur des levées morainiques qui dépassent à peine des tourbières infranchissables… Trouver des barges rousses nicheuses, ça n'est pas simple. Heureusement, on rencontre parfois le bécasseau falcinelle.
Näätämö
Näätämö : La forêt boréale fait place à une formation que l'on pourrait qualifier de steppique. Les bouleaux sont exclusifs. Ils sont probablement plus vieux qu'ils ne semblent.

Pendant tout le temps où nous sommes restés sur cette zone, nous avons été visité par des bruants rustiques, des femelles et des jeunes surtout, mais aussi un encore beau mâle nuptial.

Des Megachile analis ont aussi découpé des feuilles de bouleaux pour leurs loges.
Bugøyfjord
Bugøyfjord : Le plateau est entièrement recouvert de bouleaux brûlés, pas par le feu, mais par le gel ! Ce sont plusieurs centaines d'hectares de bouleaux gelés, sans feuilles, les écorces noircies, les bourgeons séchés, les branches cassantes. Certains sujets rejettent de souche. D'autres portent encore un petit bouquet de feuilles reverdies.

Personne n'a été capable de nous confirmer sur-place qu'il avait fait particulièrement froid sur ce plateau, cet hiver dernier…
Varangerhalvøya
Varangerhalvøya: Sur la presqu'île de Varanger où la toundra domine partout, on retrouve des boulaies pures très denses sur certaines zones protégées. Les bouleaux sont tortueux… moins que sur Andøya.
Varangerhalvøya
Varangerhalvøya : Ailleurs, surtout le long des rivières qui descendent vers la mer de Barents, la forêt se résume à une galerie avec des saules au plus près de l'eau et des bouleaux ou des sorbiers, plus au sec. Le tapis herbacé est très dense (géraniums, renoncules, calthas, angéliques, chicorées, etc.).
Varangerhalvøya
Varangerhalvøya: C'est aussi la rencontre, plutôt fréquente et soutenue avec des gorgebleues juvéniles particulièrement familières. Les adultes sont absents, autant qu'à Pajala comme nous l'avions noté tout l'été.
Varangerhalvøya
Varangerhalvøya: On observe facilement que les développements forestiers se font principalement dans les zones protégées du froid et des vents et qui restent humides, mais sans saturation.

En effet, les sols proches des rivières, qui ne sont pas gelés en profondeur comme le sont ceux de la toundra d'altitude, ressuient mieux et autorisent plus facilement la croissance et la survie des arbres. Il reste que ceux-là ne doivent pas devenir trop grands pour ne pas être trop affectés par les vents froids, et parfois violents, et par la neige.
Varangerhalvøya
Varangerhalvøya: Le paysage peut même être quasiment bucolique… On se croirait presque en Normandie ou en Bourgogne !
Varangerhalvøya
Varangerhalvøya: Le chevalier sylvain a été le seul scolopacidé forestier nicheur observé en 2009. Les voyages précédents nous avaient permis de trouver des combattants, des arlequins, des aboyeurs…
Varangerhalvøya
Varangerhalvøya: Sur les berges de la Tana et sur ses alluvions, la boulaie est plus élevée. Les fougères, les trolles, les véroniques en épi côtoient diverses autres plantes comme la ronce arctique et même le thym de la Tana, endémique de cette zone.
Karasjok
Karasjok : La situation de la région lui confère des caractéristiques de grande continentalité parmi lesquelles les températures les plus basses (- 50°C) jamais enregistrées en Scandinavie. Rien de bien étonnant donc à ce que les formations arborées s'apparentent à la steppe dans les zones les plus exposées…
Karasjok
Karasjok : La forêt est plus dense dans les zones mieux protégées
Karasjok
Karasjok : Les zones ripariales offrent des développements forestiers plus proches de la taïga classique. La saison déjà trop avancée ne nous a pas permis de prospecter avec succès les écosystèmes alluvionnaires pour lesquels nous avions fait l'hypothèse qu'il devaient être très intéressants. Une bonne occasion pour revenir…
Kautokeino
Kautokeino : La forêt prend parfois des allures montagnardes… avec des sujets remarquables et très âgés.
Kautokeino
Kautokeino : Immensité et interpénétration constante de l'eau, du ciel, des tourbières, des arbres… Toujours pareil et toujours changeant… Toujours susceptible de nous offrir une surprise naturaliste.
Kautokeino
Kautokeino : Nous n'avons toujours pas trouvé d'explication pour l'origine de ces formations géologiques. Remarquablement, les rochers sont entassés sur une hauteur probablement importante et on ne voit aucune trace de sol entre les pierres, ni d'eau.
Kautokeino
Kautokeino : Les lichens fruticuleux du genre Bryoria.
Kautokeino
Kautokeino : La forêt rabougrie, les épicéas columnaires sont de bons indices pour imaginer les conditions hivernales qui doivent régner sur cette zone. Les rennes, qui circulaient sur la piste, nous ont confié que l'été ça n'était pas drôle non plus : il faisait chaud (8°C) et les taons étaient particulièrement remontés !
Kautokeino
Kautokeino : Un petit côté Derzou Ouzala, non ?
Kautokeino
Kautokeino : Juste pour le côté carte postale…
Kautokeino
Kautokeino : Idem…
Porjus
Porjus : Les granits sont profondément entaillés par la rivière, maintenant contrainte d'alimenter un barrage électrique qui alimente les chargeurs des batteries des téléphones portables des petites suédoises qui ont la chance, elles, de recevoir partout la meilleure réception ADSL qu'on puisse imaginer, y compris au plus profond des forêts profondes où il n'y a même pas de ville la plus proche à proximité… Chez nous, à Hennebont, le portable ne fonctionne même pas dans le jardin et l'ADSL de chez neuf à 8 térabits télécharge à 50 ko ! Ah ! Pourquoi la privatisation des services publics nous offrent autant de merdes sarcozystes ? Hein ?
Porjus
Porjus : Une autre vue en se tournant légèrement… C'est juste pour ceux qui n'ont pas eut la chance de s'arrêter là ! Cela écrit, on remarquera que la forêt de fissures et autres diaclases est bien clairsemée, non ?
Serri
Réserve naturelle de Serri : Pas très loin de Jokkmokk, la réserve naturelle de Serri avec ses ours, ses gélinottes, ses vipères, ses grenouilles rousses, ses utriculaires, ses pics tridactyles, ses libellules inconnues, ses mésanges lapones, ses mésangeais et tant d'autres curiosités…dont on pourra apprécier les photographies aux pages ad hoc sur ce site !
Serri
Réserve naturelle de Serri : Ses chablis…
Serri
Réserve naturelle de Serri : Ses chablis…
Serri
Réserve naturelle de Serri : Ses vipères mélaniques qui eurent bien peur, toute venimeuse qu'elle fût. Pourtant, on ne l'embêta guère, juste le temps de quelques photos et d'un petit bout de film au cours duquel elle souffla beaucoup de colère peut-être, d'angoisse plus sûrement. Je voudrais qu'elle sache que nous avons largement regretté ce contretemps qui l'aura peut-être privée d'un repas ce jour maudit-là, mais l'immortalité… L'immortalité, qu'en pense-t-elle ? Elle s'en fout ! Comme quoi, même BHL ou Finkielkraut aurait bien besoin de prendre des leçons de philosophie auprès des créatures les plus humbles de notre faune paléarctique… En sont-ils capables, cons comme ils sont ?
Serri
Réserve naturelle de Serri : Et ses chablis… à venir !
Jokkmokk
Jokkmokk : L'érosion en boule ou une trace de la glaciation ?
Arvidsjaur
Arvidsjaur : Ça n'est pas souvent que la forêt boréale brûle. Parmi les causes connues d'incendie, la foudre est une cause probable reconnue, mais comme souvent, c'est les actions humaines qui sont le plus souvent à incriminer. Dans le cas présent, il y a de fortes chances que le feu se soit déclaré au cours des travaux de bucheronnage qui avaient lieu sur ce site. L'incendie n'a pas été important, quelques centaines d'hectares… Et peut-être n'a-t-il affecté que les herbes restées alors que les arbres avaient d'éjà été abattus ? Seuls les arbres en périphérie ont été touchés, mais pas vraiment gravement, semble-t-il.
Arvidsjaur
Arvidsjaur : L'écorce a bien joué son rôle de protection des assises cambiales. Les arbres devraient survivre de leurs brûlures.
Arvidsjaur
Arvidsjaur : juste pour montrer comment est la forêt juste en face de celle qui a brûlé !
Storuman
Storuman : Ce n'est pas les Everglades, et pourtant, les arbres sont presque totalement dans l'eau… Y résisteront-ils ? Rien n'est moins sûr ! Il y a cependant de fortes raisons de penser qu'il a davantage plu au début de la saison (sur toute la Scandinavie ?) pour expliquer la multiplicité des zones d'asphyxie repérées et celle-ci en devenir. Et il n' y avait pas de castors pour barrer les rivières !
Vilhelmina
Vilhelmina : Il ne s'agit apparemment pas d'un rejet sur souche, mais plus probablement d'un mode de propagation centripète , déjà décrit, d'un genévrier dans ce cas présent.
Vilhelmina
Vilhelmina : Pareil… pour une autre souche !
Vilhelmina
Vilhelmina : La tanaisie attire beaucoup d'insectes dont des cuivrés, des mouches diverses comme la syrphe Volucella pellucens
Dorotea
Dorotea : La forêt prend des dimensions impressionnante… ll est probable que la situation montagnarde et la proximité avec la Norvège et ses précipitations incessantes y soient pour beaucoup. On se trouverait dans une situation entre la forêt pluvieuse telle que dans l'Ouest des États-Unis et la forêt hyper atlantique telle qu'en certaines régions de Bretagne…
Offerdalsberg
Offerdalsberg : À cet endroit, une forêt très ancienne et pratiquement vierge peut être parcourue… difficilement puisqu'elle est installée sur une montagne abrupte et que les pistes sont totalement inexistante.

Quand on s'approche, on se trouve d'abord en contact avec des accrues de trembles et d'ormes avec un tapis de géraniums et d'aconits.
Offerdalsberg
Offerdalsberg : Très vite, on se heurte à un enchevêtrement difficile à franchir de branches chues, de chablis, d'herbes gigantesques et surtout trempées (il venait de pleuvoir)…
Offerdalsberg
Offerdalsberg : C'est un paysage assez indescriptible qui s'offre à nos yeux. Les arbres sont gigantesques adossés à des falaises infranchissables. On marche sur une pente vertigineuse et sur laquelle il vaut mieux ne pas glisser.
Offerdalsberg
Offerdalsberg : Remarquablement, dans cet univers d'épicéas, on remarque des feuillus gigantesques : ce sont des ormes de montagne. Renseignement pris, ce seraient les derniers dans ces régions.
Offerdalsberg
Offerdalsberg : Le chemin est toujours plus difficile…
Offerdalsberg
Offerdalsberg : Le tapis herbacé est très riche en plantes calcicoles : hépatiques, parisettes, des restes d'orchidées impossible à déterminer… Cela me rappelle un peu ces forêts dans les Rhodopes bulgares où nous avions croisé un ours et des loups.
Offerdalsberg
Offerdalsberg : Finalement, il faut se résoudre à faire demi-tour. Le cheminement est devenu trop périlleux… Le retour dans un chaos rocheux moussu ne sera pas une partie de plaisir non plus… Plusieurs pics sont quand même venus saluer nos efforts dont le pic tridactyle, sûrement et très probablement le pic à dos blanc venu se poser, trop peu de temps pourtant, pratiquement au-dessus de nos têtes, intrigué qu'il était de la présence de bretons dans sa forêt primitive.
Offerdalsberg
Offerdalsberg : On retrouve nos accrues… Ouf, on ne s'est pas trop perdu !
Idre
Idre : Nous avions évoqué précédemment la permanence des traces des glaciations. La rencontre avec des blocs erratiques en fut une preuve supplémentaire, d'autant que ces blocs étaient absolument gigantesques et devaient peser des dizaines de tonnes.
Idre
Idre : Pour clore ce petit tour des forêts scandinaves : une carte postale, la diversité des espèces, des âges, des tailles, sur fond de montagnes envahies par les brumes.










[ Corrélats : Symbolisme / ...]



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