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La forêt de Nieppe (Nord)






Chênaie pédonculée subatlantique... mais sans beaucoup de chênes !
Attention, cette page n’est pas une monographie. Cette page n’a pas d’autre prétention que de traduire, plus ou moins exactement, les impressions qui furent les miennes au cours d’une seule promenade, un après-midi d’octobre 2011.

C’est aussi une occasion pour moi de préciser qu’une promenade en forêt, surtout totalement inconnue, peut ne pas être seulement qu’un bon moment de rêverie solitaire, mais une occasion de porter un regard sur la nature et de tenter de comprendre les mécanismes écologiques qui déterminent les paysages forestiers.


Quand on vient de Bretagne, la première chose que l’on remarque, c’est l’absence de litière qui traduit une activité bactérienne importante, donc sur des sols neutres, au moins peu acides. En termes plus savants : forêt acidicline probablement puisque la présence de fougère aigle, par endroit, donne des indices d’acidité. La deuxième chose que l’on remarque, c’est l’abondance de charmes… Cette essence est pratiquement absente chez nous ! La troisième chose que l’on remarque, c’est l’abondance de frênes associés à des trembles : les sols auraient sans doute une tendance à l’hygrophilie, voire à l’inondation si ce n’étaient les canaux de drainage qui quadrillent ces bois. La quatrième chose que l’on remarque, c’est que les chênes pédonculés sont loin de dominer : la forêt est probablement dégradée. Sentiment largement confirmé au niveau des (re)plantations où les chênes semblent plus en provenance de pépinières que de semenciers. Cinquième observation : le sol est argilo limoneux, mais plus argileux que limoneux, si l’on en croît la quantité de terre que l’on traîne à ses brodequins aussitôt que l’herbe des allées fait place à la gadoue.

Un chevreuil entr’aperçu, des corneilles, des geais, des pies, des pigeons, des rouges-gorges, quelques mésanges à longue queue dans une ronde, un troglodyte très fâché feront l’essentiel de la faune… Rien de bien étonnant en une fin d’octobre pourtant bien douce.Deux ou trois kilomètres parcourus en quatre bonnes heures m’ont donné à voir, à lire, à sentir, à écouter, mais aussi l’envie d’en savoir davantage. C’est la raison pour laquelle, on trouvera des liens sur Internet qui offrent des savoirs complémentaires.

Frênaie à hautes herbes (Carex pendula)
Naturellement, la forêt de Nieppe comporte probablement de très nombreuses stations forestières que nous ne fûmes pas en mesure de les observer toutes pour la raison que nous n’avons réalisé qu’un simple aller-retour sur deux ou trois kilomètres, guère plus.Par exemple, par endroits, nous avons été frappés par le tapis herbacé dominé par la laîche pendante, ce qui pourrait correspondre à l’aulnaie-fraînaie à Carex pendula.
Fusain d'Europe (Euonymus europaeux)
Sur ces stations, la strate arborée est dominée par le frêne. Le tremble, le peuplier, le charme, le bouleau et le merisier sont aussi bien présents. Le chêne est plus rare, mais les individus présents sont impressionnants.

La strate arbustive est lâche avec ronces, églantiers, fusains, viornes, sureaux, cornouillers, aubépines, groseilliers, etc.
Les zones à Carex pendula sont essentiellement circonscrites le long des canaux de draînage, y compris sur les buttes de curage et dans les dépressions. Leur rapport avec une certaine économie d’eau est évident.

Partout où le sol est mieux ressuyé, la strate herbacée est quasi absente et la litière peu épaisse.Nous avons remarqué beaucoup de traitements en cépées, ce qui peut êre mis en relation avec des pratiques d’exploitation locales (chauffage, industrie) que nous ignorons… à chercher !
Cépée de charmes
Vu la quantité de charmes, j'ai plus ou moins espéré entr'apercevoir le Gros-bec... Mais ce ne fut pas le cas... Rien de bien étonnant, d'abord par rapport à cette espèce, mais aussi parce que la région Nord - Pas-de-calais, sur le plan des oiseaux, est d'une pauvreté inquiétante. On peut faire des kilomètres en campagne sans voir ou entendre le moindre oiseau. Entre la densité urbaine et l'agriculture productiviste, je ne sais pas quelle en est la cause ?
Traces de chevreuil
Si l'on a pas vu ou entendu beaucoup d'oiseaux, nous avons remarqué l'abondance de traces de chevreuil et de renards... Nous avons même eu l'occasion d'apercevoir un chevreuil qui a pris la peine de nous observer quelques secondes, en s'arrêtant sur le milieu d'une allée, à quelques deux cents mètres, au moins, de nous...

En guise de conclusion ou d'interrogation...

La présence, sur les lisières de quelques rares ormes champêtres pourrait suggérer que la forêt alluviale de Nieppe soit une ormaie - frênaie dégradée...
   










[ Corrélats : L / ...]



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