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Le hérisson n'est pas un animal domestique






Tout le monde ou presque connaît le hérisson. À défaut de l’avoir jamais vu vivant, on l’aura au moins vu écrasé sur la route…

Mais de moins en moins souvent. Aujourd’hui, il faut même faire parfois de très nombreux kilomètres pour en trouver un.

Comme il est fort peu probable que les automobilistes fassent quoi que ce soit pour les éviter et comme il est tout aussi improbable que les hérissons aient décidé de ne plus fréquenter les routes, un constat s’impose : les hérissons sont beaucoup moins nombreux qu’ils l’ont été.

Article L411-1 du code de l'environnement


Il ne semble pas que nous disposions d’enquêtes chiffrées fiables sur les diminutions d’effectifs pour cette espèce. Simplement beaucoup de naturalistes témoignent que les rencontres avec cet animal, par exemple, au cours de sorties nocturnes, sont moins fréquentes. Il ne semble pas non plus, en l’état, que cette espèce soit gravement menacée. Il convient quand même de rappeler que cet animal au régime principalement insectivore est particulièrement bien placée dans la chaîne alimentaire pour concentrer les insecticides et autres produits (limacides, par exemple) largement utilisés contre les « pestes agricoles ».

Cela écrit, vouloir « sauver » un hérisson qui traîne sur la route pour le ramener dans son jardin est totalement déconseillé. D’abord parce que le hérisson est un animal intégralement protégé (Arrêté du 17 avril 1981) et que sa capture ou son transport constitue un délit (en tout état de cause, en écraser un avec son véhicule, est tout aussi formellement un délit !), mais c’est aussi le plus souvent une faute écologique grave dans la mesure où le déplacement d’un animal s’accompagne de conséquences graves pour l’espèce. Si c’est une femelle, par exemple, l’on risquera de priver ses jeunes de l’allaitement qu’ils attendront en vain. En outre, rien n’indique qu’un hérisson transplanté trouvera de quoi se nourrir correctement dans un jardin ou de quoi passer l’hiver à l’abri.


Maintenant, si on a la chance de voir des hérissons fréquenter son jardin ou des terrains avoisinant sa maison, rien n’empêche que l’on cherche à apporter un peu d’aide à ces animaux.

La première chose à faire, c’est d’abord de changer radicalement ses pratiques horticoles quand elles font appel à des pesticides, à des limacides ou encore à des lumbricides.
Préludes amoureux


La seconde, c’est de ménager des sorties. Même à disposer d’une très grande propriété, les hérissons ne peuvent généralement pas se contenter de l’espace qu’on leur propose, ni pour s’alimenter, ni pour trouver un partenaire sexuel, ni pour assurer la dispersion et l’autonomie des jeunes quand ils grandissent.

La troisème chose à faire, c’est de ménager des abris pour l’hiver sous lesquels les hérissons viendront se tenir au chaud dans un sommeil hivernal plus ou moins profond. Même si cela devait s’avérer frustrant, en hiver, il ne faut jamais tenter de savoir si l’abri est occupé ou non. C’est presque à coup sûr condamner l’animal dérangé à mort.

Il arrive parfois, à la faveur d’un réchauffement temporaire, qu’un animal soit observable à côté d’un abri potentiel. C’est souvent parce que l’animal est manifestement très maigre et qu’il n’arrive plus, sur ses réserves, à assurer son métabolisme de base. Il convient alors de donner à manger à l’animal. Les boulettes pour chat (chien ?) à base de viande font merveille. On déconseille de donner du lait. Ce qu’il faut préciser, c’est qu’il faut que le lait reste frais et consommable. C’est le même problème que l’on rencontre pour les graines et les boules de graisses pour les oiseaux dont on a dit qu’il ne fallait pas qu’elles moisissent ou qu’elles rancissent.

Voir aussi la plaquette LPO : " Le hérisson, mieux le connaître " que l’on peut télécharger en cliquant sur le lien.