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Homéothermes et Poïkilothermes
Homéothermes et Poïkilothermes


Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : Le facteur température / La thermorégulation / Un coup de chaleur sous-traité chez Arcelor / Insolation et coup de chaleur / Gare aux coups de chaleur - Un guide simple et des outils pratiques pour protéger les travailleurs / Évaluations des astreintes thermiques à l'aide de la fréquence cardiaque : Les extrapulsations cardiaques thermiques (EPCT) /

Sites Internet et articles / Corrélats


Homme targui
Parmi les facteurs écologiques, la température joue certainement un rôle prédominant sur la nature, la répartition et les adaptations des espèces.

Chez les animaux, on distingue les espèces qui sont capables de réguler leur température interne, pour la garder constante, dans une fourchette qui va d’environ +35° C à +40° C : ce sont les espèces homéothermes (improprement appelées à sang chaud) de celles qui en sont incapables (espèces poïkilothermes ou « à sang froid »). Ces dernières, en réalité, ont, pour les espèces terrestres et quand elles sont actives, une température interne un peu supérieure à la température extérieure.

Remarquablement, chez les espèces homéothermes, la température moyenne de 37° C correspond à la température pour laquelle la plupart des enzymes qui contrôlent leur métabolisme, offrent la meilleure cinétique de réaction.



Chez les espèces poïkilothermes, la cinétique de réaction varie en fonction de la température interne, donc de la température extérieure. Lorsque ces températures sont basses, l’activité enzymatique est ralentie, ce qui se traduit par un « engourdissement » de l’animal. Lorsque ces températures augmentent, l’animal est plus preste, mais au-delà de certaines températures, l’activité enzymatique soutenue va épuiser l’animal qui en mourra s’il ne se refroidit pas (voir la notion de Q 10). Je dois préciser que cela vaut surtout pour les espèces terrestres soumises à d’importantes variations quotidiennes de température, par exemple, entre le jour et la nuit. Chez les espèces dulçaquicoles et plus encore chez les espèces marines ou des grands lacs profonds, les variations de température sont généralement infimes, tout au long de l’année, dès lors que l’on s’intéresse aux eaux profondes. Chez ces espèces, les enzymes ont des cinétiques réactionnelles qui peuvent être maximales à des températures relativement basses. Ce sont ces zones de températures que fréquenteront ces espèces. Ainsi les corégones du lac Leman recherchent-elles des températures d’eau vers 8° C et devront donc être pêchées aux profondeurs où règnent ces températures.

Mais si les animaux poïkilothermes ne savent pas réguler physiologiquement leur température interne, ils savent parfaitement le faire en leur adaptant des comportements (ou des tropismes) performants.

Les animaux homéothermes disposent de plusieurs machineries métaboliques dont une partie de l’énergie produite est dépensée en énergie calorifique. Ce sont principalement le foie et les muscles striés. Chez les poïkilothermes vertébrés, ces organes existent aussi, mais l’énergie qu’ils produisent n’est consacrée que pour une infime partie pour maintenir leur température interne très faiblement au-dessus de la température extérieure. Ce qui fait dire que les poïkilothermes ont une meilleure efficacité nutritionnelle que les homéothermes.

Mais les homéothermes, puisqu’ils produisent de la chaleur, sans doute très utile quand il fait frais, connaissent de gros problèmes quand il fait trop chaud ou encore s’il fait très froid. Dans le premier cas, il leur faut trouver des moyens de se refroidir et dans le deuxième, de se réchauffer. S’ils ne le peuvent pas, dans un cas comme dans l’autre, il leur faut fuir ou s’en accommoder (au sens de l’accommodation, voir ce mot), sinon ils se retrouvent en danger de mort.

Parmi les moyens dont disposent les animaux pour se refroidir (ou se réchauffer), on peut citer les variations de coloration des plumages ou des fourrures (les noirs absorbants, les clairs réfléchissants), ou de leur épaisseur (bourres, duvets, mues, etc.) ; les variations d’épaisseur de la couche hypodermique graisseuse ; des modifications dans les habitudes alimentaires (prise de boisson, aliments énergétiques, etc.) ; la recherche d’abris (ombre, tanières, etc.) ; sans oublier, les régulations physiologiques apportées par la transpiration ou la perspiration tant cutanée que pulmonaire (l’eau pour s’évaporer a besoin d’énergie qu’elle prélève sur le substrat (peau, muqueuse pulmonaire ou buccale) sur lequel elle se trouve, en le refroidissant).

L’homme n’aurait probablement pas conquis la planète s’il n’avait pas su s’adapter à ce facteur dont on a pu constater, au cours de la canicule de l’été 2003, combien il pouvait être létal, tout comme il y a fort à parier qu’un hiver rigoureux tuera encore beaucoup de sans abris, d’autant plus sûrement que leur nombre grandit et qu’avec les dispositions que nos gouvernements préconisent, il va exploser !

Parmi les adaptations qui ont permis à l’homme son expansion, la première est le vêtement. Le vêtement idéal est celui qui maintient une température de la peau proche de 30° C et un taux d’humidité relative près de la peau proche la saturation, ce qui permet une transpiration efficace, mais sans qu’elle n’entraîne de trop importantes pertes d’eau.

Les esquimaux et les Samis dans le grand nord ou les Targuis du Hoggar ont su depuis la nuit des temps se créer des vêtements efficaces. Et que dire de ces nouvelles fibres et de tous ces vêtements « modernes » !

La seconde adaptation, c’est l’habitat. Les exemples ne manquent pas. Mais curieusement, alors qu’il paraît que la terre se réchauffe, qu’il est probable que nous manquerons d’eau et d’énergie, nous persistons à construire des demeures avec d’immenses baies vitrées, véritables serres que nous refroidirons, sans doute, en faisant tourner des climatiseurs 24 heures sur 24 !

Bonjour les légionelloses…

[Note : Maintenant, on ne dit plus poïkilotherme... On dit ectotherme ou hétérotherme !]




La thermorégulation :
La thermorégulation a pour but de maintenir une température stable et constante au niveau central. Pour cela, les animaux homéothermes surtout, mais aussi les animaux poïkilothermes disposent à la fois de divers systèmes de production de chaleur et des moyens de dissipation.

Les moyens de dissipation sont au nombre de quatre. Trois sont figés. Ils concernent les pertes par rayonnement, par conduction et par convection. Un seul peut être régulé, il concerne les pertes par évaporation.

L'équilibre thermique est obtenu quand la production de chaleur moins les pertes par rayonnement, conduction, convection et évaporation (sudation, perspiration) égale zéro.

Les pertes par rayonnement sont une fonction de la température radiante de l'atmosphère. Ces pertes (ou gains) sont surtout manifestes selon que l'on se place dans le faisceau radiant (soleil, feu de cheminée, panneau radiant, etc.). Dans un local, ce qui compte le plus, c'est la température des parois. Lorsque les parois sont froides, même si la température de l'air est confortable, la sensation qui prévaut est celle de froid ou de fraîcheur.

Les pertes par conduction sont généralement insignifiantes. La transmission énergétique solide - solide se faisant essentiellement avec le sol avec lequel, le plus souvent, la surface de contact est réduite (plante des pieds ou semelles des chaussures). Les pertes ou gains par conduction sont une fonction de la température de la peau et de celle du solide avec lequel on se trouve en contact. On se réchauffe bien au contact d'un radiateur ou avec une bouillotte. On refroidit bien un bébé en hyperthermie en le baignant dans une eau plus froide que la température de son corps.

Les pertes par convection sont une fonction de la température de l'air et de la température de la peau. Dans les locaux, la convection est généralement indépendante de la vitesse de l'air puisque en général, la ventilation reste modérée, en dehors de certains milieux industriels particuliers. À l'extérieur, la vitesse du vent peut naturellement jouer un rôle important dans le calcul des pertes par convection.

Les pertes par évaporation sont une fonction de la pression partielle de vapeur d'eau dans l'atmosphère et de la pression de vapeurs saturante à la surface de la peau. On se rappellera que seule la partie de la sueur qui s'évapore, parce que pour le faire, elle prélève des calories sur le support peau / vêtement, permet de refroidir le corps et prévenir les accidents thermiques. La sueur qui roule ne sert à rien si ce n'est qu'à précipiter la déshydratation du sujet.




Article de Stéphanie MAURICE paru dans Libération le 18 aout 2006

Un coup de chaleur sous-traité chez Arcelor

vendredi 18 août 2006.



Le sidérurgiste et la CGT s'opposent sur les causes du décès d'un ouvrier en juillet.

Patrick Darcy, 44 ans, est mort, le 19 juillet, d'une crise cardiaque à son poste de travail, sur le site d'Arcelor, à Dunkerque. Mort à la suite d'un coup de chaleur, donc d'un accident du travail, selon la CGT. Mort de causes naturelles, d'après le procès-verbal policier. Thèse reprise par son employeur, la Semib, un sous-traitant d'un sous-traitant d'Arcelor, et par la direction du groupe sidérurgique. Selon la version syndicale, il n'aurait pas eu de contrat de travail, n'aurait pas passé la visite médicale obligatoire, ni suivi la formation aux règles de sécurité nécessaire sur un site classé Seveso 2. Il aurait commencé sa onzième heure de travail quand il a été pris de malaise.

Affaire classée. C'était le jour le plus chaud de l'année, 38,3° relevés par Météo France, et cet électricien tirait des câbles dans la zone de laminage à chaud des pavés d'acier. Les plaques de métal en sortent rougies, enroulées en bobines, à une température comprise entre 450 et 720°. " On nous dit qu'il faisait 38,5° dans la halle, j'ai du mal à le croire, grommelle Emmanuel Femery, délégué syndical CGT. J'ai relevé la température deux jours après, alors qu'il faisait moins chaud, et j'ai obtenu 46,7°. " La famille n'a pas encore eu accès au rapport du médecin légiste. " C'est le policier chargé de l'enquête qui m'a dit que l'affaire était classée ", raconte, la voix douloureuse, Martine Picque, l'une des deux soeurs de Patrick Darcy. " Il m'a dit : "Mais madame, c'est à la suite d'un arrêt cardiaque, c'est une mort naturelle, entre autres liée à la chaleur. Les pompes funèbres ne vous ont pas prévenue que vous pouviez récupérer le corps ?" " Martine Picque a décidé d'écrire au procureur de la République pour connaître les causes exactes de la mort de son frère. Il était divorcé, avec deux enfants. Des témoignages rapportent que l'ouvrier est sorti vomir pendant l'après-midi. Les nausées sont l'un des symptômes d'un coup de chaleur.

Bulletin de paie. A la Semib, un responsable se désole " du décès d'un salarié, qui a causé une forte peine, même s'il n'était avec nous que depuis deux jours ", tout en soulignant l'absence de responsabilité de l'entreprise d'électricité. " Ce malaise aurait pu lui arriver dans sa voiture. C'est une mort naturelle et tout était dans les règles : il pouvait prendre sa pause thermique d'un quart d'heure toutes les heures, il avait de l'eau à sa disposition. "

L'employeur est formel : " Patrick Darcy est venu signer son contrat le 17 juillet et il a commencé le 18. " Justement, ses soeurs ont le contrat de travail en main, déposé le matin même avec son bulletin de paie par le patron. " Je ne comprends pas pourquoi je n'ai pas trouvé le double dans ses affaires ", s'étonne Martine Picque. Il gardait toutes ses feuilles de salaire soigneusement rangées par année. Surtout, Martine Picque a retrouvé un petit carnet où son frère pointait toutes les heures travaillées. Et, dès le 11 juillet soit six jours avant son embauche , il marque, de son écriture ronde, le nombre d'heures qu'il effectue à Arcelor. C'est d'ailleurs ce que confirment les registres de l'entreprise, où tous les sous-traitants doivent s'inscrire. Le nom de Darcy apparaît dès le 11 juillet, au haut-fourneau n° 3. Il y restera jusqu'au 17 : ces journées, si elles ont été effectuées, ne sont pas couvertes, a priori, par un contrat de travail. La veille de son décès, Patrick Darcy avait noté qu'il avait travaillé dix heures et quinze minutes. Le jour même, il avait commencé à 7 heures du matin ; son malaise est survenu à 18 heures. " Son entreprise n'avait pourtant pas la dérogation pour faire travailler ses employés au-delà de dix heures ", remarque Michel Townsend, le secrétaire général CGT du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT). La visite médicale, elle, devait se tenir le lendemain du décès, selon l'employeur. Quant à la formation de quatre heures dispensée par Arcelor à tous ceux qui mettent pour la première fois le pied sur le site, on n'a pour l'instant trouvé aucune preuve que Patrick Darcy l'ait suivie, selon la CGT.

Hier dans un communiqué de presse, la direction d'Arcelor explique qu'elle " a précisé à l'entreprise sous-traitante concernée [...] l'ensemble des consignes qui sont à respecter en matière de droit du travail et de sécurité " et signale que " les éléments et témoignages [...] contredisent en très grande partie les informations rapportées ce jour dans un quotidien national [ l'Humanité de jeudi, ndlr]. " Le service de communication d'Arcelor n'aura qu'une seule réaction complémentaire : " Nous ne sommes pas l'employeur du salarié décédé. "

" C'est honteux. " Pour la CGT, l'affaire est l'occasion de dénoncer une nouvelle fois la politique de recours aux sous-traitants en cascade. " Arcelor emploie 3 350 personnes et reçoit chaque jour sur le site de Dunkerque entre 1800 et 2000 sous-traitants, dont plus de 35 % sont des intérimaires, explique Michel Townsend. Nous n'avons même pas la liste de toutes les entreprises présentes. " Martine Picque se penche sur la feuille de paie de son frère. " Et pourquoi il a une prime exceptionnelle de 150 euros alors que, selon eux, il n'a travaillé que deux jours ? C'est honteux. " Elle montre le chèque : " J'ai demandé qu'il soit à l'ordre des pompes funèbres. " Le salaire des deux derniers jours de travail déclarés de Patrick Darcy a servi à financer ses obsèques. La famille envisage de déposer plainte auprès du procureur de la République.

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Article de Fanny Doumayrou paru dans L'Humanité du 17 août 2006

Arcelor Dunkerque : Un décès tout sauf " naturel "

jeudi 17 août 2006.



Conditions de travail. En pleine canicule, un salarié d'un sous-traitant est mort sur le site Arcelor Dunkerque. La CGT et la famille contestent l'hypothèse d'une " mort naturelle ".

" La vigilance, ça paie ! Depuis le 13 juillet, nous ne déplorons plus aucun fait accidentel : bravo à tous ! " se félicitait, le 1er août, le directeur du train continu à chaud (TCC) du site Arcelor Dunkerque, dans une note diffusée à ses salariés. Cynisme ? Provocation ? Quelques jours plus tôt, le 19 juillet, Patrick Darcy, quarante-quatre ans, a trouvé la mort dans ce secteur de l'usine. Il est vrai qu'il ne faisait pas partie des effectifs d'Arcelor. Précaire depuis toujours, cet électricien travaillait pour la Semib, un sous-traitant de Forclum, lui-même sous-traitant d'Arcelor. Ce jour-là, en pleine canicule, il s'effondre peu après 18 heures, victime d'un arrêt cardiaque.

Dans la chaleur et le bruit

Deux jours plus tard, le commissariat de police de Grande-Synthe déclare qu'il s'agit d'une " mort naturelle non due à la chaleur ". Une conclusion derrière laquelle le patron direct et Arcelor s'empressent de se retrancher. Mais pour le syndicat CGT de l'usine, pas question de clore le dossier. Les conditions de travail de Patrick Darcy laissent penser que ce drame aurait pu être évité si des mesures de protection avaient été prises.

Le train continu à chaud où il travaillait est une halle de 500 mètres de long où d'énormes barres d'acier sont laminées. " Elles sont transformées en bobines, qui sortent à une température comprise entre 400 et 730 degrés, explique Michel Towmsend, secrétaire du CHSCT du TCC. Été comme hiver, il fait très chaud. Les 600 salariés d'Arcelor sont dans des cabines climatisées, avec des fontaines d'eau. Les boulots les plus difficiles ont été sous-traités. " La dizaine de précaires recrutés par la Semib pour ce chantier temporaire devaient tirer des câbles électriques pour l'installation de nouvelles machines.

" C'est un boulot de fou, souligne le cégétiste. Ils tiraient des câbles de 6 centimètres de diamètre sur 100 ou 200 mètres, vous imaginez le poids. Le plus souvent, les sous-traitants interviennent pendant des arrêts de production, mais là, ils travaillaient dans la chaleur et le bruit du laminage, soit 90 décibels. Ce travail doit se faire avec des talkies-walkies pour coordonner les efforts. Eux s'épuisaient à hurler dans la halle. "

Onze heures de travail

" Depuis le drame, nous enquêtons et tout ce que nous découvrons est accablant ", déplore Emmanuel Femery, délégué syndical CGT. " Patrick Darcy n'avait pas de contrat de travail, n'avait pas passé la visite médicale ni suivi la formation Sollaccueil censée être obligatoire pour travailler sur le site, détaille-t-il. Pour justifier ces irrégularités, M. Agez, le responsable de la Semib, a essayé de faire croire qu'il travaillait pour lui depuis deux jours seulement, mais en réalité il avait été embauché le 11 juillet. On se demande s'il était déclaré à l'URSSAF. " La Semib n'avait pas non plus effectué l'évaluation des risques obligatoire avant tout chantier pour fixer des mesures de prévention.

Le mardi 18 juillet, veille de son décès, Patrick Darcy travaille déjà dix heures et quinze minutes dans des conditions caniculaires. Il rentre chez lui épuisé, témoignera son logeur à la CGT. Le mercredi 19, Dunkerque connaît des pics de température (38,4 degrés à l'ombre). Arcelor affirme avoir relevé 38 degrés dans la halle après le décès, soit la même température qu'à l'extérieur. " Impossible, conteste M. Towmsend. Il devait faire 60 degrés dans le laminoir. " Le travail se poursuit pourtant, sans aménagement des conditions ni des horaires, au contraire même.

Ayant démarré ce chantier avec un jour de retard, la Semib étend ses horaires pour rattraper. Le cahier de pointage de l'usine montre que M. Darcy, arrivé à 7 heures à l'usine, devait en partir à 19 heures avec une heure de pause, soit onze heures de travail. " Quand il a eu son malaise, il entamait sa onzième heure de travail, dénonce Michel Towmsend. Le cahier a été raturé après coup pour enlever une heure, pour masquer le problème et parce qu'au-delà de dix heures de travail, l'entreprise aurait dû demander une dérogation à l'inspecteur du travail. "

Pas d'eau, pas de pause

Le lendemain du décès, lors de la reconstitution avec l'inspecteur du travail et l'ingénieur de la CRAM, le responsable de la Semib affirme que ses salariés disposaient d'eau fraîche à volonté et faisaient une pause d'un quart d'heure toutes les heures, comme le prévoit le Code du travail en cas de chaleur. " C'est faux !, contestent les cégétistes, qui ont recueilli des témoignages. Ils n'avaient pas d'eau, pas de pause et pas de lieu pour se reposer. L'Algeco censé leur servir de base de vie est situé à 4 kilomètres du TCC, et il était dans un état lamentable : pas d'eau potable, pas de douches, ni sièges ni frigo ; une couche de poussière montrait qu'il n'était pas utilisé. Les gars prenaient donc leur pause déjeuner sur leur lieu de travail ou bien dehors, en plein soleil ! "

Pour la CGT, Arcelor est aussi responsable. En tant que donneur d'ordres mais aussi parce que des aménagements pouvaient faire baisser la température dans ce hall. Emmanuel Femery précise : " La direction aurait pu amener des ventilateurs puissants qui existent dans l'usine, créer des ouvertures dans les plafonds et dans les murs de la halle, ce qu'elle a fait deux jours après l'accident ! Elle devait aussi s'assurer que les salariés des sous-traitants aient de l'eau et viennent se rafraîchir dans les lieux climatisés. "

Pas d'antécédents médicaux

Patrick Darcy était divorcé et père de deux adolescents. " D'après sa famille, il n'avait pas d'antécédents médicaux, ne buvait pas, ne prenait pas de médicaments, relatent les cégétistes. On ne meurt pas comme ça à quarante-quatre ans ! Nous attendons l'avis de la CRAM, mais, pour nous, c'est un coup de chaleur, qui doit être reconnu comme accident du travail. " Jeudi dernier, ils ont recueilli un nouvel indice qui attise leur colère : " Un salarié d'un autre sous-traitant a vu Patrick Darcy en train de vomir, le jour de sa mort, vers midi, raconte Michel Towmsend. C'est un symptôme du coup de chaleur. S'il avait été secouru et s'il avait cessé de travailler, il serait encore en vie. "

Aujourd'hui, la direction d'Arcelor pas plus que M. Agez, de la Semib, ne souhaitent s'exprimer sur l'accident. Soutenue par la CGT, la famille de Patrick Darcy est décidée à porter plainte pour faute inexcusable de l'employeur, ce qui déclenchera une enquête sur ce décès tout sauf " naturel ".

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" Vous réfrigérez les halles ? "

Luc Rots, délégué CGT, est le premier syndicaliste arrivé sur les lieux de l'accident, le 19 juillet.

" En arrivant sur les lieux, j'ai croisé le patron du train continu à chaud ; je lui ai demandé si le décès de l'électricien était dû à un coup de chaleur. Il a affirmé que non et a fait allusion à une mauvaise hygiène de vie du salarié. Il m'a dit qu'il venait de relever 38 degrés dans le bâtiment. J'étais très étonné et je lui ai demandé : " Vous réfrigérez les halles maintenant ? " Il avait utilisé un thermomètre au mercure alors qu'on dispose d'appareils sophistiqués dans la maison. Dehors, deux collègues de Patrick Darcy étaient en train de pleurer. Cet accident découle du problème de la sous-traitance en cascade. 2 000 salariés extérieurs sur le site, c'est énorme. Le maître d'œuvre, Arcelor, ne gère pas du tout ces populations ; il se lave les mains et repousse la responsabilité sur les sous-traitants. Pour nous, syndicalistes, c'est difficile de contrôler ce qui se passe dans ces petites entreprises. Quand on repère un problème dans les conditions de travail et de sécurité, on peut hésiter à intervenir car on sait que le gars est en intérim et qu'il sera viré si on dénonce la situation








Ingestion et digestion chez les ruminants soumis à un stress de chaleur :
http://www.inra.fr/Internet/Produits/PA/an2001/num211/morand/pm211.htm

Effets de l'exposition au chaud sur les caractéristiques de la prise alimentaire du porc à différents stades physiologiques :
http://www.inra.fr/Internet/Produits/PA/an2000/num204/quiniou/nq204.htm

La capacité de survie des poulets à un coup de chaleur est augmentée par une exposition précoce à une température élevée :
http://www.inra.fr/Internet/Produits/PA/an2002/num224/vasco/vd224.htm

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LES AMBIANCES THERMIQUES :
http://www.ulb.ac.be/esp/lsttm/courscdb/chaleur.html

Comment déterminer approximativement l'indice WBGT :
http://simetra.be/code/fr/dos_erg_wbgt.asp

http://www.med.univ-rennes1.fr/etud/med_travail/cours/ambiances_thermiques.html

Les ambiances thermiques :
http://www.med.univ-rennes1.fr/resped/s/medtra/affections_ambiances.htm

http://www.inrs.fr/INRS-PUB/inrs01.nsf/inrs01_dossier_view_view/24B79FED64472B82C1256E910059ADA7/$FILE/print.html

http://www.ulb.ac.be/esp/lsttm/courscdb/chaleur.html
Thermorégulation :
http://perso.wanadoo.fr/doc.doc/thermo.htm

http://www.vulgaris-medical.com/front/?p=index_fiche&id_article=4531

http://physiomax.com.fr/thermoregulation.htm

http://www.preparation-physique.net/Thermoregulation.htm


http://www.canicule.info/homeothermie.htm

http://membres.lycos.fr/xloba/therm/therm.htm

Protection thermique nouveau-né :
http://whqlibdoc.who.int/hq/1997/WHO_RHT_MSM_97.2_fre.pdf

Toxine botulique et transpirations :
http://www.abimelec.com/botox_transpiration.html

http://membres.lycos.fr/transpiration/


Des liens pour poïkilothermes et homéothermes :
http://www.foxref.org/result.php?key=poikilothermes
http://www.foxref.org/result.php?key=homeothermes

Ectothermes et endothermes :
http://www.ulg.ac.be/physioan/chapitre/ch10s1.htm

La capacité de survie des poulets à un coup de chaleur :
http://www.inra.fr/productions-animales/an2002/num224/vasco/vd224.htm

Liens " homéothermes " sur Simulium.bio (cours physiologie) :
http://simulium.bio.uottawa.ca/bio2525/Recherche/Searchresults.cfm?searchstring=hom%E9otherme

Les ambiances thermiques :
http://www.med.univ-rennes1.fr/resped/s/medtra/affections_ambiances.htm

Travail en ambiance froide :
http://www.sdv.fr/aimt67/dossier/ambiance_froide.htm






[Corrélats : Thermorégulation / Travail en ambiance chaude / Hibernation / Q10 / Ambiance de travail / ...]

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