Entrez un mot-clé
Hygiène, santé et nutrition animale





Pour les commentaires et pour le site@@@ : clic
Les aliments destinés aux animaux domestiques de rente ou de compagnie doivent répondre à un certain nombre de critères de qualité et d'hygiène pour assurer leur maintien en bonne santé et/ou ne pas risquer d'altérer, à travers eux, la santé humaine (Voir Règlement CE 178/2002).


On se rappellera que l'utilisation de farines animales porteuses de prions pour l'alimentation des bovins avait conduit à une augmentation inquiétante des cas d'ESB et fait prendre des mesures sanitaires radicales. Mais, en réalité, c'est toute la filière des élevages industriels qui est concernée, aujourd'hui, par l'utilisation des sous-produits des industries agroalimentaires dans une optique de valorisation de ces déchets par l'alimentation animale.

1) Législation.

Extrait : " La politique de sécurité alimentaire de l'Union européenne vise à protéger la santé et les intérêts des consommateurs tout en garantissant le bon fonctionnement du marché intérieur. Pour atteindre cet objectif, l'Union veille à établir et à faire respecter des normes de contrôle en matière d'hygiène des denrées et produits alimentaires, de santé et de bien-être des animaux, de santé des plantes et de prévention des risques de contamination par des substances externes. Elle prescrit également des règles pour un étiquetage approprié de ces denrées et produits."

Cette politique a été réformée au début des années 2000 conformément à l'approche dite " de la ferme à la table ". Un niveau élevé de sûreté des denrées et produits alimentaires commercialisés au sein de l'Union est ainsi garanti à toutes les étapes de la chaîne de production et de distribution. Cette démarche concerne tant les aliments produits au sein de l'Union que ceux importés de pays tiers. "

Santé animale, ESB, Fièvre aphteuse, Peste porcine, Grippe aviaire

Alimentation animale, Contrôles officiels, Additifs, Aliments génétiquement modifiés, Déchets animaux et agents pathogènes

Bien-être des animaux, Élevage, Transport, Abattage

Contamination et facteurs environnementaux, Produits chimiques, Substances à effet hormonal, Contacts avec les denrées alimentaires, OGM, Contamination radioactive

Sécurité alimentaire: dispositions générales et institutionnelles, Recherche

Sécurité alimentaire: dimension internationale et élargissement

Contrôles phytosanitaires, Produits phytopharmaceutiques, Résidus de pesticides, Organismes nuisibles

Thèmes spécifiques, Organismes génétiquement modifiés, ESB, Fièvre aphteuse

Contrôles vétérinaires, police sanitaire et hygiène des denrées alimentaires, Paquet hygiène, Importations et échanges intracommunautaires, Production et mise sur le marché.

2) Définitions et rappels :

Facteurs antinutritionnels :

On appelle facteur antinutritionnel une substance contenue dans un ingrédient alimentaire qui en diminue la digestibilité. Il peut s'agir par exemple des inhibiteurs de la trypsine, des tanins, des lectines et des glucosinolates. Par exemple, à l'état brut, les graines de soja entières contiennent un inhibiteur de la trypsine, c'est-à-dire une substance qui diminue la digestibilité de la protéine. Il faut donc détruire cet inhibiteur en traitant thermiquement le soja.

Microorganismes pathogènes dans l'alimentation :

En matière de nutrition animale, les germes bactériens les plus craints sont des entérobactéries (coliformes et E. coli), des Clostridium (botuli, perfringens, tetani, difficile, etc.), des salmonelles (nombreux sérotypes) et Listeria (agent de la listériose). En outre, il y a lieu de prendre garde à la présence de levures et moisissures qui peuvent libérer diverses toxines préjudiciables à la qualité des aliments (histamine, mycotoxines, etc.)

Charte des Bonnes Pratiques d'Élevage :

Voir aussi : Exigences en matière d'hygiène des aliments pour animaux :

Présence de dioxines et PCB dans les aliments :

Déchets animaux autorisés et interdits :

Évolution de la réglementation sanitaire en matière de sous-produits animaux : quels impacts pour vos produits ? x

3) Les déchets valorisables en alimentation animale :

a) En provenance des exploitations agricoles :

Le plus souvent, les déchets de la ferme sont recyclés sur place (litières et fumiers pour les pailles, engrais verts ou composts pour diverses fanes de végétaux verts, biogaz et alimentation).

- Les pailles : Ce sont surtout les ruminants qui utilisent certains déchets fibreux riches en cellulose qu'ils sont les seuls à pouvoir digérer grâce aux bactéries symbiotiques de la panse.

Ce sont surtout les pailles des céréales qui sont le plus utilisées : paille de blé, avoine, orge, seigle, panicules de riz, cannes de maïs, sorgho, millet, etc. Les pailles sont riches en cellulose, en minéraux dont la silice, mais pauvres en lipides. La digestibilité des pailles est amoindrie du fait de la forte teneur en lignine des parois cellulaires. Il est possible d'améliorer sensiblement cette digestibilité en broyant la pailles et en attaquant les éléments pariétaux avec de la soude. Toutefois, ces traitements demandent des équipements et des savoirs faire particuliers.

Voir : http://www.fao.org/docrep/w4988f/w4988f04.htm

http://www.inst-elevage.asso.fr/html1/IMG/pdf/Fichecoprod05.pdf

http://www.inst-elevage.asso.fr/html1/IMG/pdf/Fichecoprod04.pdf

Un autre traitement possible est le traitement à l'ammoniac ou le traitement à l'urée lorsque l'ammoniac est difficilement disponible : clic.

Du fait de certaines carences, les pailles devront être supplémentées par des apports d'azote. Il faut noter que les animaux monogastriques ne peuvent pas utiliser les pailles comme nourriture, même après traitement. Seuls les ruminants peuvent le faire.

- Les racines et tubercules : Ce sont principalement les endives, les collets de betterave et les déchets de pomme de terre qui sont potentiellement utilisables en alimentation animale, d'abord dans les grandes régions où se font ces productions et avec certaines précautions. Par exemple, les endives qui sont riches en sucres rapidement fermentescibles devront être utilisées en veillant au risque d'acidose. On comptera 15 à 25 kg de produit par selon les âges.

Les pommes de terre ne sont jamais utilisées crues chez les monogastriques (porc, surtout), mais cuites. L'utilisation des pommes de terre crues doit être faite avec prudence et en relativement petite quantité chez les ruminants (2à 3 kilos par jour pour une chèvre, 20 kg pour une vache). On veillera à ne pas donner des pommes de terre germées puisqu'elles contiennent alors de la solanine. On prétend que l'utilisation d'antigerminatifs (IPC et CIPC) n'aurait pas d'incidence sur la qualité de l'alimentation ( ?).

- les légumineuses : les pailles et les cosses des haricots et des petits pois, à la condition qu'elles aient été ramassées sèches, sont parfaitement utilisables par les ruminants (moutons et chèvres), en l'état. Ces pailles, moins riches en lignine, sont plus digestes que les pailles de céréales.

Les graines de soja, après qu'elles aient fourni leur huile, forment un tourteau gras utilisable sous certaines conditions par les animaux de la ferme. Il faut entre autres le toaster (cuisson vers 120°C) pour éliminer les facteurs antinutritionnels (facteurs antitrypsiques, phyto-hémagglutinines ou lectines, saponines, génistine, allergènes, etc.). Il faut cependant veiller à ne pas chauffer au-delà de 140°C, ce qui aurait pour effet de détruire certains acides aminés (lysine, acides aminés soufrés), diverses protéines et de diminuer la disponibilité pour des minéraux et des vitamines (Zn, Ca, Cu, Mn, etc.). On notera aussi que l'Europe et la France, particulièrement, sont totalement dépendantes des pays producteurs d'oléo protéagineux comme les États-Unis, le Brésil, l'Argentine ou la Chine et que si ces pays décident de faire uniquement du soja transgénique, il faudra probablement bien que les paysans nourrissent leurs animaux avec, en dépit des législations européennes ou nationales contraires !

- les fruits et les légumes : ce sont principalement les déchets issus des parages et des écarts de triage (fruits ou légumes trop petits ou trop volumineux) qui alimentent ces récupérations. Les parages des légumes (choux, carottes, navets, poireaux, etc.) ne posent guère de problèmes en alimentation animale, surtout si l'on prend soin de les débarrasser de la terre qui les souille. Attention, toutefois de veiller à ce que les animaux ne s'étouffent pas avec des morceaux servis trop gros. Pour ce qui est des fruits, leur richesse en eau et en sucre les rendent fragiles et très susceptibles de moisir ou de se décomposer. Il faut donc veiller à leur entreposage. Il faut aussi veiller au risque de fermentation alcoolique et d'enivrement des animaux. L'idéal, pour conserver les fruits, serait de les ensiler, par voie anaérobie. Mais leur richesse en eau est une contrainte peu favorable. C'est la raison pour laquelle, on préconise de mélanger les fruits à ensiler avec des déchets végétaux beaucoup plus secs qui feront office d'éponge.

L'ensilage requiert des techniques précises pour obtenir certains types de fermentations (homolactique ou hétérolactique) à partir de Lactobacillus, surtout L. plantarum et d'en éviter d'autres (butyrique, par exemple).

- Les produits laitiers : Il s'agit principalement des surplus de lait non récoltés par les laiteries, du colostrum des vaches allaitantes, du petit lait des barattes, etc. Ces produits peuvent être utilisés par les veaux, mais aussi par les cochons sans grande précaution autre que d'être attentif aux risques de diarrhées, particulièrement avec le colostrum qu'il faudra donner dilué.

b) En provenance des conserveries de fruits et légumes :

Les déchets végétaux issus des conserveries de fruits et légumes sont à la fois nombreux et abondants. D'une manière générale, les déchets un peu riches en cellulose sont destinés aux ruminants, les moins riches peuvent convenir aux porcs.

Ce sont probablement les tomates qui génèrent la plus grande quantité de déchets (10 à 30 % de la récolte).

Les tomates sont riches en fibres, mais conviennent parfaitement aux porcs. Pourtant ce sont les élevages bovins qui en sont les plus gros consommateurs, soit en frais, soit en ensilé. Aujourd'hui, les déchets de tomates ne vont plus autant en valorisation par l'alimentation animale, certains sous produits ayant trouvé d'autres sources de valorisation comme les pépins qui donnent une huile riche en acides gras insaturés.

Bien loin derrière les tomates, ce sont les haricots, les pois et les épinards qui fournissent un tonnage important de déchets pour l'alimentation animale. On n'oubliera pas les épis de maïs doux après égrenage.

Les agrumes génèrent aussi une quantité important de déchets : fruits entiers, pulpe, zestes, pépins, etc. Les agrumes frais sont très appréciés par les bovins qui pourraient en faire une consommation excessive.

Certains Citrus se révèlent riches en lectines et peuvent provoquer des intoxications. C'est une raison, en plus de la fragilité du produit vis-à-vis de la rapide décomposition, pour laquelle ces déchets gagnent à être ensilés en mélange avec des produits plus secs.

c) Issus de la fabrication des vins, des cidres, des jus de fruits, etc. :

Le pressage des fruits en vue d'en retirer les jus génère des déchets comme des marcs, des pépins et de la pulpe qui peuvent parfaitement convenir aux ruminants. Toutefois, ces produits sont riches en produits pariétaux difficiles à digérer. On peut leur appliquer des traitements à la soude, l'urée ou l'ammoniac qui en améliorent la digestibilité.

Idéalement, ces produits qui fermentent facilement et qu'il faudrait consommer rapidement, gagnent à être ensilés, de préférence en mélange avec des produits plus secs. On veillera à ne pas ensiler les feuilles de vigne susceptibles de porter des traces de bouillie bordelaise (cuivre). La digestibilité des marcs de pomme est largement améliorée par la richesse en pectine de ces fruits. Les bovins et les ovins sont généralement friands de ces produits. On veillera toutefois à ne pas en donner trop compte tenu du risque d'alcoolisation des animaux et d'apparition de cirrhoses alcooliques !

http://www.inst-elevage.asso.fr/html1/IMG/pdf/Fichecoprod13.pdf

http://www.inst-elevage.asso.fr/html1/IMG/pdf/Fichecoprod14.pdf>

d) En provenance des féculeries, friteries et autres industries de la pomme de terre :

On retrouve principalement les mêmes déchets dans ces industries que dans les exploitations agricoles. Il faut cependant ajouter les déchets qui proviennent des transformations après cuisson et/ou déshydration : purées, frites, chips, flocons, etc. Lors de l'épluchage des pommes de terre, on peut obtenir différents déchets (pelures) selon les techniques utilisées. Ces pelures sont utilisables comme aliments. Mais très souvent, elles servent de couverture organique aux ensilages (bâche biologique) qui remplace très avantageusement les bâches en plastique retenues par des pneumatiques comme on en voit si souvent.

e) En provenance des sucreries :

Selon que l'on traite la canne à sucre ou la betterave, les déchets sont différents.

Les déchets fibreux issus du broyage des cannes s'appellent bagasse. C'est un produit riche en cellulose et en hémicellulose et partant, très mal digéré, même par les ruminants. Pour que la bagasse puisse être utilisée par les bovins, il est nécessaire de lui appliquer un traitement qui consiste en une hydrolyse acétique qui a pour effet de solubiliser les hémicelluloses. Il existe d'autres techniques d'hydrolyse (à base de soude), mais qu'on abandonne progressivement pour la raison que la bagasse obtenue par voie alcaline se révèle toxique pour les animaux.

Les déchets issus des betteraves sont une pulpe. Une tonne de betterave produit environ 500 kg de pulpe. Cette pulpe est assez peu digeste du fait de ses composants pariétaux. Mais leur richesse en matières azotées en fait des produits recherchés. L'ensilage est une bonne méthode pour leur valorisation. Aujourd'hui, et à la condition de veiller à éviter les contaminations telluriques, l'ensilage se fait directement à l'usine d'extraction sucrière. La pulpe est injectée dans des boudins qui sont livrés et stockés chez les éleveurs.

Une autre façon de valoriser ces pulpes, c'est de les déshydrater. Cela résout largement les problèmes de conservation. Les pulpes, conditionnées en granulés sont disponibles toute l'année. On estime à plus de 1.5 millions de tonnes de pulpe disponible sous cette forme, par an, en France.

Il existe un déchet commun aux cannes et aux betteraves, ce sont les mélasses. Ce sous-produit riche en sucres est très digestible aussi bien pour les ruminants que les monogastriques. Ce sont plus de 20 millions de tonnes de mélasses issues de l'industrie sucrière qui sont utilisées en alimentation animale chaque année. http://www.inst-elevage.asso.fr/html1/IMG/pdf/Fichecoprod08.pdf
http://www.inst-elevage.asso.fr/html1/IMG/pdf/Fichecoprod09.pdf
http://www.inst-elevage.asso.fr/html1/IMG/pdf/Fichecoprod10.pdf

f) Issus de l'utilisation des céréales :

Ce sont les meuneries, les rizeries, les amidonneries, les semouleries, certaines distilleries, malteries, brasseries, boulangeries, etc.

Lors de la fabrication des farines de blé, divers produits résiduels, appelés issues, apparaissent : les farines basses, les remoulages et le son. Ces issues sont riches en acide phytique, ce qui leur confère une certaine indigestibilité, surtout pour les volailles et les porcs.

L'utilisation du maïs permet d'obtenir des farines et des semoules, de l'amidon, de l'huile de germes et des tourteaux. D'autres sous-produits comme des drêches (grains fermentés) se rencontrent en amidonnerie et en distillerie (production d'éthanol).

D'autres céréales (riz, orge, avoine) conduisent pareillement à divers sous-produits parfaitement valorisables en nutrition animale. Naturellement, ces produits ne peuvent pas être utilisés au petit bonheur la chance. Il convient de connaître les compositions exactes de ces aliments, les différents apports matériels et énergétiques qu'ils proposent, leur richesse ou carence en oligoéléments, les risques qu'ils présentent en termes d'indigestibilité ou d'intoxication, etc. de manière à les utiliser rationnellement seuls ou en mélange dans des rations alimentaires équilibrées et adaptées aux animaux auxquels elles sont destinées.

Les déchets des boulangeries sont essentiellement des pains invendus. C'est vrai aussi des cantines, restaurants collectifs, mess et autres endroits où l'on note de grands gaspillages de pain. Les pains et les gâteaux, à la condition d'être utilisés très rapidement conviennent bien pour la nourriture des porcs. On veillera à ce que le pain conservé le soit dans des endroits très sec pour éviter le développement des moisissures et l'envahissement du produit par diverses aflatoxines dont certaines sont très dangereuses.

La fabrication des pâtes alimentaires génère aussi des déchets très intéressant pour la nutrition animale. Les pâtes sont riches en sucres lents et parfois, si elles sont faites avec des œufs, en protéines.

Les brasseries et les distilleries génèrent surtout des drêches (orge germée, malt, diverses autres céréales germées, etc.). Les drêches sont des aliments très concentrés, à utiliser avec parcimonie. Ce sont des produits assez peu digestibles et plutôt instables. Il convient de les ensiler. L'ensilage est facilité quand les drêches ont été pressées.

g) En provenance des huileries :

L'extraction des huiles qui peut se faire à partir du pressage des graines oléagineuses (soja, colza, coton, tournesol, arachide, etc.) conduit à un tourteau formé de graines compressées, plus ou moins dépourvu de lipides. Mais d'autres végétaux ou parties de végétaux riches en lipides sont utilisés : olives, noix, sésame, pépins de raisin, germes de maïs, germes et sons de riz, pépins d'agrumes, pépins de melons et autres cucurbitacées, pépins de tomates, etc.

Le plus souvent, les tourteaux bruts sont impropres à la consommation animale. On l'a déjà évoqué, précédemment, pour les tourteaux de soja. C'est aussi le cas des tourteaux de colza.

du fait de la présence d'acide érucique censé provoquer des accidents cardiaques ou des glucosinolates dont les propriétés goitrigènes hyperthyroïdiennes sont connues. Sans doute, différents traitements sont préconisés pour rendre ces tourteaux compatibles avec la bonne santé animale et humaine, comme le toastage. Mais aujourd'hui, on importe pratiquement tous ces tourteaux de pays qui utilisent les OGM et dont on ne sait finalement pas grand-chose sur les contrôles qui sont fait sur la qualité des produits que consomment nos animaux de rente. Il ne faut peut-être pas trop s'étonner de l'augmentation remarquable à laquelle on assiste en matière de cancers environnementaux, de maladies cardiovasculaires ou métaboliques comme le diabète et quelques autres joyeusetés comme Alzheimer !

Parmi les autres tourteaux les plus fréquemment utilisés en nutrition animale, on citera les tourteaux de coton dont les limitations d'emploi doivent à la présence d'un facteur antinutritionnel : le gossypol.

Le gossypol libre est très toxique. Le plus souvent, il se trouve sous forme liée à la lysine qu'il rend indisponible. Le gossypol est toxique pour à peu près tout les animaux monogastriques, les jeunes ruminants et la volaille. Cette substance est également toxique pour les chevaux, les chats, les chiens, les cobayes, les lapins et le porc. Le gossypol provoque des troubles cardiaques, hépatiques et rénaux. Les ruminants adultes sont un peu moins sensibles à cette substance qui est partiellement détoxifiée dans le rumen. Il semble néanmoins que les vaches laitières ne soient pas très bien protégées contre la toxicité de ce produit.

Les tourteaux de tournesol seraient intéressants puisqu'ils ne contiennent pas d'antinutritionnels majeurs. Pourtant, ce ne sont pas ces tourteaux qui sont les plus utilisés en nutrition animale (à peine 10 % de la production de tourteaux de soja !). Les coques de tournesol ne sont guère digestibles. Il n'est même pas certain que les traitements préconisés (soude, ammoniac, urée) pour améliorer cette digestibilité pour les pailles soient très performants. Généralement, les huileries de tournesol utilisent les coques pour produire du chauffage.

Les autres tourteaux les plus couramment rencontrés sont les tourteaux de lin, d'arachide, de son de riz, de palmiste, de maïs, de sésame, de kapok, de moutarde, de chanvre, de carthame et de noix de coco. Le tourteau d'arachide largement utilisé jusqu'à une époque récente est beaucoup moins utilisé pour diverses raisons, la principale tenant au développement de moisissures libérant des aflatoxines très toxiques aussitôt que les arachides sont stockées dans des conditions imparfaites. De très nombreux pays, aujourd'hui, se refusent totalement à importer des tourteaux d'arachide.

Les huiles végétales et les graisses animales ne sont pas très utilisées en nutrition animale, bien qu'elles pourraient, à moindre coût augmenter sensiblement le rendement énergétique des aliments supplémentés. La raison principale est que l'addition de graisses ou d'huile diminue considérablement la digestibilité des aliments et leur appétence. Il n'y a guère que pour les animaux de compagnie que l'on ajoute de lipides à leur nourriture. Chez les animaux de rente, l'ajout de graisses a des conséquences sur les qualités organoleptiques des viandes, sur leur aspect avant et après transformation ou cuisson.

h) En provenance des laiteries :

Ce sont surtout les sous-produits de l'industrie de transformation des laits de vache, de brebis et de chèvre qui sont concernés. Les autres productions laitières (bufflonne, chamelle, jument, zébu, yack, ânesse, etc.) ne génèrent pas beaucoup de sous-produits largement exploitables autrement que localement (voir déchets en provenance des exploitations agricoles).

Les sous-produits laitiers se déclinent en plusieurs catégories :

- Les laits proprement dits, entiers, plus ou moins écrémés, les yaourts et diverses préparations lactées, desserts, flans, etc., les crèmes glacées. Ce sont des produits riches en protéines, plus ou moins riches en lipides.

- Le lait écrémé et le babeurre riches en protéines, pauvres en lipides.>

- Les lactosérums issus de la fabrication des fromages. Ce sont des produits appauvris en protéines. Les lactosérums obtenus dépendent des types de fabrication fromagère. On décrit des lactosérums doux, des lactosérums acides, des lactosérums salés, etc.

http://www.inst-elevage.asso.fr/html1/IMG/pdf/Fichecoprod11.pdf

http://www.inst-elevage.asso.fr/html1/IMG/pdf/Fichecoprod12.pdf>

http://www.fao.org/docrep/t4280f/t4280f0h.htm

- Les eaux de premier lavage et rinçage des cuves et autres tanks utilisés pour le stockage ou en fabrication. À la condition qu'elles soient dépourvues de détergents, ces eaux peuvent être valorisées dès lors qu'elles contiennent encore des quantités significatives de matières nutritives.

- Les croûtes de fromage en fabrication de fromages fondus.

Tous ses sous-produits sont extrêmement fragiles et sensibles aux contaminations bactériennes, y compris lorsqu'ils sont conservés réfrigérés. Les lactobacilles qui se développent prioritairement, acidifient le produit. Les coliformes et E. coli peuvent provoquer des intoxications fatales pour les animaux consommateurs. Diverses levures pathogènes trouvent dans ces milieux des terrains très favorables à leur prolifération.

i) En provenance des abattoirs :

Les déchets des abattoirs comprennent les peaux, les os, les tendons et les graisses. Ces constituants représentent de 35 % (volailles) à 45 % (bovins) de la masse totale de l'animal.

Pendant très longtemps, ces déchets étaient transformés en farines et graisses, puis incorporés à l'alimentation aussi bien des ruminants que des monogastriques. À la suite de l'épidémie d'ESB de la fin des années 80, l'Europe a complètement interdit l'utilisation de ces farines dans l'alimentation des animaux de rente, mais l'a conservé pour la nutrition des animaux de compagnie ( ?).

Aujourd'hui, on distingue trois catégories de déchets d'abattoirs :

- Les coproduits présentant des risques à l'égard du prion, à l'égard de l'utilisation de substances interdites ou l'égard d'une possible contamination de l'environnement.

- Les coproduits présentant un risque microbiologique ou contenant des résidus de médicaments vétérinaires.

- Les coproduits issus d'animaux sains, autorisés à la consommation humaine et pouvant être transformés (PAT).

Seuls ces PAT sont autorisés en Europe pour les animaux de compagnie.

j) Issus des pêcheries :

La part la plus importante de déchets de la pêche est mal connue, sûrement sous évaluée, voire déniée : il s'agit de la quantité phénoménale de poissons, crustacés, tortues, cétacés, pinnipèdes, etc. qui sont capturés et rejetés à l'eau, parce qu'ils ne sont pas vendables, parce que leur capture est interdite, parce que des quotas sont dépassés, etc.

Tous ces animaux, s'ils étaient débarqués, pourraient parfaitement être valorisés en farines de poisson, par exemple… Mais, on s'apercevrait aussi, du même coup, de la réalité des pêcheries et du gaspillage invraisemblable que l'on fait subir à la ressource !

La quasi-totalité des farines produites aujourd'hui provient de l'utilisation de poissons pêchés dans cet objectif : anchois (Engraulis, Anchoa, etc.), harengs (Clupea harengus), menhaden (Brevoortia tyrannus), etc.

Nombre de scientifiques et spécialistes en halieutique avancent que cette pêche, en privant les poissons nobles de leur provende, contribue largement à leur raréfaction voire à leur disparition. Jusqu'à aujourd'hui et demain sûrement, les intérêts financiers à court terme prévalent et prévaudront encore dans les discussions sur l'avenir d'une pêche durable.

Une autre façon d'utiliser les poissons non consommés par l'homme est de les ensiler. L'ensilage doit se faire à pH acide. On peut ajouter des acides organiques ou minéraux, mais le plus simple est de mélanger les poissons préalablement broyés avec un substrat glucidique sur lequel vont se développer des lactobacilles. L'hydrolyse protéique qui se produit dans l'ensilage libère les acides aminés et confère au produit une très grande digestibilité. http://www.fao.org/ag/aga/agap/frg/afris/fr/Data/337.htm

http://www.spc.int/coastfish/Fishing/Silage/Ensilage.pdf

k) En guise de conclusion :

Il existe encore de très nombreux autres " déchets " susceptibles de fournir des aliments convenables à nos animaux de rente et de compagnie. Certaines ressources ne sont pas ou peu utilisées dans les pays riches alors qu'elles sont pratiquement les seules possibles dans bien des pays peu développés. D'autres ressources sont inquiétantes pour l'avenir parfois de la planète, plus souvent des peuples qui risquent d'en être victimes. C'est, par exemple, le cas des agrocarburants que beaucoup souhaiteraient voir se développer, sans vraiment se poser les questions que ces productions mettent en lumière.











[ Corrélats : L / ...]



Retour