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Hygiène du travail


Si travailler ne sert qu'à enrichir des rentiers, à remplir des poubelles, piller la planète, risquer de s'y tuer ou de tomber malade, se faire harceler par des petits chefs, accumuler des points de retraite ou n'aspirer qu'à s'abrutir pour ne plus y penser, autant ne rien foutre…




Approche systémique provisoire
L'hygiène du travail relève d'une approche systémique dans laquelle le contenant est l'entreprise.

Parmi les caractéristiques essentielles de l'entreprise, la plus importante est, sans conteste, l'organisation du travail. Sans doute, cette organisation est-elle dépendante du contexte politique, économique et financier dans laquelle se trouve l'entreprise.




Il est évident (dommage) qu'une même entreprise en Chine, en Inde, en Roumanie, aux États-Unis ou en France ne puisse pas se prévaloir d'imposer la même organisation du travail dans chacun de ces pays. Parmi les caractéristiques essentielles de l'entreprise, la plus importante est, sans conteste, l'organisation du travail. Sans doute, cette organisation est-elle dépendante du contexte politique, économique et financier dans laquelle se trouve l'entreprise. Il est évident (dommage) qu'une même entreprise en Chine, en Inde, en Roumanie, aux États-Unis ou en France ne puisse pas se prévaloir d'imposer la même organisation du travail dans chacun de ces pays. Pourtant, localement, au-delà des salaires, des charges de travail, de la santé et de la sécurité au travail, des retraites, etc. ce qui va dominer les processus d'organisation du travail, ce seront toujours les trois points essentiels qui sont l'autonomie, la latitude décisionnelle et la reconnaissance sociale dont vont bénéficier les travailleurs, quel que soit leur statut, PDG ou OS.

Au centre du contenant, il y a l'individu dont les caractéristiques essentielles est qu'il perçoit des informations venant de son environnement et qu'il va tenter d'y répondre, à la fois par rapport aux obligations contractuelles qu'il a accepté du fait du lien de subordination qu'il a contracté avec son employeur, mais aussi dans le souci de la conservation de son bien-être physique, mental ou social. Pour cela, l'individu va percevoir un ensemble d'informations circulantes qui ont trait, d'une part, avec son environnement spatial et temporel, dans l'entreprise, son atelier ou son bureau ; informations qui porteront autant sur l'encombrement, la circulation, l'accès, les barrières, les interdits, etc. , et d'autre part, avec le contexte humain proximal (relations hiérarchiques, harcèlement, management autoritaire, individualisme, appropriation, altruisme, entraide, etc.

Mais l'individu va aussi percevoir l'intensité des facteurs d'ambiance auxquels il est soumis : la température, le bruit, la poussière, les vibrations, les gaz toxiques, les nanoparticules, etc.

Dès lors l'individu est sollicité pour fournir une réponse motrice attendue et souhaitée, en relation duale avec l'outil - machine auquel il est associé à son poste de travail. Normalement, la réponse motrice associe un ensemble de composantes apprises dans lesquelles une commande appropriée permet à une machine de produire un objet conforme à l'attente… Il faut juste s'assurer du bon fonctionnement de l'outil - machine et/ou contrôler le produit fini délivré.

Normalement, lorsque la charge de travail contractuelle est décente, la productivité finale doit être conforme à des prévisions raisonnables. Tout aussi normalement, on aurait pu attendre une juste rémunération, en termes de salaires ou de rente, à la fois du travail et du capital investi. On sait bien qu'aujourd'hui, ce n'est absolument plus le cas. Seuls les produits financiers tirent leur épingle du jeu, y compris avec la complicité _ duplicité des gouvernants. Rien de bien surprenant alors que la productivité ne soit plus à la hauteur ou pire que des mouvements sociaux classiques (grèves) ou plus craints (violences sociales, séquestrations) se manifestent. Plus grave encore, ce sont les mécanismes de décohésion sociale qui se font plus présents et dont les effets sociétaux sont bien difficiles à prévoir ou à mesurer. La crise aura bon dos !!!

Mais il arrive parfois que la productivité attendue n'est pas atteinte. Les raisons sont nombreuses. Certaines sont totalement indépendantes de l'individu.

Quoiqu'il en soit, le plus souvent, la première faute en incombera à l'opérateur qui, harcelé, va connaître des troubles plus ou moins importants ou graves que seront le stress, la fatigue, le burnout pouvant le conduire soit au suicide, soit à l'accident du travail ou à la maladie professionnelle. Sans doute, un tel raccourci est-il caricatural… Dans les faits, j'en conviens, les choses sont plus subtiles, plus progressives, moins formelles, plus difficiles à démontrer… Comme on dit, c'est " un peu plus compliqué que cela ", manière subtile de ne pas s'embarrasser trop avec une analyse circonstanciée… Mais cela revient pratiquement à la même chose au final, convenons-en !

En tout état de cause, l'hygiène du travail devrait (pourrait) couvrir tous ces domaines suggérés précédemment. Dans la réalité, au moins pour le moment, l'hygiène du travail reste plus ou moins confinée à l'étude des ambiances de travail, aux problématiques de toxicologie industrielle, à la prévention par la maîtrise des expositions, à l'information - protection vis-à-vis des substances dangereuses et des radiations ionisantes. Les autres questions portant sur les conditions de travail, son organisation, les rapports interindividuels, les risques psychosociaux, l'ergonomie, les questions de genre, d'âge, d'aptitude -inaptitude, les horaires, le travail de nuit, la rotation des postes, la flexibilité, la formation, les protections individuelles, la médecine préventive du travail, etc. continuent d'être abordés par d'autres voies disciplinaires.

Il est sûrement dommage qu'une question aussi complexe ne soit pas mieux comprise dans une approche systémique plus globale. Il faut sans doute encore du temps pour que cela se fasse, mais je suis bien convaincu que cela se fera. Ça ne peut pas être autrement.

À l'heure d'aujourd'hui, l'hygiène du travail a toute sa place dans :

- L'évaluation préalable des risques professionnels, particulièrement dans les cas où la gestion du risque est incertaine ou aléatoire ; où l'exposition est mal définie ou non contrôlée ; et à chaque fois que des normes ou règlements font encore défaut en matière de protection des travailleurs.

- La recherche, l'identification et l'évaluation des risques pour la santé humaine (et l'environnement) encourus du fait d'une exposition à des facteurs nociceptifs physiques, chimiques, biologiques, ergonomiques, psychologiques, comportementaux ou sociaux. Les altérations à la santé comprennent les accidents et les maladies professionnelles, mais aussi les troubles psychosociaux, le stress, le burn out, les suicides, les harcèlements, l'acquisition des inaptitudes au travail, les TMS et divers autres inconforts ou atteintes induits par le travail.

- La recherche et la mesure des contaminants susceptibles de se trouver dans les milieux de travail, aussi bien dans les ateliers que les bureaux ou autres dépendances de l'entreprise (stockage des déchets, traitements des eaux, etc.). Par contaminants, on comprend aussi bien des facteurs physiques (sons, vibrations, radiations, etc.) que chimiques (gaz, liquides, poussières, aérosols toxiques ou allergisants, odeurs, etc.) ou encore biologiques (microorganismes, toxines, etc.).

- La recherche des améliorations à apporter aux conditions de travail afin de mieux prétendre à la maîtrise des risques pour les travailleurs et l'environnement. Ces améliorations peuvent porter sur des changements de procédures industrielles (procédés de fabrication, machines plus performantes et / ou moins dangereuses ou bruyantes, ventilation, modifications de horaires de travail, des méthodes de management, rotation des postes, repos compensateurs, etc.), des substitutions de produits CMR ou simplement toxiques, par la généralisation du port des EPI, etc.

Il peut sembler évident qu'une meilleure protection des travailleurs devrait se traduire par de meilleures conditions de travail, et parce que le travail possède une haute valeur sociale, contrairement à ce que d'aucuns pensent quand ils n'associent au travail que sa dimension salariale, une meilleure productivité dont l'entreprise et ses dirigeants pourront bénéficier…

Cela pourrait être le début d'un rapport gagnant - gagnant dont la deuxième phase serait le partage des richesses (revalorisation salariale, d'abord) et le partage du temps de travail (fin du chômage !).

Cela peut paraître utopique. Ça l'est si l'on s'arrête au fait que la bourgeoisie n'a pas d'autre morale que l'appropriation et la soumission par la violence, d'abord.

L'hygiène du travail, c'est peut-être aussi une manière d'aller vers plus d'hygiène sociale. Même l'environnement en sortirait vainqueur. Lutter contre l'effet de serre ne passe pas par une taxe carbone, mais par des choix sociétaux où l'on réfléchira à ce que sont nos vrais besoins par rapport à nos vraies ressources et notre capacité à les gérer autant que nos déchets, nos malades, nos élèves, nos transports, nos paysages, notre faune et notre flore quand bien même nous n'en soyons pas les propriétaires, ni les ayants-droit…






Sites Internet et articles :

Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST) :
http://www.irsst.qc.ca/fr/accueil.html

Contexte de travail et SST / Veille scientifique de l’IRSST
http://comm.irsst.qc.ca/blogs/contexte/

Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST)
http://www.csst.qc.ca/

ACGIH - Industrial Hygiene, Environmental, Occupational Health
http://www.acgih.org/

Agence Européenne pour la Santé et la Sécurité au Travail — OSHA
http://osha.europa.eu/fop/france/

CSST - Service du répertoire toxicologique
http://www.reptox.csst.qc.ca/

CCHST: Centre canadien d'hygiène et de sécurité au travail
http://www.cchst.ca/

AQHSST - Association Québécoise de l'Hygiène, la Santé et la sécurité au travail
http://www.aqhsst.qc.ca/

Sécurité et santé au travail : INRS
http://www.inrs.fr/

Santé et Travail : le magazine de la prévention des risques
http://www.sante-et-travail.fr/

Organisation Internationale du Travail (OIT)
http://www.ilo.org/global/lang--fr/index.htm

Institut national de santé publique du Québec (INSPQ)
http://www.inspq.qc.ca/

Travail et sécurité / magazine mensuel de la prévention et de la sécurité au travail.
http://www.travail-et-securite.fr/tes/hygiene_au_travail.html

Guide santé et sécurité au travail
http://www.strasbourg.cci.fr/photos/2800_GuideSecuriteauTravail_2007.pdf

Introduction à l’hygiene du travail
http://www.who.int/occupational_health/publications/hygienedutravail131107.pdf






[ Corrélats : Écosociosystèmes / Gestion et évaluation des risques / Étude des dangers / Toxicologie / Écotoxicologie / Substances CMR / Reprotoxiques / Amiante / Silice / Épidémiologie / Hygiène des habitats et des espaces clos / Biorisques / Nanoparticules / Radiations ionisantes et électromagnétiques / Bruit / Vibrations / Management QHSE / Charge de travail / Travail de nuit / Travail des femmes / ...]



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