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Laponie
Laponie


La Laponie est une vaste région de plus de 450 000 km2 qui s'étend au-delà du cercle polaire en Suède, en Finlande, en Norvège et en Russie (presqu'île de Kola). Cette région est essentiellement couverte de taïga, souvent rabougrie, et de toundra. Elle est peuplée par les Sa(a)mis (Lapons) dont beaucoup pratiquent encore le pastoralisme itinérant du renne.

Rennes sur la presqu'île de Varanger
Sur les côtes, l'activité principale reste la pêche.


J'ai eu la possibilité d'effectuer cinq séjours en Laponie suédoise, finlandaise et dans le Finnmark norvégien. Je n'ai pas gardé de très bons souvenirs de la Laponie, en ex-URSS, pour la raison essentielle, que les libertés qui nous étaient consenties pour s'arrêter et observer un oiseau ou une plante, bien que plus importantes pourtant qu'en RDA (avant... je parle de l'époque où le mur mure), étaient nulles, et les fumées de Nickel me font encore tousser. Ces séjours, dont la motivation principale était naturaliste, ont duré environ, à chaque fois, huit semaines.

À la fin des années 1970, le voyage en Laponie était encore une aventure. Dès avant le cercle polaire, les pistes remplaçaient la route goudronnée, ce qui en soit n'est pas un vrai problème. Mais surtout, l'approvisionnement en carburant ou en nourriture se révélait parfois problématique, même si la carte bleue était déjà partout acceptée (Il faudrait attendre près de 10 ans pour voir cette même généralisation en France !). Les populations locales, peu habituées à ce que l'on manifeste de l'intérêt pour leurs oiseaux, leurs plantes, leurs forêts ou leurs habitats, s'inquiétaient volontiers de notre confort de voyageur. Les lapons se nommaient toujours lapons et souffraient visiblement du peu de considération que les gouvernements scandinaves faisaient de leur identité. Les lapons riaient de nous voir nous flageller comme des pénitents chiites à Bagdad (ou chrétiens à Séville) et affirmaient que les moustiques étaient leurs amis.

En 2001, date de mon dernier séjour, les routes principales étaient toutes goudronnées et les pistes de plus en plus rares. L'approvisionnement en nourriture, en carburant était très amélioré. Les populations locales ne nous regardaient plus comme des voyageurs, mais comme des touristes. Les lapons étaient des Saamis et affirmaient fortement une identité retrouvée. Des musées, jusqu'alors inexistants, s'ouvraient un peu partout pour nous renseigner sur leur histoire, leurs mœurs, leur culture, leur langue ou leur musique. Les Saamis se ruaient aussi, comme nous autres, les " peaux tendres ", sur les rayons des U-Market où étaient entreposés des répellents et autres Djungle ødjå. Les moustiques, à l'instar des sociétés scandinaves, avaient beaucoup changé et piquaient désormais sans distinction tous les humains qu'ils rencontraient.

Cela écrit, la Laponie, en été, reste encore, pour qui veut bien y affronter des hordes de moustiques et autres blépharocérides, un territoire immense où le naturaliste n'arrive jamais à satisfaire complètement ses impatiences.

Ça ne durera sans doute pas, là-bas comme ailleurs… modernisme libéral oblige. Là-bas aussi le libéral-facisme avance...

Mes impressions de voyageur ressentant un malaise grandissant à mesure que le sentiment de dégradation sociétale se faisait plus vif à chaque retour de mes différents séjours, m'ont été largement confirmées par la lecture de différents auteurs scandinaves, particulièrement l'écrivain suédois, auteur de romans policiers, Henning Mankell, même s'il ne parle que de la Scanie ou plus anciennement encore, de Maj Sjöwall et Per Wahlöö, également auteurs de romans policiers se déroulant surtout à Stockholm, mais parfois aussi sur une plus grande partie du territoire scandinave.

Ces auteurs font un constat implacable de la société suédoise déliquescente où le fameux modèle social a complètement volé en éclat sous les coups de boutoirs du libéralisme économique. Pour s'en convaincre, il suffit juste de regarder comment l'État suédois traite les statistiques du chômage, à l'instar d'autres pays d'ailleurs qui l'auront copié. C'est fou ce que ces pays ont de malades mentaux et je suis stupéfié devant le nombre d'handicapés !

C'est cette même analyse / impression qui se dégage du cinéma suédois actuel et par exemple, du film de Kjell Sundvall : Jägarna (Les chasseurs / 1997).




Les Saamis :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Saami

La Laponie * :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Laponie
[* Si le terme lapon est maintenant considéré comme blessant, comment doit-on dire pour la Laponie ?]






[ Corrélats : Toundra / ...]

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