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Litière
Litière


Pyrole à une fleur (Moneses uniflora), espèce de litière épaisse.
La litière correspond à la couche superficielle des sols des écosystèmes forestiers.

La petite plante photographiée ci-contre est très rare.

Cette rareté provient surtout du fait que le biotope où elle se plaît et qui conduit à l'accumulation de litière, est lui-même rare.


Il faut, en effet, conjuguer plusieurs facteurs physico-chimiques tels que des sols argilo-sableux sous mull carbonaté, des argiles de décarbonatation, une faible percolation ou des facteurs biocénotiques, comme des peuplements forestiers sempervirents, denses et âgés.

Cette couche d'accumulation comporte essentiellement des feuilles et des débris végétaux tombés des arbres. Cette matière organique morte va subir les actions des microorganismes décomposeurs (bactéries et champignons).

Selon les conditions du milieu, cette décomposition sera plus ou moins rapide, voire quasi inexistante.

En milieu neutre, sur sols calcaires, la décomposition bactérienne sera rapide et la litière disparaît très vite. En milieu acide, la litière ne subit que l'action, lente et incomplète, des champignons saprophytes. La litière s'accumule et certains de ses constituants vont demeurer intacts pendant plusieurs mois, voire plusieurs années.

Dans certaines régions, la conjonction de particularités, tant pédologiques que climatologiques, retardent la décomposition de la litière qui s'accumule alors en couche souvent très épaisse.

Goodyère rampante (Goodyera repens)
Les espèces de litière épaisse sont peu nombreuses.

Ce sont surtout des pyroles et des orchidées : Moneses uniflora (Pyrole à une fleur) / Pyrola chlorantha (Pyrole à fleurs vertes) / Pyrola media (Pyrole intermédiaire) / Orthilia seconda (Pyrole unilatérale) / Goodyera repens (Goodyère rampante) / Listera cordata (Listère en cœur) / Corallorhiza trifida (Corraline) / Epipogium aphyllum (Épipogium sans feuilles).

Goodyera repens est une petite orchidée discrète, facile à identifier à sa pilosité et à son odeur désagréable. Cette orchidée est probablement plus rare (devenue ?) que ce qu'en dit la littérature...





Pyrole à une fleur (Moneses uniflora)
Jusqu'en 2009, je n'avais jamais trouvé qu'une seule fois et un seul exemplaire de pyrole à une fleur (Monoses uniflora), sur une pente montagneuse en Suède où j'avais eu aussi la chance de suivre des gélinottes pendant toute une matinée… Je pensais aussi que cette plante, indicatrice des litières épaisses, était très rare autant que les litières épaisses pouvaient l'être !

Pyrole verdâtre (Pyrola chlorantha)
En juillet 2009, sur les bords d'un lac en Suède, nous avons eu la chance de trouver plusieurs dizaines d'exemplaires de cette pyrole, sur un sol constitué pour partie par des colluvions issues de la forêt voisine et des laisses que les vagues du lac déposaient sur ses bords.

Vesce à feuilles de pois (Vicia pisiformis)
Ce sol était très acide, si l'on en croit la quantité de grassettes et de facto, très peu humifié. On avait bien à faire à une litière épaisse, même si, en toute état de cause, ce n'est pas sur les bords d'un lac que j'aurais cherché cet habitat.

Andromède à feuilles de Polium (Andromeda polifolia)
En plus des Moneses, il y avait là quantité de Pyrola chlorantha, des grassettes et diverses autres plantes des milieux acides (Andromeda polifolia) et / ou des orées forestières (Vicia pisiformis).





Mycena rosea :
http://www.mycocondroz.be/champignons/m/mycena_rosea.htm

Cortège du pin sylvestre :
http://www.peiresc.org/florePdP12.html





[ Corrélats : Pédologie / Pédogenèse / Endémiques / Habitats / Phytosociologie / ...]

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