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Lobbyisme et industrie chimique
Lobbyisme, industrie chimique, pharmaceutique, nucléaire, armement, etc... criminels, somme toutes !
Juste une illustration de la thérie du complot si chère aux aveugles, aux muets et aux sourds



Soit la presse est soumise à BotHuL,
soit elle ferme sa boite !

Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : Formation au lobbyisme / NOS ACTIVITÉS SE FONT EN TOUTE TRANSPARENCE / 12 et 20 000 lobbyistes travaillent à plein temps à Bruxelles / Une bonne loi mais mal appliquée / L'huile végétale fait tache dans les bennes à ordure / On ne lutte pas à armes égales / LIAISONS DANGEREUSES ENTRE INSTITUTIONS ET MILIEUX D'AFFAIRES EUROPÉENS / Répartition par catégorie des organismes auditionnés (lobbyistes) à l'Assemblée nationale@@@ /

Sites Internet et articles / Corrélats

La chasse à l'oie pour raison scientifique était illégale /
Réforme bancaire: des lobbys très investis /
Dans le Q Auxiette /
Le lobbying enfin encadré ? /
L'affaire Dalli fait un tabac /
Le « Monsanto Protection Act » au-dessus de la justice américaine ? /
Comment les géants de l'agrochimie contrôlent les agriculteurs américains /
L'environnement exclu de l'action de groupe à la française /
Transparence : les députés préparent-ils une Haute Autorité opaque qui exclue les citoyens ? /
Les députés mettront-ils fin à l’opacité des lobbys européens ? /
Loi d'avenir agricole : la guerre de l'ortie relancée par la PNPP ! /
Conflits d’intérêt : un réseau de l’industrie veut arrêter une nouvelle politique plus stricte sur les multi-résidus alimentaires de pesticides ! /
Les conflits d'intérets des deputés européens sur la sellette /
Union européenne : les lobbies font-ils la loi à Bruxelles ? /
La protection des riverains contre les pesticides : un amendement ambigu /
Les perturbateurs endocriniens, cas d’école de la « manufacture du doute » /
Pesticides: quand les BPL nuisent à l’évaluation /
La loi de transition énergétique consacre la souveraineté du nucléaire en France /
Petits arrangements bruxellois entre amis du bisphénol A /
L’IFRAP ou « l’Etat rêvé du Medef » /
Une égérie du capital : Agnès Verdier-Molinié /
L’AFEP ou le « bon flic » du patronat /
Parlement européen: plongée dans le lobbying au quotidien /
Théorie du complot : Remise en cause des lois foncières et semencières en Afrique /
Perturbateurs endocriniens : les coulisses du lobbying à Bruxelles /
Les sponsors de la COP21, une grande fête pour les lobbies /
Décidemment, les députés ne savent pas se comporter autrement que conmme des salopards... /


Voilà ce que l'on peut lire sur la page d'entrée d'un site Internet qui propose une formation en lobbyisme !



Parce que les normes et réglementations nationales et européennes pèsent de plus en plus lourdement sur vos activités, la pratique du lobbying devient un instrument de votre compétitivité.

Seul ou en équipe, vous avez la charge d'identifier et d'anticiper toute modification législative susceptible d'affecter les acquis de votre entreprise ou de remettre en cause son plan de développement.

De façon concrète vous souhaitez acquérir des connaissances opérationnelles, pour :

Comprendre les processus normatifs et les règles de fonctionnement des institutions,

Assurer une veille normative efficace,

Cartographier le jeu des acteurs et mettre en évidence les rapports de force,

Comprendre le langage des institutionnels et utiliser les outils de communication adaptés.





J'ajouterai bien : Savoir y mettre le prix puisque si beaucoup de politiques sont vénaux, tous sont corruptibles... Et combien s'enrichissent ?





Le lobbyisme, mot préféré à lobbying, désigne la pratique consistant à organiser un groupe de pression auprès d'autorités politiques afin de défendre des intérêts économiques, professionnels...

Retranscrit ci-après l'entretien qu'accorde Mme Anne Dufermont, lobbyiste auprès des instances européennes pour le compte des industries chimiques...

Naïvement, j'ose un commentaire : hallucinant ! Surtout si l'on devine que cette dame n'a aucune autorité dans le domaine du risque chimique quand cette industrie fait plusieurs milliers de blessés et de morts au travail ou de ses suites.

Et puis ça veut dire quoi mandat électif ou démocratie ?


"NOS ACTIVITÉS SE FONT EN TOUTE TRANSPARENCE"

Anne Dufermont travaille depuis deux ans et demi pour le CEFIC, le Conseil européen des fédérations de l'industrie chimique, le plus important lobby industriel installé à Bruxelles (140 employés permanents). Son rôle : veiller à ce que la législation européenne préparée par la Commission et votée par le Parlement ne soit pas défavorable aux intérêts de l'industrie chimique européenne. En jargon bruxellois, elle est "lobbyiste". Pour Novethic, elle explique son métier.

Comment est organisé le lobby de l'industrie chimique à Bruxelles ?

Anne Dufermont : D'abord, je voudrais souligner que nous n'utilisons pas le terme de "lobby" et que nous préférons celui de "groupe d'intérêt". Ensuite, la représentation de l'industrie chimique à Bruxelles repose sur trois piliers : le CEFIC, les fédérations nationales et les compagnies. Les plus grands noms du secteur comme Atofina, Rhodia, BP, Dow Chemical, Monsanto ou Aventis disposent en effet de leurs propres bureaux à Bruxelles. Évidemment, ces différentes entités se rencontrent régulièrement afin que leurs efforts convergent.

Comment sont perçus les lobbies industriels par les parlementaires européens et les hauts fonctionnaires de Bruxelles ?

Anne Dufermont : Nos activités se font en toute transparence et nous ne sommes pas des corrupteurs qui glissons des enveloppes sous la table. Notre objectif est tout simplement que la législation européenne prenne en compte les intérêts de l'industrie chimique et la plupart des responsables européens approuvent cette démarche. Il arrive ainsi fréquemment que des députés ou des fonctionnaires fassent appel à nous pour avoir des renseignements sur tel ou tel sujet. Dans le cadre du projet REACH par exemple, un groupe de députés européens a organisé un séminaire d'une journée auquel des représentants du CEFIC ont été conviés. De même, la rédaction des "Livres blancs" [texte préparatoire à une directive], quand ils concernent l'industrie chimique, donnent généralement lieu à des rencontres entre les experts du CEFIC et les fonctionnaires.

À quel moment agissez-vous pour influer sur les textes ?

Anne Dufermont : En ce qui me concerne, c'est lorsque le texte passe devant le Parlement et, plus précisément, avant le vote, lorsqu'il est étudié par les commissions. À ce moment, les députés qui forment la commission sont chargés de proposer des amendements et sollicitent souvent l'avis d'experts extérieurs. À nous de faire en sorte d'être contactés pendant les deux ou trois mois que durent l'étude du texte. Bien entendu, la composition politique de la commission influe sur le type d'experts qu'elle va consulter. Inutile de dire que des députés écologistes ou d'extrême gauche vont avoir tendance à se méfier de la CEFIC. S'agissant du projet REACH, il touchait tellement de domaines différents qu'il y a eu une bataille de compétence entre les commissions pour déterminer laquelle devait l'étudier. Finalement, fait rarissime, le texte a été étudié par trois commissions (industrie, juridique et environnement).

Quels sont votre formation et votre parcours professionnel ?

Anne Dufermont : J'ai étudié les Sciences Politiques à Bruxelles et j'ai obtenu un diplôme d'interprète. J'ai débuté dans une maison d'édition qui réalisait des livres pour enfants. Puis, j'ai totalement changé de voie pour travailler quelques années dans les relations publiques pour un consortium de banques de développement. Après cela, j'ai occupé pendant quatre ans à la Commission européenne la fonction d'expert en relations publiques, avant de travailler encore quatre ans à la Direction de l'énergie sur le projet de " Charte de l'énergie ". Aujourd'hui, je travaille depuis deux ans et demi pour le CEFIC.

Quels sont les qualités d'un lobbyiste à Bruxelles ?

Anne Dufermont : La première est certainement de maîtriser plusieurs langues. Pour ma part, je parle anglais, allemand, néerlandais, français, italien, espagnol et grec. C'est un atout énorme lorsqu'on veut convaincre quelqu'un de pouvoir communiquer avec lui dans sa langue natale. Ensuite, il faut avoir une bonne connaissance du secteur dont on défend les intérêts, des institutions européennes et des acteurs qui y ont le plus de poids. Enfin, il faut faire preuve de modestie et de finesse. Ne pas perdre patience quand un député vous fait attendre des heures ou vous écoute à moitié. Ne pas se poser en expert qui sait tout car les députés n'apprécient pas ce genre d'attitude. D'ailleurs, vous ne savez jamais de quel degré d'information dispose votre interlocuteur.




Pour en savoir plus :

On estime, qu'à Bruxelles, entre 12 et 20 000 lobbyistes professionnels y travaillent à plein temps. 60 % travaillent pour les entreprises. 30 % travaillent pour des gouvernements. Le lobbying d'entreprise est assuré essentiellement par des groupes d'intérêts sectoriels, pour une moindre part par des associations d'entreprises et pour une très faible part par des représentants d'entreprise, sauf si ces entreprises sont des holdings. On estime que plus de 300 multinationales et 950 groupes d'intérêt pratiquent du lobbysme à Bruxelles.

Les lobbyistes ont pour rôle de peser sur le Parlement et la Commission européenne de manière à ce que les directives européennes, les textes réglementaires soient écrits pour " au moins ne pas desservir " leurs intérêts et si possible les servir (voir démocratie, élections, représentation nationale, …).

Il est évident que les lobbyistes, pour peser efficacement sur les décisions politiques, doivent avoir des arguments. Mais comment ne pas avoir d'arguments quand, par exemple, l'union des industries chimiques pèse 500, 1000 milliards d'euros (?) ou quand les groupes pétroliers, aéronautiques, quand les complexe militaro industriels ou les lobbies du nucléaire en pèse le double, le triple ? Peut-on encore compter ?

Un député européen avouait récemment qu'il se contente volontiers, lorsqu'il siège, de présenter les amendements que les groupes d'intérêts lui demandent de présenter. Parions qu'aucun doute ne plane sur la haute opinion que ce député se fait de son mandat électif. Pire, il sera sans doute réélu et encore et encore. (Au moment des récentes élections européennes de 2004, on pouvait lire dans un journal que le salaire des députés européens variaient d'environ 700 € à près de 10 000 € par mois selon que l'on soit député européen de nationalité polonaise ou de nationalité italienne, mais ajoutait le journaliste, par le jeu des primes et autres arrangements, chacun pouvait espérer un salaire d'au moins 50 000 € et pour les plus fortunés de près de 100 000 €, et même l'impunité parlementaire, aurait ajouté Pascua !

Évidemment, pour contrer, même qu'un peu, l'activité des lobbies, il faudrait soit des contrôles " démocratiques "… mais auprès de qui faut-il les espérer ? Ou bien, il faut des contre pouvoirs… des ONG, des syndicats ou tout simplement des citoyens, par exemple ! Mais l'exemple du transport de plutonium est tout à fait significatif autant des volontés démocratiques du politique que des contre pouvoirs des ONG quand, pour les faire taire, on leur oppose l'argument pécuniaire (comme des amendes à 75 000 €) puisque l'on sait que les ONG ne possèdent pas de grands moyens financiers, certainement pas ceux des lobbies.

J'ajouterai que la récente condamnation de la confédération paysanne pour fauchage d'OGM à 196 500 € d'amende au profit de Monsanto laisse, comment dire pour ne pas être condamné au double, rêveur sur l'indépendance / compétence / rôle de la justice française à laquelle je n'ai jamais accordé la plus petite once de confiance d'ailleurs, surtout face à cette boîte qui a quand même vendu l'agent orange largement utilisé au Vietnam, créé les graines " therminator " qui ne germent qu'une fois, je veux dire qui donnent des plantes automatiquement stériles... Quelle humanité !

C'est quand les prochaines élections honnêtes, déjà ?






Écologie. En 1976, sont votées les premières lois sur la protection de la nature en France. Bilan avec Jean-Pierre Raffin et Arnaud Gossement, de France Nature Environnement.

"Une bonne loi mais mal appliquée" / Par Éliane PATRIARCA / QUOTIDIEN / Libération: Lundi 10 juillet 2006

Année 1976, année écologique ? En tout cas, fondamentale pour la protection de la nature. Deux lois votées en France, cet été-là, ont initié une révolution culturelle discrète, en modifiant notre perception de l'environnement. Le 10 juillet fut adoptée la loi pour la protection de la nature et le 19, celle relative aux installations classées.

Trente ans plus tard, alors que la course contre l'érosion de la biodiversité est (mal) engagée, l'esprit de ces textes paraît étonnamment moderne. Sur le terrain, il a été souvent bafoué ou perverti. Genèse et bilan avec Jean-Pierre Raffin, président d'honneur de France Nature Environnement (FNE), fédération qui regroupe 3 000 associations de protection de la nature, et Arnaud Gossement, directeur juridique et porte-parole de FNE.

Le contexte

Dans la foulée de mai 1968, émerge en France la protection de la nature. Les associations réclament une politique environnementale. En 1971, le ministère de l'Environnement voit le jour. Pour Arnaud Gossement, les lois de 1976 témoignent de "la fin des Trente Glorieuses. Le regard sur l'activité industrielle change. Les catastrophes industrielles (Feyzin en 1966, Seveso en 1976), autrefois vécues comme la nécessaire rançon du progrès, ne sont plus tolérées".

"Il n'existait aucune disposition réglementaire pour protéger les plantes ou les animaux, rappelle Jean-Pierre Raffin. Seuls des arrêtés prohibaient la chasse de certaines espèces (ours, bouquetin, cerf de Corse, castor, loutre, lynx, phoque, gypaète)." La même équipe de scientifiques et de militants qui s'était battue, de 1969 à 1972, pour défendre le parc national de la Vanoise (Savoie) contre des projets de station de ski, se lance alors dans un intense lobbying pour faire sortir la loi des cartons. "Il y avait un blocage, car le projet de loi instituait une étude d'impact préalable aux grands projets d'aménagement. Ce que refusaient absolument les ministères "aménageurs" (Agriculture, Équipement, Industrie et Recherche). C'était l'époque du lancement du programme électronucléaire et ni les ingénieurs ni les administrations ne voulaient de ces études d'impact."

Finalement, la loi est adoptée à l'unanimité par les parlementaires. Mais l'administration prend sa revanche lors des décrets d'application : l'étude d'impact est repoussée à l'enquête publique...c'est-à-dire une fois que tout est bouclé. "Le décret a détourné l'esprit de la loi", estime Jean-Pierre Raffin.

Ce que dit la loi

L'article 1 de la loi du 10 juillet dit que "la protection des espaces naturels et des paysages, la préservation des espèces animales et végétales, le maintien des équilibres biologiques auxquels ils participent et la protection des ressources naturelles [...], sont d'intérêt général". La nature devient donc un bien commun à tous les Français. La loi ajoute qu' "il est du devoir de chacun de veiller à la sauvegarde du patrimoine naturel dans lequel il vit" et exige des aménageurs, publics ou privés, qu'ils en fassent autant.

En plus de ces grands principes, la loi permet la création de listes d'espèces menacées, classe le territoire en zones protégées (parcs nationaux, réserves naturelles, forêts de protection), et donne un agrément aux associations environnementalistes. "Grâce à cette loi, nous avons pu enfin agir, aller en justice, faire du contentieux pour défendre une espèce, un écosystème", rappelle Jean-Pierre Raffin. "Pour la première fois, avec ces textes, on a pris en compte le préjudice porté à l'environnement par l'activité industrielle", ajoute Arnaud Gossement.

Aujourd'hui, où en est-on ?

"La loi de 1976 ne serait pas votée par le Parlement de 2006 !" regrette Jean-Pierre Raffin qui dénonce " la montée en puissance, ces dernières années, de différents lobbies hostiles à la prise en compte du patrimoine naturel. Leur influence se mesure au nombre d'amendements adoptés au fil des ans par les parlementaires pour "détricoter" les lois Littoral, Montagne, ou encore Développement de territoires ruraux".

Selon lui, la loi de 1976 est une "bonne loi qui n'a été que partiellement appliquée faute de volonté politique". Le bilan est difficile à faire, même pour la protection des espèces : " Le bouquetin des Alpes qui était menacé a reconquis des espaces, la cigogne blanche et noire d'Alsace aussi, la loutre et le castor vont mieux, mais le cerf de Corse a disparu, comme le bouquetin des Pyrénées..."

Arnaud Gossement constate "une forte régression depuis les lois Bachelot, un retour de cette idéologie qui oppose économie et écologie. Alors qu'on pensait en avoir fini avec ces points de vue anachroniques ". Et d'ajouter : "Aujourd'hui, l'État a de plus en plus tendance à imposer ses projets. Il ne cherche pas à appliquer la loi mais favorise plutôt des contrats entre collectivités et citoyens qu'il est facile ensuite de bafouer !" Pour le jeune juriste, il est urgent de revenir à "l'esprit de la loi de 1976, qui tentait d'articuler économie et écologie".




L'huile végétale fait tache dans les bennes à ordure

Villeneuve-sur-Lot poursuivi pour utilisation de ce biocarburant.

Laure ESPIEU / Libération / mercredi 07 juin 2006

" Je croyais qu'on avait aboli les privilèges en France en 1789. On est en train de les réinstitutionnaliser en faveur des industriels. " À la sortie du tribunal administratif de Bordeaux, hier, Alain Juste a la mine grave. Président de l'Institut national des huiles végétales pures (INHVP), basé à Agen (Lot-et-Garonne), il est l'un des pionniers du carburant propre. Pourtant, après une heure d'audience, son combat a pris du plomb dans l'aile. Il pourrait même être sérieusement remis en question pour quelques pinaillages juridiques qui masquent mal une affaire de gros sous.

Première

En cause, une délibération de la communauté de communes du Villeneuvois (CCV) d'octobre dernier. Pour la première fois en France, ce groupement de dix communes rurales, présidé par le maire (PS) de Villeneuve-sur-Lot, Jérôme Cahuzac, décidait de faire rouler ses camions poubelle à l'huile végétale pure. Mais l'initiative n'a pas plu au préfet du Lot-et-Garonne. En février, il déférait la collectivité devant le tribunal administratif. Motif : " La réglementation nationale interdit l'utilisation des huiles végétales pures à la carburation en dehors du monde agricole " (article 265 ter du code des douanes). À l'audience, la CCV espérait pouvoir s'appuyer sur une directive de l'Union européenne qui autorise et encourage ces pratiques. Mais le commissaire du gouvernement n'a pas semblé lui donner raison. Il a requis, hier, l'annulation de la délibération. Une prise de position de très mauvais augure pour le jugement, qui sera rendu dans trois semaines.

Ce qui passe surtout très mal, c'est la visite, jeudi dans la Marne, de François Loos, ministre délégué à l'Industrie. L'objectif de ce déplacement était de donner, en grande pompe, le feu vert à la première expérimentation de bioéthanol. Les biocarburants ne seraient donc pas tous logés à la même enseigne ? Pas besoin de chercher bien loin pour comprendre. " Deux types de carburants propres sont autorisés en France, rappelle Alain Juste. Il s'agit des éthers de méthyle (dérivés huilés) et des éthanols. Tous deux uniquement produits par les industriels. " Alors forcément, les huiles végétales pures pressées à la campagne, directement par l'agriculteur à côté de son champ de tournesol, ne font pas le poids. Et qu'importe si, depuis quatre ans déjà, l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) et la Diren (Direction régionale de l'environnement) leur reconnaissent un meilleur bilan environnemental et énergétique que toutes les autres. " C'est une bataille de fric, s'insurge Alain Juste. Il y a des carburants autorisés par l'État en accord avec les lobbies pétroliers, et d'autres interdits parce que les industriels n'y trouvent pas leur compte ", résume Olivier Dourte, directeur de cabinet de la communauté de communes.

Jachère

Rien qu'en Lot-et-Garonne, 26 000 hectares sont en jachère et pourraient être valorisés par la production d'huile végétale pure. C'est l'une des rares occasions d'offrir un revenu complémentaire aux ruraux, et d'éviter par conséquent la désertification des campagnes. Par ailleurs, le tournesol pousse sans engrais et consomme peu d'eau, alors que le bioéthanol, fabriqué par les industriels sucriers (comme celui utilisé dans la Marne), est aujourd'hui le carburant qui consomme le plus d'énergie fossile pour sa production. " Nous continuerons, et épuiserons toutes les voies de recours si la décision est négative ", affirme le représentant de la CCV. En plus des dix bennes communautaires 100 % écolos, le maire de Villeneuve-sur-Lot a aussi décidé de faire rouler les véhicules municipaux à l'huile végétale. Ils sont actuellement en cours de rodage.

[Note très personnelle : On essaiera de ne pas oublier, qu'en l'état et à jamais, surtout si le parc automobile augmente, par exemple, rien qu'en Chine, que même si toutes les surfaces cultivables étaient dévolues à la seule production de biocarburants, elles n'y suffiraient pas. Ce constat vaut aussi pour la production laitière et c'est une chance que les chinois ne consomment guère de lait. ]




EriK Wesselius, chercheur et activiste, annonce le poids des lobbies et relativise la transparence* que veut mettre en place la Commission :

[* Un peu plus de 30 000 lobbystes auprès des différentes commissions européennes, ça finit par faire tache. D'autant, et personne n'est dupe, qu'ils ne viennent, ni gratuitement, ni sans bonbons. Alors Bruxelles annonce qu'elle va y mettre bon ordre !!!]

" On ne lutte pas à armes égales"

Erik Wesselius est chercheur-activiste au Corporate Europe observatory (CEO), un centre de recherche créé en 1997 et basé à Amsterdam (l).

Vous dénoncez avec 140 ONG du réseau Alter-EU "le manque de crédibilité" de la Commission dans son initiative sur la transparence. Pourquoi ?

Parce que le livre vert, taillé en pièces par les multiples lobbies industriels et commerciaux, ne repose que sur le volontariat. Or, comment rendre plus transparent le rôle de ces lobbies si on ne les contraint pas à enregistrer leurs représentants auprès de la Commission ? Si on ne leur demande pas des informations sur le financement de leurs activités ? Si l'on se borne à leur demander de se plier à un code de conduite développé par eux-mêmes ? Si on élude le "pantouflage" galopant qui voit une multitude de hauts fonctionnaires et de journalistes se recycler dans... le lobbying ? Si l'on ne disqualifie pas toute firme corruptrice en créant une liste noire, à l'instar de la Banque mondiale ?

Cela peut contribuer à mettre au moins en lumière des activités opaques ?

Oui, car contrairement aux États-Unis, où l'on peut avoir moult détails sur les lobbies (rôle, financement, etc.), l'Europe reste très en retrait. Or, en vingt ans, on est passé de 1000 à des dizaines de milliers de lobbyistes qui, via des cercles de réflexion plus ou moins ouverts, infléchissent les orientations de TUE. Chaque année, selon nos recherches, c'est jusqu'à un milliard de dollars -et non entre 60 et 80 millions, comme ils l'assurent - qui sont injectés par les lobbies. Qui connaît le rôle clé de la Table ronde des industriels européens ou encore le Dialogue sur le commerce transatlantique ? Qui sait comment les lobbies de la chimie ont rivalisé de pressions pour tenter de torpiller la directive REACH sur les produits chimiques ? Si l'on veut combler, comme le souhaitait Manuel Barroso [le président de la Commission européenne, ndlr], le déficit démocratique, la crise de confiance des opinions publiques envers Bruxelles, il aurait fallu être beaucoup plus ambitieux sur les lobbies, l'un des plus graves problèmes du système européen.

Votre lobby anti-lobby commence-t-il néanmoins à porter ses fruits ?

Pas encore, si l'on en juge aux options politiques qui privilégient la compétitivité au détriment du social et de l'environnemental. On ne lutte pas à armes égales. Nous sommes certes consultés par la Commission, mais c'est souvent purement formel. Les lobbies, c'est une autre histoire.

Recueilli par CHRISTIAN LOSSON

(1) Auteur de Europe inc., liaisons dangereuses entre institutions et milieux d'affaires européens, aux éditions Agone.




Des extraits du livre de Erik Wesselius, comme ça, pour information, pour ne plus passer pour des cons, pour avoir à dire sur le fonctionnement " démocratique " des instances européennes, pour discuter, pourquoi pas, avec nos représentants dont on ne sait, désespérement plus, qui ils représentent...

EUROPE INC.

LIAISONS DANGEREUSES ENTRE INSTITUTIONS ET MILIEUX D'AFFAIRES EUROPÉENS

(extraits de Europe inc. - Liaisons dangereuses entre institutions et milieux d'affaires européens par l'Observatoire de l'Europe industrielle [Belén Balanyá, Ann Doherty, Olivier Hoedeman, Adam Ma'anit et Erik Wesselius] - 2000 - Agone Éditeur - 125 F)

http://ultraliberalisme.online.fr/index.html



Préface (de Susan George)

" Un journaliste d'un grand quotidien économique français est venu récemment m'interroger au sujet de ceux qui s'opposent à la mondialisation, qu'il appelait les "anti-mondialisation". Avant toute chose, il a fallu lui expliquer qu'à mon avis, la notion de "mondialisation" n'avait aucun sens si on ne lui associait pas un qualificatif tel que "impulsée et imposée par les multinationales", car ce sont elles qui façonnent les règles du nouvel ordre mondial.

Croyais-je alors, me demanda-t-il, à quelque conspiration fomentée par ces firmes ? Pas du tout : nul besoin de conspiration. En revanche, ces entreprises géantes savent parfaitement définir ensemble leurs priorités économiques et politiques pour les faire triompher grâce à l'action efficace de leurs multiples lobbies.

Ah bon ? des lobbies ? Lesquels ? Eh bien, par exemple, lui disais-je, la Table Ronde des industriels européens [ERT], dont les 45 membres, PDG des plus importantes multinationales européennes, exercent une immense influence sur les décisions de la Commission européenne ; ou encore le Dialogue sur le commerce transatlantique [TABD], qui réunit dirigeants de grandes firmes des deux côtés de l'océan et responsables politiques nationaux et internationaux.

Voulait-il que je lui parle de Burston-Marsteller, compagnie de relations publiques dont l'accès aux dirigeants européens est réputé sans égal ? ou encore de la pénétration par le monde des affaires des Nations unies, associés à la Chambre de Commerce International dans le Geneva Business Dialogue ? ou peut-être du réseau des transports européens [TER] déjà réalisé aux trois-quarts, précisément selon les indications des firmes transnationales européennes ?

Mon interlocuteur, pourtant payé pour être au courant des affaires économiques et sociales européennes, n'avait jamais entendu parler d'aucune de ces organisations. Il n'est hélas pas le seul.

Si les organisateurs du Forum de Davos ne sont heureux que sous le feu des projecteurs, d'autres - qui influencent en permanence les grandes décisions politiques en Europe et ailleurs - cultivent une admirable discrétion. J'avoue qu'avant de lire, vers 1997, les premiers travaux des auteurs de ce livre, je me trouvais, comme la quasi totalité des citoyens européens, dans le même état d'ignorance crasse que le journaliste précité.

Les cinq auteurs de ce livre, membres du Corporate Europe Observatory, sont - je pèse mes mots - les meilleurs jeunes chercheurs que j'ai rencontrés depuis de longues années. Cette équipe a réussi à déchirer le beau rideau de soie qui protégeait les lobbies européens des regards curieux. Ou, pour choisir une autre image, ils ont découvert sous des tonnes de broussailles et de camouflages un riche filon dont ils ont su extraire un métal pur. De ce métal, il faut s'empresser de fabriquer des balles qui portent car, comme le dit mon collègue George Monbiot, préfacier de l'édition anglaise de ce livre, "le conflit le plus important du XXIe siècle sera la bataille entre les entreprises géantes et la démocratie ".

Sans information, la démocratie périclitera. Et les citoyens commencent à comprendre qu'ils ne peuvent compter sur les médias classiques pour être informés. À travers les luttes contre l'Accord multilatéral sur l'investissement [AMI], les organismes génétiquement modifiés [OGM] ou l'Organisation mondiale du commerce [OMC], les citoyens ont appris que c'est à eux d'informer les médias - pour ne pas parler des autres citoyens et des parlementaires qui les représentent. Ce qui n'est pas de tout repos.

Mais nous disposons d'un allié de taille, car les connaissances que nous fournit ce livre sur le vrai fonctionnement des instances qui nous gouvernent sont parfaitement étayées, incontestables et littéralement sans prix car elles nous permettent enfin de viser juste. Il s'agit de rien moins que de prendre les armes pour construire la démocratie internationale que les multinationales redoutent et repoussent de toutes leurs forces. Grâce à ce livre, ces armes sont à portée de la main et de l'esprit. Reste aux citoyens du monde à s'en saisir. "



Les auteurs du livre

" Cet ouvrage est une entreprise collective de l'Observatoire de l'Europe industrielle [Corporate Europe Observatory : CEO], groupe militant et de recherche basé à Amsterdam, qui expose les menaces que le pouvoir économique et politique des grands groupes industriels et de leurs lobbies font planer sur la démocratie, l'équité, la justice sociale et l'environnement. "



Combien de lobbyistes ?

" Plus de 10 000 professionnels du lobbying hantent les couloirs de la Commission, du Conseil et du Parlement, la grande majorité d'entre eux issu d'agences de relations publiques, de lobbies de l'industrie ou de compagnies indépendantes. [...] Tandis que les entreprises peuvent se permettre de payer des milliers d'agents pour représenter leurs intérêts à Bruxelles, les coalitions européennes d'organisations citoyennes et les syndicats sont relativement pauvres et manquent tant de personnel que de moyens. [...] Aujourd'hui, on estime à 3 000 le nombre de personnes qui font pression sur le Parlement, presque toutes directement employées par l'industrie. Une moyenne, donc, de cinq par député européen. "



Fiscalité sur les entreprises allemandes : tout ira bien

" Début 1999, les entreprises allemandes ont lancé, contre les projets de réformes de la fiscalité sociale et écologique du gouvernement " rouge-vert ", une offensive de grande envergure. Une vingtaine d'entreprises poids lourds ont pris les devants, menaçant le gouvernement allemand d'un exode en masse si celui-ci abandonnait ses généreuses réductions d'impôts ou ses subventions. L'Allemagne a perdu près d'un million d'emplois depuis 1995, après que Siemens, Daimler Chrysler, Hoechst, Wolkswagen et d'autres grandes firmes ont transféré leurs activités dans des pays aux salaires et aux impôts plus bas. En mars 1999, le ministre des finances, Oskar Lafontaine, qui avait été le principal architecte de la réforme fiscale et la cible de cette campagne industrielle annonçait sa démission. À ce propos, Die Zeit, le plus grand hebdomadaire allemand, avait alors fait sa une en posant la question : " Qui dirige la République ? ". Lafontaine a finalement été remplacé par le très " droitier " Hans Eichel qui a recruté comme secrétaire d'État le chef du service fiscal de Bayer, responsable de la réforme fiscale allemande. Manfred Schneider, directeur exécutif de Bayer, déclara à ce propos : " Nous avons envoyé notre meilleur homme et nous l'avons mis au courant, donc tout ira bien. " "



Burston-Marsteller, agence de relations publiques

" Les agences de relations publiques ayant flairé, tapies dans la complexité bureaucratique de Bruxelles, les possibilités d'un activisme lucratif, elles fournissent aujourd'hui aux grandes entreprises et à leurs groupes de pression des services tels que campagne d'influence, collecte d'informations, médias et conseils. [...]

Selon Michael Berendt, de Burston-Marsteller, " Bruxelles, après tout, est très loin de beaucoup de gens et très loin également de beaucoup d'entreprises. Les entreprises ont bien des difficultés à savoir ce qui s'y passe, ce qui va les affecter, ce qu'elles doivent savoir pour changer quelque chose et comment réagir. Et c'est là que nous entrons en jeu. " Comme les plus influents lobbies industriels, les agences de relations publiques sont parfaitement conscientes que c'est à la Commission que l'essentiel se décide. " Ce que nous essayons de faire dans notre travail, c'est d'apprendre aussi tôt que possible ce que la Commission envisage de faire avant que cela ne prenne la forme d'une proposition, poursuit Berendt. Il faut savoir où sont situées les choses à l'intérieur du système, qui sont les responsables aux différents niveaux du système puis enfin... trouver la porte d'entrée, les moyens de pression et comment exercer une influence sur les mesures à venir. " Le secret semble résider dans les contacts personnels : " Bien sûr, nous finissons par connaître du monde. Nous connaissons les gens personnellement. Nous discutons avec eux et récoltons tous les renseignements que nous pouvons. "

Burston-Marsteller [...] est la plus grande agence de relations publiques au monde, avec ses 60 bureaux répartis dans 32 pays [...]. "



Comment les agences de relations publiques ont travaillé au sabotage de l'accord de Kyoto

" [Le] plus combatif des lobbies américains dans sa lutte contre l'accord sur le climat [de Kyoto] est la Coalition sur le climat mondial [GCC]. Créé en 1989 par la tristement célèbre agence de relations publiques Burston-Marsteller, ce lobby compte parmi ses membres l'American Petroleum Institute, Amoco, Chevron, Chrysler, Dow Chemical, Dupont, Exxon, Ford, General Motors, Mobil, la National Mining Association, Texaco, Union Carbide et, depuis peu, BP et Shell. Au cours de ces dernières années, la coalition a mené une grande campagne de désinformation de plusieurs millions de dollars dans le but de générer le scepticisme public par de beaux rapports scientifiquement douteux diffusant de lugubres avertissements sur l'accroissement du chômage qui résulterait de la réduction des émanations [de gaz carbonique]. Ces lobbies assistent également en masse aux réunions de négociations sur le climat et demandent à ce que les pays du Sud soient tenus d'appliquer les mêmes réductions. [...]

En juin 1997, juste à temps pour Kyoto, la BRT [Table Ronde américaine] lança une campagne publicitaire d'un million de dollars [à destination de] l'administration américaine [...]. Ces arguments furent confortés par de généreuses donations au Parti démocrate (plus de 11 millions de dollars en 1996) et un soutien financier total de 57 millions de dollars à certains membres du Congrès lors des deux dernières élections. [...]

Le Projet d'information sur le climat mondial [GCIP] est un autre acteur important de la scène américaine. Menée par l'agence de relations publiques Shandwick, cette énorme coalition industrielle est constituée de fédérations telles que l'American Petroleum Institute, l'American Plastic Council et certains syndicats d'intérêts miniers et commerciaux tels que United Mine Workers of America et l'AFL-CIO. En septembre 1997, ce lobby lança une campagne publicitaire de 13 millions de dollars destinée à répandre de fausses informations sur les modifications du climat. Une série d'annonce présenta ce groupe d'industriels comme un rassemblement international d'écologistes préoccupés par l'augmentation des émanations de gaz carboniques dans les pays du Sud, dont le message soulignait l'injustice d'exempter ces pays d'engagements dans ce domaine. [... Dans le même temps, s']exprimant au nom de l'American Petroleum Institute (auquel appartiennent BP, Chevron, Elf, Exxon et Shell), [Lee Raymond, président d'Exxon] menaça les pays du Sud de perdre des investissements étrangers si des objectifs astreignants étaient adoptés à la Conférence de Kyoto. "



Qu'est-ce que la Table Ronde des Industriels Européens (European Round Table - ERT) ?

" Bien que pratiquement inconnue du grand public, la Table ronde des industriels européens [ERT] constitue depuis plus de dix ans l'une des principales forces de la scène politique européenne. La facilité d'accès de ce lobby aux politiciens les plus hauts placés [...] lui permit de participer à l'élaboration du programme de l'Union européenne. [...] Parmi les firmes actuellement représentées figurent Investor, AB, Bayer, BP, DaimlerChrysler, Ericsson, Fiat, Nestlé, Nokia, Petrofina, Philips, Renault, Shell, Siemens, Solvay, Total et Unilever. "



Comment l'ERT a influé sur la politique de l'Union européenne ?

" À l'automne 1984, la Commission [européenne] présenta un ensemble de propositions visant à éliminer les barrières commerciales au sein de la Communauté européenne. [... Le] milieu des affaires considérait ces propositions comme "peu souples" et "manquant de précision quant au planning". En 1985 [...], le président de l'ERT Wisse Dekker fit la proposition plus ambitieuse [...] d'un projet sur cinq ans visant à faire tomber les barrières commerciales, harmoniser les réglementations et abolir les frontières fiscales. Cette proposition, "Europe 1990 : un agenda pour l'action", figurait dans le document envoyé aux chefs d'État et de gouvernement européen ainsi qu'à de nombreux officiels de haut niveau. [...]

Quelques mois plus tard, Lord Cockfield, chargé de l'Industrie à la Commission, publiait le Livre blanc, devenu la base de l'Acte unique européen de 1986, lui-même cadre juridique du Marché unique. La seule différence, insignifiante d'ailleurs, entre le rapport de l'ERT et le Livre blanc consistait dans le report à 1992 de la date limite pour la réalisation du Marché interne - initialement prévu par la Table Ronde, dans un excès d'optimisme, à 1990. [...] Lord Cockfield reconnut par la suite que le Livre blanc avait été influencé par le plan d'action de l'ERT [...]. "

" L'exemple le plus révélateur de l'amicale collaboration entre les lobbies et un président de la Commission [européenne] est peut-être le célèbre Livre blanc sur la croissance, la compétitivité et l'emploi de Jacques Delors. Approuvé en 1993 par les chefs d'État et de gouvernement au Conseil de l'UE, le Livre blanc fut préparé en étroite coopération avec l'ERT [...]. Lors de la présentation du Livre blanc à la presse, Jacques Delors remercia le groupe de pression de son soutien pendant les préparations. "



L'ERT et l'éducation

" L'ERT a toujours insisté sur la nécessité de confier l'éducation aux bons soins de l'industrie plutôt qu'à des gens "qui, selon toute évidence, n'ont aucun dialogue avec l'industrie, ne la comprennent pas et ne comprennent pas non plus la voie du progrès." "



L'UNICE (Union des confédérations industrielles et patronales européennes)

" L'Union des confédérations industrielles et patronales européennes [UNICE] est [...] un lobby réactif : ses groupes de travail dissèquent chaque proposition, réglementation, directive ou article émanant de Bruxelles avant de renvoyer des rapports qui influenceront le dispositif de détermination des politiques. [...] L'UNICE incarne la voix officielle de l'industrie auprès de l'UE depuis 1958, ce qui lui donne carte blanche et un accès ouvert et sans entraves aux institutions européennes. "Notre mission est d'influencer les décideurs au niveau européen. Bien sûr, le mot "lobby" n'est pas utilisé mais c'est pourtant bien ce dont il s'agit, confie son directeur de communication. On peut voir l'UNICE comme une usine à produire des documents. Et mon travail, ici, au service communication, est de les vendre aux décideurs." "



L'AMCHAM

" [L']un des plus importants acteurs industriels de la scène politique est un représentant des multinationales basées aux États-Unis : le comité européen des Chambres américaines de commerce (AMCHAM) [...].

Boeing, Dupont, Exxon, General Motors, McDonald's, Monsanto et Procter & Gamble figurent parmi les 145 géants de l'industrie rassemblés dans ce groupe de pression. [...]

L'AMCHAM travaille en rapport étroit avec les deux plus influents groupements industriels de Bruxelles, l'ERT et l'UNICE. [...] Ces trois groupements ont recours à ce que John Russel [directeur des Affaires européennes de l'AMCHAM] appelle "l'approche chorale", qui renforce et améliore stratégiquement les positions de chacun : "Normalement, il est plus efficace de ne pas tout dire ensemble mais plutôt de faire dire plus ou moins la même chose par différentes personnes aux institutions." [...]

[La mission de l'AMCHAM] est notamment, selon Russell, de surveiller les politiques et les mécanismes de l'UE, de fournir à ses membres des renseignements fiables et d'apporter "une participation constructive au processus législatif ou, pourrait-on dire, de faire pression."

Après avoir repéré une loi de l'UE digne d'intérêt, l'AMCHAM contacte les officiels de la Commission concernés et commence à publier des prises de position et des propositions d'amendements spécifiques. En 1998, le groupe a publié 10 ouvrages, plus de 60 rapports sur les politiques européennes et a pris part à "environ 350 réunions avec la Commission et le Parlement" [selon John Russell] "



L'AUME (Association pour l'Union monétaire européenne)

" Basée à Paris, l'Association pour l'Union monétaire européenne (AUME), a été créée en 1987, bien avant la ratification du Traité de Maastricht et l'Union dont elle porte le nom. Officiellement due à l'initiative de l'ancien président français Giscard d'Estaing et de l'ancien chancelier allemand Helmut Schmidt, elle fut en réalité fondée par 5 grandes firmes, membres de l'ERT : Fiat, Philips, Rhône-Poulenc, Solvay et Total. "

" Non contente de prendre part aux groupes d'experts officiels et d'aider à mettre en forme le scénario final de la transition à l'Union monétaire, l'AUME publia des rapports et des études universitaires ayant pour objectif de contrer critiques et scepticisme. Avec le soutien financier de la Commission [européenne], l'AUME a ainsi rédigé et fait distribué des millions de guides pratiques de préparation. "



Remue-ménage autour du chapitre sur l'emploi du Traité d'Amsterdam

" Du point de vue de [l'UNICE], les politiques publiques de création d'emplois, de sécurité sociale, les droits du travail et les droits environnementaux constituent des menaces pour la compétitivité. La seule introduction dans le Traité [d'Amsterdam] d'un chapitre sur l'emploi la rendit nerveuse, et la mention des droits des travailleurs déclencha de violentes réactions : "L'UNICE est formellement opposée à l'introduction dans le Traité de la Charte sociale ou de tout autre ensemble de droits sociaux fondamentaux ainsi qu'à l'idée selon laquelle l'Union [européenne] devrait accepter la Convention européenne sur les Droits de l'homme et les libertés fondamentales." [UNICE - 15/03/1996]

L'attitude de l'ERT fut plus décontractée : Richardson [ex-secrétaire général de l'ERT] ne sembla pas troublé par l'idée d'un chapitre sur l'emploi, qui serait toutefois "un gros gaspillage de temps. Si les politiciens trouvent importants d'avoir un chapitre où est mentionné le caractère souhaitable du plein-emploi, et si ils pensent que cela les aidera vis-à-vis de l'opinion publique, nous n'y voyons pas vraiment d'objection... [... A] condition, bien sûr, que cela reste, dans l'ensemble, en accord avec l'esprit du Traité", concéda-t-il" [11/03/1997]. Un tel cynisme peut s'expliquer par les connexions de la Table Ronde avec les politiciens du plus haut niveau : "Pas mal de dirigeants européens ont maintenant compris que ce chapitre est relativement insignifiant. Plusieurs Premiers ministres ont admis qu'ils n'allaient pas créer d'emplois."

Finalement, le nouveau traité comportait bien un chapitre sur l'emploi mais l'industrie s'est inquiétée pour rien puisque la conclusion stipule que "plus d'attention [devrait] être accordée à l'amélioration de la compétitivité européenne comme préalable à la croissance et à l'emploi." [...]

Le chapitre sur l'emploi est, en fait, centré sur la création de "petits boulots" flexibles n'offrant que peu de sécurité aux travailleurs. Les gouvernements de l'Union se sont entendus pour "travailler au développement d'une stratégie coordonnée pour l'emploi et plus particulièrement pour encourager l'apparition d'une main d'œuvre formée, qualifiée et adaptable à un marché du travail capable de réagir rapidement aux changements économiques." [Traité d'Amsterdam, article 109n] [...]

Et l'UNICE fut finalement tout à fait satisfaite du résultat : "Nous n'avons, au départ, voulu à aucun prix de chapitre sur l'emploi mais si nous devons en avoir un, alors celui-ci n'est pas trop mal." [26/06/1997] [...]

Ce programme est si clairement à l'avantage des industries et au détriment des travailleurs cherchant la sécurité de l'emploi que l'on comprend la satisfaction de Richardson quant au débat d'Amsterdam : "Ils ont parlé de l'emploi, le problème politique le plus important, avec une nette inclination pour les bonnes mesures : compétitivité, innovation, adaptabilité et flexibilité des marchés du travail." "



Comment la directive sur le brevetage du vivant fut adoptée

" Alors que, en 1995, le même Parlement avait refusé une proposition pratiquement identique, ils sont parvenus à complètement renverser son attitude sur la Directive sur la protection juridique des découvertes biotechnologiques, qui fut adoptée à une écrasante majorité en 1998. [...]

La nouvelle réglementation permettra le brevetage de gènes, de cellules, de plantes, d'animaux, d'organes humains et d'embryons génétiquement modifiés ou clonés. [...] Qu'est-ce qui a retourné l'opinion d'un Parlement qui avait exercé en 1995 son droit de veto sur ces projets ? [...]

Pendant leur virulente campagne en faveur du brevetage du vivant, les industriels biotech murmurèrent les mots les plus doux à l'oreille des décideurs : "emploi", "croissance" et "compétitivité". Le brevetage du vivant allait aider les entreprises européennes et donc l'économie et les citoyens européens... un argument qui s'est avéré assez efficace pour faire basculer le vote du Parlement. [... Un rapport d'industriels] proclamait que la biotechnologie générerait trois millions d'emplois avant 2005. [...]

[Les] industriels de la chimie [indiquèrent] que la législation plus simple des USA offrait aux firmes américaines un avantage stratégique certain pour la domination du marché [...] et que, si le système de brevetage européen ne leur devenait pas plus favorable, ils se trouveraient dans [...] l'obligation de se séparer d'un grand nombre de leurs prétendus deux millions d'employés.

Le géant pharmaceutique SmithKline Beecham s'est montré l'un des plus agressifs supporteurs de la directive sur le brevetage, lançant sa propre campagne de pression [...]. Selon son lobbyiste Simon Gentry, la compagnie a consacré 20 millions de livres sterling (environ 200 millions de francs) à cette campagne. La firme a également très efficacement manipulé et instrumentalisé les groupements d'intérêts de malades [...]. SmithKline Beecham engagea [par ailleurs] l'ancien bras droit du président du Comité parlementaire pour l'Environnement. Ce qui lui ouvrit les portes du Parlement et lui permit d'avoir un aperçu des stratégies du mouvement écologiste.

Assurément, ce sont les malades eux-mêmes qui ont exercé le plus efficacement leur influence en faveur de la Directive [...]. Le jour du vote, en juillet 1997, s'adressant aux sentiments des députés, des personnes en chaises roulantes manifestèrent à Strasbourg devant le siège du Parlement, clamant le slogan de l'industrie pharmaceutique : "Pas de brevets, pas de remèdes".

Sensibles à la prise de position forte et unie des groupements d'intérêts de malades en faveur du brevetage du vivant, les parlementaires votèrent dans ce sens. Une enquête plus approfondie révéla cependant que ces manifestations ne reflétait pas l'opinion de la majorité des groupements d'intérêts de malades et que cette minorité non silencieuse était, dans une large mesure, soutenue et financée par des compagnies pharmaceutiques telles que SmithKline Beecham. [...]

Après le vote de 1997, [...] certains groupements de malades ont découvert qu'ils avaient été manipulés par l'industrie et ses lobbyistes [...]. Le Groupement d'intérêt pour la génétique rendit donc publique une lettre redéfinissant ses positions et réaffirmant son opposition au brevetage du vivant. Mais cette réaction survint trop tard pour renverser le vote du Parlement.



Le TABD (TransAtlantic Business Dialogue)

" Le Dialogue sur commerce transatlantique - qui réunit les plus importantes multinationales européennes et américaines - est né en 1995 d'une initiative commune de la Commission européenne [...] et du département américain du Commerce. [...]

On compte parmi les grandes firmes européennes membres du TABD et également membres ou ex-membres de l'ERT : Asea Brown Boveri, Bayer, Bertelsmann, Ericsson, ICI, Olivetti, Pirelli, Philips, Siemens, Solvay et Unilever ; chez les Américains figurent notamment Boeing, Enron, Federal Express, Ford, IBM, Motorola, Nokia, Pfizer, Procter & Gamble, Time Warner, Westinghouse et Xerox.

La conférence inaugurale du TABD eut lieu à Séville, en novembre 1995. [... Les conférences annuelles] rassemblent généralement plus d'une centaine de PDG de l'industrie ainsi que des ministres, des commissaires européens et autres officiels de haut niveau. [...]

L'objectif de cet organisme hybride est "la réalisation d'un vrai marché transatlantique grâce à la mise en place d'un plan d'action destiné à supprimer les obstacles opposés au commerce et à la libre circulation des investissements à travers l'Atlantique." [09/11/1996]

Un nombre impressionnant de recommandations - jusqu'à 80 % selon les officiels américains - sont reprises par les gouvernements européens et américains pour devenir des politiques officielles. "



Le Groupe Bilderberg

" Le groupe Bilderberg est l'un des plus anciens et des plus impénétrables clubs internationaux dans lesquels de grandes multinationales jouent un rôle majeur pour l'élaboration des agendas. [...]

Aujourd'hui, 120 représentants environ de l'élite mondiale d'Amérique du Nord et d'Europe occidentale se rencontrent annuellement sous l'égide du groupe Bilderberg. [...De] nombreuses firmes telles que British American Tobacco, BP, Exxon, Ford, General Motors, IBM, Rio Tinto, Shell et Unilever [y] prennent part tous les ans. En 1997, le comité de direction se composait d'Étienne Davignon, ex-vice-président de la Commission européenne, actuel président de la Société Générale de Belgique (membre de l'ERT) et président de l'Association pour l'union monétaire en Europe ; de Peter Sutherland, ancien directeur du GATT, ex-commissaire européen, actionnaire de Goldman-Sachs International et PDG de BP ; de Renato Ruggiero, ancien directeur de l'OMC et membre du conseil d'administration de Fiat ; et de Percy Barnevik, PDG de Investor AB (membre de l'ERT). Henry Kissinger et le président de la Banque mondiale, James Wolfensohn, sont également membres de ce comité de direction. [...]

En 1973, les membres du groupe Bilderberg ont institué une Commission trilatérale qui se décrit elle-même comme le rassemblement de "335 personnes de marque" venues d'Europe, d'Amérique du Nord et du Japon. [...] Tout à fait logiquement, leur rencontre de 1999 aboutit [...] à la recommandation suivante : "L'Europe doit devenir plus compétitive en déréglementant les marchés du travail et en refondant ses systèmes encombrants d'assistance sociale." "



Le Forum Économique Mondial

" Un [...] grand forum participe à l'élaboration d'un consensus élitaire et à son application : le Forum économique mondial [FEM] qui se tient tous les ans à Davos, en Suisse. Selon son propre argumentaire, chaque année, "1 000 dirigeants industriels de haut niveau, 250 dirigeants politiques, 250 experts universitaires de tous domaines et quelque 250 dirigeants de médias se rassemblent pour définir l'agenda mondial." Une "atmosphère unique" y est créée pour "faciliter "littéralement, des milliers de discussions privées" et permettre l'échange "d'informations utiles à la recherche de nouvelles opportunités industrielles, à l'évolution des relations internationales, aux avancées dans les processus socio-politiques les plus cruciaux et à la création de partenariats et d'alliances au niveau mondial." Ce forum prétend avoir joué un rôle directeur dans la mondialisation économique et la libéralisation des services financiers et être à l'origine du lancement de l'Uruguay Round du GATT qui aboutit finalement à l'OMC. "



Le Parlement européen répertorie les lobbyistes

" En 1997, le Parlement [européen] a institué l'obligation de répertorier les lobbyistes essayant de faire pression sur les parlementaires ainsi que quelques règles minimales pour influer sur leur comportement. Ces règles ont été quelque peu endurcies en mars 1999, obligeant les parlementaires à faire un rapport sur leurs emplois annexes ainsi que sur tout soutien, financier ou autre, reçu de l'extérieur. Un simple regard sur le registre pour la période de 1996 à 1998 révèle qu'un grand nombre de députés ne se sont pas exécutés et que ceux qui l'ont fait ont souvent négligé de tout déclarer. [...]

Les règles du Parlement européen sont finalement beaucoup moins rigoureuses que celle du Lobbying Disclosure Act américain, qui oblige les entreprises et les lobbies à produire, tous les six mois, un rapport concernant leurs dépenses liées aux activités de pression. Bien que cela n'ait réduit ni la pression exercée, ni l'influence des lobbyistes aux États-Unis, la transparence du milieu politique en a été améliorée de façon significative. "



Copinage - quelques citations

" [Nous] avons tenu informé la Commission de façon régulière [au moment de la comparution du Japon devant l'OMC, suite à une plainte des États-Unis concernant Fuji], expliquait Laurentien Brinkhorst d'Edelman [l'agence de relations publiques qui représentait Fuji]. Ils ont beaucoup apprécié cela, car nous avions souvent les renseignements bien avant eux. "

" L'accessibilité, c'est pouvoir téléphoner à Helmut Kohl pour lui recommander de lire un rapport. C'est aussi John Major téléphonant à l'ERT pour la remercier de ses points de vue ou bien déjeuner avec le Premier ministre suédois juste avant que la Suède ne se déclare sur sa candidature à la CEE. " Keith Richardson, ex-secrétaire général de l'ERT

" Keith Richardson [ex-secrétaire général de l'ERT] raconte : "Nous avons envoyé à tous les chefs d'État un courrier officiel disant : "Lorsque vous vous rencontrerez au Sommet de Madrid, veuillez, s'il vous plaît, prendre une bonne fois pour toutes la décision de commencer l'Union monétaire à la date convenue à Maastricht et selon les critères convenus à Maastricht." Nous leur avons écrit. Nous leur avons demandé de faire cela. Et ils l'ont fait. "

" Selon le [...] secrétaire général adjoint de l'ERT [Caroline Walcot], "[...] Une révolution interne s'est déroulée sous Delors. Elle [la Commission européenne] est maintenant moins bureaucratique. Elle est plus à l'écoute." [...] Les bonnes relations entre la Table Ronde et la Commission mises en place durant les dix ans de présidence de Jacques Delors se sont maintenues sous la présidence plus influençable encore de Jacques Santer. "Les relations sont bonnes parce que nous avons des intérêts communs sur de nombreux points, expliquait Richardson [ex-secrétaire général de l'ERT]. Dans l'ensemble, nos priorités sont les mêmes. Nous coopérons, nous débattons divers sujets avec la Commission et, de temps en temps, nous leur écrivons pour nous assurer qu'ils connaissent nos opinions. Et je pense qu'ils sont parfaitement au courant de nos préoccupations." "

" [...] Je tiens à dire à quel point il me semble important que la Commission [européenne] continue de recevoir [de la part de l'ERT] de telles idées "pionnières" et tournées vers l'avenir, qui peuvent réellement aider l'orientation des politiques à améliorer la compétitivité de l'Europe. " Courrier de David Wright, conseiller du président de la Commission européenne, Jacques Santer, à Keith Richardson, secrétaire général de l'ERT, le 10/10/1996

" Selon son ex-secrétaire général Zigmunt Tyszkiewicz, l'UNICE bénéficie [...] d'un accès régulier à la Commission : "Nous restons en contact. La Commission est une administration très ouverte, elle est très accessible. Et ils sentent que nous pouvons les aider." " - 18/03/1997

Étienne Davignon, président de l'AUME : " [...] Ce qui est important, c'est que nous avons toujours été considérés comme très utiles par la Commission. Ainsi, d'ailleurs, que par les divers États membres qui ont tous, à présent, mis en place des groupes techniques pour traiter ce type de problèmes. Ils demandent toujours que des représentants de l'AUME y assistent. " - 20/02/1997

Bertrand de Maigret, secrétaire général de l'AUME : " Ils nous appellent, nous les appelons, nous les voyons, nous discutons des problèmes. Ils sont très souples. Je ne fais pas partie de ceux qui critiquent l'administration de la Commission [européenne]. Ils sont très ouverts au dialogue, au moins en ce qui concerne le monétaire. " - 11/03/1997

Étienne Davignon, président de l'AUME : " Ils [les gouvernements nationaux] se rendent avec plaisir à nos assemblées générales dans divers pays. Les Premiers ministres viennent généralement pour y intervenir et les directeurs de banques centrales sont également présents. " - 20/02/1997

Stephen Johnston, directeur européen du TABD : " il existe un contact [...] presque quotidien" avec les officiels de la Commission européenne. "Les deux travaillent ensemble, se montrent mutuellement leurs rapports et commencent à développer une relation. C'est permanent. Les informations et les propositions circulent bien et cela permet un dialogue positif et structuré. La Commission se montre coopérative et aide l'industrie en lui fournissant les informations dont elle a besoin. Mais c'est bien l'industrie qui, en fin de compte, donne ses recommandations. " - 26/01/1999



Quelques personnes ayant un pied dans les institutions européennes (ou internationales) et un pied dans l'industrie

-Alan Watson est président européen du cabinet-conseil Burson-Marstaller. Il a été fonctionnaire de la Commission européenne. (p. 29),

-Peter Sutherland est un ancien membre de la Commission européenne et un ancien directeur du GATT. Il est l'actuel président de BP et de Goldam Sachs International Associate (p. 35),

-Étienne Davignon est un ex-vice-président de la Commission européenne. Il est actuellement président de la Société Générale de Belgique et président de l'AUME (p. 206),

-Stelios Argyros est un ex-vice-président de l'Union des patrons européens (UNICE) et membre du Parlement européen (p. 208),

-Renato Ruggiero est ancien directeur de l'OMC et membre du conseil d'administration de Fiat (p. 206).







La problématique de la mainmise des géants de l'agroalimentaire est inextricablement liée à celle des OGM ; alors qu'en France on parle d'abord des OGM lorsqu'on s'interroge sur leur impact sur l'environnement, on oublie le principal enjeu des OGM qui est d'abord de permettre aux semenciers d'asseoir leur monopole et de raffermir la dépendance des agriculteurs envers eux.

Juillet 2001 - Comment Monsanto vend les OGM /
http://www.monde-diplomatique.fr/2001/07/SINAI/15435

Mai 2002 - Vers une offensive américaine sur les OGM
/ http://www.monde-diplomatique.fr/2002/05/GEORGE/16492

Février 2003 - OGM, des académiciens juges et parties
http://www.monde-diplomatique.fr/2003/02/CASSEN/9906

Avril 2003 - Personne ne veut des OGM, sauf les industriels
http://www.monde-diplomatique.fr/2003/04/GEORGE/10086

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Tout savoir sur Monsanto : http://france.attac.org/a379

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Comment fonctionne un think tank ? Quelles sont ses actions concrètes ? Quelle influence a-t-il vraiment ?
http://management.journaldunet.com/0605/0605133chat-maniere.shtml




Articles :


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[ Corrélats : Lobbies, nitrates et cancer du colon / REACH / Principe de précaution / Grippe aviaire / Insecticides / Loi " Air " / Gaz carbonique / Amiante / Centrales nucléaires / Écotoxicologie / Cancérigènes / Régulation / Biodiversité / Développement durable / Bromure de méthylène / Culture du risque / Relations trophiques / Commerce de l'ivoire / Pêche à la baleine / ...]

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