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Lutte biologique
Lutte biologique




Larve de coccinelle à sept points (Coccinella 7-punctata)
La lutte biologique peut être définie comme l’utilisation d'organismes vivants pour prévenir ou réduire les dégâts causés par des ravageurs.



La lutte biologique peut se faire par utilisation de prédateurs. Certains de ces prédateurs peuvent être spécifiques et avoir un cycle biologique synchronisé à celui de leur proie comme, par exemple, des syrphes, des coccinelles, des mouches de la famille des cécidomyidés, etc. D’autres prédateurs sont davantage ubiquistes. Ce sont des insectes coléoptères, des hémiptères, des névroptères, des dermaptères ou des acariens.

La lutte biologique peut aussi se faire par utilisation de parasitoïdes. Ces insectes ont le plus souvent des larves entomophages qui se développent des chairs de la proie près de laquelle un œuf a été pondu. Ce sont essentiellement des hyménoptères et dans une moindre mesure des coléoptères ou des diptères.

La lutte biologique peut encore se faire par utilisation de microorganismes entomopathogènes ou pathogènes des mauvaises herbes indésirables. Ces microorganismes peuvent être des bactéries dont le bien connu Bacillus thuringiensis, efficace sur une centaine de lépidoptères, mais surtout très souvent utilisé contre les invasions de chenilles processionnaires, mais aussi du Bacillus sphaericus, efficace sur plusieurs espèces de moustiques, Bacillus popiliae, efficace sur le papillon Popilia japonica ou encore Pseudomonas fluorescens. Cette bactérie contient le gène producteur de la toxine de B. thuringiensis et est assez souvent utilisée dans la lutte contre le parasite du maïs, Agrotis ipsilon. On utilise aussi diverses autres entérobactéries commeXenorhabdus contre les acariens ou des Pseudomonacées comme Pseudomonas aeruginosa, Serratia marcescens, etc.

Quelques bactéries à développement intracellulaires (Rickettsies) seraient aussi potentiellement utilisables.

Ce peuvent être des virus. Certains de ces virus sont pathogènes un peu de la même façon que B. thuringiensis, c’est-à-dire qu’ils possèdent un corps d’inclusion paracristallin qui se dissout dans la lumière du tube digestif de l’insecte qui l’ont ingéré. Cette dissolution est possible parce que le pH du tube digestif est alcalin. La dissolution de l’inclusion parasporale de B. thuringiensis ou du corps paracristallin viral libère des endotoxines mortelles pour l’insecte. D’autres virus n’ont pas de corps paracristallins (Rhabdovirus). On connaît plus de 650 espèces de virus entomopathogènes.

Trois types de virus sont concernés principalement : les virus des polyédroses cytoplasmiques, les virus des polyédroses nucléaires et les virus des granuloses. Notons que depuis quelques années, un baculovirus modifié génétiquement produit une puissante toxine de scorpion, active contre les larves d'insectes qui les absorbent. Les virus sont dissous dans le tube digestif où la toxine peut agir.



On peut aussi utiliser des protozoaires. Parmi les phylums de protozoaires entomopathogènes, on peut citer les amibes, les grégarines et les microsporidies.

Bien que les nématodes ne soient pas à proprement parler des microorganismes, on les citera avec eux. Les nématodes entomopathogènes entraînent le plus souvent la mort des insectes qu’ils parasitent par l’intermédiaire de leurs larves qui se développent dans le corps de l’insecte et le quittent en lui perforant les tissus intersegmentaires.

Il existe aussi des microorganismes végétaux entomopathogènes, principalement des champignons. On en compte au moins 700 espèces, surtout des zygomycètes et des deutéromycètes.

Plus de cinq cents mycètes sont associés à des insectes. L'infection se fait au travers de la cuticule de l'insecte. Beauveria bassiana est utilisé contre le doryphore de la pomme de terre ;Metarhizium anisopliae contre un cercopidé parasite de la canne à sucre ; Verticillium lecanii contre des pucerons ; etc.

L’intérêt des champignons en lutte biologique est qu’il est possible de les cultiver facilement et donc de les produire en très grande quantité. Par ailleurs, ces champignons sont infectants pour l’insecte aussi bien par ingestion que par simple contact et ce, à tous les stades de l’œuf à l’adulte en passant par les divers stades larvaires.

La lutte biologique peut aussi passer par d’autres moyens que l’utilisation d’organismes prédateurs, parasites ou pathogènes.

D’abord par l’utilisation de pratiques culturales. Certaines, tout à fait empiriques, sont très anciennes et furent inventées en même temps que l’agriculture. Elles ont pour objet, essentiellement, de lutter contre les mauvaises herbes ou les adventices des cultures. Ce sont le sarclage, le binage, la rotation des cultures, les jachères mortes ou les jachères bi ou triennales, l’anticipation ou le retardement des semis, les cultures associées (deux ou trois plantes sont semées ou plantées en même temps*), l’assainissement des sols après la récolte, etc.

La lutte biologique peut encore se faire en améliorant les variétés de plantes cultivées (ou des animaux élevés). Certaines plantes ou certaines variétés se sont montrées capables soit de s’accorder, sans grande perte de productivité, avec des ravageurs, soit de repousser leurs attaques en produisant des substances répulsives. On parle respectivement d’antixénose et d’antibiose.

La lutte biologique passe également par l'utilisation de procédés physiques. On peut citer, par exemple, le désherbage à la vapeur.

Enfin la lutte biologique peut se pratiquer en utilisant ce que l’on appelle habituellement des insecticides végétaux. On connaît près de 200 genres de plantes, appartenant à une soixantaine de familles différentes, qui ont des propriétés répulsives (citronnelle, géranium), anti appétentes ou insecticides (pyrèthre). Toutefois, la démarche qui consiste à appuyer sur le bouton videur d’une bombe insecticide contenant des pyréthrines et un gaz propulseur respectueux de la couche d’ozone, s’apparente, pour moi, à celle qui aurait consisté à utiliser un produit issu de la synthèse chimique… à moindre mal, ce n’est pas sûr… La facilité d’utilisation de ces « bombes » font qu’elles sont trop largement employées. L’alibi « biologique » ne tient pas. Des quantités d’insectes intéressants pour les productions et l’intérêt de l’homme (au sens utile, terme que j’évite d’employer pour la raison que les insectes nuisibles ont leur utilité, tout comme les parasites ou les pathogènes) sont massacrés en même temps, ainsi, et on le sait moins, des quantités de vertébrés poïkilothermes (batraciens, poissons, reptiles) particulièrement sensibles aux pyréthrines.

[* Cette pratique pourrait - devrait - être largement diffusée auprès des jardiniers amateurs prompts à suivre les bons conseils des marchandsde produits phytoparasitaires pour se débarrasser de toutes les pestes réelles ou supposées exister dans leur jardin et menaçant leurs salades ou leurs poireaux.L'association de cultures légumières et / ou florales, soit parce qu'elle permet de fixer les indésirables sur des plantes de peu d'intérêt, soit parce que des synergies,probablement au niveau des rhizosphères imbriquées, ont de bons effets répulsifs, curatifs ou préventifs et permettraient de réduire l'utilisation des poisons déversés par tonnes, chaque année, dans notre environnement.]




Défense des végétaux :
http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9fense_des_cultures

Quelques liens :

Lutte biologique :
http://www.inra.fr/Internet/Hebergement/OPIE-Insectes/luttebio.htm

Quel avenir pour le Bacillus thuringiensis :
http://www.inra.fr/dpenv/biorac35.htm#1

Les phéromones de ponte : une nouvelle arme contre les insectes ?
http://www.inra.fr/dpenv/thierc15.htm

Auxiliaires jardins :
http://www.sdv.fr/pages/alainh/publ03.htm

La lutte biologique contre les Nématodes phytoparasites :
http://www.inra.fr/dpenv/cayroc17.htm

Lutte biologique et rongeurs :
http://www.inra.fr/dpenv/delatd19.htm

Perspectives de lutte biologique contre les Rongeurs champêtres :
http://www.inra.fr/dpenv/pascac19.htm

La lutte biologique : un aperçu historique :
http://www.inra.fr/dpenv/jourdc15.htm

Lutte chimique, Campagnol terrestre, bavures et état d'âme : mise au point :
http://www.inra.fr/dpenv/pascac35.htm

La lutte biologique : qu'en pensez-vous ?
http://www.inra.fr/dpenv/buisid19.htm

Exemples de lutte biologique en milieux urbain et péri-urbain :
http://www.inra.fr/dpenv/guilc13.htm

Biopesticides contre maladies, insectes, mauvaises herbes :
http://www.inra.fr/dpenv/sribad19.htm






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